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(fr) ucl-saguenay - Chicoutimi, Le 4 mars 2017: Quand l'extrême droite démontrait que le Québec ne forme pas une société distincte. par Collectif Emma Goldman

Date Mon, 12 Mar 2018 12:05:31 +0200


Il y a un an (le 4 mars 2017), les Meutons sont sortis de leur salon pour marcher dans les rues de plusieurs villes québécoises, dont Saguenay, Montréal, Québec et Drummondville. Au centre-ville de Chicoutimi, près d'une soixantaine de personnes ont manifesté sous les drapeaux de La Meute et Storm Alliance (SA) pour dénoncer l'adoption de la motion M-103 contre l'islamophobie par la Chambre des communes. Pour la première fois depuis longtemps, un groupe propageant ouvertement la peur et l'intolérance à l'autre marchait sur la rue Racine. Une quarantaine de contre-manifestantEs prônant une ville inclusive et antiraciste les attendaient. Elles et ils ont su perturber et chahuter la manifestation d'extrême droite tout au long de son parcours. ---- Au centre:«Ti-loup fourre-tout», sobriquet donné à Éric Proulx par certains membres de La Meute.

On connait la chanson. À chaque fois que des groupes minoritaires (personne racisé, minorité de genre, minorité sexuelle, etc.) et leurs alliéEs dénoncent les privilèges des hommes cisgenre blancs et hétérosexuels, ou encore les discours et les gestes haineux de l'extrême-droite, on assiste à une réaction violente. Effectivement, ces dénonciations sont comprises par ces groupes prévilégiés comme une menace à la liberté d'expression, ou encore pire, comme une forme de racisme inversé.

Devons-nous comprendre de cette réaction que seule ceux et celles qui font partie de ces groupes privilégiés peuvent exercer «leur» liberté d'expression?

«Pour le noirs , les blancs sont des gens qui sont allés au paradis sans avoir eu besoin de mourir» - Zanele Mbeki, féministe Sud-africaine

On raconte, dans le grand récit historique du Québec, que les blancs francophones sont devenus un peuple colonisé après la conquête, et se seraient libérés du joug des anglais lors de la «Révolution tranquille». Mais, n'en déplaise aux nationalistes, l'histoire n'a pas laissé les Québécois et les Québécoises d'ascendance française sur le bord du chemin. Les colons francophones ont plusieurs choses en commun avec les colons anglophones. Francophones comme anglophones ont profité des spoliations du passé et continu a exercer leur emprise sur les institutions socio-économique. Après la spoliation de leur terre, les Premiers Peuple se sont vu imposer, en 1869, un régime de soumission et de tutelle. Ce régime imposé aux Premiers Peuples est analogue au régime d'apartheid en Afrique du sud; l'«Acte pourvoyant à l'émancipation des Sauvages et à la meilleure administration des affaires des Sauvages»[1]. Donc, contrairement au mythe répandu, l'élite canadienne-française et catholique n'a pas entretenu que des relations amicale avec les autochtones. Elle s'est plutôt comporté comme les «Boers» ( les blancs afrikaners ) en Afrique su sud . Au 19e et 20e siècles, les gouvernements et l'église catholique mirent sur pied un réseau de pensionnats dans le but d'assimiler et mettre un terme à la culture autochtone. Encore aujourd'hui, les Premiers Peuples subissent de plein fouet la domination coloniale.

«Quand les blancs n'avaient rien à partager»

Dans cette société complexe et en mutation, de nombreuses personnes ont perdu leurs repères culturels et «racial» et sentent que leur style de vie est menacé. Des groupes minoritaires, qui jusqu'alors n'avaient pas de voix au chapitre, sont en lutte pour faire valoir leur droit. Loin de nous l'idée de pleurer devant les insécurités qu'éprouvent certains hommes cisgenre blancs et hétérosexuels confrontés au recul de leurs privilèges. Il est toutefois vrai que les conditions de vie de nombreux cols bleus ont stagnées, voir reculées ( stagnation des salaires, endettement, vie chère, etc.) depuis les années 1980. Mais, bien que la mondialisation néolibéral et l'automatisation ai provoqué la déstructuration d'une partie de l'économie manufacturière des pays capitalistes avancés, les conditions de vie des Blancs et des Blanches demeurent largement supérieures à celles des autres groupes. Ils et elles bénéficient encore de salaires plus élevés, d'un taux d'incarcération beaucoup moins élevé et de des droits mieux respectés, en plus d'une blancheur et d'une hétérosexualité normalisées dans les représentations sociales.

L'hostilité face à l'immigration est au coeur du discours de l'extrême droite et de la droite populiste depuis de nombreuses années. Aujourd'hui, les populistes de droite prétendent que certains groupes ont une identité culturelle qui ne peut pas être intégrée à la société québécoise, en vertu de leur soi-disant incompatibilité avec les valeurs libérales. Encore une fois, des hommes blancs et riches disent à des personnes blanches et pauvres que le problème ce sont les «autres»; les personnes de couleur, les personnes de confession religieuse différente. En détournant le malaise social contre ces «autres», l'extrême-droite et la droite populiste assurent de beaux jours à l'establishment politico-économique.

[...]. Les idéologies et politiques racistes se développent continuellement non pas pour régler les injustices et les horreurs qui sont perpétrées, mais bien pour miner le potentiel de solidarité interraciale au sein des classes populaires contre la domination et l'exploitation commune auxquelles elles font face. Cette alliance interclassiste, construite socialement et dans l'histoire, des classes travailleuses blanches et des élites blancs est le facteur clé dans le maintien de la suprématie blanche et pour prévenir que la classe ouvrière s'organise collectivement de manière massive pour défendre ses intérêts et ceux de l'humanité[2]».

Et le Klan 02 de la Meute ?

Nous écrivions au début de ce texte qu'il y a un an, l'extrême droite montrait son visage hideux dans nos rues. Nous sommes forcés de constater que le travail accompli par les antifascistes a forcé les louveteaux à rentrer dans leur tanière. Un an plus tard, le Klan 02 est réduit à un club social, un groupe de rencontre qui peine à se mobiliser même pour un souper avec comme invité vedette deux membres de leur conseil.

un groupe de rencontre

un club social
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Merci aux «taupes» qui nous envoient régulièrement du nouveau matériel.

[1]note: considérés comme des mineurs perpétuels, ne peuvent ni voter ni posséder de terres.

[2]http://blackrosefed.org/points-of-unity/white-supremacy-anti-racism/

par Collectif Emma Goldman

http://ucl-saguenay.blogspot.co.il/2018/03/le-4-mars-2017-quand-lextreme-droite.html
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