A - I n f o s

Une agence d'actualités par pour et au sujet des anars ** .
Informations dans toutes les langues
Les 30 derniers messages (accueil) Messages des deux dernières semaines Nos archives des anciens messages

Les 100 derniers messages selon la langue
Greek_ Chinese_ Castellano_ Català_ Deutsch_ Nederlands_ English_ Français_ Italiano_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Türkçe_ _The.Supplement

Premières lignes des dix derniers messages
Greek_ Chinese_ Castellano_ Català_ Deutsch_ Nederlands_ English_ Français_ Italiano_ Polski_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Türkçe
Premières lignes des dix derniers messages
Premières lignes des messages des dernières 24 heures

Premières lignes des messages des dernière last 30 days | of 2002 | of 2003 | of 2004 | of 2005 | of 2006 | of 2007 | of 2008 | of 2009 | of 2010 | of 2011 | of 2012 | of 2013 | of 2014 | of 2015 | of 2016 | of 2017 | of 2018 | of 2019 | of 2020

(fr) UCL Saguenay - Entretien avec un camarade anarchiste de Gatineau sur la situation de l'itinérance et du logement

Date Wed, 29 Jul 2020 21:26:07 +0100


Face au problème de manque de logements abordables et à l’augmentation de l’itinérance, la ville de Gatineau ne trouve rien de mieux à faire que d’évincer plusieurs fois par mois les campements improvisés de personnes en situation d’itinérance. Nous avons contacté Boris, un camarade anarchiste sur le terrain à Gatineau pour lui permettre de partager cette situation absurde, ainsi que les luttes en cours. ---- BCEG: Hé salut! Le 3 juillet dernier, la Ligue des Droits et Libertés annonçait le lancement d’une « mission d’observation d’urgence » à Gatineau en lien avec la situation du logement dans la ville et les démantèlements de campements d’itinérants. Peux-tu nous parler de la situation du logement et de l’itinérance à Gatineau? Est-ce que des formes d’embourgeoisement s’observent dans les quartiers plus populaires de la ville?

