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(fr) AL : Le changement? Imposons-le!

Date Fri, 1 Jun 2012 11:53:46 +0200


Sarkozy a dégagé, ce qui suscite beaucoup d'espoir au sein des classes populaires.
Pourtant dès le soir de son élection, Hollande commençait à souffler que compte tenu
de la conjoncture économique, il allait falloir être "réaliste". La crise économique
en cours va donc rapidement nous mener à l'heure de vérité: austérité de gauche ou
changement réel?
Le changement, c'est pour quand?
Il n'y avait déjà pas beaucoup d'engagements dans le programme de Hollande. Il a
beaucoup parlé de justice et d'éducation mais souvent en termes flous. Or à peine
son gouvernement nommé, il entend déjà revenir sur ses engagements concernant la
retraite à 60 ans. Il s'agissait déjà d'une demi-mesure ne revenant pas sur la
«décote», instaurée par l'UMP, qui diminue les pensions des salarié-e-s ayant moins
de 41 annuités de cotisation. Aujourd'hui Hollande entend en plus ne pas prendre en
compte les périodes de chômage et de congé maternité dans le calcul de ces annuités.
Autre engagement phare : le non-cumul des mandats. Au final, il se restreint aux
mandats de maires ou d'adjoints municipaux. Ouf ! Les notables du PS vont pouvoir
conserver leurs postes et les indemnités qui vont avec. Manuel Valls va ainsi
pouvoir rester ministre de l'Intérieur, maire d'Evry, président de la communauté
d'agglomération Évry Centre Essonne tout en se présentant aux législatives. Quelle
«exemplarité»! De même, quand Hollande annonce «les troupes françaises quitteront
l'Afghanistan », il faut comprendre « 1550 militaires sur les 3550 présents
resteront sur place».


Austérité: on résiste ou on se soumet!

Au-delà de ça, il faut que nous restions lucides sur ce qui se prépare. Les patrons
sont en train de ressortir les plans sociaux reportés pendant la campagne
présidentielle. Air France prévoit 5000 suppressions de poste, Carrefour 4000, PSA
6000, sans compter les innombrables emplois menacés dans les filiales de ces grands
groupes. Que vont faire les socialistes face à ces licenciements ? S'opposer
franchement au pouvoir patronal? Ou déclarer que «l'Etat ne peut pas tout» et
laisser faire, comme Jospin lors de la fermeture de Renault Vilvorde en 1997?

Les marchés financiers semblent en tout cas avoir un avis sur la question : ils ont
tout à fait imaginé l'élection de Hollande et parient qu'il va se plier à leurs
exigences, ou mieux, qu'il va nous dorer la pilule. De fait, l'exemple de la
démission forcée de Papandréou en Grèce, après que celui-ci ait osé proposer un
referendum sur les plans d'austérité, montre que les marchés et les technocrates
européens à leur service n'hésitent pas à mettre la pression aux gouvernements qui
sortiraient des clous. La demi-austérité n'est donc pas possible : soit on rompt
avec celle-ci, soit on l'organise.


Mettons la pression!

Le futur n'est pas écrit. Ce qui sera déterminant pour inventer une autre société,
ce seront les résistances que nous pourrons opposer aux licenciements et aux
politiques d'austérité. Et c'est sans attendre qu'il faut construire ces
résistances. Le gouvernement Hollande va vite être mis face à ses contradictions et
il faut dès maintenant lui mettre la pression, sans être indulgent-es avec les
demi-mesures qu'il propose. Dans tous les cas, ce gouvernement n'est qu'une
transition. Soit il capitule face aux exigences des patrons, des banquiers et des
technocrates européens et alors il ouvre la voie à la droite et à l'extrême-droite.
Soit nous parvenons à imposer nos revendications et alors il faudra pousser plus
loin dans la rupture avec les politiques d'austérité : remettre en cause la
direction de l'économie par les patrons et les financiers en bloquant les dividendes
et en imposant un droit de véto des travailleur-se-s sur les licenciements,
développer les services publics et les mettre sous contrôle des usager-e-s, ouvrir
les frontières à la circulation des personnes et non seulement des marchandises.
Bref, faire émerger une alternative au capitalisme.

Alternative Libertaire

http://www.alternativelibertaire.org
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