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(fr) UCL Saguenay -[Histoire]Les anarchistes et les radicaux de gauche de Mongolie et du Touva dans les décennies 1910 et 1920

Date Sat, 9 Jan 2021 22:02:25 +0000


Un essai des historiens Vadim V. Damier et Kirill Limanov traduit par nos soins à propos des militants et militantes anarchistes et de la gauche radicale de Mongolie et du Touva[Ndt. République de la Russie située dans l'extrême sud de la Sibérie]au temps de la Révolution russe et après. On y voit la complexité des rapports des partisans anarchistes avec la Garde rouge au cours de la guerre civile russe jusqu'à la tentative de déclenchement d'une nouvelle révolution contre ce qui était perçu par plusieurs comme une contre-révolution du pouvoir bolchévique au début des années 1920. Tout en nuances et évitant les généralisations, leur essai contribue également à l'historiographie encore trop peu développée du mouvement anarchiste en Asie septentrionale et orientale. Plusieurs notes de traduction (Ndt) ont été ajoutées au cours du texte pour en favoriser la compréhension. Les notes de bas de page écrites par les historiens, outre les références bibliographique laissées en alphabet cyrillique, permettent également l'apport de nuances et de plus de détails aux événements décrits.  ---- La Mongolie et le Touva ont fait partie l'Empire Qing (de Chine) jusqu'en 1911. Déjà, à partir du milieu du 19e siècle, le territoire de Mongolie avait servi aux révolutionnaires russes de tous les camps, incluant les narodniks, mais aussi les sociaux-démocrates et les anarchistes, comme territoire de refuge et comme zone de transit pour les expatrié-e-s parti-e-s vers la Chine (1).

Des groupes anarchistes ont opéré dans la région russe de Transbaïkalie (2). Toutefois, nous n'avons pas trouvé de traces d'influences anarchistes sur les populations de Mongolie et du Touva durant cette période. Les activités des anarchistes dans les territoires de Mongolie et du Touva sont connectées, avant tout, aux événements de la Révolution russe de 1917 à 1921. Durant la guerre civile en Russie (1918 à 1922), ces deux pays ont été des terrains de confrontation entre les «Rouges» et les «Blancs» russes et des détachements militaires chinois et mongoles.

En termes socioéconomiques et politiques, la Mongolie et la région du Touva avaient dans les décennies 1910 et 1920 beaucoup en commun. Les populations locales vivaient principalement de l'élevage nomade du bétail. Les éleveurs de bétail paysans (les arats) vivaient sous différents rapports de dépendance avec la noblesse séculière et le clergé bouddhiste (les lamas[Ndt. Maîtres spirituels bouddhistes]et les monastères (datsans)). L'industrie n'était pas tellement développée. Dans les deux pays, il y avait aussi une population russe, travaillant surtout dans l'agriculture, l'industrie et le commerce. Le statut politique était principalement déterminé par la position frontalière entre la Russie et la Chine. La Mongolie, qui faisait partie de l'Empire Qing jusqu'en 1911, a gagné son autonomie avec le soutien de la Russie après la chute de la monarchie en Chine. Le régime établi, dirigé par le chef du Lamaïsme, le Bogdo Khan, a existé jusqu'en 1919, année à laquelle les troupes chinoises sont entrées dans le pays et ont liquidé l'autonomie. Mais à l'automne 1920, la Mongolie fut capturée par des détachements du général des armées «blanches» russes Roman Von Ungern-Sternberg, qui a formellement restauré l'indépendance de la Mongolie. À l'été 1921, il fut défait par les troupes de la République d'Extrême-Orient et des détachements du Parti du peuple mongol. Le nouveau gouvernement du peuple a établi des liens étroits avec la Russie soviétique et, en 1924, a officiellement proclamé la République populaire de Mongolie. Le Touva (région du Tannu Uriankhai), étant entre la Mongolie et la Russie, il fut déclaré protectorat russe en 1914. En 1918, le règne des Soviets fut temporairement établi dans la province par les Bolchéviques et les socialistes-révolutionnaires (SR) de gauche. À l'été, il fut renversé par les «Blancs». Jusqu'à l'été 1919, le Touva fut sous le contrôle du gouvernement de Omsk de l'amiral Alexandre Vassilievitch Koltchak. Puis, jusqu'en 1921, sur son territoire se sont combattus les détachements de «Rouges» et de «Blancs», des troupes chinoises et mongoles et des formations militaires locales. En aout 1921, après l'occupation finale du Tannu Uriankhai par les «Rouges», la République populaire de Tannou-Touva fut proclamée. Le nouvel État existait sous un protectorat de facto de la Russie soviétique et les conseiller soviétiques jouaient un grand rôle dans le pays[Ndt. Il s'agissait d'un État satellite en d'autres mots].

C'est dans les conditions de la guerre civile en Russie que les anarchistes russes ont commencé à faire leur apparition en Mongolie et au Touva, principalement dans les détachements de «Rouges».

