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(fr) UCL Saguenay - Épidémies, conquête et génocide dans les Amériques

Date Thu, 9 Jul 2020 17:55:55 +0100


«Les Taïnos, autrefois, n'avaient pas peur de la mort - mais cette mort-là leur échappe. Elle ressemble trop à une punition collective pour être vécue sereinement. Au début, les malades étaient veillés par leurs parents, leurs amis. Mais comme les morts se comptent par dizaines de milliers, les corps en état de décomposition plus ou moins avancée sont partout - dans les champs, dans les grottes, dans les bois - et ne sont même plus enterrés. Le corps taïno n'est qu'un déchet. Un corps sans nom, entassé dans un charnier. Une mort sans nom. Toutes ces morts défont les liens familiaux, fauchent l'élite politique religieuse, plongent la société taïno dans un oubli collectif[...]. Le Nouveau Monde s'est transformé en abattoir.»[1]---- Lissell Quiroz, «Épidémies, conquête et génocide dans les Amériques» in Perspectives décoloniales d'Abya Yala, 23/0320. Lien vers l'original, ici: http://decolonial.hypotheses.org/1677. ---- 11 mars 2020. L'OMS déclare que la flambée de Covid-19 constitue une pandémie. Dans les quatre coins du monde, des mesures d'exception sont prises pour tenter de contenir la diffusion de la maladie. Depuis, de nombreux pays ont instauré des états d'urgence sanitaire incluant la fermeture des frontières, le confinement des populations ainsi que les suspensions des liaisons aériennes et maritimes.  ---- Les pandémies ne sont pas un phénomène du 21e siècle, elles existent depuis les siècles anciens. L'Europe a ainsi connu plusieurs pandémies pesteuses depuis l'Antiquité, la plus connue étant la peste noire qui sévit sur le continent entre 1346 et 1353. Elle aurait tué 25 millions de personnes (entre 25% et 50% de la population européenne). Les Européen·nes ne restèrent pas passifs face à cette longue et ravageuse épidémie. La première mesure prise fut de suivre l'adage hippocratique ou «électuaire des trois adverbes», à savoir Cito, longe, tarde, c'est-à-dire «(Pars) vite, (va) loin, (reviens) tard»[2]. Autrement dit, le confinement était déjà le moyen privilégié d'échapper - notamment pour les catégories aisées - à la contagion. Le traumatisme de la peste resta présent dans les esprits durant des siècles, d'autant plus qu'elle devint endémique sur le continent. Les fermetures des villes et le confinement furent ainsi monnaie courante lors de ces crises sanitaires.

La saignée démographique des Amériques

Or, arrivés en 1492 dans les Amériques, les Européens feront fi de cette expérience traumatique. Il est désormais convenu d'imputer aux épidémies du tournant du 15e au 16e siècle, la responsabilité presque exclusive de la catastrophe démographique que subirent les Amériques à cette époque. Bien qu'il n'existe aucune certitude quant au nombre de morts causés par la pandémie durant la Conquista qui suivit la Reconquista, cet argument fait consensus des deux côtés de l'Atlantique. D'un côté, il permet d'exempter les Espagnols d'une part de responsabilité des crimes commis à cette époque tandis que de l'autre, il donne un sens à la chute brutale d'Empires précolombiens riches et puissants.

Si des données quantitatives précises sur la période font défaut, nous avons l'assurance que cet épisode représenta une hécatombe pour les peuples d'Abya Yala. Selon les chiffres fournis par les chroniqueurs tout comme les estimations élaborées par des chercheurs, la population des Amériques connut une chute vertigineuse au temps de l'invasion et la conquête. Différentes hypothèses situent la population initiale entre 20 et 150 millions d'habitant-e-s. Un certain consensus s'est établi autour de 100 millions d'habitant-e-s[3]. Une cinquantaine d'années plus tard, le continent avait perdu entre 80% et 90% de sa population totale.

Les approches régionales et locales permettent d'affiner ces considérations générales. Massimo Livi Bacci estime ainsi qu'environ 300 000 personnes vivaient à Ayiti (rebaptisée Hispaniola lors de la conquête) en 1492. En 1514, elles n'étaient plus que 26 000, soit une chute de plus de 90% de la population précolombienne[4].

De son côté, l'historien péruvien Julio Villanueva Sotomayor situe la population du Tawantinsuyu à 15 millions d'habitants dans la période précédant son effondrement[5]. Noble David Cook l'estime quant à lui à 9 millions[6]. En tout de cause, elle n'était plus que de 600 000 personnes en 1620. Cela veut dire qu'en l'espace de 88 ans, le territoire péruvien aurait perdu entre 93% et 96% de sa population de la pré-conquête.

