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(fr) Guerre contre la planete

From media <media@sympatico.ca>
Date Wed, 19 Sep 2001 07:58:43 -0400 (EDT)


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   A G E N C E  D E  P R E S S E  A - I N F O S
            http://www.ainfos.ca/
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1) Extraits de  l'article « Aftershocks » du magazine US counterpunch 
http://www.counterpunch.org/aftershocks.html
2) Suivi de l'article « War against the planet » par Vijay Prashad 
http://www.counterpunch.org/prashad.html

Avant tout quelques sources d'informations et analyses US pour d'autres 
perspectives sur la politique américaine et le capitalisme que celles des 
médias dominants: 
1) Le groupe de surveillance des médias FAIR http://ww.fair.org 
2) Leur magazine radio Counterspin diffusé sur internet 
http://www.fair.org/counterspin/index.html 
3) Alternative Radio http://www.alternativeradio.org/
4) Radio4All http://www.radio4all.org/ mine de liens et de ressources 
5) Infoshop, site anarchiste US  http://www.infoshop.org/ 
6) Alternative Press Review  Œun guide au delà de la pensée unique' d'inspiration anarchiste  http://www.altpr.org/ 
7) Freespeech TV http://www.freespeech.org/

Counterpunch: 3220 N Street, NW, Suite 346 Washington, DC 20007 
1-800-840-3683 counterpunch@counterpunch.org


Suite de la traduction d'extraits de  l'article « Aftershocks » du magazine 
US counterpunch : 

-- Début de Traduction -- 
« Ils étaient avertis !

La police allemande a confirmé qu'un homme iranien, alors en prison en 
Allemagne, a téléphoné à la police US  et aux services secrets plusieurs 
fois la semaine dernière pour avertir qu'une attaque terroriste contre le 
World Trade Center était imminente. L'homme a également porté ses 
inquiétudes aux officiels de la prison Langenen de Basse Saxe, où il est en 
attente de déportation vers l'iran. Mais, selon le ministre de la justice, 
ses avertissements ont été écartés autant par la police allemande que par 
les services secrets US. Frank Woesthoff, un porte-parole du ministre de la 
justice, a déclaré à Neue Presse de Hanovre,  que l'homme a appelé « 
plusieurs fois » en amérique mais qu'il a été considéré comme « mentalement 
instable ».


[note du traducteur : ce passage concerne le choix de certains groupes 
environnementaux US de cesser toute critique de la politique de Bush ou de 
la globalisation capitaliste au nom de l'union nationale]



Les verts américains se rallient au drapeau

Soyons clairs. Si tous les résistants au programme politique de Bush 
devaient suivre l'attitude honteuse de ces groupes verts, nous verrions les 
groupes de la paix refuser de protester contre les attaques nucléaires sur 
l'irak et l'invasion de l'afghanistan. Nous verrions les militantEs de 
droits civils s'asseoir sur leurs mains alors que des caractéristiques 
religieuses ou raciales sont utilisées pour persécuter les personnes 
d'origines moyen-orientale.  Les défenseurs des droits des palestiniens 
qu'ils ne protesteraient pas à l'utilisation d'hélicoptères Apache US  
contre des civils dans les villes et villages des territoires occupés. 
Quelle absurdité ! Les principes ne sont jamais aussi important  que 
lorsqu'il est inopportun ou dangereux de les défendre.



Avertissments précoces

Des rapports continuent de nous arriver signalant qu'il y avait des mises en 
garde d'une attaque imminente. Le maire de San Francisco Willie Brown devait 
voyager de la Bay Area à NY City au matin du 11 septembre. Mais Brown dit 
que le soir du lundi, 8 heures avant l'attaque, il aurait reçu un appel 
d'une personne que Brown décrit comme un « homme de la sécurité 
aéroportuaire » lui disant d'être extrêmement prudent en cas de voyage en 
avion le 11 septembre. En plus de ce que nous avions précédemment rapportés 
concernant le renforcement des mesures de sécurité au World Trade Center 
dans les semaines précédant l'attaque et au Picatinny Arsenal de Rockaway, 
New Jersey, Counterpunch a également appris qu'un mémo interne a été envoyé 
à Goldman Sachs à Tokyo le 10 septembre avertissant tout les employés d'une 
possible attaque terroriste. Il était recommandé à tout les employés 
d'éviter les bâtiments gouvernementaux américains.

