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(fr) Courant Alternative #343 (OCL) - Rhônergia et Dépakine, vertement écolo

Date Sun, 27 Oct 2024 18:53:56 +0000


Rhônergia: un petit bien pour un grand mal? ---- La Compagnie Nationale du Rhône (CNR) une société anonyme d'intérêt général (la seule existant en France). ---- Ses principaux actionnaires sont Engie (privé) et la Caisse des Dépôts et Consignations (public). Les villes et départements actionnaires n'y font depuis longtemps que de la figuration. ---- Elle a obtenu en 1934 la concession du fleuve pour l'aménager car le «fleuve-roi» devait enfin cesser d'être un «fleuve fainéant» pour se mettre au «service de la Nation» par le développement de l'hydroélectricité, de la navigation et l'irrigation. ---- Objectifs atteints: depuis 1948, la CNR a construit et gère 19 barrages et centrales hydroélectriques (de Génissiat dans l'Ain à Beaucaire dans le Gard), une vingtaine d'usines et de ports fluviaux, 330 km de voies rendues navigables par 14 écluses et la canalisation/bétonnage du fleuve. Elle a réalisé l'irrigation massive de l'agriculture industrielle dans la vallée. Depuis une vingtaine d'années elle s'est aussi lancée à donf dans l'éolien et le photovoltaïque: «42 parcs éoliens (dont 26 hors Vallée du Rhône); 20 centrales photovoltaïques» (1).

Les prélèvement définitifs en eau liés à ces activités se répartissent ainsi: 48 % pour l'irrigation, 24 % pour l'hydroélectricité, 5 % pour la navigation. Le reste c'est l'alimentation en eau potable et l'industrie (2). S'y ajoutent pour les barrages, leur rôle dans le refroidissement des centrales et le stockage des surplus d'électricité nucléaire et solaire.

De fleuve-roi, le Rhône est devenu un esclave corseté, dirigé, exploité et valorisé au profit du capitalisme-roi, de ses actionnaires et autres parasites.

Mais il manquait à la CNR, un dernier trophée à son tableau de chasse d'aménageur fou. Cette gâterie c'était les derniers 26 km du Rhône encore sauvage entre Loyettes (Ain) et Saint-Romain-de-Jalionas (Isère).

Rhônergia en est le doux nom: 22 km de retenue d'eau, une digue de 4 km, une chute d'eau artificielle de 6,8 m pour produire 40 mégawatts d'électricité sur un fleuve dont le débit risque de diminuer de 40 % d'ici la fin du siècle.

Mais les associations locales Stop Barrage, LPO, Lo Parvi, FNE Ain et AuRA, Fédérations de Pêche; archéologues amateurs, collectif citoyen ont réussi à mobiliser massivement sur la destruction de la nature et de l'environnement, la disparition des modes de vie, champs et maisons, la pollution de l'approvisionnement en eau potable de l'aval (Lyon par exemple) par le relargage dans l'eau des vieux polluants éternels que sont les PCB enfouis dans la vase).

Lors de la CNDP 48 contributions sur 53 ont été négatives.

Soudain, dans la torpeur de l'été, l'État annonce que le projet de barrage est abandonné. (3)
Stupeur et tremblements (de joie) au sein des associations qui se félicitent de cette victoire. Las, la réalité est malheureusement un peu moins rose: un peu plus haut sur le fleuve se trouve la vieille centrale nucléaire du Bugey qui doit accueillir les 2 EPR2 du nouveau programme électro-nucléaire.

Pour les nucléocrates, Rhônergia posait des problèmes techniques, et des «enjeux potentiels sur la sureté de l'exploitation de la centrale nucléaire déjà existante» (4). Mieux, «les études ont soulevé des risques techniques sur le projet EPR2 de Bugey, qui auraient pu conduire à une augmentation des couts et un retard de calendrier pour ce projet...» (cf note 3)
Dans leur décision, les nucléocrates n'oublient pas la touche écolo et démocratique qui fait bien: «Par ailleurs, le bilan des garants sur la concertation préalable met en exergue des objections au projet de barrage, notamment liées aux aspects environnementaux».

Bref, voilà la victoire d'une lutte de terrain (et, nous n'allons pas nous en plaindre) qui s'explique au moins partiellement par les priorités de l'État atomique: nucléaire Über Alles, le moins cher possible et bien refroidi.

Cette décision interpelle néanmoins car le Réseau Sortir du Nucléaire voyait plutôt comme objectif au barrage «celui d'accaparer l'eau au profit de la centrale nucléaire du Bugey, soumise à une baisse importante des débits d'étiage et alors même que l'implantation de deux nouveaux EPR2 y est prévue.» (5)
Peut-être, un nouveau barrage bien à eux va-t-il sortir du chapeau des nucléocrates pour refroidir leurs futurs bijoux de Bugey? Et là, le rapport de force à reconstruire devra être à la hauteur des enjeux et de l'ultra-violence étatique sur le nucléaire.

