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(fr) Regeneracion [ESP] - Le Conseil économique du travail et de la nationalisation industrielle en France - L'action de la CGT française en 1919 par Embat (es) [Traduction automatique]
Date
Wed, 4 Feb 2026 18:42:53 +0000
Dans la France d'après-guerre, suite à la Première Guerre mondiale, la
nécessité d'une reconstruction économique profonde et ambitieuse était
plus qu'évidente. Humainement et matériellement, la France fut le pays
le plus durement touché des Alliés. Elle déplora environ 1,4 million de
morts et plus de 4 millions de blessés. Bien qu'il y ait eu des victimes
civiles, la quasi-totalité de ces victimes étaient des soldats. Il en
résulta une génération décimée et une grave crise démographique. Les
combats les plus brutaux de toute la guerre se déroulèrent sur le sol
français. Des régions entières, comme Verdun et la Somme, furent
dévastées, et toute la ligne de front, de l'Atlantique à la Suisse,
présentait de vastes zones de désolation. Cela se traduisit par des
terres agricoles inutilisables, des villages disparus et des usines, des
voies ferrées, des canaux et des routes détruits. L'économie avait perdu
une grande partie de sa capacité industrielle et agricole. Au niveau
macroéconomique, la dette publique française explosa pour financer la
guerre et la reconstruction. La dévaluation du franc et la hausse du
cout de la vie étaient des réalités pressantes. Par conséquent, en 1919,
la société était encore sous le choc de la guerre, marquée par le deuil
et le souvenir des horreurs des tranchées, et subissait également les
difficultés d'une nouvelle crise économique.
Dans ce contexte plutôt sombre, la Confédération Générale du Travail
(CGT), principale organisation syndicale du pays, s'est positionnée non
seulement comme une force de défense des droits des travailleurs, mais
aussi comme un acteur social proactif. Elle a plaidé pour une
réorganisation complète de la production nationale. Forte de cette
initiative, elle a proposé la création du Conseil Économique du Travail
(CET), institution chargée de piloter ce projet ambitieux. Il est
important de rappeler que la CGT et le Parti socialiste avaient forgé
une alliance indéfectible avec l'État français pour remporter la guerre.
Cette proposition constituait ni plus ni moins que l'une des tentatives
les plus ambitieuses du mouvement ouvrier européen du début du XXe
siècle pour formuler une alternative concrète au capitalisme de marché
libéral et au socialisme d'État de type soviétique. Fidèles aux origines
syndicalistes révolutionnaires de la CGT, ses partisans fondaient leur
proposition sur le principe syndicaliste d'autonomie de classe, tant
pour les producteurs que pour les consommateurs.
Les origines du Conseil économique du travail
L'élaboration de ce plan a suivi un parcours particulier. Lors du
Congrès de juillet 1918, la déclaration finale affirmait: «Nous devons
nous orienter vers une action positive, capable non seulement de
provoquer des émeutes de rue, mais aussi de prendre en main la direction
de la production.»
Ainsi, dès la fin de 1918, la guerre étant déjà terminée, la CGT
commença à revendiquer un rôle central pour les syndicats - entendus
comme «mouvement ouvrier organisé» - dans la direction et la gestion de
la production nationale. Cette aspiration fut formalisée en décembre de
la même année lorsque la Confédération présenta au gouvernement une
proposition de création d'un «Conseil économique national» tripartite.
Ce Conseil comprendrait des représentants des employeurs, des
travailleurs et du gouvernement lui-même.
Il faut se rappeler qu'à cette époque, l'Allemagne était dominée par les
Conseils ouvriers et soldats, présents sur la quasi-totalité du
territoire. À Strasbourg, alors occupée par l'armée française, un
Conseil ouvrier exerça le pouvoir local pendant plusieurs semaines. Le
drapeau rouge flottait sur les principales places de la ville et la
classe ouvrière réclamait un gouvernement ouvrier. La révolution
frappait aux portes de l'Europe occidentale. La CGT française, bien
qu'ayant abandonné l'esprit révolutionnaire qui avait prévalu jusqu'à
peu avant la Première Guerre mondiale, continuait de défendre ses
aspirations à la libération et à l'autogestion de la classe ouvrière.