En mars 1918, un détachement de Tcheremkhovo, dirigé par l'anarchiste Dmitry Matveyevich Tretyakov est arrivé dans la ville de Troïtskossavsk (Kiakhta) sur la frontière mongole et a aidé le Conseil local à prendre le pouvoir. Les soldats ont toutefois refusé d'obéir aux autorités et aux quartiers généraux de l'Armée rouge et des conflits avec la population ont commencé à se développer. Ayant arrêté plusieurs «commissaires» et policiers qui avaient soutenu l'ataman Grigori Mikhaïlovitch Semenov (ou Semionov)[Ndt. En théorie «Blanc»], une partie du détachement mené par Tretyakov est parti à Irkoutsk en avril, mais fut encerclée sur la route par les troupes du Centrosibir (organe suprême des soviets de Sibérie) et désarmée. Tretyakov et le commissaire du détachement, Koshkin, furent arrêtés. Le reste du détachement, mené par l'anarchiste Graitser, est resté à Troïtskossavsk. Le 21 mai 1918, le Congrès des Soviets de Troïtskossavsk a approuvé une résolution réclamant que le détachement de Graitser quitte la ville dans l'espace de quatre heures. Le Conseil réussit éventuellement à obtenir le retrait du détachement. Graitser et quelques autres sont demeurés seuls dans la ville et ils furent arrêtés et envoyés à Tcheremkhovo sous escorte (3).

À l'été 1918, le pouvoir des soviets en Sibérie orientale fut renversé et les troupes de l'Armée rouge, des Bolchéviques et des anarchistes ont fui vers la Mongolie, fuyant la répression individuellement et en groupes (4).

Ainsi, en septembre 1918, après la victoire des unités «blanches» en Transbaïkalie, les détachements des anarchistes Nestor Alexandrovitch Kalandarishvili (1876-1922) (5) et Dmitri Matveyevich Tretyakov (1886-1919) (6) - qui étaient composés de travailleurs des mines de Tcheremkhovo, d'anarchistes et d'«internationalistes» (des chinois, des hongrois, etc.) - ainsi que les détachements «rouges» de V. M. Ragozin, S. I. Lebedev, S. S. Blumenfeld et d'autres se sont retirés sur le territoire de Mongolie. Plus tard, dans la vallée de la rivière Djida, ils furent rejoints par les restants du premier détachement international de Tchita d'Armand Mueller (7), qui se déplaçait avant cela en compagnie du détachement de l'Armée rouge des travailleurs des ateliers principaux des chemins de fer de Tchita, sous le commandement de l'anarcho-syndicaliste R. Orlov. Comme l'écrit le chercheur Vladimir Efimovich Kozhevin, le plan de traverser la frontière avait été proposé par N.A. Kalandarishvili, mais ce n'est pas tous les commandants qui le soutenaient (8). Se déplaçant le long de la rivière Djida, les détachements, dont le nombre de personnes atteignait au moins 800 à ce moment (9) (voir selon d'autres sources jusqu'à 1500 personnes) (10), a atteint la frontière près du village de Modonkul' et s'est dirigé vers Khatkhyl (dans le sum de Khatgal) en Mongolie. Comme les sources des Armées blanches l'ont affirmé, «les contingents principaux de Karandashvili (sic) ont commencé à marcher de Khatkhyl vers le sud-ouest de la Mongolie, cherchant apparemment à pénétrer Semiretchie». Il fut allégué qu'avant «l'entrée» des Rouges, la population de Khatkhyl, le bureau de poste et le bureau de l'expédition mongole furent «évacués» vers le lac Khövsgöl (dans la province du même nom) (11). Selon des informations citées par V. E. Kozhevin, les détachements ont passé près de 2 semaines dans des territoires à l'est du lac Khövsgöl[Ndt. Le texte original fait référence aux ulus Darhii-Huree, mais je n'ai pas réussi à retrouver cet endroit]dans le nord de la Mongolie, puis auraient retraversé du côté russe en passant près du village de Sanaga, en Bouriatie et auraient parcouru les monts Saïan, un parcours totalisant près de 1000 km (12). Les détails des arrêts des détachements en Mongolie sont peu connus, mais selon certaines informations, il y avait également des mongols dans leurs rangs (13).

En mars 1919, l'anarchiste bouriate Pavel Sergeyevich Baltakhinov (1900 - 1920) vivait en clandestinité en Mongolie (dans la zone de Khatkhyl) avec sa soeur. Étudiant du séminaire théologique orthodoxe à Irkoutsk, il avait été en 1917-1918 membre du groupe des communistes anarchistes d'Irkoutsk et d'un groupe unitaire de gauchistes bouriates d'Irkoutsk. Il diffusait de la documentation anarchiste et anti-Koltchak, participait au groupe clandestin des «Rouges» et fut forcé de fuir Irkoutsk pour éviter son arrestation. En aout 1919, Baltakhinov est retourné en Russie et a rejoint les guérillas de Kalandarishvili. Au début de l'an 1920, il a été à la tête du «Premier détachement de guérilla bouriate» (14), comptant 50 à 60 personnes (15). Selon le journaliste mongol C. Munkhbayar, durant son séjour en Mongolie, Baltakhinov a fait de la propagande anarchiste auprès des mongols et plusieurs sont partis en Russie avec lui (16). Néanmoins, il n'y a aucune raison de considérer le détachement de Baltakhinov comme anarchiste puisqu'il avait été formé avec la participation de l'organisation locale du Parti communiste russe (bolchévique) (17). En 1920-1921, Baltakhinov, Kalandarishvili et plusieurs autres anarchistes ont rejoint le Parti Bolchévique.

