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(fr) Manif etudiante 21 fevrier a Quebec

From "Pierre-Luc" <pluck@dojo.tao.ca>
Date Wed, 20 Feb 2002 05:06:08 -0500 (EST)


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   A G E N C E  D E  P R E S S E  A - I N F O S
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21 FÉVRIER : MANIFESTATION À QUÉBEC; 14H CÉGEP FRANÇOIS-XAVIER-GARNEAU 
Héloïse Moysan-Lapointe, étudiante à Maisonneuve, et Jérémie Duhamel, 
étudiant en Science politique à l'UQAM

Depuis les dernières réformes, on voit l'éducation soumise de plus en plus 
efficacement aux lois du marché. Tandis que nous assistons à une véritable 
révolution dans le domaine de l'éducation, nous observons que notre 
bien-être intellectuel est loin d'être prioritaire. Alors qu'il faudrait 
obtenir qualité et gratuité, on nous propose efficience, performance et 
productivité. Les politiques gouvernementales, particulièrement celles 
imposées au réseau de l'éducation, ressemblent beaucoup plus à des plans de 
rentabilisation qu'à des moyens, pour les étudiantes et étudiants, de se 
développer et s'émanciper. Si les fondements politiques des mesures mises en 
place il y a quelques années étaient ambiguës, force est d'admettre que 
depuis le Sommet du Québec et de la Jeunesse (SQJ), aucun doute ne persiste 
quant à la mission des institutions scolaires. Le système d'éducation 
québécois prend un virage néolibéral qui se traduit par l'arrimage parfait 
avec l'entreprise privée. Pour ce faire, les institutions d'enseignement 
sont forcées d'adopter à la fois les objectifs et modes de fonctionnement du 
marché. Ainsi s'insèrent des mécanismes qui favorisent la quantification et 
la standardisation de la performance et de la réussite de notre réseau. 
L'entreprise, rappelons-le, a pour but de générer des profits et pose comme 
condition essentielle l'atteinte du profit. Or, cette perspective, en 
engageant notre activité sur la voie de la marchandisation, pose des règles 
qui tendent à pervertir les droits et intérêts objectifs des étudiantes et 
étudiants du Québec.

Dans les universités, les effets du néolibéralisme sont flagrants. Tandis 
que de nombreux cours disparaissent ou se combinent avec d'autres, nous 
observons une augmentation notoire du nombre d'élèves par groupe-cours. De 
plus grandes charges de travail attribués aux enseignantes et enseignants 
entraînent une diminution dangereuse de la disponibilité. Dans le cadre de 
la rationalisation annoncée au SQJ et contenue dans les Contrats de 
performance, les programmes ne menant pas à un secteur de plein-emploi sont 
sujets à un charcutage plus radical, du fait qu'il ne sont ni protégés par 
les ordres professionnels, ni source de main d'oeuvre pour les entreprises. 
Les modalités des ententes qui lient les institutions à l'État ne sont pas 
sans rappeler les recommandations émises par l'OCDE .

Dans le réseau collégial, la présence du privé est galopante. En effet, dans 
les programmes techniques, le manque de fonds publics force les collèges à 
trouver des moyens palliatifs pour se procurer l'équipement souvent coûteux. 
Les compagnies privées s'immiscent aussi dans les collèges par des contrats 
de sous-traitance de ménage, de services alimentaires, ou de gestion, 
offrant de moins bon services à prix plus élevés. L'exclusivité garantie par 
ces contrat empêchent souvent la mise en oeuvre d'initiatives solidaires et 
de services équitables. Plus qu'un simple désengagement de l'État, ces 
démarches doivent être vues comme la première des tentatives de mise sur 
pied de mesures qui seront favorables et qui appellent à l'exercice du plein 
potentiel du privé.

Mais au delà des entreprises elles-mêmes, la logique marchande prend une 
place prépondérante dans les structures mêmes du réseau collégial et 
universi- taire. Le ministère, par les plans de réussite et de diplomation 
et les contrats de performance, l'évaluation institutionnelle et le projet 
d'habilitation, place les institutions d'enseignement en compétition directe 
les unes par rapport aux autres. De ce fait, ce sont les étudiantes et 
étudiants qui écopent des conséquences délétères de la course à la meilleure 
clientèle et de la recherche d'atteinte de cibles : baisse de 
l'accessibilité, diminution de la qualité de l'enseignement, mesures 
coercitives pour sélectionner l'élite et évincer les autres. À juste titre, 
nous notons que l'éducation est instrumentalisée afin de combler les 
exigences de la minorité qui possède et qui domine. Parce qu'en éducation 
résident des pouvoirs qui permettent la perpétuation de l'idéologie 
dominante, les intérêts sont nombreux pour les investisseurs et amoureux du 
capital.

En février 2000, les étudiantes et les étudiants étaient dans la rue ; 
anticipant les méfaits d'un sommet déjà joué. En deux ans, on a pu voir les 
conséquences du SQJ fleurir dans le milieu de l'éducation. Les dés étaient 
effectivement pipés : le patronat avait la plus grande mise. Maintenant au 
fait des effets concrets de ces mesures, il est temps de réagir. 
L'Association pour une Solidarité Syndicale Étudiante lance en grande une 
campagne sur le thème de l'assujettissement de l'éducation aux lois du 
marché. Il est plus que temps d'opposer une résistance solide et organisée 
aux attaques du gouvernement. Pour que l'émancipation des masses soit 
possible, un RÉ-investissement massif en éducation est nécessaire.

Cette session débutera avec de nombreuses occasions de s'informer et de 
débattre sur les enjeux en éducation. D'abord, les 26 et 27 janvier se 
tiendra un camp de formation, lieu d'information et de débat sur les 
problématiques parti-culières à l'éducation. Les associations étudiantes du 
Québec sont invitées à participer à une semaine nationale d'actions locales 
sur la question de l'assujettissement de l'éducation aux lois du marché. 
Appelées à s'organiser et à se mouvoir sur des bases régionales, les 
étudiantes et étudiants auront l'occasion d'entonner simultanément 
l'expression d'une colère et d'une lucidité solidaires. Cette semaine aura 
lieu du 4 au 8 février, l'objectif étant de nous prémunir d'outils et de 
ressources pour les luttes à venir. Dans le cadre de la semaine d'actions 
locales, des tournées de piquetage volant auront lieu à travers la province. 
Enfin, le 21 février 2002, les étudiantes et étudiants pourront se 
rassembler à Québec, prendre possession des rues et protester contre le 
virage imposé au système d'éducation. La date de la manifestation se 
rapproche intentionnellement de celle du sommet du Québec et de la jeunesse, 
22 février 2000. Deux ans plus tard, les étudiantes et étudiants ne sont 
toujours pas satisfait-e-s des résultats de ce sommet, outil de légitimation 
d'un État bourgeois et irresponsable.


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