A - I n f o s

a multi-lingual news service by, for, and about anarchists **
News in all languages
Last 30 posts (Homepage) Last two weeks' posts Our archives of old posts

The last 100 posts, according to language
Greek_ 中文 Chinese_ Castellano_ Catalan_ Deutsch_ Nederlands_ English_ Français_ Italiano_ Polski_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Türkçe_ The.Supplement

The First Few Lines of The Last 10 posts in:
Castellano_ Deutsch_ Nederlands_ English_ Français_ Italiano_ Polski_ Português_ Russkyi_ Suomi_ Svenska_ Türkçe_
First few lines of all posts of last 24 hours

Links to indexes of first few lines of all posts of past 30 days | of 2002 | of 2003 | of 2004 | of 2005 | of 2006 | of 2007 | of 2008 | of 2009 | of 2010 | of 2011 | of 2012 | of 2013 | of 2014

Syndication Of A-Infos - including RDF - How to Syndicate A-Infos
Subscribe to the a-infos newsgroups

(fr) Organisation Communiste Libertarie (OCL) - Courant Alternatif, CA #234 - immigration/Lampedusa - MIGRANTS: UN NOUVEAU CARNAGE POLITIQUE

Date Wed, 08 Jan 2014 11:59:01 +0200


Homme libre, toujours tu chériras la mer! Baudelaire ---- La mer a toujours été le
grand cimetière des migrants volontaires ou forcés. Comme le dit l'écrivain martiniquais Chamoiseau, «la Traite à nègres (...) fit de l'Atlantique le plus grand oublié des cimetières du monde ». On se rappelle aussi les 250 000 morts des « boat people» qui, après 1975, ont fui le Sud-Vietnam après la victoire du FNL. Il est vrai que ceux-là fuyaient le communisme, ce qui leur donna finalement une image meilleure que celle des autres gueux engloutis par l'Océan. La position exprimée par le Conseil de l'Europe quelques heures avant ce énième massacre montre le vrai visage de l'espace Schengen; en substance, l'Italie est accusée d'être trop molle et indécise dans le traitement des migrants entrant sur son sol.

Un discours qui fera certainement plaisir aux partis
de droite européens, au Président ita-
lien Napolitano (1) qui, enivré par le fait
que l'Italie a enfin un gouvernement,
prétend gouverner aussi les côtes étran-
gères. Celui qui a ouvert la voie à la loi
Bossi-Fini (2) a été fidèle à lui-même,
tout comme la Ligue du Nord avec son
racisme habituel, ou le M5S (Mouve-
ment 5 étoiles) qui après avoir été op-
posé au jus soli (droit du sol) réaffirme
sa pensée d'Etat en invoquant l'inter-
vention de l'Union européenne pour as-
surer le contrôle des frontières.

FRONTEX, UNE ARME DE GUERRE CONTRE LES PAUVRES

Loin de l'image d'une « forteresse
Europe » assiégée, le régime de Schen-
gen, avec la force armée Frontex, a si-
gnifié pour la quasi-totalité des
habitants de la planète l'impossibilité
d'atteindre l'Europe d'une manière lé-
gale. Tous les moyens sont bons pour
les dirigeants des Etats européens et de
l'UE pour empêcher des migrants de pé-
nétrer dans la forteresse ou de s'y dé-
placer. Même porter simplement
secours aux naufragés est empêché par
le délit d'immigration clandestine : ré-
cemment, plusieurs pêcheurs italiens
ont été condamnés par des tribunaux
du pays pour avoir secouru des mi-
grants en perdition!


