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(fr) Coordination des Groupes Anarchistes CGA IAL #95 - Faut-il mourir pour avoir des papiers ? (en)

Date Sun, 05 May 2013 17:19:50 +0300


A Lille, du 2 novembre 2012 au 14 janvier 2013, des personnes sans papiers en lutte et organisées au sein du Comité des Sans-papier·e·s 59 (CSP59) ont menée une grève de la faim. 74 jours de jeûne en plein hiver dans des conditions extrêmement dures. Dans une grande indifférence et, finalement, pour pas grand chose. ---- À l'approche des dernières élections présidentielles, le CSP59 a entamé une série d'occupations afin de visibiliser leur lutte et pousser les candidats à la présidentielle à prendre en compte leur revendications : la régularisation de toutes les personnes sans-papier. De janvier à septembre 2012, le CSP59 a donc mené huit occupations de bâtiments publics et du siège de l'UMP. ---- Avec l'élection de François Hollande, Manuel Valls devient ministre de l'intérieur du gouvernement de «_gauche_». Soucieux d'être à la hauteur de ses prédécesseurs UMPistes, il œuvre pour la chasse aux sans-papier·e·s et le durcissement des procédures de régularisations.

Le 2 novembre 2012, cent trente sept personnes sans-papier entament une grève de la faim à la suite de l'occupation de la Maison de la Médiation dans la mairie de Lille. Elles et ils exigent leur régularisation et que le CSP59 redevienne un interlocuteur du préfet du Nord (qui avait cessé de l'être en 2007, avec la nomination par Sarkozy du préfet Canépa).

Fin novembre, les grévistes se regroupent dans l'église réformée de Fives. Le 4 décembre, sur demande de l'église, ils et elles sont évacué.e.s par une centaine de flics, GIPN en tête, fusil d'assaut à la main. Les grévistes trop épuisé·e·s pour marcher sont pris·e·s en charge par les pompiers, les autres prié·e·s d'aller sur le trottoir, sous la pluie. A la suite de cette expulsion, le CSP demande l'hospitalisation des grévistes afin d'obtenir un bilan de santé et de poursuivre leur jeûne sous surveillance médicale. L'objectif est également d'occuper l'espace public pour mettre les autorités politiques devant leurs responsabilités en cas d'accident. Comme à son habitude, le CHR de Lille fait le jeu de la préfecture. Les grévistes sont prié·e·s de quitter les urgences. Certain·e·s passent des nuits devant l’hôpital sous la pluie et la neige, des CRS leur barrant l'accès aux urgences. Dans les jours qui suivent, les grévistes de la faim sont dispersé·e·s dans différents hôpitaux de la région d'où elles et ils se font également exclure. Cet éparpillement rend la coordination entre les grévistes difficile. Des syndicats, comités locaux de soutien aux sans-papier·e·s ou encore No Border à Calais apportent leur soutien auprès des grévistes dispersés dans toute la région. La poursuite de la grève, isolé·e·s, en devint encore plus dure.

Le 21 décembre, les grévistes de la faim décident d'occuper l'église St-Maurice, en plein centre ville de Lille, à deux pas des rues commerçantes bondées à quelques jours de Noël. Ils et elles en sont expulsé·e·s le soir même sur demande de la paroisse. Les sans-papier·e·s en lutte passent alors la nuit dehors, sous la pluie. Une tonnelle est installée pour les abriter les jours et les nuits suivants. Durant l'expulsion de l'église, deux grévistes de la faim - désignés par la police comme meneurs - sont arrêtés et conduits au centre de rétention de Lesquin. Ils sont expulsés vers l'Algérie à leur 59ème jour de jeûne. A leur descente de l'avion, ils doivent être hospitalisés. Ils ne quitteront l’hôpital que plusieurs semaines plus tard.

Jusqu'à l’arrêt de leur jeûne, les grévistes sont resté·e·s sous la tonnelle installée sur le parvis de l'église St-Maurice. Lors des précédentes grèves de la faim, la ville de Lille avait mis des sanitaires à disposition des grévistes. Cette année, elle refusa. La mairie PS justifia ce refus d'une volonté de ne pas instrumentaliser la grève. Est-ce l'aveu que, lorsque le gouvernement UMP était aux manettes, la mairie PS de Martine Aubry n'avait pas de scrupule à instrumentaliser la lutte des sans-papiers et ne leur apportait un soutien matériel que pour afficher son opposition à l'UMP_? Quand ce sont ces petit·e·s camarades «_socialistes_» qui poursuivent la même politique intérieure qu'a mené la droite au pouvoir, Aubry ne peut tout de même plus se permettre de continuer à soutenir la lutte du CSP...

Suite à l'installation sur le parvis St-Maurice et face à l’indifférence générale que suscite la grève de la faim d'une centaine de personnes sous une tente en plein centre-ville pendant «_les fêtes_» de fin d'année, le CSP repris les occupations : section locale du PS, mairie de Lille. Partout le même renvoie vers le préfet de la part des membres du PS – dont le gouvernement nomme les préfets. À Paris, le pontificat est occupé pour obtenir le soutien de l'Église catholique envers les sans-papier·e·s en lutte, plutôt que de les laisser dormir dehors devant ses portes.

Durant la grève, des manifestations eurent lieux à Lille les mercredi et samedi de presque chaque semaine. Le samedi 22 décembre, deux cars du CSP75 viennent à Lille se joindre à la manifestation de soutien aux grévistes. Partout en France, divers collectifs apportent leur soutien à la grève de la faim par différentes actions. Début janvier, plusieurs manifestations de solidarité ont lieu dans différentes villes.

Le CSP réussit enfin à obtenir un rendez-vous avec la préfecture qu'au bout d'une cinquantaine de jours de jeûne. Au cours de cette rencontre et de celles qui suivirent, le préfet ne fit que rappeler la loi. Il avança dans ses communiqués que les dossiers des personnes en grève n'avaient pas été déposés ou qu'ils étaient incomplets. Finalement elle annonça que pour une partie des grévistes, elle examinerait leur dossier «_avec bienveillance_». Le 14 janvier, les 38 dernier·e·s grévistes cessèrent leur jeûne sans obtenir de régularisation.

GDALE-CGA
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