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(fr) France, OCL - Courant Alternatif CA #228 - Prolétaires de tous les pays.. - CGT, de Bernard Thibault à Thierry Lepaon.

Date Sat, 27 Apr 2013 18:23:16 +0300


OUF! HUIT MOIS DE PRISE DE TÊTE POUR TROUVER LE SUCCESSEUR DE B THIBAULT. NADINE PRIGENT OU ERIC AUBIN? NI L’UNE NI L’AUTRE. LE FUTUR SECRÉTAIRE GÉNÉRAL SERA THIERRY LEPAON. AVEC LUI, CE SERA «UN STYLE DIFFÉRENT MAIS DANS LA CONTINUITÉ » NOUS DIT - ON. ---- DE B. THIBAULT... ---- 14 ans de mandat à la tête de la confédération. Rappelons qu’il était issu de la puissante fédération du rail. Il succède à Louis Viannet en 1999. Nouvellement élu, il était présenté comme « un homme nouveau, avec un style moderne ». Cette modernité, il l’affirmera, entre autre, notamment en 2005 en soutenant le traité Constitutionnel Européen. Il sera désavoué par le CCN (Comité Confédéral National), parlement de la CGT. Minoritaire, il se fera discret durant la campagne électorale qui
vit le NON l’emporter.

C’est sans doute cette modernité que dénoncera en le nom-
mant en août 2009 Xavier Mathieu, délé-
gué CGT de l’usine Continental à Clairvoix
alors en lutte: « les Thibault et compagnie
c’est juste bon qu’à frayer avec le gouver-
nement (1) à calmer les bases. Ils servent
juste qu’à ça cette racaille ». Notons rapi-
dement que durant la gouvernance des
quatorze années de B. Thibault à la tête de
la CGT, l’offensive libérale des gouverne-
ments successifs a pu faire passer et abou-
tir les différentes réformes des retraites
(2003, 2007 et 2010), la réforme de la repré-
sentativité syndicale avec le MEDEF et la
CFDT en 2008 et autres mesures d’austé-
rité anti sociales pour le bien-être des pa-
trons et du capital. Pendant que la CFDT
de Chérèque attirait les foudres en para-
phant des accords avec le MEDEF et autres,
le leader de la CGT composait discrète-
ment avec les gouvernements de droite et
le président Sarkozy où il avait porte ou-
verte. Les rôles sont bien définis. Comme
le traduisait un responsable patronal lors
du dernier accord « Wagram sur la fléxi-sé-
curité » signé voici peu entre MEDEF, CFDT,
CGC et CFTC : « nous anticipons la signa-
ture ou pas de la CGT au bas des accords.
Ses responsables en font-ils un casus-belli
ou se limitent-ils à une critique politique
(parfois musclée) ? La nuance est de taille
pour nous. Ce qui compte, c’est leur degré
de compréhension de l’accord. »

A...THIERRY LEPAON

Après treize ans de mandat on pourrait
s’attendre à ce que la base via ses fédéra-
tions propose et dispose de son ou sa
mandatée aux responsabilités de la confé-
dération ! Or, il en est ainsi du centralisme
démocratique ou plutôt bureaucratique,
c’est Nadine Prigent retraitée de la fédéra-
tion Santé qui sera proposée et imposée
par B Thibault pour sa succession. Hélas
pour lui, cette postulante, retraitée du ser-
vice public sera écartée par la majorité du
comité confédéral national qui lui oppo-
sera son candidat Eric Aubin. Candidat des
fédérations, issu du secteur du bâtiment.
Blocage et refus de part et d’autre. Le psy-
chodrame de quelques mois allait trouver
une issue et prendre fin avec un outsider»:
Thierry Lepaon sorti du chapeau de B Thi-
bault. Par 119 voix et 2 abstentions au CCN
(parlement de la CGT), l’adoubé du secré-
taire général sortant était officiellement
élu. Le sacre aura lieu sauf coup de ton-
nerre, lors du congrès de Toulouse en mars
où T. Lepaon sera intronisé.

