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(fr) Courant Alternative #359 (OCL) - Procès des inculpé·es du 15 juin 2021

Date Fri, 17 Apr 2026 14:13:47 +0100


Comme nous l'avons déjà annoncé, deux personnes sont passées en procès à Limoges, les 19 et 20 mars, inculpées de destruction de biens par moyens dangereux. Elles auraient brulé des véhicules d'Enedis en février 2020 pour protester contre l'installation à marche forcée du compteur Linky et en janvier 2021 d'un ensemble d'antennes pour protester contre le déploiement de la 5G. ---- ournée de soutien ---- Depuis leur interpellation il y a près de cinq ans, leur comité de soutien a évolué de la défense de camarades vers la critique des technologies imposées. Après avoir organisé en Limousin plusieurs rencontres et débats de soutien, le comité de soutien s'est beaucoup activé ces derniers mois avec une quinzaine d'actions de solidarité dans diverses villes et villages: Le Mas d'Azil (09), Royère de Vassivière (23), Vaour (81), Amiens, Limoges, Saint-Junien (87), Bordeaux, Poitiers, Grenoble, Béziers, Fillols (66), Saint-Etienne, Toulouse, Lyon, Eymoutiers (87).

Ces événements ont pris des formes diverses suivant les capacités des groupes locaux organisateurs. Deux réseaux principaux ont favorisé l'organisation: les groupes critiques des technologies imposées (Ecran Total, Stop Micro, Stop 5G...) et le réseau des chorales révolutionnaires. En fonction des lieux, des groupes très divers ont pu s'associer à ces soirées: OCL, FA, CNT, Union Etudiante, Amnesty International, Comités anti répression, groupes antimilitaristes (CRAAM) ou écologistes de terrain...

La forme de ces évènements a pu aller d'une simple rencontre-débat avec une douzaine de personnes et un grignotage, jusqu'à des après-midis et soirées regroupant plus de 200 personnes. Les événements les plus consistants ont pu être précédés de journées de répétitions. Plusieurs cantines solidaires se sont mobilisées pour soutenir ces rencontres. Il y a eu des projections de films: Woman at war, If a tree falls... Les animations musicales ont été diversifiées: chorales révolutionnaires, fanfare militante, goguettes sur des airs variés, polyphonies occitanes, chants et musiques palestiniens, rebetiko, groupes punk...

L'ensemble de cette tournée de soutien a permis de faire connaître cette affaire, rassembler des fonds pour aider à financer la défense des inculpé·es, informer et échanger sur les technologies imposées ainsi que sur les moyens utilisés pour la répression. Enfin, elle a permis de montrer aux accusé·es qu'un large mouvement de sympathie les soutient. Elle a favorisé la mobilisation du 18 au 21 mars.
La mobilisation pendant le procès

Environ 200 personnes ont participé à ces journées. La salle d'audience étant limitée à une jauge de 60 personnes assises, toutes n'ont pas pu assister à un moment du procès. Les places debout étaient réservées aux forces de police, en effectifs croissant la seconde journée.

L'organisation locale a permis l'hébergement des personnes venues de loin, la tenue d'un rassemblement avec banderoles en face de la cité judiciaire, l'utilisation de 3 locaux pour accueillir rencontres et discussions. Le regroupement de 3 cantines solidaires du Limousin et d'Occitanie a permis de restaurer tout le monde.

Plusieurs temps forts ont eu lieu en parallèle du procès: rencontres avec les membres du comité de soutien et certains témoins le mercredi 18 au soir; conférence débat de Jean-Michel Hupé sur le «Greenbacklash» le jeudi 19 au soir; temps d'information des soutiens à chaque étape du procès; échanges le vendredi soir sur les attentes à l'issue du procès; rencontre le samedi matin sur les perspectives des luttes contre le numérique.
Ouverture du procès

La présidente du tribunal a commencé par un rappel des faits à partir de l'enquête policière et judiciaire. Elle le fait de façon tout à fait correcte, rappelant les éléments menant aux accusés, mais relevant aussi les impasses de certaines pistes: de l'ADN a été trouvé sur le site d'Enédis, correspondant à de l'ADN trouvé lors de délits commis à Grenoble et Rive-de-Gier (personne non identifiée); une trace de semelle inconnue...

