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(fr) Marseille : Conférence - Débat, Samedi 13 Mars au CIRA

Date Tue, 9 Mar 2010 14:17:30 +0100



Que des centaines de milliers, voire des millions d'Argentins soient descendus dans
les rues de Buenos Aires, les 19 et 20 décembre 2001 au cri de ¡ Que se vayan todos
! (Qu'ils s'en aillent tous !) apparut pour bien des commentateurs, la simple
expression de la légitime exaspération de citoyens dont les droits les plus
élémentaires étaient depuis longtemps bafoués.
Que la protestation dure dix jours et que de réguliers soulèvements ponctués de très
violents affrontements avec les forces de l'ordre forcent quatre présidents
consécutifs à abdiquer, voilà qui commençait à inquiéter. D'autant que ces
insurrections urbaines se doublaient de formes de constructions populaires que la
mythologie néo-libérale pensait avoir bannies pour de bon dans « ses » démocraties :
assemblées de quartiers, entreprises récupérées et autogérées par leurs
travailleurs, troc... La « Fin de l'Histoire » prophétisée par Francis Fukuyama
peinait à se concrétiser. (...)

Plusieurs millions d'Européens ont littéralement débarqué en Argentine entre le
milieu des années 1870 et 1910. Autant de paysans italiens et espagnols
politiquement sensibilisés aux formes sociétales alternatives que supposaient les
utopies anarchistes et socialistes. Autant de futurs ouvriers mais aussi, de futurs
militants qui vont ancrer profondément dans l'esprit collectif argentin une
mythologie utopique et une solide subculture de lutte, dont les méthodes vont se
retrouver tout au long du dernier siècle. Autant d'individus qui, au début des
années 1900 vont se syndiquer au sein de structures : FORA, UGT ou USA, à l'esprit
indéniablement libertaire (au sens large) totalement hermétiques aux formes de
collaboration de classes et de jeu parlementaire prônés par les sociaux-démocrates
de l'époque. (...)

La politique économique et sociale menée pendant les dix ans de la présidence de
Carlos Menem aboutit à l'expression massive (bien que circonscrite temporellement)
d'un anti-politisme qui fut et restera le marqueur le plus évident de l'anarchisme.
Mais les fondements de cette idéologie - éducation et conscientisation - ayant du
mal à se faire entendre en des temps d'ultra-médiatisation globaliste, le génie
populaire argentin en inventa d'autres : l'horizontalisme.

Guillaume de Gracia, L'horizon argentin, petite histoire des voies empruntées par le
pouvoir populaire, 1860-2001, éditions CNT-Région parisienne, 2009, 581 p., 22
euros. (livre disponible au CIRA)

Conférence - Débat

Avec Guillaume de Graci

L'horizon Argentin. Petite histoire des voies empruntées par le pouvoir populaire
1860-2001

Samedi 13 Mars * 17H *

C.i.r.a,
3 rue saint dominique
(pres gare st charles)
Marseille

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