C’est donc un chaudronnier du privé qui
succède au cheminot du public. Il a un
sens politique très aiguisé pour ne pas dire
plus, et aussi des faits d’armes. Adhérent à
la CGT très jeune, il est viré au bout de dix
mois de sa première boite, pour avoir
monté une section syndicale. Embauché
en 1983 à l’usine Moulinex à Cormelles le
Royal près de Caen, il y crée une section
syndicale CGT. « J’ai fait tous les étages de
la maison, jusqu’à siéger au conseil d’ad-
ministration ». C’est en 2000 que l’actualité
sociale le met au devant de la scène mé-
diatique. L’usine d’électroménager est en
faillite. Le groupe ferme les usines de Les-
quin (Nord) de Cormelles le Royal (Calva-
dos) et d’Alençon (Orne), jetant à la rue
3300 salariés sur les 5600. La lutte s’engage
contre la fermeture et contre les licencie-
ments. Malgré la résistance des salarié(e)s
et la solidarité des populations, la lutte
n’aboutira pas. Les fermetures seront dé-
finitives. A l'actif de Lepaon, avoir enfermé
la lutte localement et l'avoir subordonnée
à la recherche de repreneurs et d’actions
juridiques, alors que d’autres salariés en
lutte : Lu, AOM... proposaient une coordi-
nation et que le rapport de force et la soli-
darité avec d’autres travailleurs en lutte
l’exigeait. Qui mieux que son ennemi de
classe, P. Blayau le patron de choc de Mou-
linex de l’époque pouvait parler de ce dé-
fenseur des travailleurs en disant : « C’est
un garçon très intelligent, qui possède à la
fois le sens de l’exigence et celui du com-
promis. » Le PDG du groupe dira de lui :
« Malgré ses oppositions farouches, c’est
un pragmatique, un syndicaliste de haut
vol, avec une grande capacité d’analyse. »
Etonnante époque ou un syndicaliste est
plus loué par son tôlier, que par ses col-
lègues de travail ou ses camarades de
lutte. Aux salariés et autres syndicalistes
de chez Moulinex qui sont plus circons-
pects et dubitatifs sur le personnage, il ré-
torque : « en 2001 je me suis fais virer
comme les 3000 salariés du groupe. Des
parcours militants se sont arrêtés là. Le
mien s’est poursuivi. Il y a forcément de
l’amertume. » Les autres licencié(e)s
resté(e)s sur le pavé continuent la lutte
sous de multiples formes, même l’usine
rayée de la carte. En 2004, ils/elles créent
l’APIC.Mx (2). Cette résistance permettra à
568 d’entre eux, voici peu, de toucher les
indemnités de licenciement... L’ex leader
CGT ne s’y est jamais investi et les licen-
ciés attendent toujours de le voir à leurs
côtés. T. Lepaon parmi les derniers licen-
ciés ne rencontrera pas les mêmes diffi-
cultés et angoisses du lendemain que ses
ex collègues. Sa traversée du désert sera de
courte durée. Dès la fin 2001, il devient se-
crétaire de l’Union Départementale CGT
Calvados, succédant à G. Leneveu (aussi
membre du PCF). « Il avait déjà l’étoffe d’un
secrétaire confédéral », dira ce dernier. Puis
en 2006, il dirige l’Union Régionale CGT
Normandie. « Il ne se laisse impressionner
par personne. Il est habile et déterminé »
écrit D. Gros (3). En 2008, il conduit la délé-
gation CGT lors de la négociation sur la ré-
forme de la formation professionnelle.
Puis, dès 2010 il représente la CGT au
CESE : Conseil Economique Social et Envi-
ronnemental.