Ceci étant, selon le représentant David Bonior, démocrate du Michigan, le 
congrès a été le dernier prévenu. Même après que 2 avions se soient écrasés 
sur les tours du WTC et un autre dans le pentagone, Bonior affirme que les 
officiels du congrès n'ont pas été avertis par la CIA ou tout autre agence 
de renseignement du gouvernement que les 30000 travailleur-euses du capitol 
risquaient une attaque. Bonoir a été une des quelques membres du congrès à 
questionner ouvertement la valeur d'accéder aux demandes financières de la 
CIA et d'autres agences d'espionnage. « S'ils ne peuvent même pas prévenir 
les membres du congrès d'une attaque en cours, on doit vraiment se demander 
à quoi ils servent » déclare Bonior.

-- Fin de traduction et fin d'article --


Autre article du magazine état-unien ŒCounterPunch "WAR AGAINST THE PLANET" 
Guerre contre la planète Par Vijay Prashad

-- Début de traduction -- 
« Le président George Bush des Etats-Unis est 
apparu sur les écrans de télévision à travers le monde le 11 septembre et à 
déclaré la guerre contre la planète. Pas seulement ceux qui ont commis les 
crimes atroces du matin seront traduits en justice, a t'il déclaré, mais 
aussi ceux qui ont les soutenus et continuent à les soutenir.

Des navires de renfort ont commencés leur trajet vers Diego Garcia dans 
l'océan Indien et vers l'Espagne. Une grande part des 40 milliards de $ US 
concédés par le congrès iront pour les préparations qui ont déjà commencées 
au sein de l'establisment militaire US en contact étroit avec ses alliés.

Les Talibans, en Afghanistan, ont rapidement plaidés que la souffrance de 
ses pauvres ne devrait pas être augmentée par le déchaînement de missiles 
cruise. Même plaidoyer de la libye de Kaddafi.

D'autres, tels le Pakistan, ont déclarés précipitamment leur fidélité à la 
riposte US, et ont promis d'autoriser aux avions de survoler leur 
territoire. L'inde n'était pas en reste, avide d'offrir son territoire pour 
ce que pourrait être la plus grande agression depuis les bombardements du 
cambodge et de l'irak.

Un commentateur sur le réseau de télévision US se plaignait que les 
Etats-Unis aient perdus leur « virginité » à 8h45 le 9/11 lorsque le premier 
avion a touché le World Trade Center.

Mais la guerre n'a pas commencé à ce moment. Ce n'était pas Pearl Harbor. La 
guerre se poursuit depuis quelques temps maintenant, au moins 5 décennies.

En effet, il y a 5 décennies les Etats-Unis ont pris en charge cette série 
de nations de la Libye à l'Afghanistan, dont la plupar sont riches en 
pétrole et par le fait même immensément importantes pour le capitalisme 
global. Le mandat civilisationel porté par la France et le Royaume-Uni est 
arrivé à terme lorsque la 2e guerre mondiale a dévasté l'europe, et les 
Etats-Unis ont eu à porter à leur tour le fardeau de l'homme blanc. Ils 
l'ont fait avec allégresse, en fait pour le compte, en grande partie des « 
Sevens Sisters », les plus grands conglomérats pétroliers mondiaux (la 
plupart sont des entreprises transnationales basées aux Etats-Unis).

Les alliances forgées avec les forces régionales de droite ont rencontrées 
l'amitié des USA, de même pour les relations de gauche avec l'URSS. Les 
États Unis ont participés à la décimation des forces de gauche en afrique du 
nord et en asie occidentale, de la destruction du parti communiste égyptien, 
à l'ascension de personnes comme saddam hussein afin de détruire le parti 
communiste irakien, et du financier saoudien Ousama Ben Laden afin de 
démonter le régime communiste afghan.

Nous entendons que le 9/11 était la « pire attaque terroriste de l'histoire 
» mais cela ignore la vaste histoire de bombardements relevée par Sven 
Lindquist dans son nouveau livre (chez New Press), et cela ignore 
certainement les nombreux massacres terroristes conduits au nom des États 
Unis tels que, par exemple, ceux de Hallabja en Irak ou par l'opération 
Condor en amérique du sud. Ce sont justes quelques exemples. Mais quelle est 
cette histoire avant 8h45 le 9/11, et cela va t'il nous montrer que les « 
représailles » ne permettent pas de saisir que les USA sont en guerre depuis 
de nombreuses décennies ?

