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(fr) CGA Un Autre Future - Pourquoi manifester les 14 et 19 Avril?

Date Thu, 12 Apr 2018 23:29:48 +0100


Un printemps de luttes sociales est nécessaire! ---- Ces dernières semaines, de légitimes colères
s'expriment et la contestation monte dans de nombreux secteurs professionnels, dans le privé comme
dans le public, face à une pluie de réformes, aux attaques sociales, aux restrictions budgétaires,
aux licenciements, aux suppressions de postes, de services, de structures. Le gouvernement veut
démanteler la SNCF, la santé publique, la justice, l'éducation nationale, le secteur social. Les
réformes sont menées au pas de course, parfois en procédure accélérée ou à coups d'ordonnances et de
décrets. La logique est claire: destructions des protections salariales et sociales, privatisation
de tous les services publics, maximisation des profits du patronat et des actionnaires au détriment
du plus grand nombre. Avec pour corollaires, la détérioration de nos conditions de vie et de
travail, et la généralisation de la précarité. Nous sommes bien tou-te-s touché-e-s, tou-te-s
concerné-e-s! Ne nous laissons pas diviser, organisons-nous et convergeons pour opposer notre
résistance à l'État et au patronat, et faire aboutir nos revendications.

Ce qui va se passer si nous ne faisons rien: quelques exemples parmi d'autres

À Carrefour, dans le secteur de l'énergie, à la Poste, les salarié-e-s se mobilisent contre
licenciements, les suppressions de poste et restructurations à tout va, qui dégradent toujours
davantage leurs conditions de travail.

L'agenda Action publique 2022 visant les salarié-e-s de la Fonction publique prévoit la suppression
massive de 120 000 postes, l'emploi de contractuel-le-s, le gel du point d'indice, la suppression du
jour de carence, la rémunération au mérite.

Dans les hôpitaux, 22 000 postes ont déjà été supprimés depuis 2015 et 16 000 lits ont été
fermés. Restrictions budgétaires colossales, mise en concurrence des établissements entre eux,
tarification à l'acte, politiques fiscales vidant les caisses de la sécurité sociale... Partout, des
services hospitaliers se mobilisent, dénonçant la dégradation des conditions de travail, ainsi que
le manque de moyens et d'effectifs pour assurer leurs missions. De même dans les EHPAD, où les
situations catastrophiques conduisent à l'épuisement du personnel et à des formes de maltraitance
institutionnelle. Le secteur social fait face aux mêmes difficultés, et a été particulièrement
impacté cette année par la suppression des CAE, sans ouverture de postes avec des contrats plus
protecteurs.

La réforme de la SNCF vise à ouvrir à la concurrence le transport ferroviaire des personnes, étape
décisive vers la privatisation du rail, avec pour conséquences, entre autres, la dégradation de
travail des cheminot-e-s, l'explosion du prix des déplacements, le renforcement des inégalités
territoriales par la fermeture des petites lignes et de gares. Si la réforme passe, plutôt que de
répondre aux besoins de déplacements de la population et d'assurer sa sécurité, ce seront bien les
logiques de rentabilité et de maximisation des profits, au bénéfice des futurs patrons et
actionnaires, qui domineront, au détriment du plus grand nombre.

Les universités fonctionnent depuis 5 ans à budget constant alors qu'elles ont accueilli 200 000
étudiant-e-s en plus. La loi ORE réformant l'accès à l'enseignement supérieur, et son outil
«Parcoursup», la plateforme sur laquelle les lycéen-ne-s ont du déposer leurs voeux quant à leurs
futures études, organisent le tri et la sélection des jeunes bachelier-ère-s. En fermant l'accès à
l'université aux jeunes orienté-e-s très tôt vers des voies professionnelles courtes,
majoritairement issus des classes populaires, à ceux/celles qui n'ont pas les résultats escomptés,
qui ne sont pas dans les «bons» lycées, elle vient renforcer la reproduction sociale, tout comme la
réforme du lycée et du bac en préparation. Derrière ces mesures, ce qui est visé, c'est bien la
casse de l'éducation publique pour favoriser le développement du marché privé. Les entreprises
d'aide à l'orientation, les écoles et formations privées se multiplient déjà! A l'université, les
filières sélectives, au cout très élevé, délivrant des diplômes d'établissement, vont se
développer. Les étudiant-e-s, face aux hausses exorbitantes des frais, seront incité-e-s, voire
contraint-e-s, à contracter des prêts auprès des banques. Quoi de mieux que des individus endettés
pour faire accepter des conditions de travail les plus dégradées!

