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(fr) Alternative Libertaire #367 (UCL) - Point de vue: Bullshit job/secteurs stratégiques, deux pièges pour casser la grève
Date
Wed, 28 Jan 2026 18:33:03 +0000
Nous sommes toutes et tous des travailleurs et travailleuses de secteurs
stratégiques. La grève affirme la volonté de construire depuis la base
une force collective capable de reprendre l'appareil productif et de
l'organiser directement entre nous. ---- Fini la grève générale, il
faudrait dorénavant cibler quelques secteurs professionnels présentés
comme «stratégiques», par exemple le rail ou l'énergie. Derrière cette
tactique, en vogue au sein de certaines organisations trotskistes ou
réformistes, se cache une conception de la grève qui serait avant tout
un moyen d'obtenir quelque chose à l'extérieur d'elle-même. La grève ne
serait ainsi pas cet espace où notre classe construit directement son
propre pouvoir. Au lieu de renforcer l'autonomie collective des
grévistes, il y aurait ainsi besoin d'une direction minoritaire qui
seule serait censée interpréter et orienter le mouvement. Las, le
capitalisme forme une totalité, chaque secteur participe à la vie
économique et aucune activité n'est extérieure au système.
En popularisant les «bullshit jobs» [1], David Graeber a mis des mots
sur le sentiment largement partagé que de nombreux emplois sont absurdes
ou vides de sens. Mais ce malaise subjectif ne signifie pas que ces
emplois seraient inutiles du point de vue du capital. Encadrer,
surveiller, stimuler la consommation, produire de la concurrence entre
travailleurs et travailleuses... Même les tâches socialement absurdes
remplissent une fonction dans la grande machine à maximiser les profits.
Les notions de «bullshit jobs» ou «secteurs stratégiques» produisent des
effets pratiques dans nos luttes: un sentiment d'impuissance «Si je me
mets en grève ça ne sert à rien». Beaucoup délèguent alors leur grève à
d'autres, en se contentant d'alimenter les caisses de grève. Lorsque ces
dernières deviennent un substitut à l'arrêt de travail, elles
transforment la lutte en spectacle où quelques secteurs se battent
pendant que les autres paient depuis l'extérieur. Jusqu'à ce que l'État
envoie son contingent de bullshit jobbers armé de flashball et
réquisitionne le dernier carré de grévistes isolé·es.
Ce qui fait la force d'une grève ce n'est pas son emplacement dans la
chaîne logistique mais sa capacité à se relier aux autres. Réduire la
stratégie à la nuisance ou au blocage économique, c'est adopter le
regard du patronat. C'est penser la grève avec les outils du pouvoir
qu'elle combat, comme si sa valeur se mesurait en pertes financières
plutôt qu'en puissance collective. Une grève ne vaut que ce qu'elle
construit en créant des liens et une conscience collective.
Dès lors, chaque arrêt de travail devient stratégique. Quand ces arrêts
se relient, c'est toute la machine qui s'arrête. La grève devient alors
un moment où nous nous constituons en sujet politique. Où nous reprenons
la main sur ce que nous produisons. Où nous décidons collectivement de
l'usage social de nos savoir-faire. Une autre organisation de la
production peut donc s'affirmer, débarrassée de la logique marchande et
construite par et pour celles et ceux qui travaillent... tous secteurs
confondus.
Tom (UCL Montpellier)
Notes:
[1] David Graeber, Bullshit Jobs, Les Liens qui libèrent, septembre
2019, 448 pages, 8,90euros.
https://www.unioncommunistelibertaire.org/?Point-de-vue-Bullshit-job-secteurs-strategiques-deux-pieges-pour-casser-la
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