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(fr) UCL-Saguenay -[À bâbord no. 82]Le populisme de gauche

Date Mon, 16 Mar 2020 18:58:19 +0000


En passant (avant la paranoïa liée au COVID-19) dans un kiosque à journaux sur la rue Racine (oui il en reste encore quelques-uns), j’ai eu la double surprise de trouver d’un, la revue À bâbord! dans un kiosque à Chicoutimi, et de deux, de mettre la main sur un numéro récent. Dans le no 82, sorti en janvier 2020, on peut lire un excellent article signé par Isabel Brochu intitulé Les freins d’une résistance. Elle y présente les différents obstacles qui se dressent devant le mouvement de résistance citoyenne au Saguenay-Lac- St-Jean qui lutte à contre-courant d’une élite régionale qui « s’accroche à un vieux modèle qui n’a plus d’avenir[...]pendant que des compagnies étrangères profitent des derniers soubresauts d’un modèle obsolète ». (Brochu, p.23)  ---- Mais ce qui a d’abord capté mon attention, c’est le sujet traité dans la dernière édition de cette revue sociale et politique. Le no 82 nous présente un dossier intitulé Le populisme de gauche, à tort ou à raison. ---- « Tout peut être désormais potentiellement taxé de populisme » - Tarragoni, (p.31) ---- Chose certaine, s’il existe un concept flou, c’est bien celui de populisme. Tantôt utilisé comme une insulte pour discréditer un adversaire ou un mouvement, tantôt revendiqué par des politiciens comme l’ancien député et ministre, Maxime Bernier. Federico Tarragoni, l’un des contributeurs à ce dossier, identifie deux modèles d’analyse du populisme. L’un qui « considère le populisme comme une maladie de la démocratie » et l’autre qui « le juge comme le salut à venir de nos démocraties malade » (Tarragoni, p.31).  ---- Qu’il soit de gauche ou de droite, le populisme est avant tout une technique de mobilisation principalement dirigée vers un lectorat, un auditoire ou un électorat. Cette technique met généralement de l’avant un « sauveur providentiel » ou « la voix des sans voix », qui devient le ou la seule représentante du peuple opprimé par les élites. Les radios-poubelles sont un des exemples de ce phénomène au Québec. Dans la région de Québec, ces radios influencent depuis plusieurs années les opinions, les actions et même les intentions de vote de leur auditoire. Dominique Payette dans son article intitulé, Radios d’opinion à Québec Le prêt à penser n’est pas de gauche, énumère les techniques utilisées par les animateurs comme: « l’appel répété au gros bon sens, l’exploitation de préjugés et de stéréotypes, le ressentiment, le recours à des boucs émissaires, les attaques contre les élites et contre l’état, l’anti-intellectualisme primaire. » (Payette, p.39)

S’il est vrai qu’une version gauchiste de la radio d’opinion s’avère nettement insuffisante pour contrer le phénomène de la trash radio, il m’apparaît plutôt réducteur de croire à l’instar de Dominique Payette « qu’il n’y a qu’une seule manière légitime de contrer l’effet des radios Forcer à l’application de la loi... » ( p.40) Les actions directes et collectives qui exercent de réelles pressions et qui frappent là où ça fait mal (l'argent des annonceurs) demeurent efficaces pour faire reculer la diffusion de la peur, de l’intolérance et de la haine, sur les ondes. (voir le texte:Suggestion de lecture pour les fans de radios-poubelles... Les brutes et la punaise)

Moment populiste

Qu’ont en commun le Brexit, le Mouvement 5 étoiles en Italie, l’Alternative pour l’Allemagne (AfD), le Front National (maintenant le Rassemblement National) en France, Trump aux États-Unis et, dans une certaine mesure, l’élection de la CAQ au Québec? Ces vastes mouvements destituant ou « dégagiste » à la sauce « qu’ils s’en aillent tous » sont le résultat de la crise de la démocratie libérale, de cette déconnexion de la société et des représentants et représentantes.

Pour Chantal Mouffe, l’auteure de l’essai Pour un populisme de gauche, on ne doit pas laisser les partis de droite et d’extrême-droite accaparer les passions et les affects politiques. Certes, mais le populisme de gauche doit-il pour autant s’appuyer sur un tribun charismatique ou sur un sauveur providentiel tels que Jean-Luc Mélenchon en France ou Bernie Sanders aux États-Unis? Ou encore doit-il succomber à la démagogie et se réduire à une rhétorique électorale? Comme perspective d’émancipation, le populisme même de gauche peut être tout à fait contre-productif. Comme le souligne Jean-Pierre Couture dans son texte Difficile populisme de gauche: « Le populisme oppose le peuple aux élites. Dans ce combat, il propose de construire une volonté populaire de ravir le pouvoir aux dominants. Le populisme rompt toutefois avec la démocratie lorsque cette construction opère par le haut, se matérialise par la voix d’un leader fort et concourt à l’exercice d’un pourvoir souverain au nom du peuple et non par lui. » (p.46). De plus, le populisme de Chantal Mouffe n’appelle pas à dépasser le capitalisme, la démocratie représentative et l’état. Pourtant, ce sont ces systèmes et ces institutions qui engendrent et maintiennent les inégalités sociales, économiques et politiques pour le plus grand bénéfice d’une minorité de privilégiés.

Conflictualité

La définition du populisme de gauche proposée par Laclau et Mouffe mérite qu’on s’y attarde un instant. Pour les auteur.e.s: « il s’agit d’une approche politique d’abord langagière et symbolique qui consiste à articuler différentes demandes selon une logique équivalentielle pour ensuite les placer en opposition avec le cadre actuel du pouvoir selon une logique antagonistique. » (p.48) Cet appel à la fin de la posture consensualiste demeure, en cette période d’indifférenciation des partis de gouvernement qu’il soit de gauche ou de droite, très intéressant. Mais, les défaites ou reculs électoraux des partis politiques comme Syriza en Grèce, Podemos en Espagne et de la France Insoumise nous démontrent que de diriger notre énergie pour servir les seules ambitions électorales d’un parti demeure une erreur. Car ce dont nous avons grandement besoin, c’est de multiplier les contres pouvoirs qui favorisent l’autonomie, l’action collective, la reprise du pouvoir individuel et collectif et non d’un parti qui détourne la colère légitime dans des urnes.

Ngalla

[1]12% des électeurs de Bernie Sanders ont préféré voter pour Donald Trump au lieu d’Hillary Clinton, figure de proue de l’establishment. (p.43)

http://ucl-saguenay.blogspot.com/2020/03/a-babord-no-82-le-populisme-de-gauche.html
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