|
A - I n f o s
|
|
Une agence d'actualités par pour et au sujet des anars
**
.
Informations dans toutes les langues
Les 30 derniers messages (accueil)
Messages des deux
dernières semaines
Nos archives des anciens messages
Les 100 derniers
messages selon la langue
Greek_
䏿–‡ Chinese_
Castellano_
Catalan_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Francais_
Italiano_
Portugues_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkçe_
_The.Supplement
Premières lignes des dix derniers messages
Greek_
Chinese_
Castellano_
Catalan_
Deutsch_
Nederlands_
English_
Francais_
Italiano_
Polski_
Portugues_
Russkyi_
Suomi_
Svenska_
Türkçe
Premières lignes des dix derniers messages
Premières lignes des messages des dernières 24 heures
Premières lignes des messages des dernière
last 30 days |
of 2002 |
of 2003 |
of 2004 |
of 2005 |
of 2006 |
of 2007 |
of 2008 |
of 2009 |
of 2010 |
of 2011 |
of 2012 |
of 2013 |
of 2014 |
of 2015 |
of 2016 |
of 2017 |
of 2018 |
of 2019 |
of 2020 |
of 2021 |
of 2022 |
of 2023 |
of 2024 |
of 2025 |
of 2026
(fr) La Platforme - Venezuela: contre l'impérialisme et la dictature
Date
Thu, 29 Jan 2026 15:54:42 +0000
Le Venezuela est riche de son pétrole, mais son peuple est pauvre de
l'impérialisme, de l'exploitation de ses ressources et de ses
travailleuses et travailleurs. L'élection d'Hugo Chavez en 1999 a fait
du pays la bête noire des USA. La «révolution bolivarienne», puis sa
dérive de plus en plus dictatoriale a profondément marqué le Venezuela,
et depuis des années se traduit par un effondrement économique. C'est
dans ce contexte que Trump, le 3 janvier 2026, a lancé son opération
«Absolute Resolve». Celle-ci n'a été qu'un acte de piraterie d'État.
Retour sur quelques éléments d'histoire pour comprendre les enjeux! ----
Le pétrole est depuis des décennies au coeur de l'économie
vénézuélienne. Il a été l'occasion d'importants investissement privés,
notamment états-uniens, avec par exemple le complexe de raffinage de
Paraguaná.
Dans les années 1980, le Venezuela était gouverné par une coalition
«centriste». Les 27 et 28 février 1989 a lieu un soulèvement populaire à
Caracas, à la suite d'une explosion des tarifs, notamment des transports
en commun, et des réformes économiques imposées par le Fonds monétaire
international. Le deuxième jour, le président Carlos Andrés Pérez
déclenche le plan Avila et envoie l'armée contre la population révoltée,
tuant plus de 3 000 personnes en quelques jours.
Il s'en suivra en 1992, deux tentatives de coup d'État, dont l'une
dirigée par Hugo Chávez. Ce dernier sera élu Président de la République
le 6 décembre 1998. Après 2003, à la faveur de l'augmentation des prix
des hydrocarbures, d'un climat politique plus détendu et de la reprise
en main de la compagnie pétrolière nationale PDVSA par l'État, le
Venezuela connaît un taux de croissance économique de 13,5 % en moyenne
jusqu'en 2009, soit l'un des plus hauts du monde, selon les chiffres
officiels et ceux du Fond monétaire international.
Le gouvernement lance à partir de 2001 des «misiones» dans les domaines
éducatifs, alimentaires et médico-sanitaires. Le taux de pauvreté recule
de 54 % à 26 % de la population entre 2003 et 2008, se traduisant par
une forte régression de la sous-nutrition et de l'analphabétisme. Mais
les années Chavez sont également caractérisées par une large
augmentation de la dette du pays qui passe de 28 à 130 milliards de
dollars, en particulier auprès de la Chine, son principal créancier.
