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(fr) FA d'Amiens et d'ailleurs: Ping N°10 - AUTRE POING DE VUE: Puissance du salariat de Bernard Friot

Date Wed, 22 Feb 2017 09:38:05 +0200


Dans son ouvrage intitulé «Puissances du salariat», Bernard Friot développe l'idée selon laquelle la cotisation sociale se trouverait au coeur de la constitution du salariat, en opposant le système anglais dit de «fiscalisation», dans lequel les avantages sociaux, les cotisations sociales et les pensions de retraite sont séparés du salaire (ouvrant ainsi la voie à la patrimonialisation des sommes versées et à la création de fonds de pension, autrement dit, à l'utilisation des prestations sociales comme capital pour la production de plus-value sur des marchés financiers), au système français dit de «salarisation», dans lequel les cotisations sociales et les avantages sociaux sont intégrés au salaire. ---- Le salaire, composé de deux parties (salaire direct et cotisation sociale), est dit «socialisé» lorsqu'il convertit directement la cotisation sociale en prestations, sans accumulation finan-
cière préalable (stock d'épargne) et sans mise
en valeur sur les marchés financiers, pour être
distribué à un ensemble de salariés, hors ou
dans l'emploi. La cotisation sociale est ainsi
rapportée au salaire et non à la richesse
comme le sont l'impôt et l'épargne. Elle ne
«ponctionne alors ni le profit ni la rémunéra-
tion de la force de travail, deux institutions du
capital». La protection sociale ne se «redistri-
bue pas, elle distribue». Contrairement à
l'idéologie dominante, la cotisation sociale
n'est pas une «taxe sur le travail» ni un prélè-
vement sur le salaire direct pour financer de la
solidarité ; elle est un élargissement du champ
du salaire.

Au détour d'une histoire sociale de la
construction de la protection sociale, Bernard
Friot définit le salarié comme un «travailleur
collectif» et le salariat comme l'«ensemble de
ceux qui participent comme membre du tra-
vailleur collectif à la distribution politique du
salaire».

Après l'ordonnance du 4 octobre 1945
créant la sécurité sociale, une seule caisse
réunit l'ensemble des assurances sociales exis-
tantes, en étant financée par une cotisation in-
terprofessionnelle à taux unique. La collecte
des cotisations (allocations familiales, assu-
rance-maladie, retraites et couverture des acci-
dents du travail) ne dépendait ni de l'Etat ni du
patronat, mais d'une caisse gérée par les repré-
sentants syndicaux. Le taux de cotisation de-
vait, lui aussi, être initialement décidé par les
salariés eux-mêmes.

Les prémices de ce régime autogestionnaire
n'ont pas fait long feu: le gel des cotisations
par les gouvernements successifs, la logique
patronale de l'assurance, les régimes complé-
mentaires, l'assistance fiscalisée (R.S.A., le mi-
nimum vieillesse...), la C.S.G., les mutuelles
obligatoires, etc. mais aussi l'instauration d'un
contrôle financier, la mise sous tutelle des
caisses déficitaires, la professionnalisation des
dirigeants ainsi que l'institution du paritarisme
des caisses, ont littéralement cassé le système
initialement créé en catégorisant la population
«entre ceux qui relèvent de l'assistance fiscali-
sée et ceux qui relèvent de la cotisation sociale».
Pourtant, nous dit Bernard Friot, la condition
d'ouverture des droits n'est pas liée au «mar-
ché du travail».

En effet, à aucun moment Bernard Friot ne
fait l'apologie du salariat entendu comme la
domination du capitaliste sur le salarié exploi-
té. Le salariat est utilisé par l'auteur comme un
concept théorique, renvoyant à la lutte des
classes, dont le combat sur la production de la
valeur économique passe notamment par sa
distribution socialisée. L'approche historique
offre une perspective stimulante au lecteur
pour penser la question du salariat, qu'il soit
d'accord ou non avec les prises de position po-
litiques exprimées ailleurs par son auteur.

Anna
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