I. La concession Afghane

En 1930, un Œexpert' sur l'afghanistan du département d'état américain a 
légué une affirmation qui forme la colonne vertébrale de l'attitude sociale 
US et de la politique étatique dans la région : « L'afghanistan est sans 
aucun doute le pays le plus fanatique dans le monde aujourd'hui ». Ceci 
étant, les USA ont perçu l'afghanistan comme une simple outil de politique 
étrangère et une mine en terme d'intérêts économiques. Lorsque les Talibans 
(lit. Œétudiants religieux') sont entrés dans Kabul le 27 septembre 1996, 
l'état américain a salué le développement avec l'espoir que les nouveaux 
maîtres puissent apporter la stabilité dans la région bien qu'ils soient 
notoirement anti-libéraux en termes sociaux. Les médias US ont fait montre 
d'une horreur sourde et cliché envers la décadence sociale des Talibans. 
Mais sans aucune mention de la main américaine derrière la fabrication de 
tels fascistes théocratiques au service de ses visées hégémoniques. En 30 
ans, l'afghanistan a été réduit à l'état de Œconcession' dans laquelle les 
corporations et les états rivalisent pour le contrôle des marchandises et 
des marchés sans considération pour la dignité des peuples de la région. 
Pétrole, armes, mines et héroine sont les motivation-clés pour les 
décideurs.

Peu après que les talibans aient pris le pouvoir à kabul, le département 
d'état a fait la déclaration suivante : « les leaders talibans ont annoncés 
que les afghans peuvent retourner à Kabul sans peur, et que l'afghanistan 
est la maison commune de tout les afghans » annonça le porte parole Glyn 
Davies. Les etats-unis pensaient que la déclaration des talibans à Kabul 
serait « une opportunité pour le début d'un processus de réconciliation ». 
La rconciliation était une rêve lointain alors que les troupes du seigneur 
de guerre Tadjik, Ahmed Shah Masood et les troupes du général Abdul Rashid 
Dostum et le parti Hezb-e-Wahdat à dominante Hazara, ont troublés les 
vallées afghanes avec la guerre. Les citoyens des états industriellement 
avancés ont eu droit aux clichés des « éternelles guerres ethniques » et des 
« bains de sang féodaux » sans aucune appréciation de l'histoire de 
l'afghanistan qui a produit ces conflits politiques (d'une façon semblable 
les médias ont parlés du conflit Tutsi-Hutu sans considération du rôle 
colonial belge dans la production de ces conflits politico-ethniques).

En 1964, le roi Zahir Shah a répondu à la pression populaire de ces sujets 
avec une constitution et a initié une processus nommé « nouvelle démocratie 
». Trois grandes forces se sont développées après cette phase : (1) les 
communistes (qui se sont divisés en 2 factions en 1967, Khalq [les masses] 
et Parcham [le drapeau]); (2) les islamistes populistes, dont la 
Jamiat-i-Islami de 1973 fut la principale organisation (dont le leader de la 
jeunesse était l'étudiant ingénieur Gulbuddin Hikmatyar); (3) les 
réformateurs constitutionnels (tels Muhammad Daoud, cousin de Zahir Shah, 
dont le coup en juillet 1973 a aboli la monarchie). La répression de Daoud 
contre les éléments théocratiques les a poussés en exile d'où ils 
commencèrent, au côté du Jamaat-I-Islami et du saoudien Rabibat al-Alam 
al-Islami, a comploter contre le régime séculaire afghan. En 1975, par 
exemple, les éléments théocratiques, menés par Hikmatyar en Paktia, on 
tentés un soulèvement avec assistance pakistanaise, mais Œl'incident de 
Panjsher Valley' fut rapidement écrasé. La première division entre éléments 
théocratiques s'est produit suite à l'incident. L'instabilité en afghanistan 
a conduit au coup d'état communiste en 1978 et à la présence militaire 
soviétique dans la région dès 1979. La tentative de créer un état 
démocratique dans la région a échoué du fait de l'incapacité des états 
hégémoniques a permettre à une nation de s'appartenir.