Boris: Pour répondre franchement, si je veux te donner une réponse complète, ça va être long. Ça fait des années qu’on observe une densification au centre-ville de Gatineau. Il faut s’entendre, quand la fusion des villes est arrivée il y a environ 18 ans, ça a mis en évidence que l’étalement urbain sur 57 km d’un bout à l’autre donne du défi à la municipalité. Surtout considérant que le pôle économique principal de la région sont des emplois à la fonction publique à Ottawa et au centre-ville de Gatineau. La densification n’est donc pas nécessairement néfaste au sens environnemental. Ceci dit, on peut comprendre que ça engendre un phénomène de gentrification. Les plans de «revitalisation» de la ville passent par «l’embellissement» des quartiers, la ville octroie également de grosses subventions pour l’amélioration de façade des maisons, la construction de tours à condos dans les quartiers populaires dont le taux d’inoccupation est plus élevé que le nombre de logement abordable… Tout ça engendre des impacts sur les quartiers: hausse du prix des loyers, changement graduel de la population, etc. Le processus d’embourgeoisement se fait plus rapidement que la construction de logements abordables et que l’éviction des propriétaires véreux qui, entre-autre, ne prennent pas soin de leurs logements locatifs. Les dernières années ont aussi été dure en Outaouais avec les inondations à répétitions, les tornades et la crise du logement qui perdure… Plusieurs propriétaires en ont profité pour reconstruire en plus luxueux, plus petit et plus cher ce qui a eu pour conséquence pleins de familles à la rue. On a entendu parlé de hausses de loyers pouvant atteindre jusqu’à 25% du prix des anciens occupants, ce qui est complètement aberrant. En ce qui concerne l’itinérance, la dernière année a été rough. Le seul centre d’hébergement de la région pour personnes sans-abris a été victime d’un incendie le 31 décembre dernier. Les personnes ont dû être relocalisé dans un centre communautaire mal adapté pour quelques mois, déménagé à nouveau plus loin du centre-ville dans un autre centre communautaire pas tellement plus adapté et dans un quartier dont l’acceptabilité sociale était plutôt mitigée. La pandémie est arrivée, le gîte a pu réintégrer ses locaux, mais avec moins de chambre (maximum 40 au lieu de 60), la ville a débloqué l’aréna de l’équipe de hockey junior majeur de la ville jusqu’à la fin du mois d’août pour une nombre avoisinant les 60 personnes. À la fin du mois d’août, ils.elles seront à nouveau relocalisés pour permettre à l’équipe des Olympiques de Hull de retrouver leur glace (bien qu’il y aurait eu au moins une alternative), cette foi de l’autre côté de la rivière dans un autre quartier populaire de Gatineau où plusieurs citoyens craignent l’arrivé de leurs futurs.es voisins.es. Ce qu’il faut comprendre, c’est que les personnes qui adoptent le campement ont tous.tes leurs raisons et ont leurs contraintes à vivre en hébergement d’urgence: certaines personnes se sentent plus en sécurité avec leur tente, certaines personnes se sentent mieux protégé contre la covid, d’autres sont en accès limité en hébergement pour une quelconque infraction, d’autres se sentent mal de vivre continuellement en groupe, il y a des chicanes, des enjeux de santé mentale, des enjeux de consommation, des enjeux liés aux animaux de compagnie, certains vont tout simplement préférer retrouver leur intimité et leur autonomie au moins pour la période estivale, etc. Au plus fort, nous avons eu environ 20-30 campeurs.euses dans le campement de fortune improvisé, et plus si on compte ceux.elles qui s’étaient déjà dispersés. La pandémie nous a également permis de dénombrer pas moins de 150 personnes et familles dans la rue, et ce n’est que la partie «visible» de l’itinérance, car il y a aussi tous les autres qui ne vont pas chercher de ressources dans les organismes.

BCEG: Dans cette situation, et avec le manque de solutions, on apprend que des campements de personnes en situation d’itinérance se sont développés. Peux-tu nous parler de ces lieux occupés et de leurs démantèlements à répétition par les forces de l’ordre?

Boris: L’endroit est quasiment parfait. À quelques mètres et à quelques coins de rue des services primaires en itinérance. Soupe populaire, soutien psychosocial, accompagnement, intervenants, du nouveau site de prévention des surdoses, distribution de matériel de consommation stérile, accessible pour les travailleurs de rue… sans compter qu’il est situé dans un boisé bordé par un ruisseau. Evidemment, il y a des défis. Qui dit campement improvisé dit aussi moins de code de vie, donc plus prompt à des dérives. Le sous-financement chronique des organismes engendre également des défis à un accompagnement adéquat dans un contexte de démantèlement ET de pandémie: La dispersion des personnes engendre une perte de contacts, du moins temporaire, avec les intervenants.tes et un éloignement des ressources primaires en itinérance. L’isolement que ça crée mine la sécurité, la santé et la vie des consommateur.trices en période de fentanyl et de d’autres drogues mal coupées (les cas de décès et d’overdoses sont en croissance fou dernièrement dans la région) et, aussi, parce qu’éloignés.es, ont moins facilement accès à du matériel de consommation stériles et à un moyen sécuritaire pour s’en débarrasser après usage. Tout ça sans compter les traumatismes, l’insécurité, la stigmatisation de leur situation socioéconomique, la peur, la violation des droits et j’en passe. Mais les travailleurs.ses du communautaire sont passionnés.es et sont investi à 300 %. Ils.elles font un travail acharné et de qualité. Ce qui n’est malheureusement pas sans souligner que ça implique aussi certains risques sur le long terme quant à la stabilité des travailleurs.ses et des services. Malgré tout, je pense que je peux dire qu’autour du campement, ça va plutôt bien. Par le passé, il y a eu une expérience qui a marqué la mémoire des citoyens.es, des organismes et des «élus» au fer chaud. 2015: une entente concertée avec la ville permettait la tolérance des campements. Malheureusement, à cause du manque de ressources financières, humaines et organisationnelles des organismes communautaires, ça a mal viré et depuis, le leitmotiv de la ville est le démantèlement aux 2 semaines environ. Bien que certains policiers sont plus baveux que d’autres, certains flics trouvent que ça n’a pas de sens et en sont écœurés. La commande vient de la ville avec l’amont du CISSSO. Bon, je ne m’en tiendrai qu’à ça, parce que malgré tout, plusieurs patrouilleurs continuent à faire du profilage, de l’intimidation, du harcèlement, de la brutalité, etc. Mais dans le cadre des démantèlements, disons seulement qu’ils semblent nous envoyer les plus cléments cette année.