----------------------------------------
Les centaines de morts du nau-
frage de migrants qui s'est dé-
roulé le vendredi 3 octobre à
Lampedusa, puis, le vendredi sui-
vant, les dizaines de victimes du
naufrage de 230 autres au large
de Malte viennent s'ajouter aux
milliers de morts de ces vingt der-
nières années. Malgré la variation
dans les chiffres, ce ne sont pas de
simples naufrages mais des car-
nages devenus la norme depuis
l'Europe de Schengen qui, tout en
célébrant une liberté de mouve-
ment à l'intérieur (qu'elle ne res-
pecte d'ailleurs pas) et en
disposant d'un système harmo-
nisé de permis de séjour, s'est dé-
chargée sur les pays frontaliers de
la tâche de « filtrer » les migrants
extérieurs.
---------------------------
Aux frontières de l'Europe se multi-
plient depuis des années patrouilles de
flics et de militaires conjointes entre les
pays européens et africains (y compris
ceux qui ont connu leur « printemps »,
comme la Tunisie et la Libye), avec des
outils de surveillance à la technologie
ultrasophistiquée : radars, caméras
thermiques permettant de déceler
toute présence humaine dans tous les
moyens de transport maritimes, aériens
et terrestres, détecteurs de chaleur et de
mouvement, systèmes de drones, etc.
Le tout faisant le bonheur des mar-
chands d'armes pour un budget annuel
estimé à 2 milliards d'euros. C'est la
mission essentielle de l'agence Frontex.
Cette Agence européenne pour la ges-
tion de la coopération opérationnelle
aux frontières extérieures de l'UE a été
créée en 2004 et fonctionne depuis oc-
tobre 2005 ; son siège est à Varsovie.
Même si chaque Etat membre de l'Eu-
rope reste responsable de la partie de la
frontière qui se trouve sur son territoire,
Frontex a pour mission de garantir un
haut niveau d'efficacité de gardien du
temple européen. Il a donc pour man-
dat la lutte contre l'immigration dite
« clandestine »... et non le sauvetage en
mer d'embarcations à la dérive ! C'est
ainsi que son intervention aux fron-
tières est de type paramilitaire et s'ins-
crit dans un dispositif général
d'externalisation de l'asile et de déléga-
tion aux pays tiers de l'UE du contrôle,
de la rétention et de l'expulsion des mi-
grants. « Printemps arabes » ou pas,
Frontex est l'outil de l'UE pour renfor-
cer la coopération avec la Libye (en at-
tendant la Tunisie...) qui devrait, d'une
manière encore plus efficace que sous
Khadafi, aider l'Europe à protéger ses
frontières méditerranéennes. Des par-
tenariats existent déjà, ainsi que des ac-
cords de réadmission faisant de ces
Etats du Sud et de l'est de la Méditerra-
née les nouveaux gardes-frontières de
l'Europe.

-------------------------------------------

LAMPEDUSA: CE QUE NOUS DISENT LES GOUFFRES

Toute horreur crée son gouffre
ainsi celle de la Traite à nègres qui fit de
l'Atlantique le plus grand oublié des cimetières du
monde (crânes et boulets relient les îles entre
elles et les amarrent aux tragédies du conti-
nent)

Le gouffre chante contre l'oubli
en roulis des marées
en mots de sel pour Glissant pour Wal-
cott et pour Kamau Brathwaite
(fascine des siècles dans l'infini de ce
présent où tout reste possible)

Celui de l'Atlantique s'est éveillé
(clameurs en Méditerranée!)
l'absurde des richesses solitaires
les guerres économiques
les tranchées du profit
les meutes et les sectes d'actionnaires
agences-sécurité et agences-frontières
radars et barbelés
et la folie des murs qui damnent ceux
qu'ils protègent
Chamoiseau
----------------------------------------------

Le 10 octobre, le Parlement euro-
péen a adopté le programme « Eurosur »
de surveillance renforcée des frontières
extérieures de l'UE. C'est un nouveau
système de reconnaissance et de trans-
mission de données, destiné à surveiller
les flux de réfugiés en Méditerranée
(avant une généralisation aux autres
frontières) et coordonné par l'agence
Frontex. Cette décision n'est pas direc-
tement liée aux événements de Lampe-
dusa, puisque ce programme était dans
les cartons depuis cinq ans, mais ces
événements sont tombés à point
nommé pour contribuer à faire croire
que, grâce à ces outils, l'Europe aura les
moyens de détecter les bateaux de ré-
fugiés en difficulté.