Les anarchistes et les maximalistes sociaux-révolutionnaires (agissant de pair avec les partisans de la gauche du Parti socialiste révolutionnaire (SR)) ont combattu dans une armée de guérilla sous les commandes d'Alexander Diomidovich Kravchenko et de Pyotr Efimovich Shchetinkin, qui étaient proches de la gauche des SR à cette époque. Cette armée est partie au Touva après la défaite de la république des partisans de Stepno-Badzheiskaya en juillet 1919, a vaincu les détachements «Blancs» et y a proclamé la restauration du pouvoir des soviets (18). Les partisans ont resté au Touva jusqu'en septembre 1919, quand ils ont lancé une offensive contre la ville de Minoussinsk. Pendant ce temps, jusqu'à 500 russes et touvains (19) ont rejoint leur armée, incluant plusieurs futurs militants du mouvement Arat[Ndt. Arat est le nom accordé aux éleveurs de bétail paysans].

Le général «Blanc» Roman Von Ungern-Sternberg, dont les troupes contrôlaient la capitale mongole de Ourga[Ndt. Ancien nom de la ville d'Oulan-Bator]de février à juillet 1921, considérait comme ses principaux ennemis les révolutionnaires, les socialistes, les communistes, les anarchistes et les Juifs qui, selon ses croyances, avaient détruit la culture occidentale et menaçaient maintenant les civilisations de l'Est (20). À la suite des pogroms et des exécutions qu'il a organisés, des douzaines de militants de gauche et de Juifs furent brutalement assassinés. Ungern a affirmé à l'écrivain Ferdinand Antoni Ossendowski: «Pourquoi est-ce que les Américains peuvent mettre sur la chaise électrique les anarchistes qui font sauter des bombes et que moi je ne pourrais pas libérer le monde des scélérats qui ont empiété sur l'âme d'un homme? Moi, un Teuton, descendant des croisés et des pirates, je punis les assassins avec la mort» (21).

En 1921, selon Ch. Munkhbayar, les anarchistes de Bouriatie ont combattu dans la 22e escouade d'interventions spéciales de l'Armée rouge sous le commandant «Rouge» Karl Karlovich Baikalov (Nekunde) et ont libéré la Mongolie occidentale du contrôle des formations «blanches» (22). Les anarchistes ont laissé peu de traces de leur séjour en Mongolie. Au début de 1922, après avoir été vaincus dans des batailles contre les «Rouges»[Ndt. Au cours des grandes résistances aujourd'hui considérées par plusieurs historiens et historiennes comme l'équivalent sibérien de la Makhnovtchina], le commandant d'un détachement de partisan et l'une principales figures de la Fédération des anarchistes de l'Altaï (AФA), Ivan P. Novoselov, «s'est isolé des partisans et est disparu sans laisser de traces» / Certains affirment qu'il est parti en Mongolie, puis en Chine (23).

Il y a trop peu de sources d'information à propos des anarchistes qui ont combattu en Mongolie contre les deux camps[Ndt. Voir les «Blancs» et les «Rouges»]. Le voyageur-naturaliste américain Roy Chapman Andrews a raconté en 1924 avoir engagé un homme en Chine à titre de mécanicien automobile pour aller en expédition en Mongolie. Un homme de petite stature qui parlait le mongol, le russe et le chinois, il détestait, selon le voyageur, tous les gouvernements. Ce «petit anarchiste» rêvait de retourner en Mongolie - un pays de liberté et de grands espaces, où chacun vit selon ses propres règles. Arrivé à Ourga pour obtenir des passeports pour les membres de l'expédition, Andrews a découvert que le nom de son mécanicien automobile attirait vivement l'attention du ministère mongol des affaires étrangères et des conseillers soviétiques. Il s'est fait dire que durant la guerre avec Ungern, cet homme avait coopéré avec les détachements insurgés qui avaient attaqué les «Blancs» et les «Rouges». Maintenant, l'anarchiste cherchait à entrer en Mongolie, même s'il savait qu'il y serait en danger de mort. Ayant trouvé dans ses affaires des biens de contrebande et ne souhaitant pas entrer en conflit avec le gouvernement de Mongolie, Andrews l'a livré aux autorités. Néanmoins, la veille de sa pendaison, l'anarchiste a réussi à s'évader d'Ourga et à rejoindre la Chine, où il s'est établi à Kalgan[Ndt. Aujourd'hui connue sous le nom de Zhangjiakou](24).

Les nouveaux régimes établis en Mongolie et au Touva après la défaite des «Blancs» en 1921 consistaient essentiellement en une sorte de coalition entre les radicaux qui avaient coopéré avec les Bolchéviques et des éléments nationalistes de la vieille noblesse. Les rapports sociaux et les rapports de propriété existants ne furent sujets qu'à de très graduels et plutôt lents changements. En Mongolie, au début des années 1920, on a rapporté l'occurrence de protestations des Arats contre l'arbitraire de la noblesse (25), mais un mouvement organisé de l'opposition «de la gauche» ne s'est pas développé.

