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(fr) La Platforme - Venezuela: contre l'impérialisme et la dictature

Date Thu, 29 Jan 2026 15:54:42 +0000


Le Venezuela est riche de son pétrole, mais son peuple est pauvre de l'impérialisme, de l'exploitation de ses ressources et de ses travailleuses et travailleurs. L'élection d'Hugo Chavez en 1999 a fait du pays la bête noire des USA. La «révolution bolivarienne», puis sa dérive de plus en plus dictatoriale a profondément marqué le Venezuela, et depuis des années se traduit par un effondrement économique. C'est dans ce contexte que Trump, le 3 janvier 2026, a lancé son opération «Absolute Resolve». Celle-ci n'a été qu'un acte de piraterie d'État. Retour sur quelques éléments d'histoire pour comprendre les enjeux! ---- Le pétrole est depuis des décennies au coeur de l'économie vénézuélienne. Il a été l'occasion d'importants investissement privés, notamment états-uniens, avec par exemple le complexe de raffinage de Paraguaná.

Dans les années 1980, le Venezuela était gouverné par une coalition «centriste». Les 27 et 28 février 1989 a lieu un soulèvement populaire à Caracas, à la suite d'une explosion des tarifs, notamment des transports en commun, et des réformes économiques imposées par le Fonds monétaire international. Le deuxième jour, le président Carlos Andrés Pérez déclenche le plan Avila et envoie l'armée contre la population révoltée, tuant plus de 3 000 personnes en quelques jours.

Il s'en suivra en 1992, deux tentatives de coup d'État, dont l'une dirigée par Hugo Chávez. Ce dernier sera élu Président de la République le 6 décembre 1998. Après 2003, à la faveur de l'augmentation des prix des hydrocarbures, d'un climat politique plus détendu et de la reprise en main de la compagnie pétrolière nationale PDVSA par l'État, le Venezuela connaît un taux de croissance économique de 13,5 % en moyenne jusqu'en 2009, soit l'un des plus hauts du monde, selon les chiffres officiels et ceux du Fond monétaire international.

Le gouvernement lance à partir de 2001 des «misiones» dans les domaines éducatifs, alimentaires et médico-sanitaires. Le taux de pauvreté recule de 54 % à 26 % de la population entre 2003 et 2008, se traduisant par une forte régression de la sous-nutrition et de l'analphabétisme. Mais les années Chavez sont également caractérisées par une large augmentation de la dette du pays qui passe de 28 à 130 milliards de dollars, en particulier auprès de la Chine, son principal créancier.

L'effondrement en 2008 du cours du baril de pétrole commence à renverser la situation. Le succès du chavisme est fondé sur un large clientélisme et sur une dépendance majeure au pétrole. Il a sa prolongation dans un tissu économique déséquilibré, avec une industrie atrophiée, des pénuries alimentaires chroniques et une inflation très importante. Ces années sont également marquées à la fois par un autoritarisme croissant -le régime évoluant progressivement vers un État autoritaire à parti unique-, par une forte corruption dans les cercle du pouvoir et par une forte aggravation de la criminalité avec un quadruplement du taux d'homicides.
Les années Maduro

Hugo Chavez dirigera le pays jusqu'à sa mort en 2013. Avant celle-ci, il désigne comme son successeur le vice-président Nicolás Maduro, qui devient président par intérim, puis qui remporte de justesse l'élection présidentielle de 2013 avec 50,62 % des voix.

Par contre, les élections législative du 6 décembre 2015 donnent une large victoire à l'opposition de droite. Le Parlement vénézuélien, contrôlé par cette dernière, approuve le 25 octobre 2016 l'ouverture d'un procès en destitution contre le président. Après une longue période de blocage politique, le président Maduro tente en juillet 2017 de contourner le Parlement en faisant élire une Constituante entièrement contrôlée par les chavistes.

Il s'en suit un contexte de violences et de contestation sociale violemment réprimée, ce qui fera dénoncer par le Haut-Commissaire aux droits de l'Homme de l'ONU «un usage excessif de la force» à l'égard des manifestantes et des manifestants.

Les États-Unis instaurent des premières sanctions économiques contre le Venezuela en 2015, sous la présidence de Barack Obama car le pays constituerait une «menace inhabituelle et extraordinaire pour la sécurité nationale et la politique étrangère des États-Unis». En 2017, l'Union européenne adoptera elle aussi un plan de sanctions visant à étrangler l'économie vénézuélienne.

