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(fr) France, Organisation Communiste Libertarie (OCL) - Courant Alternatif 280-mai - NDDL: LA ZAD RESISTE..!

Date Tue, 15 May 2018 08:04:11 +0300


Alors que tout peut arriver dans les prochains jours face à l'armada des gendarmes mobiles, où en est la résistance à l'aménagement du bocage? À Nantes ou sur le terrain lors des manifs, le (nouveau) mouvement a retrouvé ses soutiens extérieurs et maintient la volonté collective d'un autre futur face à la préfète. ---- NDDL: LA ZAD RESISTE..! ---- Alors que tout peut arriver dans les prochains jours face à l'armada des gendarmes mobiles, où en est la résistance à l'aménagement du bocage? À Nantes ou sur le terrain lors des manifs, le (nouveau) mouvement a retrouvé ses soutiens extérieurs et maintient la volonté collective d'un autre futur face à la préfète. ---- Fin de la trêve d'hiver ---- Après l'abandon du projet d'aéroport, Macron se devait « en même temps » de liquider la ZAD pour stopper les accusations de mollesse complaisante. Au nom du rétablissement de l'Etat de droit dangereusement mis en cause par l'existence de 95 cabanes et fermes squattées au fond du bocage nantais par 200 personnes, son ministre de l'intérieur a envoyé le 9 avril à 03H.00, 2500 gardes mobiles, PSIG et autres CRS noyer les bois et les prairies sous les gaz, tirs variés et autres explosions, avec des blindés et des pelleteuses pour défoncer les barricades et éventrer toutes les habitations précaires visées. Dans un premier temps, le pouvoir semblait vouloir s'appuyer sur la division interne du mouvement autour de la fameuse « route des chicanes », en liquidant seulement les cabanes dites « de l'Est » (cf anciens articles dans CA), ce qui aurait encore accentué les tensions internes. Mais les gardes mobiles ont aussi détruit dans la foulée le squatt « historique » des 100 Noms situé à proximité, ayant un projet agricole collectif bien établi depuis des années et défendu pacifiquement jusqu'au bout. Cet égalité de traitement policier des lieux habités, que ce soit par des « sédentaires » ou des « nomades », et défendus au moyen de cailloux ou de sittings pacifiques, a en fait ressoudé tous les occupant-e-s et battu le rappel énergique de leurs soutiens. Difficile de croire à une erreur des gendarmes aux Cent Noms, puisque deux jours plus tard ils gazaient également plusieurs centaines de personnes de tous âges, venues tranquillement picniquer au centre de la ZAD à l'appel de l'ACIPA en soutien contre les destructions. L'Etat se comporte à la ZAD comme dans les facs ou les manifs syndicales, en phase avec son chef qui répète qu'il ne reculera pas « pour réformer la France ». La destruction des Cent Noms doit être comprise comme l'affirmation de l'assurance et la morgue de l'équipe au pouvoir. Comme le préfet en 2012, venu à 10H du matin le premier jour de l'opération César, pour déclarer l'évacuation de la ZAD comme terminée et réussie, Edouard Philippe flanqué du Collomb, de la préfète et du général s'est félicité vendredi 13 avril dans le camp retranché de la Compagnie du Gaz (!), que l'objectif visé était atteint: 29 cabanes détruites... À 400 000 euros la journée du dispositif militaire, on voit où l'Etat français met ses priorités: une certaine forme de dialogue social, où le déploiement de forces était censé sidérer les rebelles.

Un soutien extérieur qui se confirme
Après une semaine de confrontations et deux cents blessé-e-s côté zadistes, la mobilisation s'est déplacée à Nantes le samedi 14 avril où deux manifestations étaient appelées, syndicalo-étudiante et pro-ZAD, à une heure et demi d'intervalle (des syndicalistes n'ayant pas envie de soutenir les zadistes). Si la première, forte de 4500 personnes put « tourner » en ville, la seconde qui en regroupait plus de 7000 fut bloquée (!) et gazée au bout d'un kilomètre; durement dispersée par plusieurs canons à eau, gaz et autres flashballs elle essaima en groupes virulents dans tout le centre-ville au grand bonheur des commerçants et de leurs vitrines (!), avec des flics et bacqueux tirant au flashball sur n'importe qui comme pour se défouler. La préfecture a-t-elle tenté, en bloquant plusieurs milliers de personnes dans une nasse, d'influencer négativement la « rue nantaise » en y important de façon prévisible la violence des échauffourées du bocage?
Le lendemain dimanche 15 avril, plus de 4000 manifestants venus en nombre de l'extérieur du département ralliaient la ZAD malgré les barrages de flics, les nombreux kilomètres à pied et autres difficultés. Les habitant-e-s locaux étaient rares: trop de gaz les jours précédents ( comme au picnic noyé dans les lacrymos) ou ras le bol des coupures d'électricité, des déviations, des barrages de flics, peur des affrontements impressionnants qui secouent les villages environnants de détonations incessantes, rejet de la ZAD par la majorité des agriculteurs,...? Difficile à dire, mais ça traduit une modification du soutien aux zadistes. Alors que Philippe parlait de « déconstruction » définitive, un cortège portant à bout de bras une charpente tentait de reconstruire une cinquième version du Gourbi, lieu de réunion du mouvement détruit deux jours plutôt. La charpente fut finalement montée après le départ des flics, vers minuit, mais tronçonné dés le lendemain midi par les mêmes, revenus entre temps. Elle a été finalement récupérée, remontée et mise de côté pour la prochaine opportunité...
Une compromission ou une ruse..?
La préfète et le premier ministre avaient annoncé la fin des expulsions avec 29 «déconstructions » dés le jeudi 12. Ils ont maintenu les flics sur zone avec des affrontements qui se sont seulement calmés jeudi 19 avril avec la reprise de discussion avec une délégation du mouvement ( trois zadistes, deux paysans, deux acipas). La préfète qui a posé un ultimatum pour le lundi 23 avril minuit, pour déposer les dossiers de projets d'installation individuelle agricole annonce « selon la décision du gouvernement » la reprise des destructions de lieux sans projet agricole individuel. Les 40 dossiers nominatifs, avec les parcelles associées nécessaires - qui couvrent tous les lieux occupés -, déposés vendredi débordent largement le cadre agricole (artisanal, culturel, santé, social) et constituent un ensemble d'activités qui donnent sens à l'occupation du territoire et s'interpénètrent dans une perspective collective centrale ou commune... sinon collectiviste. La délégation a tenté de développer la vision future d'une ZAD en respectant les six points signés par l'ensemble du mouvement anti-aéroport. Pourtant sur la zad certainEs dénoncent des dérives bureaucratiques, des « compromission avec l'Etat» à propos de ces dossiers. Sans pour autant nier les possibilités de dérives personnelles et de chefferies, toujours possibles dans un cadre légal comme alternatif, beaucoup d'accusations de bénéfices personnels entendues ou lues ces derniers jours sont surprenantes pour de futures activités de petits éleveurs laitiers, producteurs de fromages ou de pain, de forge, de menuiserie ou de bucheronnage... Ce n'est pas un poste de golden boy chez Rothschild.

