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(fr) Motion adoptée par la Conférence européenne communiste-libe rtaire à Paris : L'Union Européenne [en,it]

Date Fri, 12 Feb 2010 17:52:22 +0100



Le Traité de Lisbonne est entré en vigueur l'an dernier, alors que la crise
économique était à son point culminant. Ce traité donne à la Commission Européenne
un « pouvoir absolu » pour lancer des directives garantissant « aux entreprises
européennes compétitives un accès aux marchés mondiaux et une sécurité
opérationnelle en leur sein ». De plus, la Cour de Justice ne garantit qu'une seule
liberté, la liberté du marché, et la défense de la compétition libre comme condition
pour précariser la force de travail, la société et l'environnement des 27 Etats
membres. Le nouveau Traité offre la perspective de la dérégulation complète du
système de production et des services, rendant possible l'application de la
directive Bolkestein qui « ouvre la porte à la privatisation complète de la santé,
de l'éducation, de l'eau et des retraites ».

Cette stratégie ne prend absolument pas en compte la dévastation causée par la crise
économique mondiale actuelle, et balaie les services publics (santé, transport,
éducation, eau, logement) au niveau symbolique mais aussi de manière concrète. Elle
introduit le marché comme l'instrument de la réalisation des services d'intérêt
général et de la satisfaction des besoins (quelqu'un qui économise peut parvenir à
avoir accès à des soins médicaux privés, à des retraites capitalisées, etc.). C'est
cette Europe qui, depuis le 1er janvier 2009, interdit toute politique fiscale à des
fins de redistribution pour la santé, pour les dépenses publiques, pour une
protection et des allocations sociales, tout en autorisant des paradis fiscaux à se
créer.

Naturellement, les premières victimes de ces politiques de démantelement sont les
femmes, qui trouve bien souvent qu'elles doivent se battre seules dans leur tâche
quotidienne (prise en charge des enfants, des parents, des membres de la famille).
Cela est ressenti particulièrement dans certains pays où, sans aucune assistance
sociale, devant même parfosi abandonner leur travail pour cela.

Dans cette situation, le marché du travail et les politiques qui y sont liées
peuvent seulement être gouvernées par les règles d'or du capitalisme néo-libéral :
libre dérégulation (flexibilité) et précarisation profonde et largement étendue de
la force de travail (avec la suppression du droit du travail et des droits sociaux).

Dans une Europe qui s'élargit au même rythme que la crise, cela signifie deux choses
: l'utilisation du dumping social et le rejet du droit de grève pour ceux et celles
qui revendiquent des conditions de travail égales dans les entreprises délocalisées
et relocalisées, toutes au nom de la compétition sociale et de l'économie de marché.

Depuis l'accord de 2007 sur la fléxicurité, la flexibilité qu'ont les entreprises de
diriger la main-d'oeuvre n'est rien d'autre que la liberté totale de l'organisation
du travail - qui a pour but supposé de garantir la sécurité pour les travailleurs,
avec toute la nécessaire adaptabilité qui leur est demandée lors de changement
d'emploi ou pendant les périodes de formation continue.

Ainsi, dans un marché du travail dévasté par la crise, nous voyons un retour du
slogan de la compétitivité, qui apporte non seulement le dumping social et la
privatisation des services essentiels à la population, mais aussi un effort pour
réduire le coût du travail à travers des instruments liés au politiques qui
augmentent la flexibilité, la mobilité de la force de travail et la capacité à
s'adapter.

L'Allemagne, la France et l'Italie ? des pays autrefois renommés pour leur fermeté
dans le domaine de la sécurité sociale et dans celui des droits du travail ? ont
réorganisé leur marché du travail intérieur, atteignant le niveau de l'Espagne, de
l'Irlande et de la Grande-Bretagne dans des domaines comme l'allocation-chômage, la
protection contre les licenciements, l'âge de la retraite, les contrats flexibles,
les faibles filets de sécurité sociale.

Les politiques de l'immigration en Europe sont également affectées de la logique de
marché et ce à double titre : d'un côté, il y a un besoin de travailleurs de pays
extra-européens en raison du vieillissement de la classe laborieuse européenne
(cette main-d'?uvre est nécessaire et suffisante pour le genre de travaux précaires
rendus indispensables par la compétition) ; et d'un autre côté, il y a des
politiques qui dénient le droit à la citoyenneté (ce qui nourrit le racisme en
accusant les migrants de clandestinité), qui utilisent la répression et le contrôle
dans le but de pérenniser des relations inégales et agressives, des relations
d'exploitation entre le Nord et le Sud, particulièrement dans la zone
méditerranéenne influencée par l'Europe.

Pour les travailleurs européens comme pour les migrants, la flexibilité revient en
effet à être rendu disponible pour travailler selon les besoins de la production.
Pour les entreprises, en temps de crise, quand des millions d'emplois sont anéantis,
rien de mieux ne pouvait arriver. Le marché du travail devient ainsi un simple
mécanisme, qui pourtant agit et est gouverné par des règles (lois, ordres exécutifs,
décisions légales ad hoc, directives, etc.) et par les institutions, dans le but
d'éviter d'affronter quelque forme de conflit que ce soit.

En suivant ce modèle social et économique, les luttes sociales et les luttes des
travailleurs et des travailleuses ont été atomisées, perdant ainsi toute efficacité.
Nous avons besoin de voir une recomposition des droits et des intérêts immédiats des
travailleurs et des travailleuses, des citoyens et des citoyennes, dans une nouvelle
conception et une nouvelle organisation, unitaires et syndicales, du travail
salarié.

Nous devons nous opposer à la logique de la segmentation et de la flexibilité des
modèles politiques et sociaux du capitalisme mondialisé, et lutter résolument pour
le droit de tous les hommes et de toutes les femmes, pour les droits du travail,
pour les droits sociaux et pour les droits civils.

Nous devons supprimer les obstacles économiques, politiques et civils qui limitent
notre liberté et l'égalité dans la vie de tous les jours, et remettre en question le
concept de participation dans l'organisation de la société prôné par les dominants.
Pour nous, la participation directe est la seule possible sur la base de l'aide
mutuelle et de la solidarité.

Nous devons nous opposer aux concepts de compétition et de compétitivité par leurs
exacts opposés : nos concepts et notre pratique de la solidarité.

Tout travail alternatif cohérent, toutes les forces sociales et politiques doivent
supporter les droits et les intérêts des travailleurs et des travailleuses, dans une
société fondée sur la solidarité et non sur la compétition, sur la base du respect,
de la liberté et de l'égalité et non sur la base de l'autoritarisme, de
l'individualisme et de l'absence de démocratie. Il n'y a qu'une réponse, la seule
réponse possible sur la base de ces valeurs et de ces choix:

Mobilisation sociale :

* pour une Europe des populations et des travailleurs européens comme migrants ;

* pour défendre nos intérêts dans les problèmes d'emplois, de revenus, d'acquis
sociaux et la solidarité ;

* pour relancer le pouvoir populaire et la démocratie par en-bas ;

* pour défendre et créer des collectivités populaires, des espaces autogérés au sein
de la communauté et sur les lieux de travail, dans le but de donner une base ferme à
la lutte anticapitaliste ;

* pour construire une alternative libertaire face à la barbarie de la crise causée
par le capitalisme et par l'Etat.


Alternative Liberataire (France)
Federazione dei Comunisti Anarchici (Italie)
Liberty & Solidarity (Grande-Bretagne)
Motmakt (Norvège)
Organisation Socialiste Libertaire (Suisse)
Workers Solidarity Movement (Irlande)

Paris, le 7 Février 2010

http://www.anarkismo.net

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