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(fr) France, Le Libertaire 66 du groupe Puig antich de la C.G.A* #18 - Un certain regard sur le 1er Mai

Date Thu, 02 May 2013 09:46:46 +0200


Le Samedi 1er mai 1886, à Chicago : cette date, fixée par les syndicats américains et le journal anarchiste « The Alarm » afin d'organiser un mouvement revendicatif pour la journée de 8 heures, aura des conséquences inattendue pour la classe ouvrière internationale. La grève, suivie par 340 000 salariés, paralyse près de 12 000 usines à travers les USA. ---- Le mouvement se poursuit les jours suivants. Le 3 mai, le meeting qui se tient près des usines McCormick donne ensuite lieu à des affrontements avec les vigiles privés qui protègent les "briseurs de grève". La police appelée en renfort tire sur la foule, provoquant la mort de deux ouvriers. ---- Le 4 mai, tout Chicago est en grève et un grand rassemblement est prévu à Haymarket dans la soirée. Alors que celui-ci se termine, la police charge les derniers manifestants.

C'est à ce moment-là qu'une bombe est jetée sur les policiers, qui ripostent en tirant. Le bilan se solde par une douzaine de morts, dont sept policiers.

Cela déclenche l'hystérie de la presse bourgeoise et la proclamation de la loi martiale. La police arrête huit anarchistes, dont deux seulement étaient présents au moment de l'explosion.

Mais qu'importe leur innocence ; un procès, commencé le 21 juin 1886, se clôt le 20 août par huit condamnations dont cinq à la peine capitale. Quatre sont pendus le 11 novembre 1886, malgré des preuves incertaines, le cinquième, Louis Lingg* s'étant suicidé la veille, dans sa cellule
Ils seront réhabilités plusieurs années après.

*Sur une stèle « vengeresse » du cimetière de Waldheim, à Chicago, sont inscrites les dernières paroles de l'un des condamnés, Augustin Spies :
« Le jour viendra où notre silence sera plus puissant que les voix que vous étranglez aujourd'hui ».

Trois ans plus tard, en juillet 1889, le congrès de l'Internationale Socialiste réuni à Paris, décidera de consacrer chaque année la date du 1er mai : journée de lutte à travers le monde.

Le « 1er mai » sera d'abord récupéré par les bolchéviques, puis par les nazis, et enfin par le régime de Vichy (en France), qui le transformera en « Fête du travail », sans jamais réussir totalement à lui enlever son origine libertaire.

Le 1er mai 1890, à Vienne (département de l'Isère), la population ouvrière, répondant à l'appel des anarchistes Louise MICHEL, Eugène THEVENIN et Piertre MARTIN, descend dans les rues pour inciter ceux qui travaillent à se mettre en grève. Le cortège arborant drapeaux rouges et drapeaux noirs et chantant « la Carmagnole » ne tarde pas à se heurter aux « forces de l'ordre ». Des barricades sont érigées, l'usine d'un patron du textile est pillée, mais les meneurs sont arrêtés. Des grèves spontanées se poursuivront durant une semaine. Trois militants anarchistes seront lourdement condamnés à Grenoble devant la Cour d'assises de l'Isère en août 1890, pour ces évènements.

De nombreux 1er mai seront marqués par des événements tragiques, comme à Fourmie (France) en 1891, où l'armée tira sur la foule, faisant 10 morts parmi les manifestants.

Le 1er mai 1891, à Clichy, près de Paris, se produisit un évènement, moins important que le massacre de Fourmie, mais qui aura néanmoins des répercutions inattendues. Quelques dizaines de militants réunis place de la République à Levallois-Perret improvisèrent, drapeau rouge en tête, une manifestation en direction de Clichy (commune voisine). Alors que les manifestants s'étaient arrêtés chez un marchand, des agents de police tentèrent de s'emparer de l'emblème séditieux. Une bagarre puis une fusillade s'ensuivit. Les manifestants parvinrent à s'enfuir à l'exception des anarchistes Henri Louis DECAMP, Charles Auguste DARDARE et Louis LEVEILLE qui restèrent aux mains de la police, laquelle s'acharnera sur eux.

Tabassés et blessés par balle, la police leur refusera les soins nécessaires. Ils seront pourtant lourdement condamnés le 28 août 1891. Cette injustice envers des compagnons trouvera un écho en la personne de RAVACHOL qui n'aura de cesse de les venger.

Le 1er mai 1891, à Rome, alors que la situation de la classe ouvrière s'est encore dégradée, les internationalistes anarchistes Amilcare CIPRIANI i et Galileo PALLA prenant la parole lors d'une manifestation, exhortent les ouvriers à l'action. Rapidement, des pierres sont jetées sur la police qui réagit en chargeant sabre au clair. Ces sanglants affrontements se soldent par la mort du charretier Antonio PICISTRELLI, ainsi que celle d'un policier, et fait également des centaines de blessés. Plus de deux cents personnes seront arrêtées les jours suivants, dont CIPRIANI et PALLA.

Photo de l'arrestation mouvementée de Jacob Law Le 1er mai 1907, à Paris, place de la République, durant la manifestation, l'anarchiste individualiste russe Jacob LAW, tire 5 coups de revolver du haut de l'impériale d'un omnibus sur les cuirassiers à cheval chargés de réprimer les ouvriers. Protégés par leurs cuirasses, un seul d'entre eux sera légèrement blessé. Arrêté par les voyageurs de l'omnibus, Jacob est fortement malmené, il échappe en fait de peu à un lynchage.