Pour ce qui est du Mexique, l'étude de S. Cook et W. Borah, considère que la population méso-américaine serait passée de 25 millions en 1518 à un million en 1605, soit une diminution de 96% de la population[7]. Jamais aucun autre continent n'a connu une telle hécatombe démographique. À cela s'ajoute que cette baisse ne fut, en raison de la violence de la colonisation, endiguée que quatre siècles plus tard, soit au 20e siècle. Le Mexique par exemple ne retrouve le nombre d'habitant-e-s du 15e siècle, que dans les années 1960 (cf. graphique ci-dessous).

Graphique réalisé par l'autrice à partir des données de: Mercedes Alcañiz, «Cambios demográficos en la sociedad global», Papeles de población, vol. 14 n° 57, Toluca juil./sep. 2008, p. 227-255.
Un choc épidémiologique surestimé

Cette catastrophe est due à une combinaison de facteurs. Il est très probable que les virus transportés par les conquistadors aient décimé de nombreuses régions au moment de l'invasion. Les agents infectieux importés dans les Amériques étaient très virulents comme dans le cas de la rougeole, le typhus ou la variole (cf. graphique ci-dessous).

Graphique élaboré par l'autrice à partir de données diverses.

Cependant, les Autochtones comprirent très vite ce qui leur arrivait comme l'attestent certaines illustrations, notamment celle du Codex de Florence compilé entre 1558 et 1577 (cf. illustration ci-dessous). Iels savaient notamment que la contagion se faisait par voie orale. Les peuples originaires et notamment les Aztèques, avaient des habitudes sanitaires qui témoignent d'un haut degré de propreté. Ainsi chaque quartier de Tenochtitlan disposait de bains publics avec de l'eau de source conduite par des aqueducs. Les Mexicas faisaient une toilette quasi quotidienne et ils se nettoyaient avec du savon. Le codex florentin fait allusion également à l'emploi de déodorants et de produits pour rafraichir l'haleine et nettoyer les dents.

Codex de Florence.

Ce haut degré de salubrité - ainsi que l'équilibre dans lequel la région vivait à cette époque - a du empêcher, dans un premier temps, la diffusion des épidémies. Livi Bacci note ainsi qu'à Ayiti il n'y a pas d'épidémie répertoriée dans les sources avant 1518, alors que la population de l'ile avait déjà été décimée[8]. Par ailleurs, les organismes ayant survécu aux épidémies créent une immunisation qui fait normalement décroitre les pertes humaines face aux attaques virulentes postérieures. Celleux qui ne mouraient pas, devenaient donc, en conditions normales de vie, plus résistant-e-s aux virus. Or, à Abya Yala, on observe un phénomène contraire: le dépeuplement et la stagnation démographique se poursuivent sur plusieurs siècles. Le choc bactériologique ne peut donc pas expliquer à lui tout seul ce phénomène de longue durée. Il sert plutôt à occulter les autres causes, plus structurelles, de l'hécatombe démographique américaine.

La férocité de la conquête

Et ces causes furent multiples et sont toutes imbriquées. Comme le souligne l'historien argentin Carlos Sempat Assadourian, les épidémies ne sont pas la cause principale de l'hécatombe, elles s'insèrent dans un ensemble dynamique d'exactions, de violence et de déstructuration des sociétés précolombiennes:

«[...]la destruction démographique résulte de la cupidité et des guerres déclenchées par les Espagnols entre 1530 et 1550. Toutes les sources des observateurs peuvent être rassemblées dans une seule étiquette: un état de guerre permanent, qui comprend non seulement les pertes provoquées par les grandes batailles mais aussi celles produites par une infinité d'attaques punitives, les luttes entre les propres groupes ethniques, la destruction des systèmes hydrauliques, le fléau de la faim, la hausse de la mortalité par des maladies endémiques, etc.[9]»

Les épidémies s'inscrivent dans ce contexte global d'installation d'un système colonial dans les Amériques. C'est le système colonial qui fut le véritable producteur de la saignée démographique dont les maladies ne constituèrent qu'un élément parmi d'autres. Les virus ont même servi comme arme de conquête car il n'y a jamais eu d'instauration de mesures de confinement durant cette période. Les conquistadors circulaient librement d'un territoire à un autre en sachant très bien qu'ils étaient porteurs de virus contre lesquels les Autochtones n'étaient pas immunisé-e-s.

