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(fr) CNT-AIT Caen : Plus que jamais , barbarie ou résistance populaire autonome

Date Wed, 3 Mar 2010 11:57:36 +0100



Il ne sert à rien de s'offusquer de l'actuelle crise du capitalisme car telle est sa
nature. La crise est intimement liée au mécanisme même de l?accumulation du capital,
mécanisme provoqué par la saturation du marché et son contrecoup : la surproduction.
Les capitalistes sont poussés à trouver de nouveaux débouchés et à rechercher des
gains de productivité toujours plus accrus et dont l'obtention est limitée par ce
qui est humainement supportable (ainsi, le management, comme dispositif de recherche
de la productivité, peut aboutir à « la souffrance » au travail et au suicide). Les
marchés étant hyperconcurrentiels, ils poussent un certain nombre de capitalistes à
délocaliser leurs entreprises pour ne pas subir le dépôt de bilan ou les foudres de
leurs actionnaires, entraînant chômage (l'armée de réserve) et paupérisation. A cela
s'ajoute cette recherche de revenus faramineux qui creuse les écarts salariaux et
réduit l'investissement. Le capitalisme est cette course sans fin au taux de profit
!

La gravité de la situation a fait que l?Etat est intervenu en raclant tous les fonds
de tiroir de la république pour éviter que se répète le scénario de la crise de
1929, dont nous ne connaissons que trop le dénouement fatidique : la Seconde Guerre
mondiale. Mais la dette atteint dorénavant une somme astronomique. Or le propre de
la dette est d'être remboursée un jour ou l'autre avec intérêts à la clé. A défaut,
c'est la banqueroute, comme ce fut le cas plusieurs fois à l'époque de l'ancien
régime (début du règne de Louis XV, par exemple) et également sous le directoire
(1797). Cela pourrait être à nouveau le cas et nul doute alors qu'elle conduirait à
une situation sociale explosive comme en Argentine (2001), en Islande (2008) ou dans
les Pays Baltes (2009). Certes, les gestionnaires ont su encore utiliser des
injections massives de crédit, qui se rajoutent déjà aux précédentes (à chaque fois,
les dettes privées deviennent publiques). Ce n'est de toute façon que reculer pour
mieux sauter. On ne peut nier indéfiniment la réalité.

Pour éviter la faillite, une nouvelle cure d'austérité va donc être à l'honneur avec
son corollaire de régression sociale pour toute une frange de la population (alibi
ou pas, c'est bien cette même logique qui est à l'oeuvre depuis 1974). Sa mise en
application sera officielle après les élections régionales de 2010 : les politiciens
ne sauraient prendre le risque de froisser l'opinion publique. Il est préférable
pour eux de continuer à l'anesthésier dans le mythe de l'identité nationale et de la
réussite sociale ou par le spectacle navrant d'une coupe de foot-ball.

Dès lors, tous ceux qui subissent les méfaits du capitalisme ont face à eux un choix
: se soumettre ou se révolter ! Les anarchosyndicalistes de la CNT-AIT appellent les
exploités et les opprimés à suivre cette harangue d'Emile Pouget (1860-1931) : «
Chacun est invité à ne plus être un zéro humain, - à ne plus attendre d'en haut ou
de l'extérieur son salut ; chacun est incité à mettre la main à la patte, - à ne
plus subir passivement les fatalités sociales. » Ce qui nécessite une intelligence
collective qui exprime son autonomie. Nous devons recourir à l'auto-organisation en
instituant des comités de lutte (ouverts à tous les individus) qui fonctionnent de
manière assembléiste et qui se basent sur la démocratie et l'action directes. Ces
comités de lutte ne doivent pas être les chambres d'enregistrement des intérêts des
partis et des syndicats qui nous abasourdissent d'innombrables doléances, de
compassion sur la misère humaine et d'appels fictifs à l'unité. Les
anarchosyndicalistes observent que ces organisations jouent la bonhomie en façade
mais transforment les comités de lutte en champ clos de leur rivalité. Leurs
militants ont tendance à vampiriser toute ébauche d'auto-organisation, voire de la
saborder pour le compte de leurs organisations. Ce sont les exploités et les
opprimés eux-mêmes qui doivent à tout niveau posséder la maîtrise et la destinée de
leurs outils de combat. Exploités et opprimés, nous nous le devons ! C'est une
question d'estime portée envers nous-mêmes.

La lutte doit s'affranchir du corporatisme qui ne résonne que par le statut induit
par le système et qui ne conduit qu'à négocier un statu quo illusoire. Le
corporatisme (« les autres peuvent toujours crever ») ne fait qu'entretenir des
clivages, des divisions et n'aboutit qu'à une voie de garage. En partant de la
réalité matérielle concrète, les anarchosyndicalistes appuient un cadre revendicatif
unifiant dépassant le corporatisme. C'est pour cela que nous défendons la
satisfaction des besoins fondamentaux (logement, santé, nourriture, éducation...),
ce qui implique de les soustraire à la logique marchande. Ce cadre revendicatif
unifiant est le préalable d'une tentative de construction d'un rapport de force
permettant une résistance populaire autonome.

Pour les anarchosyndicalistes, tous les problèmes sociaux et économiques sont
interdépendants et découlent du capitalisme, système résultant d'un processus
socio-historique divisant la population en classes sociales. C'est bien la « lutte
des classes » qu'il faut remettre sur le tapis. Nonobstant, il s'agit de redonner
force à une critique du parlementarisme et de l'Etat.

Alors que chacun se positionne donc et médite sur cette phrase de Solon : « Je
décrète comme criminel tout citoyen se désintéressant du débat public. »

CNT-AIT
Association Internationale des Travailleurs
BP 2010
14089 Caen cedex

cnt.ait.caen@free.fr

http://cnt.ait.caen.free.fr/forum/viewtopic.php?f=26&t=6112


[ expediteur/expeditrice : "CNT AIT Paris" <contact -A- cnt-ait.info> ]

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