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(fr) France, OCL - Courant Alternatif CA #228 - A LIRE - Pouvoi ouvri à Port M arghera

Date Wed, 08 May 2013 10:59:47 +0300


Quelle surprise ! Voilà que... votre journal préféré, celui dont vous ne pourriez un seul instant vous passer, annonce qu’il a quelques menues difficultés. ---- Étonnant non, après ces presque dix ans, à tenir, dressés que nous sommes sur nos principes anti - pub, anti - hiérarchiques et anti - chapelles ! Il est qu’on a bien l’intention de continuer encore quelques siècles avec vous, vos contributions, vos propositions et les gains récoltés après que vous ayez mis en vente les quelques biens dont vous disposez. Vous aurez donc lu partout qu’on souhaite rassembler pas mal de caillasse pour vous – et nous satisfaire – encore et avoir les moyens de réaliser reportages, enquêtes, articles en étant un peu moins à l’étouffé. Même si l’on sait bien que l’air du temps est chargé de grosses difficultés, votre participation, quelle qu’elle soit, à CQFD répond aussi d’une mise en commun.

Ici, à Marseille, depuis notre
grotte, on gratte, on s’acharne et
s’échine. Ils n’ont pas fini d’entendre
parler de nous tous. Un grand merci à
toutes et tous.

PS : dernière vilenie, le prix de votre
mensuel est passé à 2,5 euros...


Pouvoi ouvri à Port M arghera

Devi Sacchetto et Gianni Sbrogio
POUVOIR OUVRIER À PORTO MARGHERA
- DU COMITÉ D'USINE À L'ASSEMBLÉE RÉGIONALE
(VÉNÉTIE, 1960-1980) Les Nuits rouges, 2012
14 euros

CET OUVRAGE EST LE DERNIER VOLET D'UN ENSEMBLE CONSACRÉ À L'AUTONOMIE OU-
VRIÈRE ITALIENNE. APRÈS LA FIAT (TURIN) ET LA MAGNETI MARELLI (MILAN), DEVI
SACCHETTO ET GIANNI SBROGIO FONT LA LUMIÈRE SUR PRÈS DE DEUX DÉCENNIES
D'ACTION OUVRIÈRE RADICALE DANS L'USINE MONTEDISON DE PORTO MARGHERA,
QUARTIER OUVRIER DE VENISE SITUÉ SUR LA TERRE FERME.

TROIS LIEUX, TROIS UNIVERS DIFFÉRENTS

Mirafiori, le site de la Fiat turinoise,
accueille environ 50 000 ouvriers à
la fin des années 1960. A la même
période, la Magneti Marelli en
compte près de 4 000, tout comme
la Montedison. A Turin et Milan
règne le secteur automobile ; à
Porto Marghera, la chimie est le sec-
teur de pointe. Si la Lombardie et le
Piémont sont des terres de vieille
industrialisation à l'histoire ou-
vrière importante, ce n'est pas le
cas de la Vénétie, région à domi-
nante agraire, l'industrie chimique
ne s'y développant qu'après 1945.
Dernière différence : alors que le
secteur automobile en plein boom
repose sur l'exploitation d'une
main d'oeuvre composée d'ouvriers
spécialisés pour une bonne part
venus de l'Italie du sud, à la Monte-
dison, l'usine comprend des ou-
vriers qualifiés (3000) et des
techniciens (1000), natifs de la ré-
gion et ayant gardé parfois un pied
dans l'agriculture. Beaucoup de
choses séparent ainsi Fiat, Magneti
Marelli et Montedison. Pourtant,
dans ces trois lieux, l'autonomie
ouvrière va quitter les livres et s'in-
carner dans l'action quotidienne.

DU COMITÉ OUVRIER...

A la Montedison, le comité voit le
jour en 1968 et défend des revendi-
cations en marge de celles avan-
cées par les bureaucraties
syndicales. Il se bat pour des aug-
mentations uniformes de salaires,
la parité entre ouvriers et employés
(congés, retraites...), pour la réduc-
tion des cadences ou l'intégration
des travailleurs de la sous-trai-
tance. Il fait également de la noci-
vité du travail dans l'industrie
chimique un enjeu central et polé-
mique. Alors que les syndicats
échangent souvent des conditions
de travail dangereuses contre l'oc-
troi de primes, le comité ouvrier re-
fuse de monnayer la vie du
travailleur : si des secteurs de
l'usine sont nocifs, les travailleurs
doivent s'en retirer et continuer à
toucher leurs salaires jusqu'à ce
que le patron ait effectué les tra-
vaux adéquats !

Comme les autres comités
ouvriers, il refuse la délé-
gation de pouvoir et se heurte donc
aux syndicats et au Parti commu-
niste. Mais Porto Marghera n'est
pas Milan ni Turin. Si là-bas le PCI
est un parti puissant, ici, son in-
fluence est moindre.

Qui sont ces travailleurs radicali-
sés ? Des militants politisés, ex-PC
ou PS, en lien avec les groupes d'ex-
trême - gauche, mais également
une nouvelle génération d'ouvriers
et de techniciens. En Italie, la vo-
lonté des techniciens de se démar-
quer des ouvriers était beaucoup
moins forte qu'en France parce que
l'identité de ce « groupe social »
n'était encore qu'en formation, et
que les opéraïstes italiens les consi-
déraient la plupart d'entre eux
comme des « producteurs de plus-
value », au même titre que les ou-
vriers. Dans toutes leurs luttes, ils
appliquent le principe opéraïste
« ne demande pas, prends ! et orga-
nise-toi en conséquence »

... À L'ASSEMBLÉE RÉGIONALE

En 1972, en désaccord avec la vo-
lonté des organisations d'extrême-
gauche (Potere operaio, Il Manifesto,
Lotta continua...) de se réinscrire
dans le jeu politicien ou syndical,
les militants du comité ouvrier fon-
dent avec d'autres comités véni-
tiens une Assemblée autonome ré-
gionale. Leur volonté est de sortir
des murs de l'usine et de lutter
aussi bien contre les loyers trop
chers, les hausses des tarifs de
l'électricité ou des produits de pre-
mière nécessité. Ils mèneront ainsi
quelques campagnes d'auto-réduc-
tion. Parallèlement, cette Assem-
blée régionale développera avec ses
revues, ControLavoro (Contre le tra-
vail) et LavoroZero (ZéroTravail) une
critique cinglante du salariat.

À partir de 1976, l'atmosphère
change. L'Assemblée régionale
n'est portée que par quelques di-
zaines de militants usés par une
décennie d'activisme. Parallèle-
ment, l'État italien, épaulé par le
PCI, se lance en 1979 dans une
grande opération de criminalisa-
tion de l'extrême - gauche au nom
de la lutte contre le terrorisme.
L'Assemblée régionale est décapi-
tée. L'autonomie ouvrière à Porto
Marghera a vécu, elle qui avait mis
en évidence le « potentiel d'une
classe subordonnée qui devient
sujet actif, et qui le devient par un
jaillissement interne d'autonomie
et de liberté ».

Patsy
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