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(fr) CNT-F - [Éducation] Adresse au mouvement social pour la prise en compte des plus précaires

Date Wed, 2 May 2018 14:19:59 +0100


Des salaires inférieurs à 800€, des postes en CDD dont le renouvellement est soumis au caprice
aléatoire d'un chef d'établissement ou d'un obscur bureau du rectorat: dans l'éducation nationale
comme ailleurs, l'État organise la dégradation conjointe des services publics et des conditions
d'emploi de celleux chargé.e.s de les assurer, en recourant massivement à des emplois précaires et
sous-payés, n'hésitant pas au besoin à franchir allègrement les limites de la légalité. ----
Enseignant.e.s contractuel.le.s enchaînant tant bien que mal les remplacements à temps partiel; mais
aussi auxiliaires de vie scolaire en contrats aidés pour 680€ par mois, chargé.e.s d'assurer sans
réelle formation l'accompagnement d'enfants handicapés; surveillant.e.s et assistant.e.s
pédagogiques payé.e.s 600€ en CDD d'un an, parfois soumis aux petit.e.s chef.fe.s qui décideront de
leur réembauche; agents administratifs jetables en CUI, chargé.e.s de traiter les plaintes des
personnels précaires que le rectorat est fréquemment incapable de payer en temps et en heure. Il
faut également mentionner tou.te.s les agents municipaux qui travaillent dans les écoles; parmi
elleux, les animatrices vacataires, dont le statut s'apparente à celui d'un travailleur journalier,
sans aucun contrat de travail, envoyées chaque matin dans une école différente, sans aucune garantie
du lendemain, pour une paye fréquemment inférieure à 600€.

Tous ces personnels assurent tant bien que mal des missions essentielles au fonctionnement des
établissements, offrant souvent des heures de travail non payées (on habite loin, ça ne vaut pas le
coup de rentrer chez soi pour un trou de 3 heures dans l'emploi du temps, alors on reste dans
l'établissement, et autant se rendre utile...).

Rappelons que depuis le début de l'année, la suppression des emplois aidés (260 000 au total, dont
20 000 pour le seul ministère de l'Éducation nationale, auxquels il faut ajouter un très grand
nombre d'agents municipaux qui travaillent dans les établissements scolaires), a constitué, dans
l'Éducation comme ailleurs, une attaque d'ampleur contre des personnels parmi les plus fragiles. Les
contrats arrivant à échéance sans qu'aucun dispositif n'ait pris le relais, leur disparition laisse
les personnels sans solution et sans perspective, désorganise les établissements et les services
administratifs, et dégrade les conditions d'accueil des enfants. Certains établissements sont allés
jusqu'à recruter des services civiques, contrats d'engagements non renouvelables, hors de tout droit
du travail: le remède est assurément pire que le mal.

Qui sont les personnes susceptibles d'accepter un poste rémunéré moins de 800€? Des chômeurs, et
surtout des chômeuses de longue durée, des allocataires des minimas sociaux, ayant souvent la charge
d'enfants; des personnes pour qui la satisfaction des besoins les plus élémentaires (logement,
nourriture, soins...) n'est plus assurée. Il y a là une immense armée de réserve, instrumentalisée
par les employeurs, publics ou privés, pour éroder les statuts professionnels. De concert, le marché
du travail et le système social s'assurent de sa docilité en organisant son étranglement économique
et sa stigmatisation publique. Les réformes promises par le gouvernement Macron, visent à accroître
ces logiques de contraintes par le chantage à la survie : à travers la loi dite «pour la liberté de
choisir son avenir professionnel» (sic), il pose les bases d'un régime de terreur économique fondé
sur un flicage kafkaïen des chômeur.euses.s et voudrait faire passer pour légitime la menace de
suppression pendant plusieurs mois de toute ressource pour les supposé.e.s récalcitrant.e.s. Tout
cela alors que l'étatisation de la protection chômage, avec le basculement des cotisations
salariales vers la CSG, laisse présager à brève échéance la fin du système paritaire et une baisse
importante des allocations, sur le modèle des réformes menées à l'étranger. La loi ELAN, quant à
elle, invente la flexibilité du logement, et inaugure des «logements à durée déterminée», non
renouvelables, dont l'octroi sera conditionné à l'exercice d'un travail temporaire. Ceux et celles
d'entre nous qui rencontrent de grandes difficultés à trouver un logement compte tenu des conditions
exigées par les assurances des bailleurs, peuvent mesurer ce que de telles annonces peuvent avoir
d'effrayant.