Il était logique que cette politique de
l'UE conduise à ce que toute tentative
pour l'atteindre devienne de plus en
plus dangereuse. Il était aussi logique
que, dans un monde globalisé, le dé-
clenchement des révolutions et des
conflits ait accru le désir de liberté et
produise davantage de mouvements :
les migrants ont le droit d'exercer cette
liberté de mouvement qu'ils ont
conquise, comme cela s'est produit
après la révolution tunisienne, et de
voter avec leurs pieds contre les guerres
qui ne les concernent pas, comme cela
s'est passé en Libye et maintenant en
Syrie.

DERRÈRE LES MASSACRE ORGANISER LES MOUVEMENTS DE LA FORCE DE TRAVAIL

Face à toute tentative d'en-
cadrer et de réglementer cette
liberté, ce que ni l'Europe ni
l'Italie ne réalisent, c'est que
les mouvements des migrants
ne dépendent pas d'eux. Ce qui
dépend d'eux, ce sont tout au
plus les conditions de leur dé-
placement. Pour cette raison,
les pays européens et les poli-
tiques d'immigration partagent
la responsabilité de ce qui ar-
rive régulièrement. Mais, au-delà de ce
constat assez partagé, il faut démas-
quer et combattre l'idée selon laquelle
l'Europe serait malgré tout un îlot de li-
berté à protéger contre les mille et une
barbaries qui nous entourent. Les mou-
vements des migrants montrent qu'il
ne peut y avoir une lutte qui ne soit pas
à une échelle pleinement transnatio-
nale.

------------------------------------
Les vents de l'Océan en soufflant leurs menaces
Laissaient dans ses cheveux de longs baisers mouillés
Des émigrants tendaient vers le port leurs mains lasses
Et d'autres en pleurant s'étaient agenouillés
Il regarda longtemps les rives qui moururent

Apollinaire
------------------------------------

Ce énième massacre nous pousse à
nous souvenir non seulement des vic-
times, mais de tous les migrants qui
luttent chaque jour depuis des années
et s'organisent contre les lois qui régis-
sent les frontières de l'exploitation. Le
chagrin et la colère qui s'élèvent contre
ce dernier massacre imposent, aujour-
d'hui plus que jamais, de reconnaître
que sur la peau de migrants se joue
beaucoup plus que ce qui est rendu vi-
sible par les massacres en mer, avec une
systématique et spectaculaire victimi-
sation et criminalisation politique et
médiatique. Ce qui se joue, c'est la ten-
tative de réglementer et de régir, à
l'échelle transnationale, une nouvelle
géopolitique et les mouvements de la
force de travail. C'est un conflit poli-
tique global et de classe dont les mi-
grants sont une partie active. Nous de-
vrions ainsi au moins cesser de
considérer les migrants uniquement
lorsqu'ils meurent en mer, ou en tant
que porteurs de demandes partielles,
pour accepter le défi politique global
qu'ils posent. Sinon, nous continuerons
à n'être que scandalisés après chaque
massacre maritime, et à assister im-
puissants à un déluge d'hypocrisie et de
moralisme obscène qui, non seulement
ne peut rien faire contre le racisme ins-
titutionnel, mais en a besoin pour y
trouver sa raison d'être.

---------------------------------------
« Ils ne veulent pas être italiens ou
espagnols ou grecs. Ils conservent des
liens affectifs et culturels avec beau-
coup de fierté, comme en témoignent les
envois de fonds dans leurs pays d'ori-
gine (ou le fait que ce sont les familles
qui économisent l'argent qui permettra
au plus jeune et au plus courageux de
leurs membres de payer le mafieux local
et d'embarquer pour l'Europe). Ils ne
veulent pas être italiens ou espagnols
ou grecs, mais ils veulent avoir certains
droits que les Italiens et les Espagnols
et les Grecs sont en train de perdre. Ils
revendiquent le droit d'aller et venir et le
droit de rester dans leurs maisons, de
voyager et de ne pas voyager, de tra-
vailler, de vivre des aventures, de
connaître d'autres lieux, d'aimer
d'autres personnes et aussi leur propre
peuple... » (« Lampedusa : perseguir a los
vivos, premiar a los muertos », Cuarto-
poder , 12 octobre 2013, extraits.)
---------------------------------------