BCEG: Dans une vision systémique, comment perçois-tu l’action de la ville et des autorités face à la problématique du logement?

Boris: Si on considère que l’itinérance est une réalité qui repose entre autres sur l’accessibilité à un logement abordable, une conjoncture de facteurs socio-économiques et personnels défavorables, l’équation pour ramener ces personnes à une niveau de vie décent doit nécessairement impliquer une approche constructive de tous les acteurs et avoir un plan cohérent dans la démarche. La ville semble travailler par projets en vase clos. Ça fit bien sur un procès-verbale et dans les manchettes des médias locaux, mais en réalité, tout semble être géré sans vision globale concrète. La ville participe au problème en se montrant toujours favorable aux projets de gros promoteurs immobiliers en leur offrant des mesures fiscales favorables et en se montrant toujours ouverte à apporter des dérogations aux règles d’urbanisme, en octroyant des subventions à l’embellissement des quartiers, etc.

En ratissant plus large, il y a aussi l’individualisation et la stigmatisation de la réalité socio-économique des gens. On peut l’apercevoir à tous les niveaux dans les critères d’admissibilité excessivement sévères aux différents programmes d’aide. Mais dans un système, quand les demandes d’aide sont nombreuses au point que le gouvernement choisi de resserrer les conditions d’admissions, ce n’est plus un problème organisationnel (ça ne l’a jamais été d’ailleurs), c’est qu’il y a un problème de nature idéologique. On doit cesser de panser les plaies sans chercher à comprendre les raisons de l’hémorragie. Il faut revoir le système en entier parce que, fondamentalement, les causes de la pauvreté et de l’itinérance sont principalement de nature systémique qui découle directement du système capitaliste. En attendant, on doit travailler avec les conditions que nous avons.

Il y a aussi un programme qui est supposé pallier au manque de logement abordable par le financement partiel du prix des logements locatifs privés, de coopératives et/ou de HLM pour les personnes qui ont de faible revenu: Le PSL (programme de supplément au loyer)… mais quelle grande surprise: parmi les conditions d’attribution du supplément, il y a le critère du prix du loyer… qui sont toujours trop chers dû à la crise du logement qui est exacerbée par plein de facteurs, la pandémie, etc. ce qui rend le programme quasi caduc à Gatineau. Écoute, d’après ce que j’ai compris, la Société d’Habitation du Québec attribue un certain nombre de PSL aux Offices d’Habitations et ces derniers refusent de dire combien ils en ont et essaient le plus possible de les garder pour eux parce que plus ils en donnent, plus ils démontrent l’échec de leur mission. Toute une dynamique crasse derrière ça.