LA CONTINUITÉ PAR DÉFAUT

Le psychodrame qui durait depuis le mois
de janvier n’a sans doute pas embrasé les
militants et adhérents de la CGT, qui
avaient d’autres préoccupations immé-
diates tant les coups portés contre le
monde du travail pleuvent. Et, ce ne sont
pas les huit mois de gouvernement so-
cialo-écolo qui leur ont laissé le loisir d’y
penser. A peine sorti du chapeau de B. Thi-
bault, les rumeurs plus ou moins organi-
sées autour du personnage Lepaon, et de
son parcours d’apparatchik CGTiste n’ont
pas manqué. Adhérent au PCF, mais sans
jamais y participer, dit-il. Chez les francs
maçons ! « Je ne l’ai jamais été et ne le se-
rais jamais », assène-t-il à ses détrac-
teurs. « Arrivé à la présidence du CESE, j’ai
lu une dizaine de livres sur la franc ma-
çonnerie pour comprendre comment ça
marchait, parce que quand on préside un
groupe dans une instance comme celle-ci,
il faut savoir comment fonctionnent les ré-
seaux », conclut-il. Pragmatique jusqu’au
bout, mais après son atterrissage raté au
CESE (voir encart), il saura se faire recon-
naître et est vite apprécié par R. Soubie,
(voir encart) PDG d’Alixio et ex-conseiller
social de N. Sarkozy. Relation qui évitera à
la CGT de perdre une vice présidence. No-
tons qu’au CESE il est co-rapporteur d’une
réflexion sur l’ouverture à la concurrence
des services ferroviaires régionaux voya-
geurs. Mais au-delà du simple avis, c’est
l’acceptation implicite de la libéralisation,
de la privatisation en cours dans ce sec-
teur, qu’il exprime pour la CGT. « Il est plu-
tôt sympa, c’est pas un doctrinaire. J’ai
travaillé en bonne intelligence avec lui »
dira JM Geveaux député UMP de la Sarthe
et son co-rapporteur. C’est sans doute avec
la même ouverture d’esprit et pour mieux
étudier les réseaux patronaux qu’il fré-
quente le « Club du Quadrilatère ». Moins
célèbre que les rendez-vous du « Siècle » il-
lustré par le documentaire de P. Carles :
« Les nouveaux chiens de garde », le cercle
du Quadrilatère se veut plus discret, plus
informel. Crée par l’ex journaliste D. Bro-
gnard, membre de l’IUMM (4), de ce cercle
de rencontres et discussions entre patrons,
syndicalistes, DRH (Directeurs de Res-
sources Humaines), journalistes et autres
invités : « rien ne doit sortir, tout est en OFF
pour faciliter les échanges ». A ceux qui re-
prochent au futur secrétaire de la CGT ces
petites bouffes entre amis, il
répond : « heureusement que des syndica-
listes rencontrent des patrons ».

SECRÉTAIRE GÉNÉRAL ET MIROIR DE LA
BUREAUCRATIE

Personnage complexe ou apparatchik am-
bitieux ? Le psychodrame de la succession
tenait bien plus à des blocages autour de
personnes à désigner, d’ambitions person-
nelles, de conflits d’individus et de pré
carré à défendre par des fédérations, que
de divergences politiques de fond sur la
crise en cours et l’orientation de la cen-
trale. D’ailleurs l’équipe sortante ne pré-
sentent pas de bilan de son mandat passé,
mais des bilans d’activité, où problèmes et
contradictions ne sont pas abordés. La tra-
jectoire de Thierry Lepaon et sa nomina-
tion par défaut et fort consensus, n’en font
pas l’homme des ruptures tant souhaitées
par des militants de base. Salué et loué par
les différentes parties de la bourgeoisie, il
ne peut être que l’homme de la continuité
au service du capital. Tout cela aux dé-
pends des salariés qui luttent à PSA, Re-
nault, Arcelor ... et aux dépends des
militants CGT et adhérents qui sur le ter-
rain initient ou sont engagés dans ces
luttes.