Ces mesures promettent une aggravation de la condition des plus pauvres, et une extension sans
précédent de leur vulnérabilité matérielle et sociale. Or, dans une société inégalitaire et
hiérarchisée comme la nôtre, cette aggravation est vouée à se répercuter de proche en proche vers
les travailleur.euse.s mieux lotis, et à tirer vers le bas l'ensemble de l'échelle sociale. Les
attaques en cours contre les chômeur.euse.s et les travailleur.euse.s précaires pauvres constituent
donc à nos yeux une attaque contre l'ensemble des travailleur.euse.s, et une des principales menaces
pour le rapport de force global sur le marché du travail.

Puisque les logiques à l'oeuvre dans l'Éducation nationale se retrouvent dans tous les secteurs,
nous appelons à un mouvement plus large, pour endiguer le processus global de régression sociale en
cours. Nous considérons que le relèvement des seuils garantis à ceux et celles que l'économie
relègue aux situations les plus précaires, constitue une condition nécessaire pour sécuriser
l'ensemble des travailleur.euse.s et leur redonner des marges de liberté face à leurs employeurs, à
l'État ou à leurs conjoints. Nous proposons donc un socle stratégique de revendications communes
afin de relégitimer et renforcer les mécanismes de protection sociale qui constituent notre
assurance collective, et de reprendre la main contre leur monde, en réaffirmant nos solidarités face
à l'isolement dans lequel ils veulent nous installer.

Nous revendiquons pour les précaires de l'éducation:
* Un salaire digne de ce nom.
* Titularisation sans condition de diplôme, de concours ni de nationalité des personnels en poste
  dans l'Éducation nationale et dans toute la fonction publique.
* Des formations qualifiantes, rémunérées et entre travailleur.euse.s.

Et nous appelons l'ensemble des secteurs en lutte, cheminot.e.s, salarié.e.s de la grande distribution, de l'énergie, éboueur.euse.s, postier.e.s, étudiant.e.s, fonction publique... à élargir leurs revendications pour endiguer la dynamique d'effritement par le bas du rapport de force avec les employeurs. Exigeons:
* Au minimum, doublement des minima sociaux, afin de faire pression à la hausse sur l'ensemble des
  salaires.
* Fin de toute obligation pesant sur les allocataires du RSA. Arrêt pur et simple des radiations,
  sauf sortie du dispositif RSA en raison de revenus suffisants.
* Individualisation des minima sociaux (prise en compte des revenus des individus et non du foyer.)
* Retrait de la réforme de l'assurance chômage. Fin de toute obligation en contrepartie à
  l'allocation de retour à l'emploi. Suppression des entretiens obligatoires à Pôle Emploi. Les
  chômeur.euse.s rencontreront leurs conseiller.e.s lorsqu'ils estimeront en avoir besoin.
* Retrait de la loi ELAN. Suppression du seuil maximal de 33% d'effort et de la condition de CDI
  imposée par les assurances loyers impayées aux locataires. Encadrement des loyers. Accès de tous à
  un logement décent.

La Fédération des travailleurs et travailleuses de l'Éducation de la CNT
Tract en pdf:
http://www.cnt-f.org/IMG/pdf/adresse_au_mouvement_sociale_pour_la_prise_en_compte_des_p_lus_pre_caires.pdf

http://www.cnt-f.org/education-adresse-au-mouvement-social-pour-la-prise-en-compte-des-plus-precaires.html
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