L'HYPOCRISIE BIEN-PENSANTE

L'hypocrisie est bien le mot qu'il faut
utiliser pour désigner l'attitude d'une
grande partie de la gauche, institution-
nelle ou non. Le véritable scandale, ce
sont les positions prises par ceux qui de-
mandent le prix Nobel de la paix pour
Lampedusa, qui accordent la citoyen-
neté aux morts tandis qu'ils la refusent
aux vivants, qui déclarent un deuil na-
tional tandis que dans les stades euro-
péens une partie du public exprime
ouvertement son racisme. Ce n'est pas
là une banale hypocrisie morale, c'est
bel et bien une hypocrisie politique
beaucoup plus lourde. En Italie, le nou-
veau garant de la grande entente au
pouvoir, Angelino Alfano (3), s'est dé-
pensé sans compter pour empêcher tout
débat à propos de la loi Bossi-Fini, la-
quelle constitue l'enjeu du conflit poli-
tique qui s'est ouvert sur la peau de
centaines d'hommes, de femmes et
d'enfants. Pour certains, le slogan « Abo-
lir la loi Bossi-Fini » signifie respecter les
droits et même introduire une plus
grande légalité. Pour nous, l'abolition de
la loi Bossi-Fini signifie détruire un
rouage d'un système spécifique global
et différencié de l'exploitation.
Les chroniques racontent qu'un mi-
grant érythréen, emprisonné dans le
centre d'accueil pour demandeurs
d'asile de Lampedusa, a arrêté la mi-
nistre italienne de l'Intégration Cécile
Kyenge pour lui parler, non pas des
conditions scandaleuses et inhumaines
du centre, mais de comment échapper
aux normes européennes (Dublin II) qui
exigent des demandeurs d'asile de rési-
der dans l'Etat dans lequel ils sont arri-
vés. Cet épisode montre clairement que
la revendication de la liberté exprimée
par les migrants ne se heurte pas seule-
ment aux risques du voyage, mais aussi
à un système de différenciation interne
à l'Europe qui est essentiel à la gestion
politique de la crise. Ceux qui voient
dans les politiques d'austérité l'ennemi
prioritaire à combattre doivent savoir
que la distinction entre les pays euro-
péens « vertueux » et ceux qui le se-
raient moins s'opère à partir du
déchargement sur l'Europe méditerra-
néenne et ses frontières des coûts so-
ciaux de la mobilité globale. Il ne s'agit
pas tant d'une discrimination entre les
Etats que d'une hiérarchie précise de
l'exploitation au sein de l'espace éco-
nomique et financier européen.

Si Barroso accourt à Lampedusa, ce
n'est pas seulement un geste obligé de-
vant l'énormité des faits, mais une
façon de gérer la tension interne dans
l'UE que les mouvements de migrants
ne font qu'accroître.

n'est pas seulement un geste obligé de-
vant l'énormité des faits, mais une
façon de gérer la tension interne dans
l'UE que les mouvements de migrants
ne font qu'accroître.


