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(fr) Monde Libertaire - Des idees et des luttes: Histoire des bourses du travail

Date Tue, 28 Nov 2023 13:52:56 +0000


« L’association libre des producteurs prévue par Bakounine… » ---- Si un livre a toutes les raisons de figurer dans la chronique Des idées et des luttes, c’est bien celui de Fernand Pelloutier, Histoire des Bourses du travail réédité par les éditions Plein Chant avec une biographie de Victor Dave et une copieuse préface de Georges Sorel, écrite avant que celui-ci ne verse dans un patriotisme échevelé. ---- Comme le souligne Victor Dave, journaliste et historien libertaire, Fernand Pelloutier vit et meurt jeune, à 35 ans d’un mal incurable. Il sait, il sent qu’il doit se consacrer à sa mission au service de la classe ouvrière et vite. Issu d’un milieu bourgeois, il sera détesté par sa classe sociale d’origine mais aussi par les marxistes du Parti ouvrier français, tel Jules Guesde, ce « jésuite rouge » qui aura l’indignité de l’insulter même après sa mort. A 19 ans, il écrit dans des journaux de sa province. A Paris en 1893, il découvre et adhère aux idées libertaires. Il s’investit dans les bourses du travail, ces organisations dirigées par des ouvriers pour aider les travailleurs dans différents domaines. Il défend l’idée de grève générale, notion rejetée par la gauche institutionnelle, il y consacrera une brochure Qu’est-ce que la grève générale ? Il insiste sur la nécessité de se mobiliser dans des syndicats car la bourgeoisie ne cède que sous la contrainte. En 1895, il est secrétaire de la Fédération des Bourses du travail. Un an après, elles sont 41. Pour lui, pas question de créer un Etat ouvrier car c’est la notion d’Etat qui prendra le dessus… visionnaire !!

« En eux, l’obligation du devoir »
C’est aux ouvriers d’agir. « Bref, les ouvriers, après s’être crus si longtemps condamnés au rôle d’outil, veulent devenir des intelligences pour être en même temps les inventeurs et les créateurs de leurs œuvres. […] Ils s’habituent à ne puiser qu’en eux l’obligation du devoir, à détester et à briser toute autorité étrangère. C’est leur rôle, c’est le but de l’anarchie. »
Le texte de Pelloutier débute par une évocation de la Commune de Paris, de la répression et de cette chasse aux organisations ouvrières. Comme un air de Semaine sanglante, la chanson de Jean-Baptiste Clément. Il rappelle les premières actions des 135 chambres syndicales en 1875 qui organisent un congrès ouvrier portant sur les conditions de travail des hommes et des femmes, les atteintes à la liberté d’association. Et la méfiance à l’égard des élections, des promesses non tenues, l’inutilité du combat sur les bancs de la Chambre des députés, Assemblée nationale aujourd’hui. Il ferraille dur, Fernand Pelloutier contre les institutionnels, candidats aux élections et futurs politiciens, il en côtoiera malheureusement qui élaborent des lois contournées par la bourgeoisie. Il dénonce la vision guesdiste de subordination des syndicats aux partis. Voilà qui rappelle des souvenirs mais aussi l’actualité.

L’ouvrage reste très pratique, Pelloutier n’est pas un théoricien, il veut aller dans le concret. Il analyse par exemple le rôle de la Bourse du Travail de Paris qui aide au placement des ouvriers, assure des formations professionnelles, diffuse la culture par une bibliothèque, des conférences. Elle est à l’origine en 1892 de la création de la Fédération des Bourses du Travail de France. Huit ans plus tard, cette Fédération regroupe quarante-huit Bourses et 870 syndicats.

Une approche pratique et concrète
Toujours pratique, Pelloutier explique comment créer une Bourse du Travail avec même un budget prévisionnel, comment s’appuyer sur les aides des communes. Il donne des exemples comme à Saint Etienne. Son texte est complété par des statut-types, des documents officiels (lois, circulaires), une forme de memento. Et même une critique d’un projet de loi sur les retraites, aux arguments d’une actualité rare.
Oui, les ouvrières et les ouvriers pouvaient trouver appui auprès de ces organisations gérées par leurs soins. Bureau de placement, secours en cas de chômage, secours aux ouvriers de passage, caisses de grève, études statistiques et économiques. Des éléments que nous retrouverons chez Pierre Besnard dans son livre Le Monde nouveau (Chronique Des idées et des luttes 11 octobre 2021) ou chez Paul Reclus, Plus loin que la politique (Chronique Des idées et des luttes 24 juillet 2023).

Le champ de la coopération est très large, dans les entreprises mais aussi dans la consommation. Il faut créer des bibliothèques, des musées du travail, des centres de formation, développer une presse coopérative. Ne pas se limiter au monde de l’industrie mais aller vers le monde agricole, les ouvriers agricoles et les métayers, dans l’esprit d’Emile Guillaumin, auteur de La vie d’un simple. Le lecteur y trouvera aussi une réflexion sur la gestion locale, le grand débat sur la centralisation et la décentralisation, un système fédératif. Bref, une réflexion globale sur la société et les rapports sociaux. Il faut agir sans attendre un quelconque grand soir ni au contraire des réformettes.

Reprenons la conclusion de Fernand Pelloutier : « L’avenir est à l’association libre des producteurs prévue par Bakounine. […] Ce sera sans doute, dans ces Bourses du Travail ou dans des organismes semblables, mais ouverts à tout ce qui pense et agit, que les hommes se rencontreront pour chercher en commun les moyens de discipliner les forces naturelles et de les faire servir au bien-être humain. »

* Fernand Pelloutier
Histoire des Bourses du Travail
Ed. Plein chant, 2023

https://monde-libertaire.fr/?articlen=7592
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