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(fr) Crise financière: Leur dette, c'est leur intérêt

Date Fri, 20 Jan 2012 11:07:42 +0100


Nous ne sommes pas responsables de la crise de la dette: nous n'avons pas à la
payer. Or, quel que soit le prochain président de la République, il appliquera un
programme d'austérité drastique pour plaire aux marchés financiers. Nous sommes la
«gauche de la rue», n'attendons rien des urnes et organisons la riposte!
Le capitalisme est en crise. Une crise qui provient du coeur même de la machine.
Depuis les années 1970, le capitalisme nous écrase toujours plus, baisse les
salaires directs, mais surtout indirects (primes, retraites, allocations...). C'est
à ce prix qu'il a pu maintenir ses profits. Les travailleurs et les travailleuses,
les États eux-mêmes ont pourtant voulu continuer à consommer... mais à crédit, du
coup. Et ce qui est vrai pour les salarié-e-s l'est aussi pour l'État :
l'endettement, aussi bien public que privé, a explosé ces dernières années, de
nouveaux crédits devant rembourser les intérêts de crédits précédents. C'est le
serpent qui se mord la queue.


Pourquoi il faut refuser de payer leur dette

Mais au fait, dans quel but les États se sont-ils endettés ? Pour assurer une
meilleure redistribution des richesses ? Pour aider les plus démunis ? Non. C'était
pour financer les cadeaux faits aux capitalistes (« bouclier fiscal »,
privatisations, exonérations de charges...) !

L'endettement des États est une manière d'alléger les impôts des riches et d'éviter
de redistribuer les richesses. Si les États se financent en empruntant sur les
marchés financiers, c'est parce que, dans les années 1980, ils ont choisi de
substituer un financement par endettement au financement par l'impôt. En France, la
décision a été prise par le gouvernement socialiste de Pierre Bérégovoy. La
dictature des marchés, dont les gouvernements se plaignent, résulte en fait d'une
servitude volontaire de la part des États. Les deux avancent main dans la main pour
enrichir les classes privilégiées et pressurer les travailleuses et les
travailleurs.

La même logique est à l'oeuvre dans les plans de rigueur. L'État cherche à éviter
aux classes possédantes de payer la crise dont elles sont responsables. Et cela, au
nom de la « bonne gestion » et des « marchés », comme s'il s'agissait d'entités
surnaturelles planant au-dessus de nous, alors que ce ne sont que des fétiches, du
vent.

Refusons la fausse évidence selon laquelle nous vivrions « au-dessus de nos moyens
». Nous vivons avec beaucoup moins que ce que nous produisons. Refuser intégralement
de payer la dette, c'est simplement récupérer une petite partie de l'argent qu'on
nous a volé.

Comment ne pas payer la dette ? En s'opposant à toutes les mesures d'austérité que
les gouvernants (UMP ou PS) veulent nous imposer : coupe dans les budgets sociaux,
travail gratuit imposé aux chômeurs, diminution des retraites, privatisation et
casse des services publics, etc.


N'attendons rien des urnes

Depuis des mois on sauve l'Europe et l'euro chaque semaine, à la faveur d'un sommet
de chefs d'États, qui décide de récupérer des dizaines ou des centaines de
milliards, en sacrifiant les budgets sociaux. La semaine suivante, le plan est déjà
obsolète, et il faut de nouveau se réunir pour de nouveau « sauver l'Europe ».

On jongle en fait avec des sommes astronomiques, qui n'ont plus aucun sens. La seule
chose réelle et tangible dans tout cela, ce sont les coupes sociales, licenciements
et baisses de salaire. La guerre aux pauvres est déclarée, et quel que soit le
vainqueur du scrutin présidentiel, il poursuivra ce programme. Comme chez nos
voisins européens, les partis gouvernementaux ont le même discours : il n'y a pas
d'alternative à l'austérité.


La parole est à la gauche de la rue

Partout dans le monde, il n'y a pas que les puissants qui se réunissent. Peu à peu,
le prolétariat se réveille. D'abord « indigné », puis enragé. Il forme une gauche de
la rue authentique, sincère, entière, dénuée de calculs politiciens. C'est la gauche
des syndicats combatifs, des mouvements sociaux, féministes, antiracistes, de la
jeunesse, des luttes contre les privatisations, les licenciements, les
délocalisations, la précarité, les discriminations.

Cette gauche de la rue se distingue en tous points de la gauche gouvernementale
rose, rouge, ou verte qui aspire à gérer le capitalisme.

Pour peser politiquement, cette gauche de la rue aux contours encore flous devrait
se constituer en un front social. Agissant hors du terrain institutionnel et
politicien, ce front saurait s'opposer à l'austérité par le rapport de forces et
imposer des avancées dans l'ensemble de la société, des entreprises aux quartiers,
en passant par les services publics.

Seule l'existence d'un tel front peut rendre crédible une alternative au
capitalisme. C'est l'objectif qu'il faut se fixer : construire une société nouvelle,
débarrassée des diktats de la bourgeoisie. Une société fondée sur le socialisme et
l'autogestion.

Alternative Libertaire


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