Autrement, ils viennent d’annoncer la construction d’un nouveau hlm de 135 logements qui devrait prendre chantier prochainement. Ça devrait aider à réduire le nombre de personnes sur la liste d’attente, mais la liste reste longue. Juste pour te donner une idée, de la dernière inondation en 2017 je crois, il y avait encore du monde en hôtel par mesure d’urgence en début d’année 2020…

Il y a également un projet de logements de transition qui s’en vient, c’est-à-dire des logements qui accueilleront des personnes qui seront accompagnées par des intervenants.es le temps de se stabiliser et d’acquérir les ressources personnelles nécessaires pour être bien et autonome… Ça fait des années que le projet est sur la table, alors on s’en réjoui… mais c’en est encore seulement à l’étape de planification. La construction n’est pas entamée. On en aura sans doute encore pour un minimum optimiste de 2 ans avant que ça aboutisse. Et ce projet, ce sera seulement pour une fraction des personnes qui sont prêtes à commencer des démarches en ce sens. Implicitement, les autorités locales doivent accepter dans leurs principes de luttes à l’itinérance qu’il y aura sans doute toujours des personnes qui vont être dans la rue, par choix ou non. Mais en attendant qu’ils comprennent, la ligne qu’a choisi la ville et le CISSSO est toujours aussi dure: Tolérance zéro pour les campements.

BCEG: Quelles ont été les mobilisations du mouvement communautaire, de la communauté et groupes populaires en solidarité avec les personnes en situation d’itinérance et contre les démantèlements?

Boris: Depuis des années que les travailleurs de rue, les intervenants, les organismes en logement et en itinérance sont sur le front. Quelques-uns.es se sont épuisés.es, d’autres souffrent d’usure de compassion, certains.es ont passé le flambeau à la relève et plusieurs sont encore là, mais la ferveur du communautaire à Gatineau est bien ancrée. La fibre militante est particulièrement forte cette année. Des barrières semblent tranquillement tomber, la collaboration devient plus facile entre partenaires ce qui mène à des actions concertées plus efficaces, plus nombreuses et plus radicales. Dès le début cette année, à travers nos actions et les couvertures médiatiques favorables et du support de comités de citoyens, l’opinion publique tend à nous offrir son appui. Bien qu’éphémère, ce n’est pas négligeable dans la lutte. Depuis les premiers démantèlements, les organismes de défense et de services aux personnes en situation d’itinérance sont sur le terrain pour s’assurer du «bon» déroulement de la chose. Nous avons réussi à faire reporter le 2e démantèlement par une action que nous avons appelé la «Haie de déshonneur». Au petit matin, nous avons planté des pancartes à des endroits stratégiques dans la ville. Nous sommes arrivés une peu avant l’heure prévue du démantèlement avec une bonne 50aine de pancartes recto-verso que nous avons étalé à l’entrée du campement, érigés des barricades avec des carcasse de vélos et entamé des discussions avec le chef de police sur les lieux. Le SPVG a reçu l’ordre de quitter, nous ont informé qu’une rencontre téléphonique d’urgence allait avoir lieu avec certains organismes et exigeaient la présence du/de la président.e de leur CA respectif de manière à nous faire taire. Ça n’a pas marché haha. Le jour de cette action, des personnes vivant dans le campement se sont investies à prendre part aux actions, à prendre parole publiquement, accorder des entrevues aux médias et à sensibiliser leurs partenaires de camping. Nous en sommes à 6 démantèlements cet été. Nous avons fait des communiqués de presse, 2 manifs dont la dernière s’est érigé un campement symbolique à l’intersection de 2 artères principales et une occupation du bureau de la Régie du logement…. Nous n’avons pas fini. Nous n’avons pas fini parce qu’on s’insurge du discours de la ville qui hiérarchise les droits des citoyens… et ceux des personnes en situation d’itinérance. On s’insurge que la ville refuse de revoir leurs plans stratégiques. On s’insurge que les droits de la personne en itinérance soient brimés à répétition et contre la violence que ça leur impose. On s’insurge que la ville tente de nous faire du chantage. On s’insurge de voir la ville se développer sans jamais donner que des miettes aux plus vulnérables. On s’insurge parce qu’ils font vivre un climat de terreur aux campeurs tandis que le monde meurt de surdoses et de la crise du logement dans les rues de Gatineau.… On s’insurge tout simplement parce que personne ne mérite aucun traitement d’une telle cruauté.