Le 9 octobre 1907, il sera condamné à 15 ans de bagne en Guyane, d'où il sera libéré le 10 mai 1924, mais il restera encore un an en relégation avant d'être gracié.
En-tête du numéro 3 du 7 juillet 1907

Le 1er mai 1907, sortie à Berne (Suisse), du premier numéro du journal "L'Exploitée". Organe des femmes travaillant dans les usines, les ateliers et les ménages. Publié par Margarethe FAAS-HERDEGGER, ce journal aura une influence considérable sur la syndicalisation des ouvrières, en particuliers sur les "faiseuses d'aiguilles" et deviendra leur organe de presse officiel dès octobre 1907.

Dépassant le cadre de la lutte des classes, cette publication impulsera également les revendications
féministes, néo-malthusiennes ou encore antimilitaristes. Sa publication mensuelle s'arrêtera en
septembre-octobre 1908.

Le 1er mai 1909, à Buenos-Aires (Argentine), place Lorea, alors que la manifestation anarchiste appelée par la FORA (Fédération Ouvrière Révolutionnaire Argentine) réunit plus de 30 000 personnes; le chef de la police, le Colonel Ramón FALCON, connu pour ses sentiments anti-anarchistes fait charger brutalement les manifestants: 8 personnes trouvent la mort et 105 sont blessées.

Les socialistes se joindront aux anarchistes et déclareront une grève générale illimitée. A partir du lundi 3 mai, la grève s'étendra aux autres villes de province tandis qu'à Buenos-Aires elle mobilisera 220 000 travailleurs. Durant une semaine dite "Semaine Rouge" la ville sera occupée par l'armée qui arrêtera ou expulsera 2 000 militants et provoquera un nouveau massacre en tuant 4 personnes lors de l'enterrement des ouvriers morts le 1er mai.

La grève générale prendra fin le 9 mai après que le gouvernement ait promis au comité de grève de respecter certaines exigences des travailleurs.

Le Colonel FALCON quant à lui sera éliminé le 14 novembre 1909, par l'anarchiste Simón RA
DPWITZKI.

Le 1er mai 1920, à Turin (Italie), alors que la grève générale du mois précédant est encore bien présente dans les esprits, le meeting devant la Bourse du Travail rassemble plus de cent mille personnes. Parmi les orateurs: l'anarchiste Raffaele SCHIAVINA. Mais le meeting terminé les manifestants sont chargés par la police qui tire sur la foule provoquant deux morts et une trentaine de blessés.

Le 1er mai 1931, à Barcelone, dans un climat de tensions sociales exacerbées se déroule la manifestation de la CNT. Des délégués du mouvement anarchiste international sont présent: Augustion SOUCHY (pour l'Allemagne), Ida METT et VOLINE (Russie), Camillo BERNERIE (Italie), Helmut RUDIGER (pour la Suède), Louis LECOIN et Pierre ODEON (France).

Un immense cortège évalué à plus de 100 000 personnes est rassemblé pour exiger de la nouvelle République une réforme radicale de la société. A 13 heures, la manifestation est bloquée par la Garde Civile. Un officier s'avance revolver au poing, Francisco ASCASO le rejoint pour parlementer, mais alors que le garde civil exige la dissolution immédiate de la manifestation, ASCASO le désarme d'un coup de poing.

L'officier désarmé recule alors avec sa troupe. DURRUTI brandissant un drapeau rouge et noir s'écrie « Passage à la FAI ». La foule envahit alors la place de la Constitution, mais à peine des membres de la commission sont-ils entrés dans le palais pour y porter les résolutions du meeting qu'une fusillade partant de l'édifice provoque la panique et les premières victimes dans les rangs des manifestants. Certains groupes d'ouvriers armés ripostent alors aux tirs malgré un appel au calme de DURRUTI (qui est blessé ainsi qu'Ascaso). Mais une compagnie de fantassins, commandé par le capitaine Miranda, en prenant le parti des manifestants met fin à l'affrontement.

Bilan: 1 mort et 15 blessés côté manifestants, 2 morts et plusieurs blessés du côté des gardes civils et des carabiniers.

Le 1er mai 1936, Espagne, sortie du premier numéro de la revue culturelle et de documenta-
tion sociale : « Mujeres Libres », organe et porte-parole des militantes anarchistes féminines espagnoles et de leur mouvement d'émancipation MM.LL. La revue, née deux mois avant que n'éclate la révolution, s'imposera rapidement par la qualité de ses textes et l'esprit révolutionnaire qui l'animera jusqu'en octobre 1938, avant que la défaite ne contraigne les militantes à la mort ou à l'exil.

Le 1er mai 1968, à Paris, lors de la traditionnelle manifestation, des bagarres éclatent autour du drapeau noir lorsque des communistes tentent d'exclure les anarchistes du cortège. Mais le drapeau noir va bientôt s'imposer dans les cortèges de manifestants durant les mois de mai et juin 68, et la contestation étudiante née à Nanterre va se déplacer à la Sorbonne.

Quatre des cinq condamnés à mort (Ling s'étant suicidé avent la pendaison) ont été réhabilités en 1893:
l'inanité des charges reconnues contre eux était flagrante.

Edi Nobras

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* Coordination des Groupes Anarchistes
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