Cependant, cette proposition initiale échoua. Le gouvernement de Georges
Clemenceau freina le projet, non sans avoir initialement manifesté un
intérêt apparent. En juillet 1919, plus de six mois plus tard,
Clemenceau formula une contre-proposition que la CGT rejeta comme une
simple caricature de la proposition initiale. L'alternative
gouvernementale réduisait le conseil à une commission
interministérielle, sans réel pouvoir et dotée d'une représentation
ouvrière purement symbolique, davantage destinée à coopter certains
dirigeants syndicaux. Une perte de temps. Face à cette offre
inacceptable et à la constatation de l'incapacité du gouvernement à
faire face à la crise économique, le mouvement ouvrier décida de prendre
les choses en main.
Une fois encore, il convient de prendre en compte le contexte
socio-politique. À cette époque, un climat quasi révolutionnaire régnait
au sein de la classe ouvrière. Lors des grands conflits sociaux qui
éclatèrent dans de nombreuses usines et villes, des comités de grève se
formèrent, cherchant à exercer un certain contrôle territorial sur leurs
territoires respectifs. Bien qu'il ne s'agisse pas de soviets au sens
russe du terme, compte tenu de leur absence de vocation révolutionnaire
et de soldats, la presse conservatrice les présenta comme tels. En avril
et mai 1919, une importante grève paralysa une grande partie de Paris et
d'autres villes riveraines de la Seine. Saint-Denis était pratiquement
sous le contrôle du comité de grève. Ce fut la plus importante grève de
l'époque et elle tenta, sans succès, de s'étendre à l'ensemble du pays.
Le gouvernement tenta d'apaiser cette vague de contestation ouvrière par
des concessions. La grève susmentionnée visait à instaurer la journée de
huit heures, et le gouvernement l'approuva par décret le 23 avril. Il
s'agissait d'une concession du gouvernement Clemenceau pour désamorcer
le mécontentement et prévenir une éventuelle radicalisation
révolutionnaire. Cependant, les employeurs refusèrent d'appliquer la
loi, ce qui entraîna la reprise de la grève générale en mai.
La CGT était déchirée entre révolution et réforme. Une aile
révolutionnaire existait, composée à l'époque d'anarchistes, de
communistes et de syndicalistes révolutionnaires. Cette faction allait
donner naissance, la même année, aux Comités syndicalistes
révolutionnaires. Cette aile révolutionnaire visait à déclencher une
grève générale nationale et à renverser l'État en établissant des
structures de contre-pouvoir ouvrier.
Cependant, les instances supérieures de la Confédération - notamment les
fédérations nationales d'industrie - étaient contrôlées par la majorité
réformiste, sous l'impulsion de Léon Jouhaux, secrétaire général de la
CGT. Malgré cela, l'aile modérée n'était pas un instrument du parti
social-démocrate SFIO, mais défendait une ligne propre, héritée du
proudhonisme traditionnel du mouvement ouvrier français ou imprégnée du
syndicalisme révolutionnaire qui imprégnait sa culture politique - bien
qu'ayant renoncé à la Charte d'Amiens et à son principe fondamental de
«l'autosuffisance syndicale». En réalité, la CGT nourrissait une
profonde méfiance envers l'État traditionnel. Ces facteurs allaient
conduire à la recherche d'une nouvelle formule de «planification sans État».
Le Congrès de Lyon, le CET et la nationalisation industrielle
La décision finale fut prise lors du Congrès de Lyon, en septembre
1919. La CGT approuva la création d'un organe indépendant, le Conseil
économique du travail. Cette nouvelle entité, dont la séance inaugurale
eut lieu le 8 janvier 1920, fut formée sur la base d'une alliance de
quatre composantes fondamentales du monde ouvrier:
Les travailleurs: représentés par la Confédération Générale du Travail
(CGT), principale force motrice et noyau du projet. Techniciens:
Représentés par l'Union Syndicale des Techniciens de l'Industrie, du
Commerce et de l'Agriculture (USTICA), reconnaissant leur rôle dans
l'activité industrielle et commerciale. Coopératives: Représentant les
consommateurs organisés par le biais de la Fédération des Coopératives
de Consommation, complétant la représentation des producteurs en ce qui
concerne la distribution et la consommation de biens et services.
Fonctionnaires: représentés par la Fédération Nationale des
Fonctionnaires, ils n'étaient pas considérés comme des délégués de
l'État, mais comme des agents publics au service de la collectivité.
Leur mission consistait à assurer la coordination des services généraux
en matière de production et de distribution des richesses. Cette
structure était complétée par une organisation interne complexe qui
révélait son potentiel à se substituer à l'État, peut-être
involontairement. La CET était divisée en neuf sections spécialisées:
Équipements nationaux, Organisation économique, Production industrielle,
Production agricole, Finances et crédit, Cadres pour la vie sociale,
Éducation, Commerce et Régions sinistrées. Cette conception témoignait
de la volonté de créer un contrepoids à la planification économique,
allant au-delà de la simple administration économique.