Depuis 1979, l'afghanistan est devenu lieu de production de violence et 
d'héroine. De l'argent venu des sources les plus improbables a été investi 
dans les bandes de mujahidin basées au pakistan : les USA, les Saoudiens 
(particulièrement leur service de renseignement al-Istakhbara al-Ama), les 
Koweitiens  , les irakiens, les libyens et les iraniens ont payés les 
éléments théocratiques au-delà d'un milliard de $US par année durant les 
années 80. La domination US-Arabie Saoudite dans les financements leur a 
permis de choisir parmi les forces en exil ˆ ils choisirent 7 partis en 1981 
qui penchaient plus vers le fascisme théocratique que vers le nationalisme 
séculaire. Un des principaux financiers était l'homme d'affaire saoudien 
Ousama Ben Laden. 5 ans plus tard, ces 7 partis ont joint l'union des 
mujahidin d'afghanistan. [*] Par la suite le gouvernement islamique 
d'afghanistan a convoqué une shura (conseil) en 1989; les 7 partis 
désignèrent tout les représentants du conseil. Tout les éléments libéraux et 
de gauche ont été sous attaque systématique de la shura et de  ses 
représentants armés. L'axe US-Arabie saoudite a sacré les théocrates 
fascistes  héritiers de l'afghanistan.

Avec plus d'un milliard de $ US par an, les mujahidin et leur Armée du 
Sacrifice (Lashkar-i Isar) menés par Hikmatyar (qui était considéré le 
principal « facteur de stabilité » jusqu'en 1988) ont bâti un féroce 
arsenal. En 1986 ils reçurent les missiles légers Stinger qu'ils 
commencèrent à tirer sans distinction dans les zones civiles d'afghanistan. 
Asia Watch, en 1991, rapporte que Hikmatyar payait ses commandants pour 
chaque roquette tirée dans Kabul. Les mines Claymore et autres mines 
anti-personnelles à fragmentation directionnelle Œmade in USA' devinrent 
objet courant dans les campagnes. Aujourd'hui, environ 10 millions   de 
mines se trouvent encore dans les vallées d'Afghanistan (placées par les 
soviétiques et les mujahidin Américano-saoudiens). En 1993, le département 
d'état Américain notait que les mines « sont peut-être la pollution la plus 
toxique et la plus répandue menaçant l'humanité ». Malgré tout les 
Etats-Unis continuent de vendre des mines à 3$/pièce (il en coûte environ 
300 à 1000$/mine pour la détecter et la démanteler). Motorola fabrique 
beaucoup des composants plastiques à l'intérieur des mines, qui rendent 
l'objet indécelable par les détecteurs de métaux.

La CIA a appris à augmenter ses ressources durant les campagnes du sud-est 
asiatique des années 70 par la vente d'héroïne du triangle d'or.

En afghanistan, le ISI (Inter-Service Intelligence) (CIA pakistanaise), les 
autorités militaires et civiles (notamment le gouverneur Fazle Huq) 
pakistanaises et les mujahidin devinrent d'actifs cultivateurs, 
transformateurs et vendeurs d'héroïne (un produit qui fit son apparition 
massive dans le sud-est asiatique seulement après 1975, et dont on peut 
découvrir l'effet dévastateur dans la magnifique nouvelle de Mohsin Hamid 
ŒMoth Smoke'). La récolte d'opium à la frontière pakistano-afghane a doublée 
entre 1982 et 1983 (575 tonnes), et à la fin de la décennie elle atteint 800 
tonnes. Le 18 juin 1986, le New York Times rapporte que les mujahidin « ont 
été impliqués dans des activités narcotiques afin de financer leurs 
opérations ». Les seigneurs de guerre de l'opium ont travaillés sous couvert 
de l'axe américano-saoudo-pakistanais qui finança leurs ventes d'armes et 
aida au transport de ces drogues en europe et en amérique du nord où elles 
content 50 % des ventes d'héroïne.

L'héroïne n'est pas la seule marchandise fourguée  par les mujahidin. Ils 
sont les troupes de choc d'un ensemble qui veut « la liberté de commerce » 
en afghanistan afin que le peuple et la terre afghane puissent être 
utilisées pour une exploitation « pacifique ». La compagnie pétrolière 
californienne Unocal (76), alors occupée à tuer les Karens et autres groupes 
ethniques en alliance avec la junte birmane et avec la compagnie pétrolière 
française Total, avait les yeux rivés sur un pipeline allant de l'asie 
centrale à l'océan indien, à travers l'afghanistan. Seulement par une 
cessation des hostilités, à n'importe quel prix, les compagnies 
internationales pourraient bénéficier des ressources minérales de 
l'afghanistan et du Œcheap labor' (travailleurs bon marché) afghan. Jusque 
là les entreprises ont recueillis les profits de la vente d'arme aux 
afghans; maintenant elles veulent utiliser les bras des afghans pour les 
manufactures de production-exploitation et les mines.