La présidente lit aussi l'intégralité du communiqué de revendication de l'incendie d'antenne. A propos des enregistrements de conversations téléphoniques, les avocats soulignent qu'ils n'ont pas obtenu d'avoir accès à l'ensemble des enregistrements. La juge précise que les enquêteurs ont relevé quelques bribes de conversation pouvant paraître suspectes, mais que cela n'est pas très probant et ne constitue qu'une très petite partie des enregistrements. L'avocate d'Anne souligne qu'une conversation citée, entre Anne et une personne mise hors de cause, concerne un groupement forestier citoyen et n'a rien à voir avec l'affaire. La juge acquiesce.

Les avocats feront quelques autres remarques du même ordre; la juge en conviendra. De même, la juge soulignera que l'expertise graphologique demandée pour l'écriture des tags n'a rien donné; ils ne correspondraient pas à l'écriture des prévenus, mais sont peut-être attribuables à une troisième personne restée inconnue. Anne serait mise en cause pour une affaire plus ancienne d'incendie de véhicules de chantiers et de carrières en 2015-2016. Un non-lieu a été prononcé en décembre 2019, faute d'identification des responsables. Anne ne déclare rien.

En fin de ce temps de rappel des faits, la juge interroge les deux accusé·es sur le maintien ou la modification de leurs déclarations. Fernando maintient qu'il n'a pas commis les faits mais soutien ceux qui font ce type d'action et sont de lanceurs d'alerte. Anne ne peut que maintenir ses aveux.
Les témoins

Les avocats de la défense, Chloé Chalot et Henri Braun ont proposé 7 témoins, tous de qualité et là pour parler des circonstances et du contexte de l'affaire.
Victor Cachard a publié un livre sur Emile Pouget et une histoire du sabotage en deux tomes. Il a expliqué comment le sabotage était apparu historiquement comme un remède à l'action violente contre les personnes. Evidemment, les avocats des parties civiles (en particulier l'avocate d'Enedis) se sont élevés contre cette présentation, puisqu'elles assimilent les destructions matérielles à de la violence.

Célia Izoard, philosophe et journaliste (Revue Z, Médiapart, Reporterre, Terrestres) est autrice de plusieurs ouvrages sur le numérique, la ruée minière. Elle est aussi la traductrice de la dernière version de 1984 de Georges Orwell. Elle a dénoncé dans son intervention les effets nocifs pour la planète du déploiement de la 5G, l'exploitation minière avec les crimes et les guerres qu'elle entraine, le gaspillage du remplacement de compteurs en état de marche par les Linky, les mensonges sur l'obligation de changer de compteur. Elle expliquera également qu'elle participe à des groupes de travail sur la désescalade numérique.

Jean-Michel Hupé, qui a travaillé pendant 25 ans en tant que chercheur en neurosciences, a choisi d'abandonner cette spécialité pour se tourner vers la sociologie politique des mouvements écologistes. Il est membre de l'AtEcoPol (atelier d'écologie politique) de Toulouse. Il a rappelé tous les effets nocifs de l'IA, de la 5G et des ondes. Il soutien la nécessité de la désobéissance civile, voire du sabotage. La présidente et la procureure se posent des questions sur la possibilité d'évoquer «l'état de nécessité» pour justifier les actions de sabotage. Evidemment son intervention a été une de celles les plus attaquées par les avocats d'Enedis et de Bouygues

Nicolas Bérard, journaliste au mensuel l'Age de faire est l'auteur d'ouvrages sur le Linky, la 5G et le numérique. Il explique les effets délétères de ces objets numériques sur le sommeil, la sédentarité, l'isolement, la santé mentale -en particulier pour les jeunes. La présidente confirme en citant qu'elle a suivi avec attention une émission sur la santé mentale des jeunes filles. Nicolas Bérard évoquera aussi l'absence d'effet des mobilisations citoyennes.

Karima Mersad est enseignante chercheuse à Paris 1 en neuro biologie et aussi titulaire d'un doctorat en psychologie cognitive. Elle est spécialiste du développement neuronal et de l'apparition du langage chez les bébés. Elle a témoigné de la façon dont elle s'est rendue compte de l'apparition de certains symptômes perturbants (maux de tête, troubles du sommeil...) pour elle. Elle a expliqué comment, de façon scientifique, elle avait étudié son environnement et progressivement compris qu'elle était victime des ondes électro-magnétiques. Elle a témoigné des difficultés vécues par les personnes électro-hypersensibles dans un monde de plus en plus couvert d'ondes.