UN CONFLIT POLITIQUE, GLOBAL, ET DE CLASSE

Face à cela, être scandalisé est une
bien faible réaction ! Il n'y aura pas de
réponse adéquate dans des pétitions
qui soutiennent, sans doute, des propo-
sitions raisonnables, mais qui doivent,
pour gagner, être confiées à des ci-
toyens dotés de leurs seules bonnes in-
tentions. D'autre part, distinguer les
migrants et les réfugiés, et ouvrir pour
ces derniers un couloir humanitaire si-
gnifie faire l'impasse sur l'étau féroce
exercé par la loi Bossi-Fini, en particu-
lier dans les conditions de crise écono-
mique. Tout aussi discutable est la
réaction de ceux qui - comme les syn-
dicats confédérés italiens retrouvant
leur unité dans le deuil - sont descen-
dus dans la rue pour s'apitoyer sur les
migrants morts après avoir ignoré ceux
qui vivent, ceux qui ces dernières an-
nées se sont mis en grève et sont conti-
nuellement descendus dans les rues
contre la loi Bossi-Fini afin d'obtenir les
conditions leur permettant de pour-
suivre leur vie en Italie et en Europe
après avoir conquis la liberté en Libye
ou en Tunisie. Ceux qui - pas seulement
dans la gauche institutionnelle - conti-
nuent de parler de l'asile et du délit de
clandestinité en omettant le lien exis-
tant entre le permis de séjour et le
contrat de travail, ou en oubliant la de-
mande d'un niveau de revenu et de co-
tisation sociale adéquat permettant de
renouveler le permis, reproduisent une
gestion de l'immigration qui oblige à
entrer comme « clandestins » et impose
de vivre comme « irréguliers », si on
n'accepte pas certaines conditions de
travail lamentables ou si on ne trouve
pas immédiatement du travail. La
condition des migrants ne s'épuise pas
dans la mer de mort de Lampedusa,
mais traverse et conditionne les hiérar-
chies et les conditions imposées par
l'Etat et le travail. Contre cette condi-
tion, les migrants se sont battus et
continuent de se battre.

------------------------------------

ILS ARRIVENT TOUT DE MÊME À PASSER!

Le 17 septembre 2013, près de 200
migrants venus d'Afrique ont réussi à
franchir la frontière entre le Maroc et
l'Espagne dans les enclaves espagnoles
de Ceuta et Melilla. La charge de ces mi-
grants très organisée a fait 7 blessés : 6
gardes civils espagnols et un migrant.
D'après les autorités espagnoles, il s'agit
du plus important assaut à Ceuta depuis
2007. Rappelons que cette frontière est
constituée d'un double grillage de 6
mètres de haut soi-disant infranchis-
sable. Quelles que soient les mesures
technologiques, militaires, prises par
l'Union européenne, la forteresse sera
toujours franchissable, mais au prix d'un
nombre de plus en plus important de vic-
times du côté des populations migrantes
et au prix d'une augmentation des tarifs
des passeurs
------------------------------------

Les 18 et 19 octobre, deux journées
de grève et de mobilisation étaient pré-
vues dans toute l'Italie à l'initiative des
syndicats de base et des mouvements
de lutte pour le logement, contre les
grands travaux, la précarité, etc. Le ven-
dredi 18, une grève générale était
convoquée par des syndicats de base, et
relayée par tout un ensemble de mou-
vements et de collectifs, en particulier
pour une manifestation quasi « natio-
nale » appelée à Rome. Le lendemain,
c'est tout un éventail de mouvements
qui appelaient à une autre manifesta-
tion dans Rome sur les mots d'ordre
« Assiégeons l'austérité et la précarité » et
« Soulèvement général ». Les manifesta-
tions ont regroupé jusqu'à 100 000 per-
sonnes (voir les détails sur notre site, ). A
Rome, ce sont les migrants et réfugiés
qui ouvraient le cortège pour réclamer
l'abolition de la loi Bossi-Fini, derrière
plusieurs banderoles et pancartes (« Ex-
cusez-nous si nous ne sommes pas noyés »
et « Au lieu de donner la citoyenneté aux
morts, donnez la résidence aux vivants »...).
Ils étaient suivis par les travailleurs de
l'aciérie Ilva de Tarente, des pompiers
en uniforme et toute une ribambelle de
cortèges, principalement du secteur pu-
blic au sens large. Parmi les manifes-
tants, on notait un important groupe de
Roms de la via Salviati. Après avoir ré-
sidé dans un camp à Castel Romano, ils
se sont maintenant installés dans un
autre camp qu'ils refusent d'abandon-
ner. En août dernier, ils se sont barrica-
dés à l'intérieur et ont mis en échec une
tentative d'expulsion. Ils sont mainte-
nant partie prenante des mouvements
pour le logement, explique un membre
des BPM (Blocchi precari metropolitani),
qui soutiennent leur entrée dans les dy-
namiques d'occupations d'immeubles
et d'espaces qu'ils développent depuis
des mois. Les luttes des migrants n'ont
peut-être pas trouvé de résolution, mais
elles sont une réalité qui ne peut plus
être ignorée grâce à la mise en scène
d'un moralisme d'occasion ou bien en
recommençant à appeler migrants ceux
qui jusqu'à la veille ont été appelés ou-
vriers ou travailleurs. Face à la globali-
sation, le monde lisse et homogène est
celui des marchés, pas celui des
hommes et des femmes, séparés et
marqués par des différences
de classe, de couleur, sexuelles
et juridiques. Ce n'est pas une
question morale, mais précisé-
ment politique. Penser aujour-
d'hui obtenir des victoires,
symboliques et réelles, sans
remettre en cause le régime de
la séparation qui, en frappant
les migrants, nous frappe tous,
et sans comprendre la dimension euro-
péenne et globale que les luttes des mi-
grants mettent constamment à l'ordre
du jour, est une illusion que nous ne
pouvons pas nous permettre de culti-
ver.