Le 6 mai 2025, le journal l'Humanité écrivait: «Washington cherche plus que jamais à asphyxier la révolution bolivarienne et mise de nouveau sur un retour à la stratégie de «pression maximale»». L'objectif de ces politiques est «de porter l'estocade à une économie qui se relève tout juste après les conséquences de ce que des rapporteurs de l'ONU ont décrit comme des «mesures cruelles» aux effets «dévastateurs sur toute la population»: chute de plus de 80 % du PIB entre 2013 et 2020, pire épisode d'hyperinflation jamais enregistré dans le monde depuis la Seconde Guerre mondiale entre 2015 et 2021, et plus de 90 % des Vénézuéliens vivant sous le seuil de pauvreté cette même année».

Le 23 janvier 2019, Juan Guaidó, président du Parlement, s'autoproclame «Président en exercice» du Venezuela et prête serment au cours d'une manifestation organisée à Caracas. Maduro se maintient au pouvoir grâce à l'appui des forces armées vénézuéliennes.

C'est dans ce contexte qu'à partir d'aout 2025 Trump fait déployer une flotte de guerre massive à proximité des frontières maritimes du Venezuela, menaçant de déclencher une guerre. En décembre, le président états-unien annonce le blocus maritime du Venezuela par l'armée américaine, pour empêcher toute circulation des navires pétroliers. Le 3 janvier 2026, Caracas est bombardée durant plusieurs heures par l'armée américaine dans le cadre de l'opération «Absolute Resolve» et Donald Trump annonce la capture de Nicolas Maduro et de son épouse.

Les accusations de narcotrafic porté par Trump à l'encontre de Maduro, qui aujourd'hui ont quasiment disparues au profit d'une volonté de s'accaparer le pétrole vénézuélien, apparaissent pour ce qu'elles étaient dès le départ: une fake news trumpienne! Une fake news qui vise à masquer l'offensive impérialiste pour imposer son pouvoir dans ce que le gouvernement états-unien comme son pré carré et ainsi à contrer la politique et le commerce chinoise en Amérique latine.

Contre l'impérialisme et la dictature

Nous l'avons vu, la situation au Venezuela est fort complexe. Face à celle-ci, quelle position politique prendre? Il nous semble que le mieux est de donner la parole à des camarades vénézuéliens et vénézuéliennes.

Les militantes et militants vénézuéliens du Comité National de Conflit des Travailleurs et travailleuses en lutte, participant au Réseau syndical international de solidarité et de luttes, ont publié le texte ci-dessous qu'il nous paraît important de diffuser:

«En premier lieu, pour que les choses soient dites clairement, même si ce point est évident pour vous et pour nous: nous condamnons totalement l'intervention militaire états-unienne.

Avant le 3 janvier, il y avait déjà eu 22 interventions armées des États-Unis envers le Venezuela. Le 3 janvier, aucune des trois forces militaires de l'État vénézuélien (aérienne, terrestre, maritime) n'a réagi. 150 avions US ont survolé la capitale, 15 hélicoptères US s'y sont posés, sans riposte. Cela laisse place à des interrogations... Depuis des années, le gouvernement nous racontait que la Russie nous protégerait en cas d'attaque impérialiste US!

Le constat est que le régime est toujours en place, la répression et les restrictions aux libertés aussi; cela s'est même renforcé depuis le 3 janvier. Un nouveau décret a été publié, motivé par l'état d'urgence.

Le président des États-Unis se positionne en gendarme du monde. On sait bien que ce qui l'intéresse au Venezuela, ce n'est pas la démocratie, mais le pétrole! Il faut comprendre une chose essentielle: même sous Chavez, et bien sur aussi après Chavez, l'impérialisme US n'a jamais disparu de notre pays, les multinationales ont toujours été présentes au Venezuela. Chevron en est la figure de proue. Lorsque les syndicalistes du secteur pétrolier dénonçaient les cadeaux pétroliers faits à Cuba, à l'Iran, à la Russie ou à la Chine, ils et elles étaient taxés de suppôts de l'impérialisme! Pour être en règle avec la Constitution, dans chaque contrat pétrolier il y a une entreprise vénézuélienne, mais toujours minoritaire, sous la coupe d'une multinationale. Les États russes et chinois ont beaucoup investi au Venezuela. Nous sommes aujourd'hui au milieu de la lutte et des accords entre les impérialistes états-unien, russe et chinois!

Sous couvert d'anti-impérialisme, le groupe dirigeant qui était au gouvernement, et qui l'est toujours, est devenu pro-impérialiste. L'absence de riposte à l'intervention militaire du 3 janvier, la poursuite du gouvernement via celle qui était vice-présidente, montrent l'accord tacite avec les États-Unis.