Sandrine Larizza est salariée de France Travail, issue des services d'indemnisation des demandeurs d'emploi (les anciens Assedic). Elle a témoigné de la déshumanisation des relations avec les usagers en raison de la numérisation des services et du développement de l'IA. Elle a rappelé que selon le défenseur des droits une personne sur deux est en difficulté par rapport à l'accès aux services numériques. Elle a insisté sur le fait que ces évolutions sont imposées sans débat.

Romain Couillet est un professeur des universités, spécialiste reconnu internationalement de mathématiques appliquées en particulier dans le traitement numérique des télécommunications. Depuis une dizaine d'années, il a pris conscience de la nocivité du développement du numérique pour les humains, la nature et la planète. Il a choisi d'arrêter ses recherches pour se consacrer aux réflexions sur les différents niveaux de refus du numérique (du renoncement individuel au démantèlement souhaitable). Il milite aussi à Stop Micro à Grenoble qui lutte contre les entreprises fabricant des puces électroniques (dont une partie à usage militaire) en consommant des quantités énormes d'eau. Pour lui, eu égard à la gravité de la situation, les sabotages ont un effet dérisoire. Romain Couillet assimile les industriels et les chercheurs qui justifient le développement de l'IA à ceux qui niaient les dangers du tabac ou de l'amiante. Lui, il se situe dans la filiation d'Alexander Grothendieck qui a cessé ses travaux en raison de leur usage militaire.
L'interrogatoire des prévenus

Fernando et son avocat ont plaidé la possibilité de transfert d'ADN; d'ailleurs l'ADN d'une personne inconnue de Fernando a été retrouvé sur son propre véhicule. A la question (de l'avocat de Bouygues) sur la mise en dangers de personnes, Fernando a répondu que ce sont les sociétés que ces trois avocats représentent qui sont les plus dangereuses. L'avocate de Enedis évoque le fait que l'enquêtrice sociale note que Fernando «assume ces actes». La présidente précise que «l'enquête sociale rapide» s'étant tenue en dehors de la présence d'un avocat, elle ne pourra pas la prendre en compte. Parmi les documents retenus par la police pour incriminer Fernando, figure une brochure en espagnol comprenant le terme «Las bombas» dans le titre. Fernando explique qu'il s'agit d'un traité de plomberie, ce que confirme l'interprète. A la demande de son avocat, Fernando raconte son arrestation par le GIGN et la garde à vue.

Anne fait une déclaration préalable expliquant qu'elle ne se reconnait pas dans le portrait que les enquêteurs ont fait d'elle. Elle n'est pas une terroriste, juste une personne très proche de la nature, catastrophée par la situation actuelle de destruction de la planère et ayant voulu lancer une alerte. Sur l'interrogation de la présidente par rapport à la mise en danger d'autrui, elle précise que les dispositifs artisanaux utilisés n'étaient pas explosifs et qu'il n'y avait pas de personnes sur les sites. L'avocate d'Enedis explique qu'il y avait un employé sur le site, qu'il aurait pu être victime et qu'il a été traumatisé. L'avocate d'Anne relève qu'il n'a pas été auditionné et qu'il n'y a aucune pièce au dossier concernant cet éventuel traumatisme. Elle précisera dans sa plaidoirie que cette personne était dans un bunker à l'autre bout de ce site assez vaste et qu'il n'a même pas vu l'incendie.
Avocats des parties civiles

Il y avait trois parties civiles: Enedis, Orange et Bouygues. Inutile d'entrer dans les détails, juste de relever des points saillants. L'avocate d'Enedis a été la plus violente dans sa plaidoirie finale, comme elle l'avait déjà montré dans ses questions. Elle insiste sur la violence des accusé·es, l'idéologie «anti-tout», l'ultragauche, etc... Elle va jusqu'à mettre en cause la personne ayant bénéficié d'un non-lieu et une des personnes ayant été mise hors de cause lors de la garde à vue. Elle reprend l'histoire de l'employé prétendument traumatisé. Elle traite les experts de «pseudo scientifico politico sachants». Sur ce point, Henri Braun intervient afin de souligner que la greffière doit noter les termes exacts pour une éventuelle procédure de diffamation publique. Evidemment, elle demande que la culpabilité des accusés soit reconnue. Pour réparation, elle évoque une somme globale d'environ 400 000 euros, mais précise que le calcul exact n'est pas encore prêt ni les pièces transmises. La présidente se montre étonnée qu'Enedis n'ait pas eu le temps de préciser cela en 6 ans.