Certaines tendances radicales de gauche ont existé au début des années 1920 au sein de la Ligue de la jeunesse révolutionnaire mongole, qui fut établie en aout 1921 et était nommée jusqu'en 1922 la «Ligue de la jeunesse révolutionnaire pour l'abolition du servage» (26). La Ligue de la jeunesse réclamait la création d'un système social où il n'y aurait aucune différence entre la noblesse et la classe ouvrière et où «tous les jeunes gens de Mongolie» seraient protégés des exploiteurs de l'intérieur autant que de l'extérieur. Les tâches principales de l'organisation étaient la formation du peuple (incluant l'élimination de l'analphabétisme), l'émancipation des femmes et la libération des traditions et des superstitions religieuses (27). La Ligue de la jeunesse était formée sur le modèle du Komsomol russe et a annoncé en 1922 son intention de rejoindre l'Internationale des jeunes communistes. Néanmoins, il est vraisemblable que plusieurs membres de la Ligue ont initialement difficilement distingué les différences importantes entre le Bolchévisme et les autres courants de la gauche radicale. Il n'est pas anodin que l'un des dirigeants de la Ligue, Bujannemekh, se souvenait d'un tel épisode lors d'une rencontre de Lénine avec les délégués du Congrès des travailleurs d'Extrême-Orient en janvier 1922, un épisode qui l'a fortement marqué: après une discussion avec le dirigeant soviétique, un anarchiste japonais a déclaré à voix haute: «j'abandonne désormais mes idées antérieures et je deviens un communiste» (28).

La Ligue de la jeunesse révolutionnaire a dénoncé l'implantation hésitante et trop lente de transformations sociales en Mongolie. Dans l'un de ses documents, il était noté que dans le pays «la plupart des choses demeurent comme elles étaient auparavant: les princes oppriment, maintenant l'ordre ancien, ignorant la situation du peuple, soutenus par les droits héréditaires et résistant au gouvernement du peuple». La Ligue dénonçait les concessions faites à la noblesse, revendiquait l'établissement du pouvoir des soviets et refusait de se soumettre au contrôle du Parti du peuple mongol. Elle est d'ailleurs souvent entrée en conflit avec la direction du parti (29). Cette situation était complexifiée par le fait que différentes factions à l'intérieur du parti avaient leurs militants et militantes dans la Ligue.

En décembre 1921, un tel conflit est pratiquement tourné à l'affrontement armé. Le Premier ministre du gouvernement mongol, Dogsomyn Bodoo, insatisfait de l'indépendance de la Ligue de la jeunesse révolutionnaire par rapport au parti, a soutenu le discours tenu par plusieurs membres du parti dans le Khoural provisoire appelant à restreindre la Ligue, qui, selon leurs dires, «avait pénétré sur le chemin de la rébellion anarchique». En réponse, la Ligue a émis un ultimatum au Comité central du Parti du peuple réclamant de retirer et punir ceux qui s'y opposaient. Bodoo, lors d'une réunion du Comité central, a accusé la Ligue d'«anarchie» et a «demandé des mesures extrêmes pour l'endiguer». Dans la salle suivante, près d'une centaine de membres armées de la Ligue étaient rassemblés. La collision semblait imminente, mais au dernier instant, elle fut prévenue par le député ambassadeur soviétique A. Ya. Okhtin et le populiste bouriate Rinchingiin Elbegdorj[Ndt. Dans les recherches, son nom apparaît également traduit comme Elbedorž Rinčino], qui agissaient sous les ordres du Komintern et dirigeaient le Conseil révolutionnaire militaire mongol (30).

Au cours de cette période, le Komintern jouait ses cartes en Mongolie, dans l'idée que le Parti de peuple, dont la composition et les idées étaient hétérogènes, se désintégrerait graduellement et que, dans les circonstances, il serait nécessaire de renforcer les factions en son sein qui le favorisaient et de maintenir pour un temps l'absence de contrôle du parti sur la Ligue de la jeunesse. Le dirigeant du Secrétariat d'Extrême-Orient du Komintern Boris Zakharovitch Choumiatski a donné pour consigne à Rinchingiin en octobre 1921 de développer les tactiques de la Ligue:

«dans le sens de l'établissement de l'indépendance par rapport au gouvernement révolutionnaire du peuple et de l'établissement de contacts d'ordre pratiques avec le Parti révolutionnaire du peuple. La Ligue ne devrait pas intégrer l'organe du pouvoir comme une ligue puisque son essence radicale en serait faussée et qu'elle deviendrait un simple rouage du Parti révolutionnaire du peuple... Non, la Ligue devrait être préservée pour un développement en profondeur... afin de ne pas introduire les catalyseurs de la désintégration dans la jeune et incontestablement révolutionnaire Ligue, désintégration qui surviendra tôt ou tard au Parti révolutionnaire du peuple. Voilà pourquoi je ne recommande que des contacts, que la participation personnelle des membres de la Ligue révolutionnaire dans le travail du gouvernement révolutionnaire du peuple, mais pas plus. C'est-à-dire que la Ligue doit demeurer sans attache dans ses actions et ses critiques, sauf pour un calcul: d'accepter et de soutenir toujours, après les critiques, comme un moindre mal les ‘demi-mesures' dans les réalisations du gouvernement révolutionnaire du peuple...» (31).