Quelles perspectives?
Le mouvement a démontré, n'en déplaise au gouvernement, qu'il était bel et bien soutenu par un réseau de collectifs sur tout le territoire: 70 rassemblements, actions ou manifestations le premier soir des expulsions. À Nantes, plus de 2000 personnes bravaient une pluie battante et les haies de CRS le 9 avril au soir des premières expulsions, démontrant que l'abandon du projet aéroportuaire n'avait pas privé la ZAD de ses soutiens. Mais il semble que les habitants des environs immédiats de la ZAD voient négativement le retour des affrontements et comprennent moins la persévérance des occupant-e-s à séjourner sans titre ni permis, sans facture ni taxe sur des terres publiques, sinon comme une inégalité, même si personne ne se presse pour venir habiter cette zone humide. Quant aux agriculteurs de tout bord, ils ne peuvent que réclamer les terres libérées de projet officiel mais toujours inaccessibles.
En fait, l'intervention militaire sur la ZAD est démesurée dans sa dimension mais cadrée dans sa modalité: peu de procès au début - mais ça s'est accéléré, les grenades offensives utilisées à Sivens seraient encore non utilisées (1), destructions d'un tiers des constructions pour le moment. Au moment précis des mobilisations sociales (SNCF, facs, hospitaliers, fonctionnaires, commerce, etc) cette intervention sonne comme un message médiatique spectaculaire en direction des luttes sociales. L'Etat Macron enverra ses cohortes armées, blindés, huissiers et pelles mécaniques géantes dans tout endroit où l'ordre capitaliste et étatique sera menacé. Dans le bras de fer thatcherien que Macron a engagé avec les populations pour «faire passer la France dans la modernité », la mise au pas du chaos de la ZAD semble une mise en scène calculée, avec ce qu'il faut de dégâts colatéraux pour effrayer, et surtout une tentative de « domptage » des plus sauvages, tapis dans les bois, qui refusent de consommer, pour les faire passer sous les fourches caudines de l'ordre libéral: tous en rang par deux devant la préfète sinon...
Inutile de préciser que l'avenir de la ZAD, devenu un symbole de la reprise en main autoritaire du pays, dépend pour beaucoup du mouvement social en cours, et du rapport de force qu'il saura instaurer ou pas. Actuellement les comités de soutien à Notre-Dame-Des-Landes se réactivent et la population sur la ZAD a fortement augmenté, avec beaucoup de passages. À Nantes le 14 avril, les troupes syndicales de la CGT et les étudiant-e-s ont pour une bonne partie emboîté le pas au cortège de soutien à la ZAD, démontrant qu'une certaine critique des modèle de consommation et du salariat hors du cadre de l'entreprise et du service public, trouvait aussi dans la métropole un écho favorable et combatif.
Espérons que la ZAD dépassera les controverses autour de l'organisation interne, exacerbées depuis l'abandon du projet d'aéroport: les dérives individualistes ou autoritaires, aussi lamentables les unes que les autres, ne peuvent que plomber la discussion et la confiance, indispensables à une démarche collective. La ZAD est un espace vibrant d' initiatives et d'idées, de tensions mais aussi d'émotions, où la liberté et le collectif, la solidarité, l'empathie et l'entraide, la révolte et la résistance se conjuguent pour prendre une dimension inconnue dans la métropole nantaise toute proche. Face au monde mortifère et encaserné, incarné par un Macron ou un Collomb, pour ce qu'elle signifie aujourd'hui, la ZAD mérite tout notre soutien, elle en a besoin très vite.

OCL Nantes le 22/04/18.

http://www.oclibertaire.lautre.net/spip.php?article2072
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