Lors de son rapport devant le CCN voici
peu, il dénonçait « nous sommes en guerre
au sens propre et au figuré du mot » (5) puis
dans le Journal Du Dimanche, « Hollande
est dans la continuité de Sarkozy ». Un tel
propos de la part d’un dirigeant confédéral
a dû réjouir plus d’un sceptique et opposi-
tionnel CGTiste. Comment comprendre
cette radicalité soudaine dans le discours
de la part de T. Lepaon que la bourgeoisie
salue pour son pragmatisme ? Cette radi-
calisation traduit-elle les inquiétudes de la
bureaucratie syndicale dont il est le miroir,
face à la grogne qui monte des luttes ? La
vague de restructurations, de licencie-
ments annoncée donne de l’ampleur à la
solidarité et aux résistances en cours tel le
soutien aux grévistes de PSA. Certes cette
solidarité se cherche mais des liens se tis-
sent à la base entre travailleurs en lutte et
en grève. Au-delà de l’effet oratoire et mé-
diatique n’est-ce pas aussi une mise en
alerte obligée pour les bonzes syndicaux à
ne pas se laisser déborder ou surprendre
par la révolte qui gronde de plus en plus
agissante aux portes des usines ? Une mise
en alerte pour mieux l’accompagner, l’en-
cadrer. Après tout M.Valls le premier flic de
la bourgeoisie n’a-t-il pas montré l’exem-
ple en collant ses brigades de flics au plus
près des conflits à risque ? Sarkozy avait
compris le poids et l’enjeu positif d’un par-
tenariat avec la CGT de B. Thibault pour
faire passer ses réformes et autres me-
sures anti sociales. En gonflant ses mus-
cles vers sa gauche syndicale, Lepaon veut
non seulement rassurer en interne mais
rappeler au gouvernement au MEDEF et à
la CFDT que le psychodrame au sommet
est terminé. Que la CGT doit retrouver la
place qui lui revenait dans le partenariat
syndical surtout dans le paysage social
tourmenté qui se profile. Un signal d’abord
vers F. Hollande et son gouvernement à ne
pas ignorer ou minorer la CGT bien plus
qu’un appel pour une mise en route des
militants contre la politique de la bour-
geoisie. Car comme le souligne un secré-
taire départemental du Rhône sur la
conduite prochaine de la CGT : « Il n’y aura
pas ou peu de changement ».

[1] De Nicolas Sarkozy.

[2] Accompagner
Professionnaliser
Insérer Créer. Moulinex.
Collectif de défense
juridique et de
solidarité avec 917
adhérents.

[3] Auteur du livre :
Moulinex, ils laisseront
des traces.

[4] Union des In-
dustries Métiers
Métallurgie. Celle
qui distribuait des
valises de fric aux
syndicats.

[5]Allusion à la si-
tuation sociale en
France mais aussi
à l’intervention
française au Mali.
MZ Caen le 15 02 2003.


Raymond Soubie

A créée Alti médiat, cabinet spécialisé en ressources hu-
maines. Conseilla 80% des entreprises du CAC40.
Nommé sous E. Balladur puis conseiller de JP Raffarin
devint en 2007 conseiller aux relations sociales sous N.
Sarkozy. Objectif : moderniser le modèle social français
par la négociation permanente avec les syndicats.

CESE : Conseil économique
Social et Environnemental.

Troisième assemblée constitutionnelle après l’Assem-
blée Nationale et le Sénat. Il est Composé «des forces
vives de la nation» ; 233 conseiller(e)s. Nommés par le
premier ministre pour certain(e)s ou, issus des syndi-
cats CGT, CFDT, FO etc. Syndicats patronaux : Medef,
CGPME etc. Y siègent également nombre personnalités
d’associations multiples. Il traite de l’économie et du
dialogue social (140 membres), de la cohésion sociale
(60 membres) et, de la protection de la nature et de l’en-
vironnement (33 membres). Sa mission : émettre des
avis et conseiller le gouvernement, l’assemblée et le
Sénat dans l’élaboration des lois et décisions relatives
au domaine public. Bref un lieu de collaboration de
classe par excellence.
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