Ce n'est qu'après une bataille acharnée avec le Parti révolutionnaire du peuple de Mongolie de 1922 à 1924 et sa «bolchévisation» que le Komintern a approuvé la subordination de la Ligue de la jeunesse au Parti. Touva, les choses ne se sont pas passées ainsi. Bien que la création du Parti révolutionnaire populaire touvain en 1921-1922 ait été initiée par le Komintern et les bolchéviques russes, la nouvelle organisation était particulièrement instable et consistait, à plusieurs égards, en une coalition artificielle de l'aristocratie touvaine et de militants et militantes Arat qui cultivaient une proximité avec les partisans «Rouges». Le vrai pouvoir politique est demeuré entre les mains des représentants de la noblesse, qui n'ont pas permis aux Arats d'accéder aux postes de l'État et du parti, en citant le fait que des demi-illettrés des «classes inférieures» ne pouvaient tout simplement pas avoir suffisamment de connaissances et d'expériences pour tenir les rênes du gouvernement. Les réformes sociales n'ont, en fait, pas été réalisées. Un an après le premier congrès du Parti révolutionnaire populaire touvain, le gouvernement a décidé en mars 1923 de dissoudre globalement le Comité central du parti, sous prétexte que l'organisation tournait au ralenti et requérait trop de dépenses. Néanmoins, sur l'insistance des bolchéviques russes et des militants Arat en juillet 1923, le 2e Congrès du Parti révolutionnaire populaire eu lieu, avec des dynamiques déjà différentes entre les différents groupes. Les participants ont voté en faveur de l'abolition de tous les titres et privilèges féodaux, ainsi que pour un système de responsabilité mutuelle collective en ce qui a trait à l'exécution des travaux et au paiement des taxes. Ils ont voté pour la participation de tous les membres du parti à la vie politique et publique, pour la taxation des couches les plus riches et aisées de la population et pour la poursuite de politiques sociales pour les pauvres. Le militant Arat Oyun Kursedi[Ndt. Dans les recherches, son nom de famille apparaît également comme Kyursedi]fut élu président du parti; il avait combattu dans l'armée de guérilla de Kravchenko et de Shchetinkin. Bien que le gouvernement continuât d'être dirigé par la noblesse, un autre militant Arat, O. Danzyn, est devenu vice-président du parti et fut nommé curateur[Ndt. Voir commissaire]du gouvernement (32). Toutefois, les élites dirigeantes n'avaient aucunement l'intention de renoncer à leur autorité. Elles ont continué de porter atteinte aux intérêts des arats sur le plan de l'utilisation du territoire, de la taxation et du commerce, d'exercer leur arbitraire et leurs humiliations envers les gens ordinaires et de pratiquer les châtiments corporels. Elles promouvaient de manière ostentatoire la religion Lamaïste et la préservation des coutumes et normes traditionnelles.

À l'automne 1923, avec le soutien de Danzyn, un groupe de arats a commencé à prendre les armes contre la noblesse, les bureaucrates et les riches. Ils ont créé une organisation appelée Chuduruk Nam («Le Parti du poing fermé»). Ce mouvement demeure à ce jour pratiquement inexploré par les historiens et historiennes. Les travaux produits durant la période soviétique décrivaient Chuduruk Nam comme un «groupe anarchiste» (33), de petite taille et ne pouvant compter que sur peu de soutien parmi la population. Le fait que des arats, très peu scolarisés, qui n'avaient pratiquement pas accès à la littérature anarchiste ou de contacts avec les militants et militantes anarchistes, aient véritablement pu être familiers avec les idées de l'anarchisme, soulève bien sur bien des doutes. Au mieux, pourrait-on probablement parler d'anarchisme spontané ou d'égalitarisme de Chuduruk Nam, qui néanmoins a connu une popularité considérable. Le chercheur contemporain spécialisé dans la culture touvaine Boris A. Myshlyavtsev croit que «la destruction de la classe des riches et l'éradication graduelle des inégalités sur le plan de la propriété ne furent pas perçus par la majorité de la population comme une tragédie. Tout au contraire, il y avait des incarnations d'un idéal d'égalité», qui trouvaient «un écho dans les notions traditionnelles du peuple par rapport à la justice». «Les plus intéressants exemples en ce sens étaient les mouvements populaires ‘d'extrême-gauche', comme Chuduruk Nam, ‘Parti du poing' de l'époque de la révolution des années 1920» (34).

De ce que nous pouvons en voir, Chuduruk Nam était un groupe armé, dont la mission était de protéger les arats et les plus pauvres de l'arbitraire de la noblesse, des agents de l'État et des riches propriétaires d'élevage. Les auteurs soviétiques l'ont accusé «d'illégalisme», de voler le bétail des gens, de battre des personnes, d'orgies et de violence envers les femmes (35). En fait, les membres du détachement confisquaient le bétail et la propriété des riches et punissaient les actes d'arbitraire de la part des agents de l'État. Pour ce qui est des femmes et des filles, le groupe tenait des rassemblements ouverts sous le slogan «À visage découvert» où les participantes étaient encouragées à discuter librement des questions intimes («l'amour, dont les relations sexuelles, devraient être libres») et à couper leurs longs cheveux. Dans la lutte contre l'insalubrité et les superstitions religieuses, les vieux vêtements étaient détruits et les règles de l'hygiène étaient expliquées (36). Bien sur, les représentants de la noblesse, la classe des riches et les autorités qualifiaient ces actions de banditisme et de d'arbitraire. Avec un jugement plus équilibré, ces représentations peuvent être décrites comme une manifestation d'un conflit social aigu.