La réforme de la justice va généraliser la numérisation pour pouvoir dématérialiser, privatiser et
déjudiciariser à outrance. Porter plainte pourra se faire via internet, plus besoin de parler à
quelqu'un, comme à Pôle Emploi. Des plateformes de résolution des litiges, en ligne, seront confiées
à des boîtes privées. Pendant ce temps, l'État va faire des économies sur les salaires en supprimant
des postes.

La loi «Asile et immigration», en cours d'examen, durcit encore la législation contre les personnes
migrantes et les criminalise toujours plus. Elle vise à retreindre drastiquement leur possibilité de
déposer une demande d'asile, à les expulser toujours plus vite et davantage, bref, à les condamner à
leur exploitation, à la misère, aux violences et à la mort.

L'État et le patronat veulent nous monter les un-e-s contre les autres

Pour parvenir à ce plan social géant, les gouvernements successifs souhaitent faire intégrer dans la
société, les valeurs de méritocratie, de sélection et de mise en concurrence comme quelque chose de
juste. Que ce soient à travers des concours, des dossiers de sélection, des primes au mérite, des
fonds octroyés à certains établissements ou pôles d'excellence, la logique est la même et permet que
la réussite de certains justifie la mise sur le carreau de pans entiers de la société. La question
des inégalités sociales et de leur reproduction est volontairement absente des discours. La division
entre travailleurs-euses du public et du privé, chômeurs-euses, sans papiers, etc. est aussi un
instrument classique pour tirer les conditions de travail et de vie vers le bas du plus grand
nombre. Face à la guerre du tou-te-s contre tou-te-s, opposons notre solidarité et faisons converger
nos luttes!

La convergence des luttes, une nécessité pour amplifier la contestation

A Montpellier et dans d'autres villes, étudiant-e-s, enseignant-e-s et personnels de l'université se
battent pour dire non à la loi ORE et son modèle de société. Conscient-e-s de la nécessité de lutter
sur tous les fronts avec l'ensemble des secteurs professionnels mobilisés, ils soutiennent
activement la grève des cheminot-e-s. Dans de nombreuses villes, des Assemblées Générales
inter-professionnelles voient le jour. Des jonctions se font avec des bouts de résistance déjà
existantes dans la société: ainsi les luttes entamées de longue date pour dénoncer les politiques
migratoires et refuser la loi «Asile et immigration» se joignent aux autres composantes du mouvement
social.

Deux dates importantes: les samedi 14 et mardi 19 avril

La première correspond à l'appel national du mouvement étudiant à venir manifester à Montpellier,
pour dénoncer également l'agression des étudiant-e-s occupant un amphi par un commando armé, dont
certains membres sont toujours en poste à la fac de droit et ne sont pas mise en examen. Le
collectif Migrants Bienvenue 34, mobilisé également ce jour-là pour dénoncer les accords Dublin, les
expulsions et le projet de loi «Asile et immigration», appelle à rejoindre le cortège des
étudiant-e-s pour faire converger les luttes.  La seconde, le jeudi 19 avril, est celle d'un appel
interprofessionnel pour rassembler tous les secteurs mobilisés et faire converger les luttes.

Construisant dès maintenant un autre projet de société, égalitaire et libertaire

Des foyers de résistance et de solidarité directe existent face à un système qui ne cesse de broyer
l'ensemble des solidarités sociales. Dans l'occupation d'une université comme dans un mouvement de
grève, des choses s'apprennent et s'expérimentent qui donnent de la force parce que des rapports
collectifs solidaires existent, qu'on peut y faire l'expérience d'une démocratie directe. En
auto-organisant nos luttes et en élaborant collectivement nos revendications et modes d'action, nous
pouvons commencer à construire un projet de société, basé sur l'autogestion, la démocratie directe,
l'égalité économique et sociale et faire vivre le communisme libertaire.

Groupe Un Autre Futur de la Coordination des Groupes Anarchistes

Prochains rendez-vous: Manifestation pour le retrait de la loi «asile et immigration»: Samedi 14
avril - Départ à 14 h 30 du Plan Cabanes La manifestation rejoindra à 15h30 au Peyrou la
manifestation nationale contre la casse de nos droits sociaux et politiques:
https://www.facebook.com/events/441871739566090/

Jeudi 19 avril: Journée de mobilisation interprofessionnelle et de convergence des luttes!
Manifestation à Montpellier - Départ à 14h du Peyrou

http://unautrefutur.org/pourquoi-manifester-les-14-et-19-avril/
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