Pour les corporations et les états corporatifs (tels les USA), une paix sans 
scrupules leur permet de répondre à leurs besoins sans le soucis de la 
dissidence politique. Les talibans ont brièvement  offerts la possibilité 
d'une telle pays. Formés en 1994 sous la tutelle du ISI et du Général 
Naseerullah Khan (ministre de l'intérieur pakistanais), les talibans 
comprennent des tribus Pashtun qui sont unies par une vision Wahhabite de la 
société qui prône une forme d'islam (Tariqa Muhammadiya) basée sur une 
interprétation du coran sans le bénéfice de siècles d'élaboration des 
complexités de la tradition islamique.

Fin septembre 1996, Radio Kabul diffuse une déclaration de Mullah Agha 
Gulabi : ŒDieu dit que ceux qui commettent l'adultère devraient être cognés 
avec des pierres jusqu'à la mort. Quiconque boit et dit que ce n'est pas 
contre le coran, vous devez le tuer et pendre son corps durant 3 jours 
jusqu'à ce que les gens disent qu'il s'agit du corps d'un alcoolique qui a 
désobéit au coran et à l'ordre d'allah.' Les talibans annoncent que les 
femmes doivent être voilées et que l'éducation doit cesser d'être donnée aux 
femmes. Najmussahar Bangash, éditeur de Tole Pashtun, souligna peu après 
qu'il y avait 40 000 veuves de guerre rien qu'à kabul et que leurs enfants 
auraient du mal à trouver de quoi manger. Elle ajoute Œsi les filles n'ont 
plus le droit d'étudier cela va affecter une génération entière.' Pour l'axe 
US-Saoudiens-Unocal-Pakistan, la géopolitique et l'économie font des 
talibans un régime de valeur pour l'afghanistan. Drogues, armes et 
brutalités sociales vont continuer mais washington tendit une main 
chaleureuse au mollah Mohammad Omar et aux talibans. La politique étrangère 
américaine est dictée par la double modalité du Œcontainment' (des 
rebellions inspirées par l'égalitarisme) et de concession (de marchandises 
qui vont apporter des profits aux entités corporatives). Tenu par ces 
paramètres, le gouvernement US pouvait déclarer en 1996 « il n'y a rien àa 
objecter jusqu'ici. »

Sans doute, le 10 octobre 1996, le département d'état a révisé son analyse 
des talibans en raison des pressions soutenues des groupes de défense de 
droits humains et des groupes de femmes des états industriels avancés autant 
que sous la pression des conférences tenues par l'iran (auxquelles de 
nombreuses nations régionales, dont l'inde, ont participés). En 
contradiction avec ses précédentes déclarations, les états unis déclarèrent 
« nous ne voyons pas les talibans comme les sauveurs de l'afghanistan. Nous 
ne les avons jamais vraiment souhaités. » La principale raison offerte était 
les « manières discriminatoires uniques » des talibans. Le département 
d'état auraient pu mentionner la tentation héroïque du régime communiste de 
s'attaquer à la Œquestion de la femme'.

Fin 1978, le régime de Nur Mohammad Taraki, président du Conseil 
Révolutionnaire d'Afghanistan, promulgue le décret No. 7 destiné à 
transformer l'institution du mariage en attaquant ses bases monétaires et en 
faisant la promotion de l'égalité homme et femme. Les femmes prirent des 
positions dirigeantes au sein du régime et combattirent les conservateurs 
sociaux et les fascistes théologiques sur plusieurs sujets. Anahita Ratebzad 
était une leader marxiste najeure qui siégeait au Conseil Révolutionnaire; 
d'autres leaders comprenaient Sultana Umayd, Suraya, Ruhafza Kamyar, 
Firouza, Dilara Mark, Professor R. S. Siddiqui, Fawjiyah Shahsawari, Dr. 
Aziza, Shirin Afzal et alamat Tolqun. Ratebzad a écrit le fameux éditorial 
du Kabul Times (28 mai 1978) qui déclara que «les privilèges que les femmes, 
par droit, doivent avoir sont l'égalité dans l'éducation, la sécurité de 
l'emploi, les services de santé et du temps libre pour élever une génération 
afin de construire l'avenir du pays* Éduquer et élargir l'horizon aux femmes 
est maintenant le sujet d'une attention particulière du gouvernement ». 
L'espoir de 1978 est maintenant perdu et le pessimisme ne doit pas reposer 
sur les seuls talibans, mais aussi par ceux qui ont financés et supportés 
les fascistes théocrates de type talibans, des états tels les etats-unis, 
l'arabie saoudite et le pakistan.