L'avocate d'Orange ne s'est pas exprimée dans le cours des débats, seulement dans sa plaidoirie finale, relativement courte. Pour elle, l'état de nécessité ne peut être évoqué, la violence peut bien s'appliquer à ces faits. Elle souhaite que les prévenus soient reconnus coupables et versent 1000€ à titre d'image et de réputation, plus de 76 000€ de préjudice matériel (avec un décompte précis) et 2000€ de frais de représentation en justice. Elle précise que le fait qu'Orange ait été remboursé par son assureur n'exclut pas un remboursement par les prévenus.

L'avocat de Bouygues a repris quasiment les mêmes arguments que sa consoeur d'Enedis avec légèrement moins de violence dans ses propos. Reconnaissant une impossibilité de chiffrer les dommages matériels, Bouygues demande 1 euro symbolique. Par contre, il réclame 5000€ de préjudice moral et d'image et 5000€ de frais de représentation en justice (ses honoraires).
Réquisitoire de la procureure

Globalement, la procureure a tenu son rôle sans montrer une agressivité ou une sévérité excessive. Elle a choisi de s'en tenir aux faits et propose de retenir la culpabilité des deux accusé·es ainsi que l'association de malfaiteurs. Elle ne fait pas de commentaire sur le débat de société, est juste surprise que Fernando choisisse de faire une telle défense alors qu'il se dit innocent. Elle demande la relaxe sur la question des tags. Elle justifie les peines demandées par le cout social des faits et le fait qu'elle n'est pas sure que les accusé·es aient changé sur le fond, en les modérant en raison du fait qu'ils n'ont jamais été condamnés et sont des personnalités sans problème.

La procureure demande 4 ans de prison dont 2 fermes pour Fernando, 5 ans de prison dont 2 fermes pour Anne. Elle laisse aux juges la possibilité d'aménagement de peine (bracelet). En outre, elle demande pour chacun le respect du remboursement des parties civiles, l'interdiction de manifester et celle de détenir une arme et enfin l'interdiction de se rendre sur les communes de Les Cars et Limoges. Sachant que les peines de prison encourues auraient pu aller jusqu'à 10 ans ferme, ce réquisitoire est relativement modéré. Cela est aussi du au fait que les accusé·es ont déjà subi près de 5 ans de contrôle judiciaire.
Plaidoirie de Chloé Chalot

En préambule, elle a expliqué qu'elle n'appellerait pas sa cliente par son nom de famille mais par son prénom, Anne, parce qu'au fil des années elle a appris à la connaitre et l'apprécier. Elle souligne ensuite la longueur et la sévérité du contrôle judiciaire qui a privé pendant un an et demi Anne de relations avec sa compagne. Elle souhaite que le contrôle ne soit pas trop long et trop strict. Elle relève l'incohérence de demander à Anne de n'utiliser que des moyens légaux pour exprimer ses opinions et de lui retirer le droit de manifester.

L'avocate souligne que Anne n'est pas violente et que ce qu'elle reconnait avoir fait relève bien de la destruction de biens, pas de la violence contre les personnes. Elle signale que l'association de malfaiteurs a été introduite dans les lois française lors de «lois scélérates» de 1893-94 contre les anarchistes, a été remise en vigueur il y a une quarantaine d'années et qu'un député (LR!) a proposé sa suppression. Pour diverses raisons de preuves insuffisantes, elle demande de ne pas retenir l'affaire Eurovia.

