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(fr) Le Monde Libertaire , n°1676 : Double besogne

Date Tue, 12 Jun 2012 15:25:45 +0200


Le texte adopté en octobre 1906 lors d'un congrès de la CGT à Amiens, connu ensuite
sous le nom de Charte d'Amiens, fixait deux « besognes » aux syndicalistes : « Dans
l'oeuvre revendicative quotidienne, le syndicalisme poursuit la coordination des
efforts ouvriers, l'accroissement du mieux-être des travailleurs par la réalisation
d'améliorations immédiates telles que la diminution des heures de travail,
l'augmentation des salaires. [...] Mais cette besogne n'est qu'un côté de l'oeuvre
du syndicalisme. Il prépare l'émancipation intégrale qui ne peut se réaliser que par
l'expropriation capitaliste. Il préconise comme moyen d'action la grève générale. »
Cette position à la fois théorique et pratique a-t-elle perdu de sa pertinence ?
Est-elle dépassée ? A-t-on trouvé mieux ? Je ne le pense pas et au contraire il me
semble urgent de la remettre en débat et en perspective avec les outils
d'aujourd'hui.

Certes, la plupart des organisations syndicales en France comme ailleurs ont
abandonné la besogne émancipatrice, celle qui estimait notamment que rien de ce qui
concernait les travailleurs n'était étranger au syndicalisme. Certaines mêmes ne
pratiquent même plus la première besogne et ne méritent donc en aucune manière le
qualificatif de réformistes. Elles sont corporatistes au sens pétainiste du terme,
corps subsidiaires de l'appareil d'État. De ce point de vue, la direction de la CFDT
est plus que jamais candidate à s'intégrer et à collaborer. C'est sa nature, c'est
sa fonction. Chérèque n'a d'ailleurs pas attendu l'élection de Hollande pour
défendre la politique d'austérité à perpétuité qui se met en place partout en Europe
et dans le monde. « La réduction des déficits est la priorité de la CFDT »
clamait-il l'année dernière encore. Avec des « syndicalistes » de cette trempe, le
patronat et l'État peuvent dormir tranquilles, les chiens de garde veillent... Sauf
que la réalité de terrain est parfois sensiblement différente. Bien des militants
syndicalistes, y compris parfois de la CFDT, n'acceptent pas cette logique de
soumission, voire d'asservissement aux intérêts capitalistes. Les débats très vifs
au sein de la CGT (la question de la succession de Thibault n'en est qu'une des
expressions) montrent que le terrain de classe n'est pas partout abandonné, loin
s'en faut.

À Force ouvrière, les Compagnons de Pelloutier rassemblent depuis un an des
militants qui souhaitent redonner au syndicalisme sa force de percussion sur le seul
terrain qui vaille, celui de la lutte de classe. Dans le manifeste qui les unit, il
est expliqué notamment qu'il faut maintenir à tout prix l'indépendance de la
confédération FO face aux tentations du « syndicalisme rassemblé, participatif et de
collaboration ». Pour cela « le respect strict des règles du fédéralisme et de la
démocratie ouvrière est seul capable de prévenir les dérives bureaucratiques »,
partisanes et sectaires pourrait-on ajouter. Tant il est vrai que le syndicalisme
est affaire d'orientation mais aussi de pratiques (notamment la définition des
mandats et le contrôle de leur application).

Ce même manifeste se termine par cette affirmation particulièrement d'actualité : «
Dans le contexte international que nous connaissons où de nombreux peuples se
battent pour le pain, la liberté et leur émancipation, il est de notre
responsabilité d'offrir de réelles perspectives. Nous savons que celles-ci ne
sortiront pas des urnes. »

La solution ne sortira pas non plus de la conférence sociale prévue en juillet,
d'accords de méthode, de diagnostic partagé, de dialogue social rénové, bref tout ce
galimatias pseudo-moderne qui masque mal renoncements et compromissions. Elle ne
peut venir que de la capacité des travailleurs, étudiants, chômeurs à organiser la
résistance collective face à la barbarie capitaliste. La première urgence, c'est
faire face aux plans de licenciements qui vont tomber dans l'automobile, la
téléphonie, les banques, la grande distribution, les transports... Comment fait-on
pour fédérer les luttes, rendre les coups, faire céder patronat et État, première
étape avant de passer à des luttes plus offensives ? Comment les militants
anarchistes peuvent-ils aider à cela ? Le 70e congrès de la Fédération anarchiste
qui vient de se dérouler à Rouen a tenté (modestement) de répondre à cette question,
notamment par la mise en place d'une coordination des militants syndicalistes
anarchistes.

Notre double besogne ne se paie pas de mots. Elle est parfois obscure, laborieuse,
parsemée d'obstacles de toute nature mais elle est porteuse aussi d'un autre futur.


Fabrice (groupe La Sociale)

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