Dépakine, kine, kine...

«Vertement écolo» avait abordé dans les numéros d'été et d'octobre 2018, les multiples pollutions liées, chimiques et pharmaceutiques autour de Lacq (ARKEMA, SOGEBI et Sanofi à Mourenx).

Sanofi est le sixième laboratoire mondial et a réalisé en 2023 un chiffre d'affaires de 43 milliards et un bénéfice net de 5,4 milliards. Leur stratégie (identique à celle de leurs concurrents) est simplissime: vendre massivement et très cher un ou deux médicaments récents qui assurent l'essentiel du chiffre d'affaires. Chez Sanofi c'est le Bupixent qui assure 10,7 milliards du chiffre d'affaires.

Cette spécialité est censée soulager les patients atteints de bronchoneuropathie chronique obstructive (BPCO). Cette maladie est liée au tabagisme mais aussi à la pollution de l'air et aux expositions professionnelles (BTP, mines, verrerie, sidérurgie, agriculture...). Ce médicament est une rente à la vie et à la mort, pour deux raisons: la maladie est incurable et l'augmentation de la pollution de l'air - dont celle provoquée par les sites de Sanofi - assure des débouchés (ha ha) et des bénéfices conséquents aux actionnaires.

À Mourenx Sanofi fabrique du Bromopropane. Ce produit est cancérogène, mutagène et reprotoxique. Sa valeur limite d'émission est fixée à 2mg/m3, mais en 2018 Sanofi en a balancé - en toute connaissance de cause - des quantités fabuleuses (entre 180 000 mg/m3 et 380 000 mg/m³, selon les mois) avec la bénédiction de la Préfecture et de l'Agence Régionale de Santé.

Cette molécule entre dans la fabrication de la Dépakine pour les traitements de l'épilepsie et des troubles bipolaires.

Las, Sanofi a «oublié» entre 1967 et 2017 d'avertir les femmes enceintes qui l'utilisaient qu'il était particulièrement dangereux pour leur futurs enfants... mais bon le progrès doit progresser et faut pas pousser l'actionnaire dans les orties.

Des milliers d'enfants (entre 20 000 et 35 000) en portent les séquelles en France et à l'étranger: troubles du neuro-développement dont l'autisme et malformations congénitales. De nombreux parents ont déposé plainte contre l'empoisonneur. Très récemment une famille vient de gagner (une première) après 9 ans de procédure. Les victimes seront indemnisées sur fonds publics car le chimiste refuse obstinément de reconnaître sa responsabilité qui est pourtant prouvée (6).

Et pendant ce temps qu'a fait Sanofi autour de son usine?

Il a continué de polluer à mort car c'est plus rentable que de respecter les normes de pollution de l'État bourgeois. «Entre le 15 novembre et le 21 novembre[2023], l'usine... a rejeté dans l'atmosphère du bromopropane dans des quantités (156 mg/m3) qui dépassent de plus de soixante-quinze fois la limite autorisée» (7).

Et, très récemment, une mère de deux enfants autistes qui n'avait jamais pris de la Dépakine a déposé plainte. L'inconsciente (qui devrait savoir qu'elle est la seule responsable de son «capital-santé») «travaille à proximité de l'usine Sanofi de Mourenx, dans les Pyrénées-Atlantiques. D'autres familles envisagent de faire de même...» (8), d'autant que l'on trouve maintenant de la Dépakine dans le sang des riverains.

Bonne rentrée, ne respirez pas trop fort cela peut vous être fatal et plein de luttes avec des masques!

Freux et Eugene the Jeep

Notes
1 - Compagnie Nationale du Rhône. Wikipédia
2 -Les débits d'étiage du Rhône en baisse sous l'effet du changement climatique Quels enjeux pour demain? Agence de l'eau RMC. S. d.
3 - Rhônergia: l'Etat abandonne le projet contesté de barrage sur le Rhône. Le Monde. 30/08/24
4 - Barrage au barrage. J-L. P. Le Canard Enchaîné. 11/09/24
5 - Rhônergia, un «barrage à usage nucléaire»? Sortir du nucléaire Pays nantais. Réseau Sortir du Nucléaire. 28/02/24
6 - Scandale de la Dépakine: «Sanofi refuse d'assumer sa responsabilité». Nadia Le Saux. Ouest-France. 26/05/24
7 - L'usine Sanofi qui produit la Dépakine encore à l'origine de rejets toxiques hors norme. Stéphane Mandard. Le Monde. 11/12/23
8 - Dépakine: dans les Pyrénées-Atlantiques, les parents d'enfants malades s'interrogent sur les rejets de l'usine Sanofi. S. Etoa-Andegue. France Info. 20/11/23

https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4276
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