BCEG: Quelles seraient à ton avis les solutions viables pour contrer à court et moyen termes les problématiques liées au logement à Gatineau?

Boris: Les solutions viables sont difficiles à déterminer sans concertation avec les personnes qui habitent le campement et les différents acteurs autour et on n’en est pas là. En revanche, tant et aussi longtemps que la ville et le CISSSO resteront campés dans leurs positions, la situation n’évoluera pas. Nous devrons travailler tout le monde ensemble pour trouver des solutions. Certains disent que les campements ne sont pas des solutions durables, mais je ne partage pas leur avis. Certes, il faut des logements de transitions et des logements abordables, il faut aussi des mesures strictes de la ville en ce qui a trait aux investisseurs privés dans l’immobilier, une absence totale de profilage social, d’intimidation et des abus policiers, une surveillance accrue des locateurs irresponsables, mais surtout, faire le deuil avec l’idée d’un projet de « lutte à l’itinérance ». Je déteste le mot. C’est comme si on voulait nier l’existence des différents facteurs personnels et systémiques qui entraine vers l’itinérance. Bref, le «mettre en logement» à tout prix n’est pas réaliste. L’itinérance et les campements vont toujours exister, aussi bien en optimiser les conditions de bien être, quelles qu’elles soit, où qu’ils soient. L’itinérance a autant de forme qu’il y a de personnes qui la vivent, alors il y a autant d’approches que de moyens pour y parvenir et ça implique, a priori, d’accepter la personne où elle en est dans sa vie et l’accompagner vers ce qu’elle peut atteindre de meilleur pour elle sans objectifs et de temps imposés. Sinon, j’appelle ça de la réinsertion forcée, c’est immoral et inhumain. Mais pour en revenir à ta question, j’ai envie d’ajouter que les investisseurs en immobilier sont beaucoup trop pris avec des pincettes. Dans le cadre de référence en matière de lutte à l’itinérance que la ville de Gatineau s’est dotée cet été, il y beaucoup trop simplicité d’esprit. Par exemple: la ville se base sur la bonne foi des investisseurs pour construire des logements abordables… C’est du n’importe quoi: Il faut taxer les riches, pas leur demander de la charité. Par exemple, la ville devrait exiger un pourcentage d’investissement pour toutes nouvelles constructions qui serait investi dans la construction de logements abordable. Basta.

Sinon, campement supervisé, hôtels, conserver l’aréna jusqu’à la construction de logements abordables en nombre suffisant, logements de transition. Je pense que ça englobe pas mal mon idée.

En terminant, j’aimerais en profiter pour dénoncer que nous sommes en territoire Algonquin non-cédé et qu’à travers plusieurs projets de revitalisation et de constructions, la ville a violé des terres ancestrales riches en artéfacts et en histoire à plusieurs reprises malgré qu’ils aient rencontré une résistance dans la rue. Je pense entre autres à la rue Jacque Cartier et au projet de tours à condos «ZIBI» qui, tout 2, longent la rivière de Gatineau et des Outaouais.

Merci d’avoir accordé du temps et de l’espace pour nos luttes locales. Solidarité!

BCEG: Un gros merci d’avoir répondu à nos questions! Ce qui se passe à Gatineau a de quoi faire réfléchir au Saguenay aussi avec l’embourgeoisement des quartiers populaires et la chasse aux pauvres de la police municipale. On suivra avec attention les réponses populaires développées à Gatineau. Solidarité!

http://ucl-saguenay.blogspot.com/2020/07/entretien-avec-un-camarade-anarchiste.html
_________________________________________________
A - I n f o s
informations par, pour, et au sujet des anarchistes
Send news reports to A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
Subscribe/Unsubscribe http://ainfos.ca/mailman/listinfo/a-infos-fr
Archive: http://ainfos.ca/fr