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(fr) Coordination des Groupes Anarchistes CGA IAL #95 - Anarcho-syndicalisme face à la crise (en)

Date Mon, 06 May 2013 16:10:35 +0300


Invités par le groupe de Perpignan, le vendredi 25 janvier 2013, les compagnons Gaspar Fuster (CNT), Oriol Rigola (Negres Tempestes) et Moisès Rial (CGT-E) sont venus nous entretenir de la situation sociale espagnole actuelle et des perspectives qui s’ouvrent aux révolutionnaires et aux libertaires dans la période. ---- Des chômeuses et des chômeurs, ---- sans compter_! ---- La crise sociale que le système capitaliste engendre, a privé d’emploi six millions de travailleurs et travailleuses en Espagne. Selon les instituts officiels, le taux de chômage a atteint en janvier 2013 le taux record de 26%. Les femmes sont les plus touchées et le chômage atteint près de 55% de la population des jeunes. Selon la Fundación de Estudios de Economía Aplicada (FEAA), 1 million de jeunes, âgé·e·s de 16 à 19 ans ne sont ni à l’école, ni employé·e·s.

Ils et elles étaient moins de 400_000 il y a juste cinq ans.

Le gouvernement espagnol, prêt à faire des sacrifices sur le dos des plus démuni·e·s, a choisi ce moment de grande difficulté pour supprimer les prestations du RMR (le RSA espagnol) pour toute personne n’ayant jamais eu un contrat.

En Catalogne par exemple, il y a une personne sur quatre sous le seuil de pauvreté. Au niveau de l’État espagnol, 2 millions de foyers n’ont aucune entrée d’argent parce qu’ils ne regroupent que des chômeuses ou chômeurs. Comme on peut le voir, outre Pyrénées, la paupérisation est engagée à marche forcée…

Le logement…

Malgré sa faible densité de population (46 millions d’habitant·e·s), l’Espagne est leader en terme de construction_: 25 millions de logements dans tout le pays. Mais il faut signaler qu’entre 2,5 et 3 millions d’entre eux sont vides. L’INE parle même de 6 millions de logements inoccupés. Une précision est nécessaire_: en Espagne, la moyenne des appartements de location gérés par le public est de 0,5%.

Depuis 2009 et l’explosion de la crise en Espagne, on ne dénombre pas moins de 200_000 expulsions_! Il est vrai qu’il y a en moyenne 140 avis d’expulsion au quotidien, sur tout le territoire.

Récemment une basque, Amaia Egaña, s’est suicidée à l’arrivée des huissiers au moment d’être expulsée de sa maison. Relaté par la presse ibérique, ce fait dramatique, n’est malheureusement qu’un exemple parmi tant d’autres. En fait, cette crise du logement a généré un nombre très importants de suicides_: plus de 70 en un an pour la seule Catalogne. Parallèlement, le phénomène du «_squatt_» d’habitation recensé a augmenté de 50% à Madrid, avec une précision_: les squatters ne sont plus uniquement des jeunes…

Les coopératives,

un remède

contre le chômage_?

L’Espagne est le pays d’Europe où l’écart entre riches et pauvres s’est aggravé le plus ces dernières années. Cette dérive a commencé déjà sous le gouvernement socialiste.

En Espagne, les coopératives qui ont une tradition de longue date, vivent, dans la période, un renouveau incontestable. Les citoyens et les citoyennes prennent eux-mêmes leur vie en main. Sur fond de «_crise_», les coopératives reprennent diverses fonctions sociales qui ne sont plus assumées par l’État-providence. Les exemples sont nombreux dans les services de santé, les soins aux personnes dans le besoin et aux personnes handicapées, les services financiers, dans les domaines de la formation, des énergies renouvelables, des activités culturelles, de l’agriculture… D’après la CEPES (association espagnole des entreprises sociales), il y a 22 171 coopératives en Espagne.

Des coopératives de travail, de consommation et d’utilisateurs…

« Tout comme après la guerre civile, où beaucoup de villages, qui étaient privés d’éclairage électrique et d’eau courante, (fondèrent) des coopératives pour leur autosuffisance, ce modèle peut aujourd’hui servir pour compenser les réductions de prestations du gouvernement dans beaucoup de domaines sociaux_».

