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(fr) UCL-Saguenay - Grèce: Attaque sur l'ambassade canadienne par des anarchistes de Rouvikonas

Date Thu, 25 Oct 2018 17:36:27 +0100


Tôt dimanche matin (21 octobre), des membres du groupe anarchiste Rouvikonas ont attaqué l'ambassade canadienne située dans la banlieue nord d'Athènes. Par cette action, Rouvikonas tient à rappeler le support octroyé par le gouvernement canadien à Eldorado Gold, compagnie basée à Vancouver et qui exploite plusieurs projets miniers dans le nord de la Grèce. Projets qui mettent en danger l'eau potable tout en détruisant les forêts et milieux de vie des habitants et habitantes de la péninsule d'Halkidiki. Vidéo de l'action par ici[https://www.liveleak.com/view?t=m4Xs_1540118193&fbclid=IwAR29LiGrdE6fF58uSF8xCnimhCrtB6ESo7GZEzFQioukZkWxme2LgCOZ2W0]---- Depuis 2013, un mouvement de résistance multiplie les actions contre les projets miniers de la société aurifère canadienne Eldorado Gold dans la région d'Halkidiki, dans le nord de la Grèce. Il est important de rappeler que le Canada est un véritable paradis pour les minières. En 2017, plus de la moitié des compagnies minières du monde étaient enregistrées au Canada. Les lois entourant l'industrie minière étant très peu restrictives, cela fait du Canada une destination de choix. De plus, la justice canadienne refuse presque systématiquement de statuer sur des crimes commis à l'étranger par les minières puisque «les infractions» ne sont pas survenus sur le sol canadien. De l'autre côté, les gouvernements locaux ne peuvent pas faire appliquer les jugements de leur cour de justice puisqu'il s'agit de compagnies ayant leur siège social à l'extérieur du pays, laissant ainsi un vide qui permet aux minières de commettre des crimes en toute impunité. Le cas de Chevron-Texaco en Équateur en est un exemple frappant[1].

En Grèce, Eldorado Gold a plusieurs exploitations minières en cours, soit: Olympias (or, argent, plomb, zinc), Stratoni (argent, plomb, zinc), Skouries (or, cuivre) et Perama Hill (or, argent). Toutes ces mines, sauf Perama Hill qui est située en Thrace, se trouvent dans la péninsule d'Halkidiki, dans le nord de la Grèce. Devant la destruction de leur milieu de vie, des gens se lèvent pour contrer ces projets extractivistes qui ne sèment rien d'autre que la désolation.

Retour sur l'origine des projets et toutes les magouilles mises en place. Le texte qui suit provient du site indépendant Okeanews. Lien vers l'original, ici.[http://www.okeanews.fr/20141123-mines-skouries-lor-rouille-les-gaz-crs]

2003: le tour de passe-passe

En 2003, suite à la décision du Conseil d'État, TVX Hellas, qui gérait le site d'extraction, a décidé de mettre la clef sous la porte. Ainsi, elle a introduit une demande de mise en faillite qui a été acceptée par le Tribunal de 1ère instance d'Athènes en novembre 2003. La société laissait derrière elle des dettes s'élevant à plus de 216 millions d'euros envers IKA (caisse de sécurité sociale des employés), le fisc, les fournisseurs et les travailleurs.

Le 13 décembre, l'État rachète à la société en faillite l'étendue de 317.000 stremmas (1 stremma = 1000 m2) qui lui appartenait, contre le prix de 11 millions d'euros qui est, dans son intégralité, consacré à payer les travailleurs. Bien entendu, outre la somme des 11 millions, l'État faisait «don» à TVX Hellas de 2,2 millions d'euros de cotisations sociales ainsi que de quelques dizaines de millions d'euros en taxes, impôts et contributions. En même temps, il se chargeait de la formation des 350 employés licenciés, à l'aide de fonds issus du 3ème Cadre communautaire d'appui, s'élevant à la somme non négligeable de 28 millions d'euros.

Le même jour (!), dans un mouvement d'une opacité et d'un arbitraire grandiose, Pachtas (vice-ministre de l'économie du gouvernement de Costas Simitis) signe la vente des mines à la société Ellinikos Chrysos SA contre le prix de ... 11 millions d'euros. Ainsi, l'État n'a encaissé que la somme qu'il avait dépensée pour payer les travailleurs. En réalité, Pachtas a opéré comme un intermédiaire car, si Ellinikos Chrysos SA rachetait directement TVX Hellas, elle aurait également du en assumer les dettes. À noter que, en vertu d'une disposition spéciale, la société est exemptée de toute taxe et impôt de cession.

