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(fr) oclibertaire: Un combat de classe contre le racisme institutionnel - Pourquoi marcher le 19 mars? - LES LUTTES IMMIGRÉES, UNE COMPOSANTE ESSENTIELLE DES LUTTES OUVRIÈRES

Date Wed, 8 Mar 2017 12:29:12 +0200


La première moitié des années 70 a été marquée par des grèves importantes des OS notamment dans l'automobile, grèves portant sur les salaires, les conditions de travail, mais aussi l'égalité des salaires et la reconnaissance de leur qualification. ---- Or, cette main d'oeuvre non qualifiée était constituée essentiellement de femmes, de ruraux et d'immigrés, notamment en région parisienne. Ces grandes grèves d'OS, qui ont marqué les esprits à l'époque, étaient largement le fait, du moins en région parisienne, d'ouvriers immigrés. Ces grèves sont emblématiques des rapports ambigus entre syndicalisme et immigration. D'un côté, de fait, beaucoup de délégué-e-s du personnel sont immigré-e-s, les immigré-e-s sont plutôt plus syndiqué-e-s que la moyenne. Mais cette composition ne se retrouve pas dans les directions syndicales qui ont souvent négocié des compromis sur le dos de la partie la moins
qualifiée de la classe ouvrière, des immigré-e-s
donc. Il existait donc, dans les
usine des hiérarchisations entre ouvriers.
Cette hiérarchisation dans les conditions
d'exploitation recoupait souvent une opposition
français-immigrés. Et si les syndicats
ont toujours officiellement
combattu le racisme, ils n'en ont donc jamais
été exempts.

Ce sont des travailleurs immigrés qui ont
déclenché et mené la plus grande lutte
dans le secteur du logement en France:
la grève des foyers Sonacotra, de 1975 à
1980. Cette lutte demeure unique par son
ampleur (jusqu'à 20 000 grévistes dans
toute la France), sa durée, ses revendications
(baisse des loyers, reconnaissance
des comités de résidents, fin des
contrôles racistes), son aspect antiraciste
(25 nationalités étaient représentés) et
surtout l'organisation strictement autonome
des immigrés. La Sonacotra a fait
expulser du territoire seize délégués en
1976. Une manifestation contre les expulsions
rassemble vingt cinq mille personnes
à Paris. La lutte paye et on assiste
au retour triomphal des expulsés accueillis
par des milliers de manifestants à
Orly! La lutte rebondit en 1979 avec le
campement de centaines d'immigrés devant
le foyer de Garges les Gonnesse.
Cette lutte est brisée par la répression.
Côté français, le soutien a été très faible
et essentiellement le fait de l'extrême
gauche.

Les années 70 marquent aussi le début
d'une longue période de restriction des
droits au séjour et au travail des immigrés,
restrictions qui se transformeront
petit à petit en chasse systématique aux
sans papiers. A partir de 1972, et la circulaire
Marcellin Fontanet, les immigrés ré-
sistent, avec notamment des grèves de la
faim collectives spectaculaires dans plusieurs
villes. Le gouvernement doit adoucir
sa loi. En 1981, la gauche au pouvoir
est contrainte d'accorder une grande
vague de régularisations (environ 130000).

Les années 80 marquent un tournant. Le
début de la décennie est marqué par les
grandes grèves de l'automobile (Aulnay,
Poissy...) , grèves cette fois-ci défensives.
Mais surtout, c'est en 1983 que Mauroy,
premier ministre, déclare que les gré-
vistes de Renault «sont agités par des
groupes religieux et politiques qui se dé-
terminent en fonction de critères ayant
peu à voir avec les réalités sociales fran-
çaises». Ceci marque médiatiquement le
début d'une racialisation par le pouvoir
des conflits sociaux. Jusqu'alors, tous les
exploités pouvaient se reconnaître dans
les luttes et les résistances des ouvriers
immigrés. Le pouvoir et ses médias vont
méthodiquement effacer l'ouvrier pour
qu'on ne voie plus que l'étranger, et de
préférence mulsulman. Les délégués du
personnel souvent CGT, combatifs et musulmans
étaient désignés comme l'ennemi
communiste dans les années 70, ils
seront désignés comme l'ennemi musulman
à partir des années 80.

Les années 80 marquent aussi le début
d'une nouvelle série de luttes, série de
luttes dont la marche pour la dignité et la
justice est la continuation, les luttes des
enfants de l'immigration avec le succès
spectaculaire de la marche pour l'égalité
en 1983. Mais ceci est le début d'une
autre, et pourtant au fond la même,
lutte

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