Le régime colonial hispanique fit le reste. Pour pouvoir exploiter des ressources minières, Christophe Colomb institua un impôt colonial par tête (appelé encomienda) selon lequel tous les trois mois, chaque Autochtone devait lui donner une certaine quantité d'or ou de coton[10]. L'encomienda fut un système d'imposition obligatoire des Autochtones qui supposa des déplacements forcés de population vers les mines. Institué officiellement par la Couronne dès 1503, il s'apparente juridiquement au servage médiéval. Les conquistadors reçurent le droit de répartir les «Indiens» en encomiendas où des encomenderos étaient chargés de percevoir le tribut. L'impôt indigène - constitué de métaux précieux, textile, aliments, animaux - était recueilli par le cacique (chef) de la communauté qui devait le remettre à l'encomendero. Dans les faits, le système institua le servage des Autochtones. L'Église fut un soutien de taille et l'évangélisation servit à mieux contrôler la main d'oeuvre indigène déracinée et acculturée. L'encomienda et l'évangélisation déstructurèrent en profondeur les sociétés d'Abya Yala. Les Autochtones étaient déplacés de force et obligés à s'installer où les Espagnols le voulaient, notamment près des mines où surgirent ex nihilo de nouvelles villes comme Potosí, fondée en 1545.

«Que el encomendero le hace ahorcar al cacique principal don Juan Cayanchire», Guamán Poma de Ayala (ca. 1535-ca. 1616), Nueva crónica y buen gobierno (1600)
La vie communautaire, familiale et collective, fut totalement bouleversée et à terme, anéantie dans toutes les régions américaines conquises et colonisées. Un tiers des hommes autochtones passaient des mois, parfois une dizaine, dans les mines, exploités et affaiblis par la surcharge de travail et le manque de nourriture[11]. À cela s'ajoutent les mauvais traitements, la séparation de la famille et de la communauté, la peur, la perte de repères. Les femmes subissent en plus, les agressions sexuelles et la mise à disposition de leurs corps pour les conquistadors comme le consigne un rapport adressé par des Dominicains au ministre de Charles Ier (futur Charles Quint), en 1519:

«Chacun d'eux[les contremaîtres des mines]s'était fait un usage de coucher avec les Indiennes qui dépendaient de lui, si elles lui plaisaient, fussent-elles mariées ou jeunes filles. Tandis que le contremaître restait dans la hutte ou la cabane avec l'Indienne, il envoyait le mari extraire de l'or dans les mines; et le soir, quand le malheureux revenait, non seulement il le rouait de coups ou le fouettait parce qu'il n'avait pas rapporté assez d'or, mais encore, le plus souvent, il lui liait pieds et mains et le jetait sous le lit comme un chien, avant de s'allonger, juste au-dessus, avec sa femme[12].»

Les femmes indigènes furent donc, comme le conceptualise Lorena Cabnal, féministe maya xinca, le premier territoire de conquête[13]. Dans ces conditions, le taux de mortalité des Autochtones ne pouvait qu'aller croissant au cours des décennies qui suivirent l'invasion et la conquête, tandis que le taux de natalité descendait également. L'instauration de la colonisation en Amérique hispanique ne fut donc pas le fruit d'une «rencontre» mais d'une destruction brutale et généralisée de sociétés entières à une échelle jamais connue jusque-là. C'est la raison pour laquelle on peut parler de génocide.

Un génocide jamais reconnu comme tel

«Le colonialisme de peuplement contient la violence ou la menace de la violence. Les gens n'abandonnent pas leurs terres, leurs ressources, leurs enfants et leur futur sans combattre, et leur résistance suscite la violence des colons. En utilisant la force requise par ses desseins expansionnistes, un régime colonial institutionnalise la violence. Le conflit entre colons et indigènes n'est par conséquent pas le produit de différences culturelles ou de malentendus, et les colonisés ne sont pas aussi violents que les colonisateurs. Le colonialisme euro-américain et la mondialisation capitaliste ont dès le début des penchants génocidaires[14].»

Une entreprise coloniale qui anéantit de la sorte des sociétés entières et des millions de personnes en l'espace de quelques décennies ne peut pas être qualifiée de «découverte» ni de «rencontre». Les conquistadors et Christophe Colomb au premier chef, ont sciemment dressé un système d'exploitation dont ils ont vu de suite les conséquences sur les populations. Les 50 années suivant la conquête ont été une période de mort et de souffrances en tous genres pour les peuples originaires d'Abya Yala. Julio Villanueva Sotomayor estime ainsi que, dans les Andes, entre 1532 et 1620, plus de 450 personnes périssaient quotidiennement et plus de 165 000 annuellement[15]. N'y voir dans la catastrophe qu'un contact avec des dérives violentes et a fortiori le résultat de la virulence des épidémies relève au mieux de l'ignorance, au pire de la mauvaise foi intellectuelle.