C'est sur que certaines personnes dans le pays espéraient une intervention extérieure de ce type pour que soient rétablies les libertés. Ce n'est pas notre position, ce n'est pas l'intérêt de la classe ouvrière. Comme dit précédemment, ce n'est pas du tout l'objectif de l'intervention US, et ce n'est pas, non plus, ce que veut faire le gouvernement validé par les États-Unis. Par ailleurs, on ne peut pas accepter le principe même d'une intervention militaire impérialiste.

En tant que travailleurs, travailleuses, syndicalistes, quelles sont nos priorités? On doit continuer la lutte pour la démocratie, pour la libération de toutes et tous les prisonniers politiques, pour les droits des travailleurs et travailleuses, et pour le respect du droit à l'autodétermination des peuples, dont le nôtre.

Il faut donner quelques éléments concrets aux camarades d'autres pays pour qu'ils et elles comprennent bien notre situation, la situation de la classe ouvrière vénézuélienne, dans la suite de ce que nous avons pu déjà exprimer lors de la rencontre du Réseau syndical international de solidarité et de luttes, en novembre 2025:

- En 2018, il y a eu des mesures austéritaires très fortes, sous le nom de «programme de récupération, croissance et prospérité économique». Cela s'est traduit par une interdiction des augmentations de salaire, alors que les prix ont été libérés.

- Le salaire officiel est de moins d'un dollar par mois! C'est le cout de deux litres d'essence. Il y a des primes, en général comprises entre 120 et 150 dollars. Il n'y a pas d'augmentation de salaire depuis des années.

- Dans le secteur pétrolier, depuis 4 ans la convention collective n'a pas été revue; c'est une des exigences des multinationales qui est ainsi satisfaite.

- On a gagné beaucoup de dossiers juridiques: pour le paiement de salaires non payés, à la suite de licenciements injustifiés, pour exiger des réintégrations, etc.: Mais les entreprises publiques ne respectent pas ces décisions et le gouvernement a laissé faire. Depuis le 3 janvier, on a l'impression que des consignes ont été données pour que les décisions mêmes soient contraires aux demandes légitimes des travailleurs et travailleuses.

- Rien que dans le secteur du pétrole, il y a 120 travailleurs en prison, sans même aucun acte d'accusation; la répression antisyndicale, anti-ouvrière est très forte: le décret de situation d'urgence légalise les arrestations extra-judiciaires. Les contrôles, par exemple, sur le contenu des téléphones personnels, se multiplient. L'armée accentue la pression dans les entreprises.

Plus que jamais, notre tâche est d'unifier la classe ouvrière, sur la base de ses revendications et de l'exigence de ses droits. Si la «grande mobilisation nationale du 15 janvier» est pour le moment suspendu, il y aura toutefois des actions dans les prochains jours, les prochaines semaines. Le soutien du syndicalisme international sera important pour nous.

L'internationalisme est aussi important vis-à-vis des millions de vénézuéliens et vénézuéliennes en exil. Les illusions sur l'intervention états-unienne, «l'aide» des multinationales, doivent être combattues.

La loi prévoit un contrôle ouvrier dans les entreprises, un contrôle populaire des comptes publiques. Mais cela n'existe pas. C'est aussi sur ce genre de choses que nous devons mettre l'accent, pour montrer que l'issue à la pauvreté, à la répression, etc., que nous vivons depuis des années, n'est pas dans le capitalisme des multinationales ou les interventions impérialistes.

On doit continuer les discussions avec nos collègues, nos voisins et voisines, faire en sorte que le plus grand nombre partage nos positions: défense des revendications ouvrières, libération des prisonniers et prisonnières politiques, respect des libertés, dénonciation des impérialismes!»

En guise de conclusion nous tenons à revenir sur les tâches qui nous incombent en France. En premier lieu il nous semble important de dénoncer l'intervention impérialiste états-unienne et l'arrestation arbitraire d'un chef d'état en exercice. Mais dénoncer l'impérialisme occidental ne peut pas résumer notre action face à la situation au Venezuela.

Il nous semble aussi important de dénoncer le régime au pouvoir à Caracas, avant comme après l'intervention US, la répression contre le mouvement social et le syndicalisme, l'absence de démocratie, l'appropriation des richesses par une néo-bourgeoisie «maduriste».

Ce genre de «socialisme» ne construit pas l'émancipation humaine. Le combat de classe reste notre boussole, ici comme au Venezuela.

https://plateformecl.org/venezuela-contre-limperialisme-et-la-dictature
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