Cette structure a servi de base à la théorisation du nouveau concept de
nationalisation. La CGT a proposé le concept de «nationalisation
industrialisée» comme pierre angulaire du programme économique du
Conseil économique du travail. Ce type de nationalisation ne consistait
pas en une prise de contrôle étatique des industries. L'idée était de
restructurer la gestion, le contrôle et la finalité des principales
ressources et services nationaux. Elle visait également à pallier les
insuffisances du contrôle capitaliste privé, ainsi que de
l'administration étatique, en proposant un modèle de gestion autonome
fondé sur un partenariat direct des principaux acteurs économiques et
sociaux.
Dans ses travaux, la CET a formulé une critique vigoureuse du modèle
d'exploitation directe par l'État, communément appelé «nationalisation».
Comme nous l'avons déjà dit, la CGT n'avait aucun intérêt à accroître
les pouvoirs de l'État ni à renforcer son autorité. Elle rejetait un
système qui soumettait les secteurs essentiels à la fonction publique,
généralement bureaucratique et guidée par l'intérêt personnel, et que la
Confédération accusait d'irresponsabilité et de gaspillage des ressources.
Les résultats désastreux observés lors de l'économie de guerre des
années passées devraient suffire à condamner ce modèle [1] . Pour la
CGT, la nationalisation n'a pas résolu le problème fondamental de
l'aliénation des travailleurs, mais a simplement substitué l'autorité
arbitraire du capitaliste à l'autorité impersonnelle, et souvent
inefficace et à courte vue, de la bureaucratie d'État. On constate ici
toute la pertinence de cette analyse.
Ainsi, contrairement au modèle étatique, la CET et la CGT proposaient
une nationalisation industrialisée, permettant à la communauté de gérer
de manière autonome les principaux secteurs économiques. Par
nationalisation, ils entendaient confier la propriété nationale aux
acteurs eux-mêmes: producteurs et consommateurs organisés en grandes
structures sociales.
Ce principe s'est traduit par une structure de gouvernance tripartite
pour chaque secteur ou service nationalisé. La gestion serait assurée
par des organes composés de représentants à parts égales des trois
principaux groupes d'acteurs:
Producteurs: Incluant à la fois les ouvriers et les techniciens,
reconnaissant ainsi la valeur combinée du travail et des connaissances
spécialisées dans le processus de production. Consommateurs et
utilisateurs: Représentant les intérêts directs de ceux qui utilisent le
service ou consomment le produit, ils veillent à ce que la direction
réponde aux besoins réels de la société. Le Collectif: Représentant
l'intérêt général de la nation ou de la société en général, il veille à
ce que l'industrie fonctionne dans l'intérêt du bien public et en
coordination avec le reste de l'économie nationale. Cette structure
tripartite visait à institutionnaliser une forme de démocratie
économique. Elle conciliait le savoir-faire des producteurs avec les
besoins identifiés par les consommateurs et les intérêts stratégiques de
la nation. Ce modèle était conçu pour s'appliquer aux secteurs
stratégiques de l'économie française.
La start-up
Le CET (Centre d'études territoriales) fut créé dès son approbation. Il
commença par la modernisation des infrastructures, considérées comme
l'épine dorsale de toute l'activité économique du pays et identifiées
comme le problème le plus urgent. Son importance était double: d'une
part, les chemins de fer constituaient un pilier fondamental de
l'infrastructure nationale, et leur exploitation efficace était une
condition indispensable à la reprise économique générale. D'autre part,
le secteur était source de tensions sociales, comme en témoignent les
importantes grèves des cheminots de février et mai 1920, qui plaçaient
la nationalisation parmi leurs principales revendications. Pour relever
ce défi, le CET mobilisa ses neuf sections spécialisées. Chacune analysa
un aspect différent du problème, et la synthèse de ces travaux aboutit à
un projet global de nationalisation des chemins de fer selon un modèle
de gestion tripartite industrialisé.