L'effondrement en 2008 du cours du baril de pétrole commence à renverser
la situation. Le succès du chavisme est fondé sur un large clientélisme
et sur une dépendance majeure au pétrole. Il a sa prolongation dans un
tissu économique déséquilibré, avec une industrie atrophiée, des
pénuries alimentaires chroniques et une inflation très importante. Ces
années sont également marquées à la fois par un autoritarisme croissant
-le régime évoluant progressivement vers un État autoritaire à parti
unique-, par une forte corruption dans les cercle du pouvoir et par une
forte aggravation de la criminalité avec un quadruplement du taux
d'homicides.
Les années Maduro
Hugo Chavez dirigera le pays jusqu'à sa mort en 2013. Avant celle-ci, il
désigne comme son successeur le vice-président Nicolás Maduro, qui
devient président par intérim, puis qui remporte de justesse l'élection
présidentielle de 2013 avec 50,62 % des voix.
Par contre, les élections législative du 6 décembre 2015 donnent une
large victoire à l'opposition de droite. Le Parlement vénézuélien,
contrôlé par cette dernière, approuve le 25 octobre 2016 l'ouverture
d'un procès en destitution contre le président. Après une longue période
de blocage politique, le président Maduro tente en juillet 2017 de
contourner le Parlement en faisant élire une Constituante entièrement
contrôlée par les chavistes.
Il s'en suit un contexte de violences et de contestation sociale
violemment réprimée, ce qui fera dénoncer par le Haut-Commissaire aux
droits de l'Homme de l'ONU «un usage excessif de la force» à l'égard des
manifestantes et des manifestants.
Les États-Unis instaurent des premières sanctions économiques contre le
Venezuela en 2015, sous la présidence de Barack Obama car le pays
constituerait une «menace inhabituelle et extraordinaire pour la
sécurité nationale et la politique étrangère des États-Unis». En 2017,
l'Union européenne adoptera elle aussi un plan de sanctions visant à
étrangler l'économie vénézuélienne.
Le 6 mai 2025, le journal l'Humanité écrivait: «Washington cherche plus
que jamais à asphyxier la révolution bolivarienne et mise de nouveau sur
un retour à la stratégie de «pression maximale»». L'objectif de ces
politiques est «de porter l'estocade à une économie qui se relève tout
juste après les conséquences de ce que des rapporteurs de l'ONU ont
décrit comme des «mesures cruelles» aux effets «dévastateurs sur toute
la population»: chute de plus de 80 % du PIB entre 2013 et 2020, pire
épisode d'hyperinflation jamais enregistré dans le monde depuis la
Seconde Guerre mondiale entre 2015 et 2021, et plus de 90 % des
Vénézuéliens vivant sous le seuil de pauvreté cette même année».
Le 23 janvier 2019, Juan Guaidó, président du Parlement, s'autoproclame
«Président en exercice» du Venezuela et prête serment au cours d'une
manifestation organisée à Caracas. Maduro se maintient au pouvoir grâce
à l'appui des forces armées vénézuéliennes.
C'est dans ce contexte qu'à partir d'aout 2025 Trump fait déployer une
flotte de guerre massive à proximité des frontières maritimes du
Venezuela, menaçant de déclencher une guerre. En décembre, le président
états-unien annonce le blocus maritime du Venezuela par l'armée
américaine, pour empêcher toute circulation des navires pétroliers. Le 3
janvier 2026, Caracas est bombardée durant plusieurs heures par l'armée
américaine dans le cadre de l'opération «Absolute Resolve» et Donald
Trump annonce la capture de Nicolas Maduro et de son épouse.
Les accusations de narcotrafic porté par Trump à l'encontre de Maduro,
qui aujourd'hui ont quasiment disparues au profit d'une volonté de
s'accaparer le pétrole vénézuélien, apparaissent pour ce qu'elles
étaient dès le départ: une fake news trumpienne! Une fake news qui vise
à masquer l'offensive impérialiste pour imposer son pouvoir dans ce que
le gouvernement états-unien comme son pré carré et ainsi à contrer la
politique et le commerce chinoise en Amérique latine.
