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(fr) Appel: Journée d'action européenne contre le capitalisme - 31 mars 2012 [en ,de,it]

Date Wed, 14 Mar 2012 11:35:22 +0100


L'Europe est dans un état d'urgence ! Depuis des mois, la crise du crédit et de la
dette souveraine s'intensifie. On tente de sauver le capitalisme lors d'innombrables
sommets inter-gouvernementaux à coup de programmes d'urgence. A en croire les
politiques et les médias- c'est une menace d'effondrement, de récession et de
pauvreté de masse qui pèse sur l'Europe. Avec cette rhétorique de la catastrophe,
des réformes radicales du marché sont adoptées. Si nous ne résistons pas, celles-ci
vont définir notre société et nos vies pour les décennies à venir. Au début de la
crise, il était question de réguler le capitalisme. Les banques et les entreprises
devaient payer le prix des dérives qu'elles avaient eux-mêmes engendrées. Mais en
fait, c'est le contraire qui s'est passé : L'Union Européenne (états membres et
candidats à l'adhésion) renforcent la concurrence et ont amorcé des politiques
d'austérité pour regagner la confiance des investisseurs. C'est de cette manière que
la logique destructive du capitalisme est renforcée. Les crises, l'impuissance, les
inégalités face à la richesse sont des éléments inhérents au capitalisme.
Organisons-nous pour changer cette société !


Le système est la crise

La globalisation des décennies dernières a intensifié la concurrence des entreprises
et des sites économiques. Les grandes puissances industrielles ont dérégulé leurs
marchés par tous les moyens. Elles ont supprimé de nombreuses couvertures sociales,
privatisé le domaine public, réduit les droits des travailleurs salariés et renforcé
le contrôle de la société; pour servir le développement optimal du système
capitaliste. Pourtant, même en Europe, du bon côté de ce système capitaliste, nos
vies deviennent d'année en année de plus en plus précaires et le clivage social
s'accentue. Les pays dit « émergents » sont de leur côté dans une sorte de crise
sociale permanente. Cela se traduit par des expropriations brutales et des
exploitations impitoyables avec la complicité de leurs gouvernements. Il est
question de permettre la croissance nationale au travers de ces mesures, mais dans
les faits seul un petit groupe de privilégiés en bénéficie. Ce n'est pas un
phénomène nouveau. La transformation néoliberale a aussi fait exploser les marchés
de capitaux. Que ce soit le DotCom-Boom, les fonds immobiliers et le commerce de
produits dérivés - cela fait des années que ces bulles spéculatives éclatent les
unes aprés les autres. Chaque boom économique est suivi d'une dépression. Ce ne sont
pas l' « avidité » et la « corruption » d'une petite élite capitaliste qui sont
responsables, comme beaucoup le prétendent. La faute en revient à la logique
quotidienne du profit à laquelle nous sommes toutes et tous assujetis, nous en
déplaise ou non.


Mettons à bas le régime de l'Union européenne !

En 2011, la crise européenne de la dette et de la monnaie a dégénéré. Quelques pays
sont face à la faillite, ce qui met l'euro en danger. Ces pays sont accusés d'avoir
vécu « au-dessus de leurs moyens ». En réalité, ils ont seulement essayé de stimuler
la croissance économique en recourant au crédit. Ils ont adopté les mêmes pratiques
que tous les autres pays, mais avec moins de succès. En contrepartie de l'aide
apportée aux pays en crise par la Banque centrale européenne (BCE) et par le Fonds
de sauvetage européen, ces derniers sont obligés de mettre en place des mesures
d'austérité. Une limitation de la dette européenne est censée apaiser les marchés,
au détriment des travailleurs salariés, des chômeurs et des étudiants. Les profits
privés quant à eux ne sont pas affectés. Tous cela est mis en place pour protéger la
concurrence européenne et évidemment pour servir les intérêts des grandes puissances
économiques. Malgré quelques petites mésententes, la France et l'Allemagne ont
réussi à faire prévaloir leurs intêréts sans grandes difficultés. Partout en Europe,
nous avons alors assisté à de grands mouvements de résistance. Des initiatives
locales et populaires ont vu le jour afin de palier à l'impuissance politique. Mais
jusqu'à ce jour, même les grêves générales sont restées sans succés. Les grands
syndicats nationaux n'ont pas réussi à dépasser leurs frontières et à se solidariser
au sein de l'UE. Ils se sont pliés à la logique du capital et ont au final soutenu
les politiques économiques de leurs pays respectifs. C'est en agissant par nous même
que nous sortirons de cette situation !


Nous pouvons faire mieux !

La gestion européenne de la crise est aussi spéculative que le système capitaliste
en soi. « Faire des économies » a exactement le même effet pervers que générer de la
croissance à tout prix. Il n'y a dans le capitalisme aucune voie sûre. C'est une
gestion de crise permanente. Alors pourquoi devrions nous continuer à gaspiller nos
vies pour un tel système ? Ne devrions nous pas plûtot nous organiser tous ensemble,
au niveau européen, contre la dictature du capital ? La journée d'action européenne
est un premier pas dans cette direction. Les manifestations simultanées en Grèce,
Espagne, Italie, Allemagne et autres pays européens sont plus qu'un simple signe de
solidarité. Ces manifestions représentent en quelque sorte déjà une partie des
discussions et connexions qui ont lieu à l'echelle européenne. Nous invitons tous
les mouvements émancipatoires à rejoindre ce processus. Nous devons nous organiser
hors des sentier institutionalisés et nous avons besoin pour cela de beaucoup
d'énergie, car la lutte risque d'être de longue haleine. La crise prend des formes
multiples dans nos pays. Mais nous avons un but commun : nous ne voulons pas sauver
le capitalisme, mais le dépasser. Nous sommes contre les égoismes et ressentiments
nationaux.

La défense des droits sociaux acquis est primordiale, mais nous devons penser
au-delà. Il faut stopper les effets pervers du capitalisme. C'est la seule manière
de réaliser une Vraie Démocratie !


* "...ums Ganze!" Bündnis (Allemagne)
* Anarcho-Syndicalistische Bond (Pays-Bas)
* AK (Grèce)
* Antifa Brussels (Belgique)
* Asamblea Libertaria de Estudiantes de Zaragoza (Espagne)
* Assembleia Popular do Porto (Portugal)
* Union autonome des travailleurs / Avtonomna Spilka Trudyashchikh (Ukraine)
* CNT (Espagne)
* Krisenbündnis ffm (Allemagne)
* Journal "Drasi" (Grèce)
* ESE (Grèce)
* FAU (Allemagne)
* Federacija za Anarhisticno Organiziranje (Slovenie)
* Libertære Socialister (Danemark)
* Comité M31 Vienne (Autriche)
* MASA - Réseau des anarcho-syndicalistes (Croatie)
* Ökologische Linke (Allemagne)
* Social War Brussels (Belgique)
* Unione Sindacale Italiana USI-AIT (Italie)
* Vrije Bond (Pays-Bas)
* Weldaad (Pays-Bas)

http://march31.net
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