Mais les travaux du CET ne se limitaient pas aux chemins de fer. Son
programme englobait une réorganisation en profondeur de la société et de
l'économie françaises, comme en témoignent les travaux de ses
différentes sections. Celles-ci ont élaboré des analyses et des
propositions de réorganisation des secteurs minier et hydroélectrique,
selon les mêmes principes. La section Finances a également publié une
analyse critique du système bancaire et proposé la création d'une banque
publique. De son côté, la section Organisation économique a proposé la
création d'un «grand organe de régulation» (sans le nommer) chargé
d'orienter l'économie nationale et de lutter contre le gaspillage
capitaliste. Le Conseil s'est penché sur d'autres problématiques, telles
que l'agriculture, le logement et l'urbanisme, l'éducation, et même la
création d'un système national d'approvisionnement, afin de rationaliser
la distribution des biens.
Ce large éventail d'études démontre que l'objectif ultime du CET n'était
pas la réforme de secteurs isolés, mais bien la mise en place des
fondements d'une réorganisation économique et sociale rationnelle et
générale. C'est ce que signifie l'instauration d'une société socialiste
- sous contrôle ouvrier - sans révolution violente. Du moins en théorie,
car comment le grand capital aurait-il réagi?
nationalisation industrialisée
Le Conseil économique du travail (CET) n'était pas le fruit d'une
réglementation gouvernementale, ni une tentative de la direction
syndicale d'influencer le gouvernement national, mais bien une
initiative autonome du mouvement ouvrier. Il est né en réaction à ce que
les travailleurs percevaient comme l'inaction, voire l'incapacité, de
l'État face à l'urgence d'élaborer un programme économique cohérent du
point de vue des travailleurs. La création du CET visait à inaugurer une
nouvelle phase de l'action syndicale, axée sur des solutions concrètes.
Le modèle de nationalisation industrialisée proposé par le Conseil
économique du travail constituait une alternative économique susceptible
de dépasser à la fois le capitalisme privé et le contrôle étatique
bureaucratique. Il représentait une tentative d'articuler une «troisième
voie» fondée sur l'autonomie de classe, la formation technique et la
démocratie économique, confiant le contrôle des secteurs clés à une
alliance de producteurs, de consommateurs et d'autres représentants de
ce qui était considéré comme l'intérêt collectif.
La création et le fonctionnement du CET répondaient à un double objectif
stratégique visant à multiplier le champ d'action syndical, suivant le
modèle du syndicalisme révolutionnaire.
D'une part, le Conseil présentait des solutions concrètes. Il visait à
dépasser les critiques et les revendications pour élaborer un programme
constructif. L'objectif était clair: «Il ne s'agit plus seulement de
critiquer, mais d'agir.» Ses solutions, ancrées dans la réalité
économique, étaient applicables immédiatement. Elles ont ainsi gagné en
légitimité auprès des travailleurs et de la classe moyenne progressiste.
Par ailleurs, elle formait et préparait la classe ouvrière. La CET était
également conçue comme un instrument de formation. Elle visait à «doter
les travailleurs» - selon les termes de Jouhaux - «des compétences
économiques nécessaires pour comprendre les mécanismes complexes de la
vie moderne et les préparer à assumer un rôle de premier plan dans
l'économie réorganisée», un rôle qui «dépassait largement le cadre
existant» et ambitionnait une transformation sociale profonde.
Les travaux du Conseil économique du travail furent perçus en 1920 comme
le début d'une nouvelle phase dans l'histoire du syndicalisme français.
Pour la CGT, le mouvement ouvrier démontrait sa capacité non seulement à
défendre ses intérêts particuliers, mais aussi à affirmer ses
aspirations au bien commun.
Grâce à ce plan, la Confédération devrait cesser d'être une force
d'opposition minoritaire et devenir une puissante structure armée dotée
d'un plan détaillé pour la reconstruction économique et sociale de la
nation, avec les travailleurs comme acteurs principaux du processus.
Un choc des réalités
Un vieux officier prussien disait qu'aucun plan, aussi bon soit-il, ne
résiste à son premier contact avec l'ennemi. Autrement dit, avec la
réalité. La réalité est en perpétuelle évolution; les conditions
changent, on peut surestimer ses forces, et tous les autres acteurs
agissent également.
Le contexte politique et social a contrecarré ces objectifs ambitieux.
Tout d'abord, la crise économique a rendu le maintien des adhésions très
difficile. Une grande partie de la population active a abandonné le
mouvement syndical durant le ralentissement économique des années 1920.
La plupart des grandes grèves qui ont secoué le pays en 1920 ont
échoué. De ce fait, le nombre d'adhérents a chuté d'environ 2,4
millions début 1920 à 600 000 en 1921. Ce fut un coup dur pour ceux qui
se considéraient comme le mouvement ouvrier.