Contre l'impérialisme et la dictature
Nous l'avons vu, la situation au Venezuela est fort complexe. Face à
celle-ci, quelle position politique prendre? Il nous semble que le mieux
est de donner la parole à des camarades vénézuéliens et vénézuéliennes.
Les militantes et militants vénézuéliens du Comité National de Conflit
des Travailleurs et travailleuses en lutte, participant au Réseau
syndical international de solidarité et de luttes, ont publié le texte
ci-dessous qu'il nous paraît important de diffuser:
«En premier lieu, pour que les choses soient dites clairement, même si
ce point est évident pour vous et pour nous: nous condamnons totalement
l'intervention militaire états-unienne.
Avant le 3 janvier, il y avait déjà eu 22 interventions armées des
États-Unis envers le Venezuela. Le 3 janvier, aucune des trois forces
militaires de l'État vénézuélien (aérienne, terrestre, maritime) n'a
réagi. 150 avions US ont survolé la capitale, 15 hélicoptères US s'y
sont posés, sans riposte. Cela laisse place à des interrogations...
Depuis des années, le gouvernement nous racontait que la Russie nous
protégerait en cas d'attaque impérialiste US!
Le constat est que le régime est toujours en place, la répression et les
restrictions aux libertés aussi; cela s'est même renforcé depuis le 3
janvier. Un nouveau décret a été publié, motivé par l'état d'urgence.
Le président des États-Unis se positionne en gendarme du monde. On sait
bien que ce qui l'intéresse au Venezuela, ce n'est pas la démocratie,
mais le pétrole! Il faut comprendre une chose essentielle: même sous
Chavez, et bien sur aussi après Chavez, l'impérialisme US n'a jamais
disparu de notre pays, les multinationales ont toujours été présentes au
Venezuela. Chevron en est la figure de proue. Lorsque les syndicalistes
du secteur pétrolier dénonçaient les cadeaux pétroliers faits à Cuba, à
l'Iran, à la Russie ou à la Chine, ils et elles étaient taxés de suppôts
de l'impérialisme! Pour être en règle avec la Constitution, dans chaque
contrat pétrolier il y a une entreprise vénézuélienne, mais toujours
minoritaire, sous la coupe d'une multinationale. Les États russes et
chinois ont beaucoup investi au Venezuela. Nous sommes aujourd'hui au
milieu de la lutte et des accords entre les impérialistes états-unien,
russe et chinois!
Sous couvert d'anti-impérialisme, le groupe dirigeant qui était au
gouvernement, et qui l'est toujours, est devenu pro-impérialiste.
L'absence de riposte à l'intervention militaire du 3 janvier, la
poursuite du gouvernement via celle qui était vice-présidente, montrent
l'accord tacite avec les États-Unis.
C'est sur que certaines personnes dans le pays espéraient une
intervention extérieure de ce type pour que soient rétablies les
libertés. Ce n'est pas notre position, ce n'est pas l'intérêt de la
classe ouvrière. Comme dit précédemment, ce n'est pas du tout l'objectif
de l'intervention US, et ce n'est pas, non plus, ce que veut faire le
gouvernement validé par les États-Unis. Par ailleurs, on ne peut pas
accepter le principe même d'une intervention militaire impérialiste.
En tant que travailleurs, travailleuses, syndicalistes, quelles sont nos
priorités? On doit continuer la lutte pour la démocratie, pour la
libération de toutes et tous les prisonniers politiques, pour les droits
des travailleurs et travailleuses, et pour le respect du droit à
l'autodétermination des peuples, dont le nôtre.
