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(fr) Fukushima , jusqu'ici - manif le 11/03 à Paris

Date Fri, 9 Mar 2012 13:58:06 +0100


Fukushima, jusqu'ici : Manifestation le 11 mars pour l'arrêt immédiat du nucléaire
14h30 Gare du nord
Un an après le début de la catastrophe
Nous étions jeunes quand la catastrophe de Tchernobyl a eu lieu. Nous
avons grandi avec tous les cancers, toutes les malformations qu'ont encore
à subir les populations de là-bas. Nous avons grandi avec cette idée que
des pans entiers de territoires seraient sacrifiés, presque à jamais, pour
les besoins de l'industrie atomique.

Nous aurions pu oublier cette catastrophe, oublier qu'un des 58 réacteurs
français pouvait à son tour exploser, à Lyon, Toulouse, Paris ou Bordeaux.

Ce qui arrive aux japonais, nous arrive également. C'est notre bouffe qui
est empoisonnée, ce sont nos frères et nos soeurs qui tentent d'atténuer
les conséquences de la catastrophe en cours. Près de 400 000 personnes
sont déjà intervenues sur les réacteurs de Fukushima-Daïchi - ce sont nos
amis, nos proches, qui sont voués à mourir à petit feu. Les frontières,
les milliers de kilomètres ne sont pas des obstacles à notre empathie. Il
n'y a pas d'exotisme de la situation japonaise : car c'est une société
nucléarisée, comme la nôtre.

Le fonctionnement ordinaire de l'industrie nucléaire exige déjà, ici, des
sacrifices humains. Nous ne pouvons nous empêcher de penser aux
travailleurs précaires du nucléaire, aux cheminots qui convoient les
trains de matière radioactive, à leur exposition constante aux
rayonnements ionisants. En France nous parlons au bas mot de 30 000
personnes. La catastrophe ne fait qu'élargir le nombre de personnes
affectées.

Avec Fukushima, une brèche ne s'est pas seulement ouverte dans les
réacteurs. Elle s'est ouverte aussi au fond de nous, résonnant avec
l'horreur, nous poussant à agir, tenter de lutter. Nous ne parlons pas en
experts, en spécialistes de la chose, ce que nous ressentons est des plus
commun : peur et colère. L'urgence devient vitale. Souvent, l'impression
qu'aucun changement n'est possible nous tétanise. L'industrie nucléaire a
pourtant une infrastructure publique et privée. Elle porte le nom d'Areva,
Vinci, Bouygues, GDF-Suez, EDF, du CEA, de l'école des Mines. Des noms
familiers, des noms que l'on retrouve facilement ailleurs. Oui, le
nucléaire est une affaire d'experts qui font sereinement des plans du haut
de leurs tours. La tranquillité du débat français - qui porte
essentiellement sur la manière dont l'économie française pourra supporter
le passage à d'autres techniques de production d'électricité - a quelque
chose de surréaliste. Les apprentis-sorciers de l'économie discutent
gentiment avec les savants fous du nucléaire. Avec eux, tout est hors
contrôle.

Nous, pas plus que nos parents, n'avons choisi ce délire. La lutte contre
le nucléaire, son histoire, s'inscrit, en revanche, dans cette volonté de
faire valoir notre capacité commune à discuter explicitement de nos
besoins et à inventer nos manières d'habiter, de partager, de travailler,
de vivre.

Aujourd'hui, l'avenir que projette toutes les élites est celui d'un
capitalisme vert, austère, sécuritaire, aux frontières fermées. Une
pression jamais égalée sur les individus est la seule réponse qu'autorise
l'économie délirante. Nous refusons de peser nos poubelles, de contrôler
nos voisins, de devenir les managers stressés de notre capital humain et
écologique. Nous voulons que s'organise la rupture avec un système qui se
nourrit de la concurrence de tous, de surconsommation et de toujours plus
de destruction. C'est ce système qui est parasite : pas la solidarité,
l'entraide et la construction consciente.

Malheureusement, face à la crise économique et écologique, nous réagissons
massivement comme des bêtes qui voudraient traverser un autoroute :
fascinés par les phares, nous attendons d'être écrasés. En ce moment,
comme d'autres, nous nous demandons comment détourner le regard et bâtir
une passerelle.

Ce qui se passe en Grèce ces jours-ci, le cynisme avec lequel, au Japon,
la continuité de l'économie a été privilégiée sur l'évacuation des
populations devrait tous nous inciter à essayer de reprendre prise sur la
situation qui nous est faite. Il est grand temps de rompre avec une
économie qui ne survit que par l'endettement. Endettement vis-à-vis du
futur ; endettement vis-à-vis de la nature. Car nous payons sans cesse la
note.

Nous n'avons pas de solution miracle. En revanche nous savons que la
première nécessité est celle de la solidarité. D'une solidarité qui
permette de mieux articuler - au lieu de les opposer - les sabotages, les
actions de masse et la réflexion sur d'autres modes de production. Se
redonner du courage, à travers des actions et un soutien inconditionnel de
tous, pourrait nous permettre de sortir de l'impasse présente. Ce qu'il
est passé à Valognes nous l'indique, ce qu'il se passe au Japon l'exige de
nous.

Pour le 11 mars, nous appelons, à Paris, à une manifestation qui partira
de la gare de Nord à 14h pour dénoncer les convois de trains de matières
radioactives traversant fréquemment la région parisienne. Nous appelons
ceux qui le veulent à s'habiller de tenues blanches et de masques blancs,
à se parer de tenues qui évoquent celles des nettoyeurs anonymes employés
dans les centrales nucléaires, de Fukushima à Paris.

Assemblée francilienne contre le nucléaire

http://valognesstopcastor.noblogs.org

prochaine assemblée le mercredi 21/03 au CICP à partir de 19h.
contact : apresvalognes@yahoo.fr


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