La vraie cause de la frustration US envers les talibans était leurs 
réticences envers le capitalisme global (par exemple le plan d'Unocal est 
tombé à l'eau). Les talibans, créés par plusieurs forces sociales, mais 
financés par les saoudiens (tel Ben Laden) et la CIA, était maintenant les 
rennes du pouvoir, et ils devinrent bientôt un refuge pour les jeunes hommes 
aliénés et mécontents qui voulaient passer leur colère sur les etats-unis 
plutôt que de se battre contre les contradictions du capitalisme global. Ben 
Laden, l'atout de la CIA, devint le pivot de beaucoup de leurs peurs et 
colères.

II. Pétrole, armes et Saddam

Durant la guerre du golfe de 1991, il y a dix ans, les américains et 
européens découvrirent les kurdes pour quelques années. Les kurdes et les 
koweïtiens fournirent les buts de guerre pour l'alliance, puisque qu'on ne 
cessait d'entendre comment les armées de saddam hussein avaient exploités 
les uns comme les autres.

Le pétrole n'est pas la raison, ne cessait on de nous répéter; nous seuls 
seulement concernés par les peuples ordinaires de la région opprimés par des 
fous tels que saddam hussein, hafez al assad et les ayatollahs. Nous 
entendions peu parler de la récente guerre iran-irak, des diverses 
contradictions dans la région, idem du rôle des USA et de l'europe dans la 
fabrication des régimes qui dirigent la région. Alors que les missiles 
tombaient sur l'irak, nous n'avons pas entendu que le premier grand 
bombardement aérien des temps modernes prit place en décembre 1923 lorsque 
la royal air force donna une raclée aux rebelles kurdes (ils reprirent les 
armes en mars 1924 n'ayant pas été disciplinés assez fermement par le maître 
britannique).

En 1932 les britanniques mettent en place la dynastie royale fantoche, la 
famille al-Saus afin de diriger la péninsule arabique sous le nom d'arabie 
saoudite. Ce régime devait protéger les Œintérêts' du capitalisme global, 
particulièrement après que du pétrole fut découvert au début des années 30. 
Les britanniques mirent le roi Faiçal à la tête du nouvellement créé irak, 
un leader sunnite sur une terre majoritairement Shi'ite.

Les mouvements de travailleurs de la région furent attaqués par ces régimes, 
dont beaucoup écrasèrent la dissidence démocratique au nom du dollar. Henry 
Kissinger créa par la suite la théorisation d'une politique qui était 
appliquée depuis longtemps : que les USA devraient soutenir un leader 
politique qui résisterait au désir socialiste, qui assurerait le maintien de 
la dictature capitaliste internationale et qui par conséquent serait une 
Œfacteur de stabilité'. Cette collection de portraits de criminels comprend 
une multitude d'atouts de la CIA, tels que Noreiga, Marcos, Pinochet, 
Suharto, le shah d'iran, les sheiks du golfe et plus récemment les amis 
fondamentalistes du BJP en inde. Même si certains de ces leaders ont flirtés 
avec les soviétiques (saddam et al-Assad), leur utilité pour la politique 
américaine a évité une rupture des liens avec la CIA, principalement afin de 
contenir la dissidence interne de gauche.

Les Ayatollahs auraient pu être un appui naturel mais ce régime était marqué 
par un Shi'isme radical, patriarcal et égalitaire qui terrifiait les 
pétro-monarchies, dont le rôle ténu était maintenant soutenu encore plus par 
les armées des puissances impériales et leur état mandataire d'alors, 
l'irak. Lorsque la guerre iran-irak éclata, les gens en parlèrent comme 
d'une guerre sectaire entre shi'ites et sunnites, mais peu rappelèrent  que 
l'irak a une large population shi'ite s'est battu avant tout avec l'appui 
des USA et de l'alliance afin de Œcontenir' la révolution iranienne et le 
rôle des Mollahs. Saddam était alors l'ami pas l'ennemi.

