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(fr) UCL Saguenay - Déclaration commune "Pas de raciste dans le communautaire!"

Date Fri, 8 Jun 2018 20:47:00 +0100


Nous critiquons le choix du directeur général de la Soupe populaire de Chicoutimi de permettre à des membres du groupe d'extrême-droite La Meute de s'impliquer bénévolement dans les activités de l'organisme, sous le prétexte qu'il s'agirait d'une «implication individuelle». Cette justification représente pour nous, ainsi que les 26 cosignataires de la présente déclaration, un manque flagrant de discernement. Plus encore, le refus obstiné du directeur général de dénoncer les tentatives d'instrumentalisation de La Meute soulève chez nous beaucoup de doutes quant à la véracité de ses propos lorsque celui-ci affirmait qu'il n'avait pas réalisé d'entente avec le clan 02 de La Meute (cellule régionale de l'organisation). Rappelons que nous, le Collectif Emma Goldman, avions précédemment dénoncé les dires de Marie-Josée Dufour, chef du clan 02 de La Meute, d'avoir conclu une «entente de partenariat» avec la Soupe populaire de Chicoutimi. Or, vendredi le 25 mai, ce sont les services de celle-ci, oui la chef du clan de La Meute elle-même, que la Soupe populaire ont retenu pour faire du bénévolat. Contrairement aux prétentions du porte-parole de La Meute comme quoi le bénévolat n'était pas une tentative d'instrumentalisation, Mme Dufour n'a pas tardé à se vanter de la chose sur les médias sociaux et se permettait même quelques pointes à l'endroit de la Soupe populaire en affirmant avoir informé l'équipe de celle-ci qu'elle était chef du clan 02. Nous voyons bien que l'intention de cette implication était nettement politique. ---- La première diffusion de cette déclaration commune en vue de collecter des cosignataires a été entravée par un flot de menaces, commentaires méprisants et intimidation sans précédent dans l'histoire de notre collectif. Le porte-parole de La Meute, M. Sylvain Brouillette, a lui-même invectivé les personnes soutenant la déclaration et a affirmé collecter des informations sur celles-ci. Face à l'intimidation et aux dérives potentielles (atteinte à la sécurité des personnes), nous n'avons eu d'autres choix que de ne pas divulguer publiquement la liste des cosignataires. Cela a eu pour effet de libérer la parole de bien des personnes qui autrement ne se seraient pas prononcées en raison des menaces de La Meute.

Déclaration commune «Pas de raciste dans le communautaire!»
Cosignée par 26 personnes et organismes

Par la présente,

Le Collectif Emma Goldman, organisation politique libertaire basée au Saguenay, ainsi que les groupes et individus en appui, souhaitent dénoncer la décision du Directeur général de la Soupe populaire de Chicoutimi, Mr. Bertin Riverin, d'accepter le bénévolat de militants d'extrême-droite de La Meute. Le 25 mai dernier, trois de ceux-ci se sont présentés à la Soupe et les services de l'un d'eux ont été retenus. Rappelons que le Collectif Emma Goldman dénonçait depuis une semaine, sur la base d'informations recueillies dans les groupes privés de La Meute, la volonté de ceux-ci d'instrumentaliser l'organisme communautaire. L'affaire a été médiatisée et le Syndicat des Travailleuses et Travailleurs du Communautaire (IWW) a réalisé une action de blitz d'appels téléphoniques dans la journée précédente afin de réclamer une prise de position publique du directeur général de l'organisme contre la tactique d'instrumentalisation de La Meute. En acceptant la participation de militants d'extrême-droite sur une base dite «individuelle», nous considérons que le directeur général fait preuve d'un flagrant manque de jugement. Pour un groupe xénophobe semi-caché comme La Meute, cette implication dite individuelle ne changera rien au résultat attendu: répandre leur discours haineux auprès d'une population potentiellement vulnérable. Nous réclamons une prise de position publique de la Soupe populaire contre le groupe d'extrême-droite La Meute et la mise en place d'une politique visant à refuser la participation bénévole ou rémunérée d'individus appartenant à de tels groupes véhiculant les préjugés, la peur de l'autre et l'oppression.