Un cadeau pour Bobolas[2]

Sur ce point, marquons une petite pause pour voir ce qu'est exactement cette Ellinikos Chrysos S.A. La société a été créée trois jours à peine avant l'achat des mines, avec un capital social d'à peine 60 000 euros, c'est-à-dire, le strict minimum prévu par la loi sur les sociétés anonymes. Les uniques actionnaires sont deux cadres supérieurs de la société AKTOR, intérêts Bobolas, dont l'un était le directeur général d'AKTOR. Si, en lisant ces lignes, vous vous méfiez, vous avez bien raison.

Voyons à présent ce qu'Ellinikos Chrysos SA a acheté contre 11 millions d'euros, dans le cadre d'une vente qui violait de manière flagrante le droit tant grec que communautaire qui, tous deux, prévoient dans ces cas de procéder à un appel d'offres international. En premier lieu, elle a acquis une étendue de 317 000 stremmas incluant deux mines et toutes leurs installations ainsi que 310 habitations. En second lieu, et infiniment plus important, elle a acquis le droit d'exploiter toute cette étendue. En un mot comme en mille, Ellinios Chrysos SA a acquis non seulement le droit d'exploiter les mines déjà existantes à Skouries et Stratoni mais aussi le droit d'étendre ses activités minières sur toute l'étendue des 317 000 stremmas, en ouvrant toutes les mines qu'elle voudrait, où elle le voudrait.

La cerise sur le gâteau

Et maintenant, la cerise sur le gâteau: l'illégalité de la transaction était tellement évidente que la Commission Européenne a du intervenir, même avec beaucoup de retard. Ainsi, en 2008, la Commission a demandé des explications à la Grèce concernant les procédures suivies mais aussi concernant l'exemption fiscale de la société acquéreuse quant aux taxes et impôts de cession.

Les réponses de la Grèce ne furent pas jugées satisfaisantes et la Commission a conclu que le traitement favorable dont Ellinikos Chrysos SA avait bénéficié constituait, au fond, une aide d'état illégale. Cette aide a été estimée à 15,3 millions d'euros, somme qu'Ellinikos Chrysos SA devait rembourser à l'État grec.

Où se trouve donc cette petite cerise? Ici: l'État grec a déposé une requête contre la décision de la Commission de manière à ce que les investisseurs privés ne soient pas contraints de payer 15,3 millions d'euros à l'État.

N'oublions pas un détail important: en 2003, le PASOK était au gouvernement et, en 2008, c'était la Nouvelle Démocratie. Les partis actuels de la coalition gouvernementale sont donc depuis longtemps les principaux acteurs de cette manoeuvre.

Et depuis 2012, alors que la mine est passée aux mains du canadien Eldorado Gold, c'est toujours l'argent public qui protège le site d'extraction: des troupes des forces antiémeute sont  dédiées à la protection des sites, et donc des intérêts privés.

[1]En 2011, un magistrat du village de Lago Agrio a condamné la pétrolière Chevron-Texaco à verser en dommages et intérêts 8,56 milliards de dollars américains à un collectif formé d'Autochtones vivant dans la région amazonienne de l'Équateur. L'argent devait compenser pour la destruction environnementale causée par des déversements de pétrole, ce qui a, entre autres, contaminé l'eau du coin. Mais voilà qu'en septembre 2018, la Cour permanente d'arbitrage de La Haye a déclaré que «l'Équateur a violé un article du traité bilatéral de protection des investissements signé avec les États-Unis et devra donc indemniser» Chevron! Non seulement le collectif du Front de défense de l'Amazonie n'aura aucune compensation, mais Chevron devra être indemnisé! C'est l'exemple parfait du droit de détruire l'environnement en toute impunité, engendrant par le fait même la mort de plusieurs personnes devant vivre à travers ces déversements et contaminations.

[2]George Bobolas est un businessman oeuvrant dans les domaines de la construction et des médias.

https://ucl-saguenay.blogspot.com/2018/10/grece-attaque-sur-lambassade-canadienne.html
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