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(fr) [Italie] FIAT , Telecom... La stratégie du vampire! [it,en,ca]
Date
Tue, 20 Jul 2010 17:35:02 +0200
Des vampires. Des vrais. Le genre dont la soif de profits, de revenus élevés et de
finances publiques est insatiable. Le genre à jeter les travailleurs-euses à la rue
comme des guenilles usées une fois qu'ils en ont soutiré tout le sang, la sueur et
les larmes. Sergio Marchionne, chef de la direction de FIAT, s'en sort avec un
salaire annuel de 5 millions d'Euro. Franco Bernabè, chef de la direction de Telecom
Italia, survit avec un simple 4 millions d'Euro. Le premier, ayant fermé l'usine
FIAT de Termini Imerese, a inauguré sa stratégie blitzkrieg à l'usine de Pomigliano:
les travailleurs-euses peuvent dire adieu à tous ces règlements et droits qu'ils et
elles ont gagné après des décennies de luttes ouvrières et sociales, et tout-e
travailleur-euse qui refuse de l'accepter peut s'en aller (comme il est survenu
récemment à l'usine de Melfi, où 4 travailleurs qui protestaient ont été renvoyés,
déclanchant des séries de grèves partout en Italie). Le deuxième a renvoyé 3700
travailleurs-euses de Telecom.
Dans les deux cas, ces modèles de la « plus belle » bourgeoisie, si chère aux partis
de centre-gauche de l'Italie, forcent les travailleurs-euses à porter les coûts des
restructurations et des transactions financières que la crise a provoqué. Et encore,
en plein milieu de la crise, ces compagnies continuent de faire d'énormes profits et
dividendes pour leurs actionnaires (dans le cas de Telecom, près de 2 milliards
d'Euro en 2009) grâce au support des banques et des gouvernements. Voilà la
stratégie du vampire. C'est le grand pas de l'offensive patronale : l'utilisation de
la crise comme arme de chantage et l'usage de l'exécutif de Berlusconi comme outil
de destruction politique dans le but de supprimer la législation sur les droits du
travail, tout comme par le passé alors que d'autres gouvernements et l'appareil
étatique au complet ont été utilisés.
Et envoyer la facture à ceux et celles qui gagnent un peu plus de mille euro par
mois et à des travailleurs-euses temporaires super-exploité-e-s qui vivent avec des
salaires mensuels de 700 euros.
Cette offensive demande une réponse aussi radicale. Face au chantage et aux
licenciements, il n'y a rien à négocier : nous devons nous battre pour que les
licenciements de Telecom soient renversés et que les ententes de Pomigliano soient
déchirées. Le chemin de la négociation commençant avec le programme des patrons a
mené des millions de travailleurs-euses à l'impasse. Il est temps pour les
travailleurs-euses de montrer leur force et de mener le combat à un autre niveau
d'intensité, confronté-e-s comme nous le sommes à une classe patronale qui n'a pas
de scrupules, ridiculisant les travailleurs-euses de Telecom en annonçant les
licenciements le jour même où les travailleurs-euses de la compagnie étaient en
grève. Le seul langage que les patrons comprennent est celui du conflit, d'autant
plus encore en temps de crise.
La lutte des travailleurs-euses de l'INNSE d'abord, puis de l'Alcoa, ont tous deux
démontré que seul un conflit organisé en confrontation directe peut mener à des
résultats; la seule chose qui paie est une lutte qui refuse de se plier aux règles
formelles d'un jeu fixe, qui confronte la « loi » de la propriété, qui ne se rassoie
pas devant les menaces et les intimidations de l'État.
Si le genre d'entente conclue à Pomigliano devait se répandre aux autres compagnies
et régions, il y aurait la nécessité d'une réponse avec autant d'ampleur qu'il a pu
être vu à la FIAT, comme indicateur des centaines de conflits de travail ayant
présentement cours, pour combattre les licenciements avec la réappropriation et
l'autogestion du travail dans ces compagnies qui licencient. Le courage démontré par
les 40% des travailleurs-euses de Pomigliano qui ont voté NON ne révèle pas
seulement la dissension dans les syndicats mais aussi un potentiel de rébellion
sociale qui se poursuit grâce aux grèves actuelles dans de nombreuses usines FIAT.
Et nous devons le supporter et lui permettre de trouver un débouché, avec les
mobilisations ouvrières répandues - d'en bas, reconstruire la capacité des
travailleurs-euses de mener des luttes et de revendiquer à partir de la base.
Pour la participation dans les luttes, pour la démocratie directe!
Pour les emplois, pour les salaires, pour la liberté et les droits de syndicalisation!
Commission Ouvrière
Federazione dei Comunisti Anarchici - FdCA
16 Juillet 2010
http://www.fdca.it/fdcafr
Traduction du Blog du Collectif Emma Goldman (UCL-Saguenay)
[ expediteur/expeditrice : Federazione dei Comunisti Anarchici <internazionale -A-
fdca.it> ]
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