Deuxièmement, les tensions entre réformistes et révolutionnaires
atteignirent un point de non-retour. Les premiers accusaient les seconds
d'impatience révolutionnaire et de sabotage des plans généraux de
l'organisation. Les seconds accusaient les premiers de réformisme et de
lâcheté dans l'affirmation de leur autorité. En conséquence, les deux
camps s'engagèrent dans une lutte fratricide qui entraîna des expulsions
et des départs massifs. En juin 1922, toutes les factions
révolutionnaires se réunirent en congrès pour fonder une nouvelle
organisation révolutionnaire, la CGT unifiée. Cependant, cette nouvelle
fédération syndicale fut elle aussi confrontée à de graves problèmes
internes et se scinda rapidement à nouveau . [2]
La CGT, majoritaire et sans doute réformiste, absorba alors des pans
entiers de la classe ouvrière et de la fonction publique, encore moins
enclins à la révolution sociale. En 1925, le gouvernement français
entreprit la création d'un Conseil économique, toutefois toujours en
dehors des institutions de la Troisième République. Cette initiative fut
accueillie avec enthousiasme par les dirigeants de la CGT. Leur
acceptation signifiait la reconnaissance du rôle de l'État comme garant
de «l'intérêt général de la nation et de l'humanité».
Ce Conseil n'a pas orienté le pays vers le socialisme, comme l'espérait
sans doute la CGT. Au contraire, il a renforcé le capitalisme et
amélioré l'économie française, grâce à l'intégration de voix nouvelles
et jusque-là inaudibles. La CGT n'avait aucun pouvoir de décision au
sein du Conseil, même si ses propositions étaient prises en considération.
De temps à autre, la CGT remettait sur la table l'idée du CET. Ce fut le
cas en 1936, 1940 et 1945. Le CET servit de base au Conseil économique
mis en place par le gouvernement de la IVe République entre 1946 et
1960, bien que fortement réduit et dénaturé, et présidé par Léon Jouhaux
jusqu'à sa mort en 1954.
La Confédération nationale du travail (CNT) espagnole fut l'organisation
chargée de mettre en oeuvre ce plan, en veillant à ne pas le diluer au
sein de la bureaucratie d'État et à en maximiser le potentiel. Il fallut
attendre 1938 pour qu'il soit appliqué, brièvement toutefois, durant la
guerre civile espagnole. Ces idées parvinrent au sein de
l'anarcho-syndicalisme espagnol grâce aux nombreux exilés en France dans
les années 1920, ainsi que par l'action de Pierre Besnard, figure
influente parmi les militants anarcho-syndicalistes espagnols.
Miguel G. Gómez.
Littérature
Besnard, Pierre (1930). Les syndicats ouvriers et la révolution sociale.
https://bibliotheques-specialisees.paris.fr/ark:/73873/pf0000019115
Biard, Jean-François. "Chapitre I. Le réformisme de la CGT: le plan avec
le plan." Le socialisme devant ses choix , Éditions de la Sorbonne, 1985,
https://doi.org/10.4000/books.psorbonne.70832. Jouhaux, Léon (1921). "Le
Conseil Economique du Travail". Revue internationale du travail,
Vol.1(2), pp.179-186
https://researchrepository.ilo.org/esploro/outputs/journalArticle/Le-Conseil-economique-du-Travail/995274445102676
Rapports moraux et financiers des Comités Confédéraux et de Commissions
pour l'exercice 1918-1919. Présenté au 20e Congrès des corporations (14e
de la CGT) tenu à Lyon les 15 et 21 septembre 1919
https://www.ihs.cgt.fr/wp-content/uploads/2021/03/20-1919-XXe-Congres-national-corporatif-XIV-e-de-la-CGT-Lyon-15-21-septembre-1919.pdf
[1] Il convient de noter que le gouvernement a nationalisé une grande
partie de la production industrielle et des transports, les mettant au
service des besoins de la guerre.
[2] La situation s'aggrava d'autant plus qu'en 1924, les communistes
prirent définitivement le contrôle de la CGTU, entraînant le départ des
anarchistes et des syndicalistes révolutionnaires. Certains rejoignirent
l'autre CGT, tandis que d'autres créèrent la CGT-SR, alors devenue une
infime minorité. La CGTU fusionna de nouveau avec la CGT en 1936.
https://regeneracionlibertaria.org/2026/01/21/el-consejo-economico-del-trabajo-y-la-nacionalizacion-industrializada-en-francia/
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