Les événements en lien avec la soi-disant mutinerie[Ndt. Réactionnaire]de Khamchik dans l'est du pays en mars 1924 ont motivé l'élite dirigeante à passer à la contre-offensive contre le mouvement Arat. Le lama Sumunak a été à la tête du soulèvement, soutenu par la noblesse locale et le clergé. L'une des raisons ayant motivé la mutinerie a été la circulation d'une rumeur voulant que le gouvernement projetait de forcer les femmes à porter les cheveux courts (37). Les insurgés demandaient que le Touva soit joint à la Mongolie (38), apparemment dans l'espoir que ce serait plus facile de préserver les aspects de la vie traditionnelle dans le cadre mongol et de résister à la pression soviétique. Même le noyan Mongouch Bouyan-Badyrguy, le Premier ministre, fut suspecté d'avoir de secrètes sympathies pour les rebelles ou, du moins, leurs aspirations pro-mongoles. La Mongolie a déclaré son soutien au mouvement, mais l'Union soviétique est intervenue pour maintenir le statu quo (39). À l'été 1924, l'insurrection fut écrasée par un détachement du gouvernement et des escouades de volontaires Arat. Kursedi a lui-même joué un rôle actif dans l'écrasement du soulèvement.

Les élites dirigeantes de Touva ont néanmoins blâmé les arats radicaux pour la situation. Elles ont annoncé que leurs actions avaient contribué à l'aggravation de la situation, que l'illégalisme de Chuduruk Nam provoquait le mécontentement et que Kursedi était incapable de contrôler la polarisation et qu'il avait lui-même fait preuve d'arbitraire lors de l'écrasement de l'insurrection. En conséquence, le troisième congrès du Parti révolutionnaire populaire touvain en aout 1924 s'est conclu par une défaite totale des radicaux et la condamnation de Chuduruk Nam. Kursedi a perdu son poste de président du parti. Danzyn ne fut pas élu au Comité central et a été retiré de tous les postes (40). Il fut également décidé de procéder au désarmement de tous les détachements Arat.

Quoi qu'il en soit, Danzyn et Chuduruk Nam n'ont pas obéi aux décisions prises. Comme il peut être lu dans les mémoires de la figure touvaine du Parti communiste d'Union soviétique Salchak Kalbakkhorekovich Toka, qui a pris part à la mise en déroute du «Parti du poing», à l'automne 1924, le détachement de Chuduruk Nam était concentré dans le bastion traditionnel des radicaux: sur la rivière Elegest, vers Ulug-Alak[Ndt. Il m'est difficile de retrouver l'endroit désigné par l'auteur. Il s'agit plausiblement d'un secteur situé entre les monts Ouloug-Tag et les monts Alak], Chargy-Bary[Ndt. Je n'ai pas réussi à retrouver cet endroit]et Tyttyg-Aryg[Ndt. Idem], où ils offraient du soutien à la population et continuaient les réquisitions de bétail et les expropriations. Au début de décembre 1924, ils étaient dans la vallée de Ulug-Khem (dans le bassin supérieur de l'Ienisseï), en haut du village d'Ust'-Elegest, retranchés sur l'île de Tyttyg-Aryg[Ndt. Je n'ai pas réussi à retrouver cet endroit]. Les forces du gouvernement les ont encerclés, puis les ont forcés à se rendre et se désarmer (41). C'est ainsi qu'a pris fin le mouvement Arat radical au Touva.