La scène est classique, et même historique, dans le courant. Pour les groupes d'extrême-droite en quête de popularité, il n'est pas opportun d'exprimer à plein régime leurs volontés d'exclusion de la sphère publique de groupes sur la base de leur religion, de leur origine ou de leurs idées politiques. Pour gagner un capital de sympathie (et pour passer outre le barrage que font nombre d'institutions et de groupes à ces idées pour l'effet violent que celles-ci peuvent avoir sur les groupes ciblés), ils doivent d'abord instrumentaliser des causes populaires pour gagner en acceptabilité. La Meute, au Québec, n'est ainsi pas une exception en la matière - pratiquement tous les groupes d'extrême-droite le font. Parallèlement, ils tentent de raffiner leur discours en l'axant sur des cibles précises populistes et en l'entourant d'une aura d'acceptabilité. Le manifeste de La Meute joue de beaucoup de subtilité à cet effet, mais une même philosophie d'exclusion et de nationalisme à l'esprit étroit le guide. Et toujours est-il qu'un même esprit de xénophobie et de violence réactionnaire anime l'engagement de ses membres.

Pourquoi les groupes communautaires doivent empêcher l'implication de personnes d'extrême-droite

Il est évidant que ce qui motive les louveteaux à se lever un vendredi matin pour  faire du bénévolat à la Soupe populaire n'est pas un souci sincère et soudain pour l'insécurité alimentaire et l'exclusion sociale que provoquent les situations de pauvreté vécues par bien des gens du centre-ville. C'est avec l'intention de rendre leur discours et leur association plus acceptables, pour prendre place publiquement (ce que les Américains appellent «avoir une plateforme», voir une audience), qu'ils posent ces gestes de charité. Il y a là un problème éthique important que le directeur général de la Soupe populaire de Chicoutimi devrait reconnaître: un groupe d'extrême-droite cherche à instrumentaliser les gens du centre-ville qui vivent une situation précaire et doivent fréquenter son organisme. Des aveux mêmes de Sylvain Brouillette, chef du gang extrémiste, c'est pour critiquer le gouvernement que les membres de La Meute sont appelés à faire cela. Il est donc clair que vendredi matin, les membres de La Meute qui se présenteront à la Soupe populaire y seront, car ils appartiennent à un groupe d'extrême-droite. Ce sera le cas même si on ne les accepte que sur «une base individuelle», car concrètement, à quelles contraintes devront-ils se plier?

Un simple questionnement éthique amènerait le D.G. de la Soupe à repenser à la primauté des valeurs fondamentales dans cet effort. Autrement dit, est-ce que des personnes qui portent des idées d'extrême-droite respectent l'esprit des droits de la personne et les valeurs et la mission de son organisme? Peu importe les prétentions de La Meute, le Collectif Emma Goldman a bien vu le fond des choses au cours des dernières années. Provocations, agressions, vandalisme, insultes à caractères homophobe, raciste, islamophobe (etc.), menaces de violence et de viol, cyberintimidation, dissimulation d'agressions sexuelles,... En fait, selon nous, une pareille réflexion devrait s'imposer quant à l'implication ou l'embauche de toute autre personne portant des idées d'extrême-droite. On ne pourrait pas dire qu'un directeur général prend au sérieux la mission de l'organisme qu'il dirige s'il laissait entrer, même sur une base «individuelle», des bénévoles qui cherchent à répandre de telles idées.

Refuser d'accorder cette «plateforme» (ou audience) aux groupes et personnes d'extrême-droite, c'est réaffirmer que leurs valeurs sont incompatibles avec celles du mouvement communautaire et que ce genre de groupes haineux n'a pas sa place dans l'espace public. Leurs valeurs et leurs discours sont chargés de violence à l'endroit de groupes sociaux avec, notamment, les menaces d'exclusion et les incitations à des gestes graves à leur endroit. Les groupes d'extrême-droite comme La Meute se déresponsabilisent systématiquement des actes haineux commis par des personnes chez qui ils ont participé à cultiver une haine viscérale.

Quand une situation ou une personne a un effet oppressant sur une autre personne que nous, nous pouvons fermer les yeux, ne pas écouter et nous taire puisque l'on ne se sent pas concerné-e-s dans la culture libérale individualiste dans laquelle nous avons été socialisé-e-s. Ou bien, nous pouvons nous solidariser avec les groupes ou les personnes affecté-e-s et combattre les oppressions parce que nous voulons que la société change.

Collectif Emma Goldman

26 personnes et organismes ont cosigné cette déclaration.

Publié par Collectif Emma Goldman
https://ucl-saguenay.blogspot.com/2018/06/declaration-commune-pas-de-raciste-dans.html
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