En raison de la situation sociale et familiale d'Anne, Chloé Chalot demande que la peine prononcée soit entièrement avec sursis, qu'il n'y ait pas d'interdiction de manifester, ni de venir à Limoges où résident sa mère et son frère. Elle demande le renvoi de l'intégralité de la procédure civile.
Plaidoirie de Henri Braun

L'avocat de Fernando a été bien plus long et plus lyrique que sa consoeur, alternant les moments purement juridiques avec des évocations historiques, des thèmes politiques, de l'émotion, et surtout démolissant certains arguments des parties civiles. En particulier, il a relevé qu'une avocate des parties civiles avait utilisé la définition du Petit Larousse pour montrer que le terme de violence pouvait s'appliquer à des destructions de bien, alors que le Code Pénal ne l'utilise qu'à propos de personnes. Il a affirmé que les industriels mettent aussi en danger les personnes, que les moyens numériques de surveillance peuvent conduire au techno fascisme.

Il s'est longuement étendu sur le problème de l'ADN, relatant plusieurs affaires judiciaires où l'ADN avait conduit vers une personne qui n'était pas coupable. Il cite le docteur Olivier Pascal et produit une attestation de sa part qui est versée au dossier. Le docteur Pascal est l'expert judiciaire qui a introduit en France l'identification par le profil génétique et l'ADN. Au vu du dossier, le docteur Pascal explique que les traces relevées sont trop minimes pour être probantes. De plus le premier prélèvement a été réalisé sans autorisation du parquet et doit être annulé.

Braun explique le fait que Anne ait pu citer Fernando lors des interrogatoires en garde à vue parce qu'une très forte pression s'exerçait sur elle à travers sa compagne, son fils... Enfin, il fait un historique de «l'état de nécessité» pour démontrer que cette notion pourrait très bien s'appliquer dans ce procès. Au final, il demande la relaxe de Fernando.
Visibilité et espoirs

La presse nationale n'a pas accordé d'intérêt à ce procès, mais la presse régionale (Le Populaire du Centre, France 3 Nouvelle Aquitaine, Ici Limousin) s'est fortement mobilisée et a réalisé des rappels préalables de l'affaire puis des comptes-rendus quotidiens tout à fait corrects et faisant place à l'expression du Comité. Plusieurs médias militants étaient également présents: Reporterre, L'Age de faire, Radio Zinzine...
Le fait d'avoir maintenu pendant deux jours un rassemblement très visible face à la cité judiciaire, sur l'angle d'un des plus grands parkings de Limoges avec de nombreuses banderoles a donné une grande visibilité au procès et aux questions politiques qui y furent traités.

Même s'il est toujours difficile d'être sur du résultat à venir dans une affaire judiciaire, le comité de soutien a des raisons d'espérer une issue assez positive. La présidente du tribunal a été très attentive aux arguments évoqués par les témoins et les défenseurs. Le réquisitoire de la procureure n'a pas été excessif. Par contre les avocats des parties se sont déconsidérés par leurs excès (sauf celle d'Orange).

Le prononcé du délibéré aura lieu le 3 avril. Il semble tout à fait possible d'envisager que les peines seront inférieures à celles demandées et que certaines peines secondaires seront supprimées.

AD, Limoges
mars 2026

++++

Le vendredi 3 avril 2026, le tribunal de Limoges a rendu son délibéré

Les deux prévenus sont condamnés: l'un à une peine de 3 ans d'emprisonnement avec sursis simple, l'autre à une peine de 2 ans d'emprisonnement avec sursis simple. Ils ont en outre l'interdiction de se fréquenter pendant 3 ans. Le jugement sur les les intérêts civils (dommages intérêts) a été renvoyé au 2 septembre.

Le comité de soutien aux inculpés considère que ces condamnations expriment la prise en compte par la justice de deux éléments essentiels:

d'abord, une considération pour la dureté d'un contrôle judiciaire de presque cinq ans préalable au procès, qui a constitué pour les prévenu*es une véritable "peine avant la peine", qu'il semblait juste de ne pas lourdement aggraver.

ensuite, le signal de la percée ô combien nécessaire et urgente dans le débat public de la principale question que soulevait ce procès: celle de la remise en question du déferlement numérique imposé, à l'oeuvre dans nos sociétés depuis plusieurs dizaines d'années, source de dégâts colossaux sur l'environnement et les sociétés humaines.

Les parties ont 10 jours pour faire appel de cette décision.

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https://oclibertaire.lautre.net/spip.php?article4684
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