Vadim V. Damier et Kirill Limanov
Traduction du Blogue du Collectif Emma Goldman

Notes et références des auteurs:
(1) Даревская Е.М. Политические ссыльные Сибири в Монголии // Ссыльные революционеры в Сибири (XIX в. - февраль 1917 г. Выпуск 2. Иркутск, 1974. С.122; Лузянин С.Г. Россия - Монголия - Китай в первой половине ХХ века. Политические взаимоотношения в 1911 - 1946. Москва, 2003. С.99.
(2) L'un des premiers groupes anarchistes en Transbaïkalie a été le groupe de Tchita, formé autour de l'ancien prisonnier N. Cohn, qui a surgit au printemps 1906. Après son unification en juillet 1906 avec le groupe des sociaux-démocrates (Z. Berman), qui était proche des anarchistes, et d'autres anciens membres d'organisations socialistes révolutionnaires et social-démocrate, la Fédération des groupes du soulèvement armé du peuple de Transbaïkalie fut formée. Il y a aussi eu le groupe des anarchiste individualistes de Sibérie (1908), le groupe d'anarchistes communistes de Tchita (formé en 1909, il a maintenu des liens avec les anarchistes de Harbin[Ndt. Ville du Heilongjiang, en Chine]), un groupe de jeunes étudiants autour de I. K. Roitman à Verkhneoudinsk[Ndt. Ville aujourd'hui connue sous le nom de Oulan-Oudé](1910-1911), où l'anarchiste I. M. Gordon est arrivé en 1914 de Touloun pour organiser un groupe armé et une presse à imprimer. Voir: Штырбул А.А. Анархистское движение в Сибири в 1-й четверти ХХ века: Антигосударственный бунт и негосударственная самоорганизация трудящихся: Теория и практика. Часть 1. (1900-1918). Омск, 1996. С.81, 84, 88-91; История Бурятии. Том.III. ХХ - XXI вв. Улан-Удэ, 2011. С.23-24. Il est à noter que l'influence du mouvement anarchiste a persisté en Transbaïkalie jusqu'à la seconde moitié des années 1920. C'est ainsi que, dans un rapport de l'Oguépéou[Ndt. Acronyme signifiant direction politique unifiée d'État, ce fut la police politique d'Union soviétique de 1922 à 1934]de 1926, une forte activité d'agitation des anarchistes à la verrerie de Verkhneoudinsk était notée. Voir: "Совершенно секретно": Лубянка Сталину о положении в стране (1922 - 1934). Том 4. 1926 год. Москва, 2001. С.114.
(3) Ермаков В.Д. Российский анархизм и анархисты (вторая половина ХIХ века - конец ХХ веков). Санкт-Петербург, 1996. С.121-122; Штырбул А.А. Анархистское движение в Сибири в 1-й четверти ХХ века: Антигосударственный бунт и негосударственная самоорганизация трудящихся: Теория и практика. Часть 2. (1918-1925). Омск, 1996. С.5-7; Познанский В.С. Очерки истории вооруженной борьбы Советов Сибири с контрреволюцией в 1917 - 1918 гг. Новосибирск, 1973. С.144-145.
(4) Белов Е.А. Россия и Монголия (1911 - 1919). Москва, 1999. С. 175.
5) Le détachement de Kalandarishvili a commencé à être formé en février 1918. Il fut nommé «1ère division de cavalerie séparée de communistes anarchistes» (Voir: Кожевин В.Е. Легендарный партизан Сибири. Улан-Удэ, 1987. С.3) ou «1ère division de cavalerie d'anarchistes communistes internationalistes d'Irkoutsk». En juillet 1918, le détachement fut renommé 1ère division internationale de cavalerie. Après la réorganisation des troupes du Centrosibir, à partir de la fin du mois de juillet 1918, il a fait partie de la 3e division soviétique de Verkhneoudinsk du 2e Corps soviétique (2e Corps socialiste d'infanterie de Sibérie) sur le front Baïkal. Le commandant de la division était Kalandarishvili. Avec la mise en déroute du front Baïkal en aout 1918, la 3e division soviétique de Verkhneoudinsk a formé l'épine dorsale du front de Troïtskossavsk, dont le commandant était à nouveau Kalandarishvili.
(6) L'anarchiste-communiste Dmitry Matveyevich Tretyakov a purgé une peine de travaux forcés aux prisons d'Algatchi et de Gorni Zérentouï, puis dans une colonie pénale de la région de Iakoutsk, d'où il s'est échappé. En 1917, il était membre de l'Union des anarchistes unis de Tomsk et l'un des organisateurs de la Garde rouge des ouvriers de Tcheremkhovo. À partir de mars 1918, il commanda un détachement de la Garde rouge de Tcheremkhovo dans la région de Transbaïkalie. En avril 1918, il fut arrêté sur ordre du Centrosibir, mais fut relâché et est devenu le commandant d'un détachement anarchiste de la Garde rouge sur le front de Dauria. À partir de la fin du mois de juillet 1918, le détachement de Tretyakov a rejoint les troupes soviétiques sur le front de Troïtskossavsk. À la fin de l'année 1918, Tretyakov a réalisé des activités illégales à Krasnoïarsk. Il fut arrêté par la Garde blanche et fut assassiné par elle le 19 juillet 1919 en tant qu'otage.
7) Кожевин В.Е. Op.cit. С.T 60-61.
(8) Ibid. С.63.
(9) А.М. Нашествие "красных" из Монголии // Свободная Сибирь. Красноярск, 1918. № 125 (337), 17 (4) октября. С.4.
