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(fr) UCL-Saguenay - Livre: Québec Solidaire À vendre-vendu

Date Tue, 25 Sep 2018 17:20:07 +0100


En passant cette semaine à la librairie, je suis tombé sur un ouvrage qui a piqué ma curiosité. Le livre est écrit par Jean-Yves Duthel, un ancien apparatchik du Parti québécois et est intitulé Québec Solidaire À vendre-vendu. Cet ouvrage publié aux éditions Michel Brûlé, sorti à quelques mois de la campagne électorale de 2018, a de quoi nous surprendre. Car lire ce livre, c’est comme regarder le monde à travers le miroir déformant d’un angry péquiste. ---- Brandir l’épouvantail communiste ---- Michael Wayne Godwin, un avocat étasunien qui a énoncé une théorie qui stipule que plus une discussion s'étend, plus il est probable d'y trouver une comparaison impliquant les nazis ou Adolf Hitler.  On appelle ce concept la loi de Godwin. Il doit bien y avoir son équivalent pour les goulags et Staline, un genre de point Staline? Si c’est le cas, l’auteur atteint le point Staline dans les premières pages de l’essai en essayant de nous démontrer que Québec Solidaire (QS) forme un authentique parti marxiste-léniniste: « … ici au Québec, une Françoise David, un Amir Khadir ou une Manon Massé sont les dignes rejetons de cette doctrine comme l'ont été Lénine, Staline, Mao, Henver Hoxha, etc. » (p.26). Je dois l’avouer, cet extrait m’a décroché un sourire. Non seulement l’auteur confond, comme certains chroniqueurs de Québécor, les économistes John Maynard Keynes et Karl Marx, mais il met dans le même panier l’auteur de Que faire? (Lénine) et la figure de proue de la Marche du pain et des roses (Françoise David).  « Le programme de Québec Solidaire, aussi invraisemblable que cela puisse paraître, reprend à la lettre, en modernisant quelque peu les termes et les spécifications, les objectifs déterminés par Lénine il y a plus de cent ans! » (p.41). Duthel lance cette affirmation sans jamais apporter un élément du programme pour le démontrer. Comme le dit l’expression populaire pousse, mais pousse égal.

Malgré la présence de courants anticapitalistes au sein du parti, QS demeure un parti politique réformiste formé de militants et de militantes qui ont actualisé leur discours depuis les grandes mobilisations altermondialistes. Si QS est aujourd’hui plus à gauche que le Parti québécois (PQ), c’est que ce parti, qui s’identifiait historiquement à la social-démocratie, s’est tassé sur la voie de droite en épousant les contours du libéralisme (social-libéralisme).

La raison de la déroute des sociaux-démocrates

Ce livre contient beaucoup trop de pages (155 pages) pour un essai dont l'argumentaire tiendrait facilement sur une simple feuille mobile. Tous les propos de la première partie de ce livre se trouvent dans cet extrait: « ces activités,[de l’extrême gauche]qui ont bien le pouvoir total comme objectif final (lire la dictature du prolétariat), ont davantage combattu les autres forces progressistes que celles qu’ils identifient pourtant comme leur ennemi principal, c’est-à-dire le capital et la démocratie telle que nous connaissons. » (p.76)

 Pour Duthel, le laminage du Parti socialiste grec (le PASOK), la chute historique de la social-démocratie allemande (le SPD) et la déroute des socialistes français ont pour unique cause « l’intransigeance d'une gauche extrême » (p.26). Le refus de la gauche de la gauche de se rallier au parti de gouvernance de la gauche traditionnelle et ses attaques contre celle-ci aurait eu comme conséquence d’amener la droite au pouvoir. Selon Duthel, les attaques du candidat de la France insoumise, Jean-Luc Mélenchon, contre le président socialiste François Hollande n’auront pas permis à cet insoumis d’arriver au pouvoir. Ils auraient par contre pavé la voie à l’élection d‘Emmanuel Macron comme 25e président de la République française (p.64). Mais qui a mis le ver dans la pomme? Macron n’était-il pas ministre dans le dernier gouvernement socialiste?

Les sociaux-démocrates devraient regarder dans leur cour pour comprendre les causes de leur déroute. Car en abandonnant leurs principes et en trahissant les aspirations des classes populaires et ouvrières pour épouser les thèses du néolibéralisme, les sociaux-démocrates ont provoqué leur propre malheur. Rien de très étonnant qu’un électeur ou une électrice ait de plus en plus de difficulté à différencier la gauche de droite de la droite.

En Grèce, contrairement à ce que l’auteur affirme, ce n’est pas l’intransigeance de SYRIZA (Coalition de la gauche radicale) qui a fait en sorte que: « les promesses de la campagne électorale connurent le Waterloo le plus rapide de l’histoire » (p.51). Mais bien parce que l’alternative de gauche a emprunté des chemins déjà connus: le parlementarisme, le réformisme et la social-démocratie. Ces choix ne pouvaient mener à autre chose qu’à une impasse en raison de l’emprise du marché, de la finance et des institutions européennes sur le pays. De la Grèce en passant par le Québec, le véritable changement passe pour nous, des classes populaires et ouvrières, par la prise en main de nos affaires. Par l’organisation des luttes contre les mesures antisociales et d’austérité à venir et par le développement ici et maintenant des structures auto-organisées qui ont l’ambition de satisfaire les futurs besoins sociaux.

Le complot du fédéral

Après avoir lancé des accusations à peine voilées d’antisémitisme à l’endroit d’Amir Khadir en raison de ses prises de position contre l’occupation de la Palestine. Après avoir décrit Manon Massé comme une « professionnelle de la victimisation » (p.100), il fallait bien que l’auteur tombe dans les théories du complot. « L’hypothèse de QS, agent des fédéraux, se tient tout à fait, l’infiltration aurait pu débuter après le référendum de 1995 » (p.146). Selon l’auteur, les fédéraux auraient misé sur QS pour balayer les souverainistes. Car comment Françoise David, une femme issue d’une famille libérale doublée d’une ancienne militante communiste, aurait pu devenir indépendantiste? Parce que c’est bien connu « On est communiste un jour, on est communiste toujours! » (p.122). Mais qu’en est-il de Pierre Karl Péladeau et Gilles Duceppe qui ont tous deux flirté avec l’extrême-gauche? Ha, eux ils sont de la famille.

En terminant, si vous insistez vraiment pour lire cet essai, vous pouvez sans doute le voler (ne payez pas 20$ pour ce livre) dans la plupart des librairies près de chez vous.

http://ucl-saguenay.blogspot.com/2018/09/livre-quebec-solidaire-vendre-vendu_22.html
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