Un constat est certain_: il n’y a ni soutien, ni politique pour promouvoir l’économie sociale ou les coopérative_! Ces coopératives sont souvent créées « pour des raisons idéologiques. C’est un bon modèle qui donne la priorité au travail en faveur des êtres humains et non pas au capital…_»

Nationalisme et fausses solutions

Les nationalistes catalans, pour parvenir à leurs vœux d'indépendance, ont choisi d’occuper, peu à peu, les postes du pouvoir en Catalogne.

Ils ont crée leurs propres structures, parallèles et concurrentes de celles de l’État central. Il y a donc une police catalane (on voit d’ici le progrès…_!) comme il y a une université catalane. Dans cette fac, les étudiant·e·s d’aujourd'hui seront les cadres de la Catalogne de demain. Pour l'instant, ils et elles aspirent à être les meilleur·e·s pour, plus tard, pouvoir enfin se désolidariser de ces «_fainéants_» d'Espagnols. A coup sur, cela questionne – surtout quand ils et elles évoquent la Grande Catalogne de Perpignan à Valence, comme d'autres parlent d'une grande Serbie...

Même les indépendantistes qui disent lutter «_pour l'Indépendance et le Socialisme_», privilégient l'indépendance nationale, en abandonnant toute velléité de lutte sociale (contre les patrons) au profit de la lutte politique (élections). Pour les indépendantistes, patron·ne·s·, employé·e·s, chômeur·euse·s, ont un même intérêt : l'autodétermination du pays.



De tout temps, ces luttes de libération nationales ont été le prétexte pour la bourgeoisie locale de prendre le pouvoir grâce aux classes plus modestes, et ensuite pour les exploiter à leur propre profit. Ne rêvons pas, ce que veulent la bourgeoisie catalane, c'est pouvoir faire les profits qui jusque là ne sont réalisés que par la bourgeoisie espagnole !

Nos compagnons anarchosyndicalistes quant à eux, se déclarent favorable à l'autodétermination. Et ils désirent la pousser jusqu'à son terme le plus ultime, celle de chaque individu·e. Et pour cela, il ne s'agit pas de créer de nouvelles frontières, avec de nouvelles administrations centrales, polices et armées... bref de nouveaux États. Au contraire, ils savent qu’ils devront «_les détruire et avec eux tous les systèmes d'oppression (Églises notamment), qui ne sont que les instruments de la classe bourgeoise pour imposer sa domination. Si nous voulons créer une société fédérale et autogérée, de liberté et de solidarité, il faut nous en donner les moyens en construisant une organisation révolutionnaire de classe et libertaire, en un mot: anarcho-syndicaliste._»

Le rejet des politiciens

Les espagnol·e·s croient de moins en moins à la politique telle qu'elle est pratiquée. Ils et elles se méfient des politicien·ne·s. Dans ce contexte, les idées libertaires prennent un peu plus de place dans le débat. «_Les gens ont moins peur de nous_» déclarent nos compagnons libertaires. Il est vrai que les multiples scandales de corruption, qui éclaboussent tous les échelons de l’administration et les partis politiques ibériques, ont creusé un fossé entre les citoyens·ne·s et les dirigeant·e·s politiques.

Forts de ces constats, les anarchistes espagnol·e·s dénoncent bien évidemment le système avec la paupérisation des peuples, l'enrichissement croissant des riches, la corruption du personnel politique, sans omettre de critiquer les velléités d'indépendance des Catalans. «_C'est un écran de fumée, un mouvement de la bourgeoisie catalane. Le parlement n'est pas représentatif. Nous sommes pour l'indépendance des peuples et non celle d'un État_».

Ajoutons à tout cela, que dans les manifestations dites «_alternatives_» (qui regroupent la CGT et la CNT, entre autres), il y beaucoup de monde. Par exemple, dans celles du 14 novembre 2012, il y avait 100 000 personnes regroupées dans le cortège «_rouge et noir_», ce qui ne s’était pas vu depuis longtemps. Mais, ces impressionnants cortèges, de Madrid et Barcelone, ne doivent pas masquer le fait que l'anarcho-syndicalisme reste encore aujourd’hui une pratique minoritaire face aux centrales réformistes, totalement bureaucratisées et intégrées à la gestion du système.

Un espoir

«_Ce qui s'est passé en 1936 a marqué l'Espagne, le mouvement anarchiste fait partie de son histoire. Ce sera peut-être le ferment d'une nouvelle révolution_».

Groupe Puig Antich
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