------------------------------
Mon exil, dans leurs ports!
Leur vie, dans ma mort!
Ommi Yêma Ya Mima!
Le bateau me ramène,
Vers nos rêves assassinés !
Mokhtar El Amraoui
in « Arpèges sur les ailes
de mes ans »
-------------------------------
(1) Drôle de coco
que ce Napolitano !
Agé de 89 ans, il est
président de la Ré-
publique italienne
depuis 2006. Jeune
fasciste, il devient
résistant puis
membre du PC ita-
lien dont il fut le
chef de file « réfor-
miste » à la fin des
années 80. Député
de Naples, député
européen, puis, en
1996, ministre de
l'Intérieur dans le
gouvernement Prodi
alors qu'il a intégré
le Parti démocra-
tique de gauche
(PSD), il soutient
Mario Monti qu'il
nomme chef du gou-
vernement en 2011.

(2) Votée en 2002, la
loi Bossi-Fini -
d'Umberto Bossi,
chef du parti xéno-
phobe de la Ligue
du Nord, et Gian-
franco Fini, chef des
postfascistes d'Al-
liance nationale -
visait un durcisse-
ment des conditions
d'accueil des mi-
grants en Italie. Eta-
blissement de
quotas en fonction
des besoins de
main-d'oeuvre, mise
en place d'un fichier
d'empreintes digi-
tales des étrangers
demandeurs d'asile,
création de centres
de rétention dans
tout le pays, renvoi
forcé de migrants,
création du délit
d'immigration clan-
destine... Décidée et
votée par la
« droite » de Berlus-
coni, elle n'a pas été
abrogée par la
« gauche » de Prodi
à partir de 2006.

(3) Chef du
parti de Berlusconi,
ministre de l'Inté-
rieur du gouverne-
ment « de large
entente » actuel, il
est célébré au-
jourd'hui par la
presse et les chan-
celleries euro-
péennes pour avoir
lâché récemment
son mentor, empê-
chant l'Italie de re-
tourner aux urnes
et assurant ainsi
une « stabilité » ins-
titutionnelle dans le
fonctionnement de
l'Etat et de ses « ré-
formes »

------------------------------------
Quelques militants OCL avec le concours
de : http://coordinamentomigranti.org/
Voir aussi :
http://oclibertaire.free.fr/spip.php?ar-
ticle1422
_________________________________________________
A - I n f o s
informations par, pour, et au sujet des anarchistes
Send news reports to A-infos-fr mailing list
A-infos-fr@ainfos.ca
Subscribe/Unsubscribe http://ainfos.ca/cgi-bin/mailman/listinfo/a-infos-fr
Archive: http://ainfos.ca/fr


A-Infos Information Center