«Cette hécatombe[la destruction de la population autochtone des Amériques]a été souvent gommée dans plusieurs pays du continent américain. Des courants très différents, animés par des motivations idéologiques opposées, ont contribué à effacer non pas la destruction des Indiens d'Amérique mais les atrocités l'ayant accompagnée. Il y a une écriture de cette histoire qui fait passer l'extermination d'environ 70 millions d'êtres humains comme les pertes et profits d'un processus où il n'y avait pas que du mauvais[16].»

L'invasion et la conquête d'Abya Yala constitua un génocide, un épistémicide et un écocide. L'insalubrité des villes s'étendit sur tout le territoire des Amériques. L'introduction des animaux tels que les chevaux, les vaches, les moutons, les chèvres, les chiens voire les lapins, présentée souvent comme un apport européen, démantela l'écosystème amérindien. Comme le souligne Alfred W. Crosby, l'importation des grands animaux européens détruisit plus qu'elle n'enrichit les territoires autochtones[17]. Le bétail se nourrissait de fruits servant à la consommation locale, tandis que les excréments polluèrent les graines qui se retrouvèrent ensuite éparpillées partout. Il en va de même de la culture de la canne à sucre dont l'introduction dans les Antilles et au Brésil détruisit la forêt tropicale ainsi que la faune forestière.

Ainsi, en l'espace de cinq décennies, la colonisation européenne anéantit un continent tout entier. Les séquelles de cette blessure coloniale ne sont toujours pas fermées, même si les peuples des Amériques ont résisté, et continuent de le faire, aux différentes formes de colonialité. Face à cette hécatombe, la résistance fut très forte et les descendant·es de ces peuples conservent aujourd'hui l'endurance mais aussi la flamme de l'espoir. Comme le dit Lorena Cabnal: «je récupère la joie sans perdre l'indignation dans un acte vital d'émancipation.»

1. Paula Anacaona, 1492, Anacaona l'insurgée des Caraïbes, Anacaona Editions, p. 112
2.Jean Vitaux, Histoire de la peste, PUF, 2010, p. 138
3. Roxanne Dunbar-Ortiz, Contre-histoire des États-Unis, Wildproject, 2018, p. 77
4. Massimo Livi Bacci, «Las múltiples causas de la catástrofe: consideraciones teóricas y empíricas», Revista de Indias, 2003, vol. LXIII, n° 227, p. 31-48, p. 43
5. Julio Villanueva Sotomayor, El Perú en los tiempos antiguos, 2001, Lima: Empresa Periodística Nacional SAC
6. Noble David Cook, La catástrofe demográfica andina, Perú 1520-1620, Lima: Fondo Editorial de la PUCP, 2010, p. 20
7. Sherburne F. Cook, Woodrow Borah, Essays in Population History: Mexico and the Caribbean, Berkeley, L.A., London: Univ. of California Press, 1971
8. Livi Bacci, op. cit., p. 44
9. Carlos Sempat Assadourian, «La crisis demográfica del siglo XVI y la transición del Tawantinsuyu al sistema mercantil colonial», in Nicolás Sánchez-Albornoz (éd.), Población y mano de obra en América Latina, Madrid: Alianza Americana, 1995, p. 69-93, p. 74
10. Livi Bacci, op. cit., p. 45.
11. Livi Bacci, op. cit., p. 44
12. Tzvetan Todorov, La conquête de l'Amérique. La question de l'autre, Seuil, 1982, p. 145-146 13.Lorena Cabnal: «Recupero la alegría sin perder la indignación, como un acto emancipatorio y vital», Píkara Magazine, 13/11/19, URL: https://www.pikaramagazine.com/2019/11/lorena-cabnal-recupero-la-alegria-sin-perder-la-indignacion-como-un-acto-emancipatorio-y-vital/
14. Roxanne Dunbar-Ortiz, Contre-Histoire des États-Unis, Wildproject, 2018, p. 40
15. Villanueva Sotomayor, op. cit.
16. Rosa Amelia Plumelle-Uribe, La férocité blanche, Albin Michel, 2001, p. 36-37.
17. Alfred W. Crosby, Biological and Cultural Consequences of 1492, Westport, Greenwood Press, 1972, p. 98-99.

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