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(fr) UCL Saguenay - Du Texas à Sherbrooke, attaques contre le droit à l'avortement

Date Thu, 16 Sep 2021 17:36:54 +0100


Début septembre, une nouvelle loi anti-avortement est entrée en vigueur au Texas. Désormais, dans cet État du sud américain, l'avortement est illégal après six semaines de grossesse et ce même en cas de viol ou d'inceste! Pire encore, les gens peuvent poursuivre en justice toutes personnes impliquées dans le processus d'avortement comme le souligne Thomas Harms dans un article pour RFI: «Ce dispositif de la nouvelle loi contre l'avortement peut concerner le chauffeur de taxi qui conduit la femme enceinte dans une clinique, l'ami qui lui conseille un médecin ou encore toute association qui vient en aide financièrement à la personne qui souhaite avorter.»[1]. Comme si cette attaque contre la vie des femmes et la répression qui s'ensuit n'étaient pas assez, la loi texane «offre 10 000 dollars de «dédommagement» au plaignant en cas de condamnation par la justice»[2]. Le groupe chrétien anti-avortement Texas Right to Life fait la promotion via des vidéos d'un site web où il est possible d'aller dénoncer les «contrevenantes» à cette nouvelle loi liberticide pour les femmes.

Avant même l'entrée en vigueur de la loi, plusieurs femmes devaient se tourner vers des cliniques des États voisins puisqu'elles étaient désespéramment en manque d'options au Texas. En Oklahoma, une clinique qui pratique l'IVG a reçu dernièrement le double de demandes, dont les deux tiers de ces personnes proviennent du Texas. Même constat au Kansas et dans le Colorado. Devoir se rendre dans un autre État rend l'avortement encore plus difficile à cause des couts que cela engendre, des congés de travail qui ne sont souvent pas possible de prendre, devoir faire garder les enfants, etc. Il est aussi extrêmement dangereux de se déplacer d'un État à l'autre pour les femmes sans papier qui risquent de se faire contrôler dans des checkpoints.

En mars 2020, Greg Abbott, gouverneur du Texas, a banni totalement le droit à l'avortement pendant plus d'un mois dans un décret lié au COVID-19. Résultat, le nombre de femmes qui se sont rendus dans un centre de planification familiale dans la région des Rocheuses (Colorado, Nouveau-Mexique, Wyoming et Nevada) s'est multiplié par 12 lors de ce mois. Au Kansas, le nombre de Texanes ayant eu accès à l'IVG est passé de 25 en 2019 à 289 en 2020. En moyenne, ces personnes ont du faire plus de 1 000 kilomètres pour avoir droit à ce service essentiel[3]. Les États qui accueillent ces femmes venant du Texas peinent déjà à suffire à la demande sur leur propre territoire. Les cliniques ne sont pas nombreuses et il ne faut pas croire que des avortements sont réalisés 5 jours par semaine 24/24. Les plages horaires sont souvent bien limitées, rendant encore la tâche plus difficile pour se trouver un rendez-vous.

Pour en rajouter une couche supplémentaire, la Cour suprême américaine a refusé de suspendre l'application de cette loi liberticide. Elle va l'examiner pour juger de sa constitutionnalité, mais puisque la majorité de la Cour est conservatrice depuis les nominations réalisées par Donald Trump[4], fort à parier qu'il n'y a aucune chance que la loi soit bloquée. Le patriarcat se porte bien... Une bande d'hommes qui passe des lois pour gérer le corps des femmes, en donnant à un embryon de la grosseur d'un grain de riz plus de pouvoir sur le corps des femmes qu'une femme peut en avoir sur son propre corps, interdire leur droit fondamental à l'avortement, ce qui va inévitablement engendrer des décès via des avortements de fortune, appauvrir les femmes qui devront débourser plusieurs centaines de dollars pour se rendre dans une clinique d'un État voisin quand cela est possible, etc. Toutefois, cet État du sud américain n'est pas un cas isolé. À des échelles diverses, que ce soit au Texas ou au Canada, le droit à l'avortement est toujours attaqué et remis en cause.

À Sherbrooke, une vigile de 40 jours contre le droit à l'avortement

Du 22 septembre au 31 octobre, l'organisation chrétienne Campagne Québec-Vie va tenir une vigile anti-avortement devant la clinique de planning familial du CIUSS de l'Estrie-CHUS. Cet événement est le premier de Campagne Québec-Vie en dehors de Montréal[5]. Même si l'avortement est légal au Québec, rien n'est figé dans le béton et il y a toujours un risque que les femmes perdent ce droit fondamental. Il suffit de se rappeler l'époque Harper où des députés backbencher du Parti conservateur étaient utilisés pour envoyer des ballons politiques en tentant d'apporter des changements aux lois qui viendraient restreindre le droit à l'avortement. Ces tentatives sont des moyens de tester quelle sera la réponse des partis d'opposition, de la population et de la société civile. Prendre le pouls sur la question de l'avortement et en cas de non-résistance, aller de l'avant avec leurs nouvelles lois rétrogrades.

Il est évident que les deux événements, la loi texane et la vigile de Sherbrooke, ne sont même pas proches d'avoir des répercussions similaires. Entre une loi qui annihile le droit à l'avortement des femmes et un rassemblement de quelques chrétiens devant un CIUSS, il y a des années-lumière. Cependant, ce n'est pas pour autant qu'il faut prendre cette vigile et ce type d'actions à la légère. Pendant leur vigile, plusieurs femmes vont être intimidées par les gens du rassemblement et ces derniers vont distribuer de l'information anti-avortement tout en tentant de grossir leurs rangs. Lors de ce genre d'événement, les médias leur donnent une tribune pour passer leur message et par la bande, les aider à propager leurs idées. Il faut tuer à la racine tous les mouvements, groupes et partis politiques qui tentent de remettre en question le droit à l'avortement. Le droit des femmes à décider de leur corps n'est pas négociable!

Notes:
1. RFI: États-Unis: le Texas offre 10 000 dollars à qui dénonce un avortement.
2. Ibid.
3. Seattle Times: New Texas abortion law pushes women to out-of-state clinics.
4. RFI: États-Unis: Joe Biden dénonce la décision de la Cour suprême sur l'avortement au Texas.
5. La Tribune: Un mouvement anti-avortement organise une vigile de 40 jours.

http://ucl-saguenay.blogspot.com/2021/09/du-texas-sherbrooke-attaques-contre-le.html
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