(10) En ce qui a trait au nombre de guérillas rouges qui ont participé à la campagne de Mongolie, les recherches scientifiques présentent plusieurs données contradictoires. Ainsi, l'historien soviétique M. A. Gudoshnikov affirmait que: «environ 300 personnes ont battu en retraite» (Гудошников М.А. Очерки по истории гражданской войны в Сибири. Иркутск, 1959. С.103). L'historien Vladimir Efimovich Kozhevin est partiellement en accord avec ce point de vue. Il écrit que des «milliers de personnes ont pris part à la campagne. Il y avait 1500 combattants seulement dans le détachement de Kalandarishvili qui est parti à l'ouest» (Кожевин В.Е. Op.cit. С. 52.). Toutefois, dans un autre de ses publications, le même auteur a spécifié que «Kalandarishvili a mené les légendaires campagnes de plusieurs détachements de la Garde rouge (comptant un nombre total de plus de 1500 combattants)» (Кожевин В. К 100-летию со дня рождения Нестора Александровича Каландаришвили. Хроника, факты, находки // Военно-исторический журнал. 1976. №6. С.119). La même donnée est donnée par l'historien russe P. A. Novikov qui croit que «1500 est le nombre de combattants le plus vraisemblable» (Новиков П.А. Гражданская война в Восточной Сибири. Москва, 2005. С.155).
(11) А.М. Нашествие "красных" из Монголии...
(12) Voir: Кожевин В.Е. Легендарный партизан... С.63; Новиков П.А. Op.cit. С.82, 155.
(13) Kalandarishvili a ainsi lui-même parlé à l'écrivain Ivan Novokchenov d'un partisan mongol (plus tard capturé par les troupes d'Alexandre Vassilievitch Koltchak), qui était un descendant direct de Gengis Khan. C'est à partir de cette histoire que Novokchenov a écrit la nouvelle «Le descendant de Gengis Khan», qui raconte le récit d'un jeune mongol qui a rejoint le détachement de Kalandarishvili, influencé par les paroles de son commandant à propos d'une vie nouvelle et libre. Sur la base de cette histoire, le réalisateur Vsevolod Poudovkine a produit un film sous le même nom en 1928[Ndt. La traduction française de ce film muet a pour titre «Tempête sur l'Asie». Le film se trouve en ligne à cette adresse https://www.dailymotion.com/video/x3xzq1q]. Voir: Семёнов А. В творческом содружестве // Байкал. 1980. №4. С.144.
(14) Voir: Канев С.Н. Октябрьская революция и крах анархизма. Москва, 1974. С. 382; Егунов Н.П. Павел Балтахинов. Иркутск, 1979; Ермаков В.Д. Op.cit. С.165; Басаев С. Мог бы стать священником // Газета РБ - Интернет-газета Республики Бурятия - http://gazetarb.ru/news/section-society/detail-301042/
(15) Улицы Улан-Удэ - памятники истории: словарь-справочник. Улан-Удэ, 2010. С.25.
(16) Мөнхбаяр Ч. Буриад Балтахинов Ар Монголд анархист үзлийг дэлгэрүүлж явжээ - http://moenhbayar.blogspot.ru/2011/04/blog-post_5156.html
(17) Очерки истории Бурятской организации КПСС. ‎Улан-Удэ, 1970. С. 94.
(18) Voir: Мармышев А.В., Елисеенко А.Г. Гражданская война в Енисейской губернии. Красноярск, 2008. С.165-168, 174-179.
(19) Аранчын Ю.Л. Исторический путь тувинского народа к социализму. Новосибирск, 1982. С.80.
(20) Белов Е.А. Барон Унгерн фон Штернберн: биография, идеология, военные походы, 1920 - 1921. Москва, 2003. С.106.
(21) Соколов Б.В. Барон Унгерн: Черный всадник. Москва, 2006 - http://www.litmir.co/br/?b=135556&p=40
(22) Мөнхбаяр Ч. Буриад Балтахинов...
(23) Voir: Штырбул А.А. Op.cit. С.127.
(24) The Lure of Mongolia as Described by Roy Chapman Andrews in Interview // The Scarsdale Inquirer. 1.03.1924. No.14. Р.1, 4.
(25) История Монгольской Народной Республики. Издание 3. Москва, 1983. С.341-342.
(26) Voir: Матвеева Г.С. Монгольский революционный союз молодежи: история и современность. 1983. С.21.
(27) Voir: Carr E.H. A History of Soviet Russia. Vol.7. Socialism in One Country 1924 - 1926. New York, 1964. P.810.
(28) В.И. Ленин и литература зарубежного Востока. Сборник статей. Москва, 1971. С.117. Cet anarchiste japonais Yoshida Hajime a refusé sa transition aux positions du Komintern après son retour au Japon.
(29) Voir: Далин С.А. Китайские мемуары. 1921-1927. Москва, 1982. С.63-64.
(30) Элбек-Доржи Ринчино о Монголии. Избранные труды. Улан-Удэ, 1998. С.58.
(31) Письмо Б.З. Шумяцкого Э. Ринчино с рекомендациями по проведению революционной работы в Монголии по линии Нарревпартии и ревсоюза молодежи в подготовке кадров из простых монголов // Базаров Б.В., Жабаева Л.Б. Бурятские национальные демократы и общественно-политическая мысль монгольских народов в первой трети ХХ века. Улан-Удэ, 2008. С.304-305.
(32) Аранчын Ю.Л. Op.cit. С.98-104.
(33) Voir: История Тувы в 2-х томах. Том 2. Москва, 1964. С.108; Очерки истории тувинской организации КПСС. Кызыл, 1975. С.47.
(34) Мышлявцев Б.А. Нормативная культура тувинцев (конец ХХ - начало ХХI века) - http://samlib.ru/m/myshljawcew_boris_aleksandrowich/tuva-1.shtml
(35) Voir: Аранчын Ю.Л. Op.cit. С.109.
(36) À propos des campagnes «À visage découvert», voir par exemple: Кисель В.А. Поездка за красной солью. Погребальные обряды Тувы XVIII - начало XXI в. Санкт-Петербург, 2009. С.57.
(37) Ibid. С. 55.
(38) Москаленко Н.П. Этнополитическая история Тувы в ХХ веке. Москва, 2005. С.98-103.
(39) Voir: Моллеров Н.М. Советско-китайский договор 1924 года (Итоги Кызылской Тройственной конференции) // Документ. Архив. История. Современность. Выпуск 5. Екатеринбург, 2005. С. 162-167.
(40) История Тувы. Том 2. С.111.
(41) Тока С.К. Слово арата. Книга 2. Часть 3. Глава 6. Партия чудурук

Lien du texte original en russe (publié en 2015): http://www.aitrus.info/node/4423

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