Durant ces années personne n'a mentionné les kurdes. Pendant des décennies 
le mouvement communiste s'est développé parmi les kurdes, en turquie et au 
nord de l'irak. Mais au début des années 70, la CIA entre sur le terrain de 
bataille afin de briser la gauche et de propulser la droite. Entre 1972 et 
1975 la CIA a payé 16 millions de $ US à l'excentrique et peu fiable Mollah 
Mustafa Barzani comme Œgarantie morale' du soutien américain à ces 
activités. En 1959, Barzani avait expulsé les communistes du principal parti 
irakien et il avait envoyé les kurdes iraniens mourir dans les camps du 
Shah. Barzani était un atout que les Etats-Unis cultivaient et est 
maintenant un proche allié de Saddam Hussein, un autre atout américain.

En 1975 les marxistes-léninistes au sein de la résistance kurde forment 
l'Union Patriotique du Kurdistan (UPK) qui poussa beaucoup de kurdes à 
gauche, y compris ceux du Front Kurde Irakien formé en 1988. Saddam Hussein 
reçu le feu vert de Washington pour éliminer l'UPK et il mena les 
bombardements chimiques contre eux en 1983 (à Arbil) et plus 
spectaculairement en 1988 (à Halabja, où 5000 moururent et plusieurs 
milliers continuent de souffrir). L'atrocité de Halabja créa un émoi 
momentané dans les médias de gauche, mais rien ne fut entrepris alors car 
Saddam était un allié et atout américain ˆ Halabja est revenu sur la scène 
pour le travail idéologique durant la guerre du golfe.

Autant sont morts à Halabja que le 9/11, mais leur mort ne comptait pas 
lorsque NPR (radio publique US) annonçait que le 9/11 était la Œpire attaque 
terroriste de l'histoire.' Lorsque la terreur est conduite en notre nom, ce 
n'est pas de la terreur mais des Œripostes' (Œretaliation').

III Revanche ou justice ?

Le président Bush a promis d'avoir ceux qui ont attaqués New york et 
Washington, mais il a aussi promis que ceux qui les ont soutenus allaient 
connaître la colère américaine. Il s'agit de la plus dangereuse déclaration 
à date. Non seulement cela viole tout les principes du droit international, 
cela ignore le fait que les etats-unis ont soutenus ces criminels depuis des 
années, principalement au détriment des forces de gauche.

Saddam et Ben Laden sont des produits des USA, même si, tels la créature de 
Frankenstein, ils se sont tournés contre leur maître. La leçon, pour toute 
personne d'inspiration démocratique, est de miner les bases de notre 
insécurité globale. (our global insecurity)

Premièrement les personnes que ont commis les actes horribles du 9/11 
doivent être trouvés, arrêtés et jugés. La voie de la justice ne doit pas 
être court-circuitée par les émotions du moment.

Deuxièmement, notre combat aux etats-unis continue, et nous continuons à 
souligner que la politique étrangère US engendre ces actes de barbarie de 
par son désir de mettre en place des puissants « facteurs de stabilité » 
dans les zones de matières premières et de marchés devant être soumis aux 
intérêts privés américains. De vastes espaces de colère, des zones de 
ressentiments vont continuer à émerger. D'autres bombardements aveugles vont 
amener d'autres sacs à cadavres pour les innocents.

L'histoire montre que les etats-unis n'étaient pas innocents le 9/11 même si 
des milliers de personnes innocentes sont mortes. Nous ne devrions pas 
confondre ces deux choses : les terroristes ne font pas de distinction entre 
ceux qui mènent la terreur politique et économique, entre le régime qu'ils 
détestent, les intérêts corporatifs et les gens innocents qui vivent à la 
même place. La terreur des frustrés va de pair avec la terreur du monstre 
qui mine les besoins puissants et démocratiques des peuples. Les deux 
terreurs doivent être condamnées.

Vijay Prashad Professeur associé et directeur , International Studies 
Program Trinity College, Hartford, CT -- Fin de traduction


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