Il faut donner quelques éléments concrets aux camarades d'autres pays
pour qu'ils et elles comprennent bien notre situation, la situation de
la classe ouvrière vénézuélienne, dans la suite de ce que nous avons pu
déjà exprimer lors de la rencontre du Réseau syndical international de
solidarité et de luttes, en novembre 2025:
- En 2018, il y a eu des mesures austéritaires très fortes, sous le nom
de «programme de récupération, croissance et prospérité économique».
Cela s'est traduit par une interdiction des augmentations de salaire,
alors que les prix ont été libérés.
- Le salaire officiel est de moins d'un dollar par mois! C'est le cout
de deux litres d'essence. Il y a des primes, en général comprises entre
120 et 150 dollars. Il n'y a pas d'augmentation de salaire depuis des
années.
- Dans le secteur pétrolier, depuis 4 ans la convention collective n'a
pas été revue; c'est une des exigences des multinationales qui est ainsi
satisfaite.
- On a gagné beaucoup de dossiers juridiques: pour le paiement de
salaires non payés, à la suite de licenciements injustifiés, pour exiger
des réintégrations, etc.: Mais les entreprises publiques ne respectent
pas ces décisions et le gouvernement a laissé faire. Depuis le 3
janvier, on a l'impression que des consignes ont été données pour que
les décisions mêmes soient contraires aux demandes légitimes des
travailleurs et travailleuses.
- Rien que dans le secteur du pétrole, il y a 120 travailleurs en
prison, sans même aucun acte d'accusation; la répression antisyndicale,
anti-ouvrière est très forte: le décret de situation d'urgence légalise
les arrestations extra-judiciaires. Les contrôles, par exemple, sur le
contenu des téléphones personnels, se multiplient. L'armée accentue la
pression dans les entreprises.
Plus que jamais, notre tâche est d'unifier la classe ouvrière, sur la
base de ses revendications et de l'exigence de ses droits. Si la «grande
mobilisation nationale du 15 janvier» est pour le moment suspendu, il y
aura toutefois des actions dans les prochains jours, les prochaines
semaines. Le soutien du syndicalisme international sera important pour nous.
L'internationalisme est aussi important vis-à-vis des millions de
vénézuéliens et vénézuéliennes en exil. Les illusions sur l'intervention
états-unienne, «l'aide» des multinationales, doivent être combattues.
La loi prévoit un contrôle ouvrier dans les entreprises, un contrôle
populaire des comptes publiques. Mais cela n'existe pas. C'est aussi sur
ce genre de choses que nous devons mettre l'accent, pour montrer que
l'issue à la pauvreté, à la répression, etc., que nous vivons depuis des
années, n'est pas dans le capitalisme des multinationales ou les
interventions impérialistes.
On doit continuer les discussions avec nos collègues, nos voisins et
voisines, faire en sorte que le plus grand nombre partage nos positions:
défense des revendications ouvrières, libération des prisonniers et
prisonnières politiques, respect des libertés, dénonciation des
impérialismes!»
En guise de conclusion nous tenons à revenir sur les tâches qui nous
incombent en France. En premier lieu il nous semble important de
dénoncer l'intervention impérialiste états-unienne et l'arrestation
arbitraire d'un chef d'état en exercice. Mais dénoncer l'impérialisme
occidental ne peut pas résumer notre action face à la situation au
Venezuela.
Il nous semble aussi important de dénoncer le régime au pouvoir à
Caracas, avant comme après l'intervention US, la répression contre le
mouvement social et le syndicalisme, l'absence de démocratie,
l'appropriation des richesses par une néo-bourgeoisie «maduriste».
Ce genre de «socialisme» ne construit pas l'émancipation humaine. Le
combat de classe reste notre boussole, ici comme au Venezuela.
https://plateformecl.org/venezuela-contre-limperialisme-et-la-dictature
_________________________________________________
A - I n f o s
informations par, pour, et au sujet des anarchistes
Send news reports to A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
Subscribe/Unsubscribe https://ainfos.ca/mailman/listinfo/a-infos-fr
Archive: http://ainfos.ca/fr