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(fr) Coordination des Grupes Anarchistes - IAL #97 - Écologie - L'organisation énergivore du capitalisme et la fracturation hydraulique (en, pt)

Date Sun, 22 Dec 2013 09:50:29 +0200


La recherche de nouvelles sources d'énergies venant remplacer le pétrole conventionnel (dont la déplétion est en cours) se développe au niveau international. La position actuelle du territoire sur lequel nous nous trouvons est remise en question par cette configuration géo-politique nouvelle. Le discours de la crise, vient de plus en plus presser les cerveaux pour les faire baigner dans les eaux glacées du calcul égoïste.
Le discours de l'urgence devient une arme en soi, entraînant des difficultés de communication et de repères1. La décision dans l'urgence est contraignante, autoritaire et difficile. Pris par la vitesse, la ligne d'horizon diminue en liberté, tout en se renouvelant rapidement. Chaque décision qui pourrait paraître pertinente est rendue caduque l'instant suivant, le libre arbitre laissant place à la soumission ou a l'arbitraire2.

Seule la lutte paie

La loi qui empêche actuellement les exploitations n'est pas cadenassée, elle laisse ouverte tout un ensemble de failles qui peuvent être exploitées pour l'annuler, et en mettre une nouvelle, favorable a l'exploitation. Une telle annulation servirait la classe politique qui pourra alors jouer la carte de l'ignorance et de la légalité, pour ensuite en « bon démocrate » relancer les propositions. Des propositions3 qui avec le paravent de la « crise économique urgente » et le rapport de force actuel, visera plutôt a une organisation plus musclée et austère de nos capacités, qu'a leur autogestion et extension.
C'est la lutte qui a contraint le gouvernement a faire bonne figure, qui a permis d'exiger des vérifications, des changements, des améliorations. Il n'y a pas d'autres moyens de se prémunir des assauts sur nos capacités que la lutte.

Un travail et une production destructrice

La profitabilité de ces extractions potentielles est mise en avant à travers le cas des États-Unis, un cas très particulier puisque les exploitations s'y font a perte. Si des emplois spécifiques, lors de la mise en place sont créés, ils sont éphémères et diminuent largement après cette phase, tout en détruisant des emplois pérennes dans l'agriculture, ou le patrimoine. De nouveaux emplois cependant seront a prévoir : des propagandistes qui se chargent de rassurer tout le monde, celleux qui détruiront le paysage pour installer les forages, les compagnies payées pour livrer de l'eau potable aux personnes dont l'eau aura été contaminée, sans parler de ceux qui prescriront les médicaments et antidépresseurs aux survivants de ce désastre.

Propagande

Ce n'est pas tant l'exploration, ou l'exploitation, ou encore le type de ce qui est recherché (pétrole, gaz, lié au schiste ou pas4) qui pose problème, que la technique employée. Les autres techniques proposés, même si elles pourraient diminuer les intrants chimiques et la quantité d'eau, ne changent pas les problèmes dus à la fracturation elle-même (et ce n'est pas le renommage idéologique de cette technique par « stimulation » ou « massage », etc. qui changera la réalité).

Les médias de leur côté n'hésitent pas à montrer uniquement les élu·e·s locaux·les mobilisé·e·s (pas la population), ou réduisent la diversité des manifestant·e·s au terme « écologistes ». Les groupes locaux ne sont pas dupes et restent sur leurs gardes, prêts s'il le faut à la désobéissance civile pour empêcher les explorations en repérant et arrêtant les camions censés les permettre. D'autres préfèrent le terrain juridique et relèvent les vices de procédures.

Aux États-Unis d'Amérique du Nord, on n'hésite pas a payer pour faire taire, et dans notre pays, le lien entre les questions d'énergie et le secret d'État est connu, si on y ajoute le secret industriel derrière lequel certaines entreprises peuvent cacher leurs procédés, la transparence du pouvoir avance beaucoup moins vite, que le viol de l'intimité, le traçage et le fichage de la population.

Expertise & « Démocratie »

L'expertise au service du public donne des arguments de faible portée, fragile à manier par des non scientifiques, facilement remis en question par d'autres expert·e·s, et parfois le tri est difficile a faire5. Les arguments politiques sont par contre de notre ressort. En commençant par restaurer une conscience de classe qui a trop cédé la place au conspirationnisme6.

