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(fr) UCL Saguenay - Inflation: Guerre sur les pauvres

Date Sun, 20 Mar 2022 19:01:22 +0000


Une contradiction extraordinaire ne cesse de s'accroître au sein du système capitaliste: alors que les sociétés capitalistes arrivent à produire des quantités de produits de plus en plus grandes grâce aux développements technologiques, les masses s'appauvrissent toujours plus et voient leurs revenus réels reculer. Il faut en somme travailler de plus en plus pour obtenir de moins en moins. Dans l'histoire de ce mode de production, cette contradiction aurait du déboucher sur des luttes épiques pour la conquête du pain et d'une vie digne par les travailleurs et travailleuses faisant face à l'ivresse de capitalistes à l'appétit gargantuesque. Il y en a bel et bien eu, mais il faut avouer que le camp du "prolétariat" n'a jusqu'ici pas fait le poids dans la lutte des classes annoncée par Marx il y a quelque 150 ans. Et ceux et celles qui prévoyaient il y a un siècle que la semaine de travail serait aujourd'hui réduite à une quinzaine d'heure pour un salaire "digne" doivent se retourner dans leurs tombes. Toutes les crises ont été l'occasion pour les capitalistes de nous faire payer les couts et l'histoire se répète. À l'heure actuelle, on parle à nouveau d'inflation... c'est encore de guerre sur les pauvres qu'il s'agit.

On est certes habitué-e-s de se serrer la ceinture et on en a vu d'autres. Disons par contre que la montée des prix ne se vit pas de la même façon chez une locataire à faible revenu du centre-ville de Chicoutimi, sans automobile, et chez un cadre de Ville Saguenay. Si tous deux fréquentent le centre-ville, l'une subie de plein fouet la situation de désert alimentaire de la zone qu'elle habite alors que l'autre a le loisir de multiplier les allers et retours chez les grands supermarchés du boulevard Talbot pour profiter des escomptes qui offrent un semblant de normalité dans les prix. Vous voulez la réalité crue? L'une paiera alors, si elle tient tant que ça à manger des fruits et des légumes, un brocoli à 8$ alors que l'autre pourra le trouver pour moins de la moitié de ce prix. Mais à 8$, il faut voir que l'on parle de pourcentages entiers du revenus de la locataire en échange d'un légume - c'est une dépense que ne peuvent tout simplement plus se permettre tant de gens du quartier. Les plus pauvres pourront bien se replier sur les "ramens" du Dollarama. Ces nouilles instantanées ne sont-elles pas après tout un produit abouti du mode de production capitaliste, avec un cout de production par unité se chiffrant probablement en centième de cents. Et bien, mauvaise nouvelle, les prix ont également monté pour les denrées ayant des apports nutritifs nettement négligeables.

À la fin de la journée, un quartier populaire a faim pendant que les notables à l'hôtel de ville glosent à propos de nouvelles subventions à offrir aux embourgeoiseurs qui promettent la continuité dans le "développement économique" du quartier. Leur développement de l'écart sans cesse croissant entre les riches et les pauvres, parce que c'est plutôt comme ça que l'on devrait l'appeler, est une entreprise de guerre qui nous concerne tous et toutes, nous les exploité-e-s de cette classe dirigeante. La liste de morts, qui s'allonge sans cesse au seul centre-ville de Chicoutimi, est simplement effroyable. Et le même scénario de guerre se produit dans tant de milieux jusqu'aux villages les plus "pittoresques" selon les guides touristiques. Comme le dit si bien la chanson "Le train" du groupe québécois Vilain Pingouin: pendant ce temps, chacun et chacune défend d'abord son droit de rêver. Et bien, faut croire qu'on pourra au moins faire pencher la balance dans cette guerre des classes le jour où le rêve d'au minimum une minorité significative (mais déterminée!) d'exploité-e-s placeront leurs rêves dans l'égalité sociale plutôt que dans les vitrines éblouissantes de la société marchande. Si une quelconque forme de plan est nécessaire pour transformer radicalement la société, elle se dessinera dans l'action directe et le développement de réseaux de solidarité et d'entraide parmi les masses exploité-e-s et opprimé-e-s - c'est à nous de reprendre le pouvoir sur nos vies et à destituer les forces de domination qui pèsent sur nos communautés.

Shit-stain

https://ucl-saguenay.blogspot.com/2022/03/inflation-guerre-sur-les-pauvres.html
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