L'illusion de la « demande » auquel prétend répondre le libéralisme, est le fruit d'une organisation sociale qui favorise cette demande, et du passé de l'organisation socio-technique. Elle entraîne aussi l'aliénation des individus qui nie l'aspect social et politique du problème pour le réduire à celui d'une cohérence individuelle, au détriment des faibles libertés laissées par le rapport de classe et la paupérisation, ainsi que d'une critique d'une durée de vie tenue cachée (obsolescence programmée) et d'énergie dépensée à produire (trop) pour vendre et non pour des besoins désaliénés. Réalisant le projet libéral d'un zoo géant des modes de vie, ou le questionnement des outils de productions, puis de leur gestion est un interdit.

L'organisation autoritaire de la gestion de l'énergie (à travers l'imposition entre autre du renouvelable), doit laisser place à une organisation collective autogérée, locale et fédérée, qui critique dès le début l'organisation socio-technique vis-à-vis de laquelle nos besoins sont relatifs. C'est cette organisation qui doit être moins énergivore.
Une tendance qui peut être atteinte en rejetant le mode capitaliste de production et de régulation d'accès a cette production. Contrôler, maîtriser et gérer l'orientation de la production en prenant soin de sa durée de vie, des dégâts sanitaires et environnementaux, en visant des matériaux locaux, renouvelables, dont les techniques de réparation et d'entretien soient libre et facile d'accès, de compréhension et de reproduction.
Une journée internationale de lutte contre la fracturation hydraulique est prévue le 19 Octobre 2013.

Florian (Groupe de Montpellier -
Un Autre Futur)

1. Sur ces questions, on lira à profit l'oeuvre de Paul Virilio, « Accélération. Une critique sociale du temps » (2010) et « Aliénation et accélération » (2012) de Harmut Rosa, ou encore le « Relevé provisoire de nos griefs contre le despotisme de la vitesse à l'occasion de l'extension des lignes du TGV » (1991) de l'Encyclopédie des nuisances.

2. La recherche de l'accélération est structurellement due à la production en quantité industrielle qu'il faut redistribuer, transporter, ainsi qu'a une monopolisation de notre énergie et de nos affects à l'exploitation. C'est parce que le capitalisme nous vole notre décision (à travers ces exigences) des espaces et de la durée ou nous déploierons nos affections et nos énergies que naît l'ambition individuelle d'un gain de vitesse, l'envie d'une accélération a court terme.

3. À n'en pas douter le projet d'une société nationale proposée par le ministre Arnaud Montebourg y trouvera une place de choix.

4. Ainsi à Jouarre, en Seine et Marne, une plate-forme est déjà installée, aucune fracturation n'y a lieu pour l'instant, mais tout le matériel est sur place. Le 14 juillet 2013, François Hollande à déclaré que tant qu'il était au gouvernail, il n'y aurait « pas d'exploration du gaz de schiste en France ». Il ne s'est donc pas formellement opposé au pétrole de schiste, ni aux autres ressources qui pourraient être recherchées avec les mêmes techniques.

5. Il faut examiner leurs qualifications, leurs formations, leurs implications dans des groupes politiques (lobbying), s'ils/elles disposent juste d'un titre ou s'il s'agit d'une pratique au quotidien. Ils/elles doivent être qualifié·e·s pour parler de leur sujet s'ils/elles prétendent apporter des arguments scientifiques. Il arrive que des expert·e·s soient présenté·e·s de manière biaisée, ou encore qu'ils/elles aient des avis contradictoires, alors qu'ils/elles sont de compétences et d'indépendance égale. Il faut aussi savoir distinguer le savoir d'un·e expert·e d'un témoignage qu'apporte un·e expert·e.

6. Pour résumer rapidement notre critique : elle consiste à dire (sous l'inspiration de Chomsky) que les conspirations sont des pratiques sommes toutes courantes et qu'elles ne constituent pas l'essentiel des méthodes du pouvoir, mais qu'une toute petite partie quotidienne d'une part, et d'autre part qu'on peut distinguer l'hypothèse d'une conspiration, à l'occasion, de l'idée que tout est conspiration (qui là relève spécifiquement du conspirationnisme).
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