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(fr) France, Organisation Communiste Libertarie - Courant Alternatif CA #228 - Grève à PSA Aulnay : Marre des promesses, des jaunes et du patronat!

Date Thu, 18 Apr 2013 14:48:41 +0300


LES OUVRIERS DE PSA AULNAY SONT EN GRÈVE DEPUIS LE 16 JANVIER 2013. A L'HEURE OÙ CET ARTICLE S'ÉCRIT , CELA FAIT UN MOIS QUE LES CHAÎNES DE PRODUCTION SONT BLOQUÉES. LES OUVRIERS LUTTENT CONTRE LA PERTE PROGRAMMÉE DE LEURS BOULOTS (FERMETURE PRÉVUE DU SITE D'A ULNAY EN 2014) ET PLUS LARGEMENT LA SUPPRESSION DE DIX MILLES POSTES EN EUROPE. EN JEU : LEURS EMPLOIS, MAIS AUSSI LA DIGNITÉ DE CEUX QU'UNE DIRECTION AUX DÉRIVES MAFIEUSES A RENDU RAGEUR. ---- Il suffit de mettre un pied dans l'usine de Peugeot Citroën d'Aulnay-sous-bois pour le comprendre : on en pond un paquet de bagnoles ! Ici, c'est de la C3 dont il s'agit. ---- Ou plutôt, c'était. Car les ouvriers grévistes ont réussi à bloquer les chaînes de production. Il sont quelque centaines chaque jour à se rassembler autour de la « Place de la grève » au milieu de l'usine.

Deux assemblées générales par jour, une le matin
et l'autre l'après-midi. Et le reste du temps,
ça discute des actions à mener à l'exté-
rieur et surtout, on continue à motiver les
collègues qui viennent pointer pour qu'ils
rejoignent le mouvement. Mais quel mou-
vement au juste ? Le mot d'ordre c'est :
« non à la fermeture du site d'Aulnay ». Et
les revendications : un CDI pour tous et des
pré-retraitres à cinquante cinq ans.
Seulement, voilà un an et demi que la CGT
a révélé une note secrète indiquant que la
direction de PSA prévoyait depuis 2010 de
fermer le site d'Aulnay (1). On connaît la
chanson : la main d’œuvre française coûte
trop chère, il faut rester compétitif ou
mourir, les bagnoles se vendent moins et
puis la crise, toujours la crise. C'est tout un
système qui la pousse cette chansonnette,
pas seulement la famille Peugeot, qui en
gagne du blé, soyons clair. Disons que sur
les politiques économiques d'une grosse
boîte à l'internationale comme PSA, choi-
sir entre des noms sur un tableur
excel – encore faut-il les lire – et une
relance des profits sur le long terme, c'est
tout vu. N'importe quelle boîte dont les bé-
néfices se calculent en dizaine de milliards
fait de même. Goodyear, Sanofi, Virgin sont
autant d'exemple de circonstance. On en
revient au capitalisme, comme système
d'accumulation du capital.

Là où PSA Aulnay sort du lot c'est à travers
ses pratiques mafieuses. L'usine fut créée
en 1972 comme une usine « modèle », au
sens où la contestation ne devait pas y
avoir sa place. A l'époque, on privilégiait
l'embauche d'ouvriers immigrés recrutés
directement dans leur pays d'origine. De
préférence des paysans illettrés du Ma-
ghreb ou des travailleurs français dont le
passé était scruté pour éviter tout syndi-
caliste ou gréviste en herbe. Et comme
preuve d'affection paternaliste, il était bien
vu d'adhérer au syndicat patronal et
d'avoir en main la « petite carte de la tran-
quillité »(2) . Si en plus on ramenait du
couscous du bled et une bouteille de Ri-
card, les supérieurs garantissaient leur
bienveillance. La grève de 1982 changea en
partie la donne mais pas fondamentale-
ment la manière dont la direction fait de
la politique.

Aujourd'hui encore, elle maintient les
pressions directes et indirectes. Depuis le
début de la grève, six syndicalistes ont été
mis à pied en vue d'un licenciements, et
les sanctions disciplinaires fusent. L'autre
jour, un des grévistes était accusé d'avoir
bloquée une chaîne à lui tout seul et d'être
responsable de blessures contre un cadre
qui, ayant reçu un œuf sur l'arcade sourci-
lière serait tombé à terre et aurait perdu
connaissance... Ce sont eux, d'ailleurs, les
cadres de l'extérieur, les « jaunes » qui
n'hésitent pas à inventer tout et son
contraire pour sanctionner les ouvriers.
« Nous avons observé des grévistes, en
civil, sous le regard vigilant de la maîtrise,
bras croisés, en blouse de travail, dont 200
membres ont été appelés des autres sites
PSA pour tenter de casser la grève. Nous
avons aussi constaté l'accueil menaçant
des compagnies de vigiles embauchés
pour l'occasion, postés sur le parking » .
Quand on arrive à l'usine pour la première
fois, on reste en effet hébété devant la
ligne de quelque dizaines de personnes en
brassards jaune fluo et lunettes de protec-
tion qui, debout, dissuadent de leur seule
présence ceux qui voudraient se mettre en
grève. Certains d'entre eux notent tout ce
qui se passent, ce sont les huissiers et les
autres regardent, et pensent, pensent à
leur gros salaire qui va tomber, à la ma-
nière de s'auto-justifier leur trahison, leur
renoncement. Ils restent stoïques de 6h le
matin à 22h le soir, même lorsque les gré-
vistes dansent devant eux en traînant par
terre une pièce de boucher devant ces
chiens du patronat, hués en cœur. Alors
bien sûr, la revanche prise dans l'immédiat
sur la hiérarchie ne pèse pas lourd dans le
rapport de force. Mais elle fait plaisir, elle
délie les langues, elle participe de la fra-
ternisation des ouvriers entre eux, qui
n'ont plus peur de se moquer de ceux et
de les insulter aujourd'hui alors qu'hier ils
leur donnaient des ordres.
Mais cela n'empêche pas les ouvriers gré-
vistes d'être présent à l'intérieur et à l'ex-
térieur. Ils défilent dans l'usine, tiennent
leurs assemblées générales où on parle
sans attendre que d'autre le fassent à leur
place, on interpelle les non - grévistes et on
est là quand certains sont convoqués pour
être sanctionnés. A l'extérieur, les gré-
vistes font tourner leur caisse de grève
dans d'autres boîtes en luttes, font passer
le message, organisent des péages gratuits,
des moments de sensibilisations dans les
lieux publics, et dernière en date, ils ont
interpellé le Président de la République au
stade de France. C'est pas l'imagination
qui leur manque, ni la motivation d'ail-
leurs. Parce qu'après un mois de grève, ils
sont toujours debout.
Alors oui, on pourra toujours parler des
négociations en cours, des promesses
contradictoires et jamais tenus par les res-
ponsables politiques, des mensonges et
des gains de temps de la direction, ça tien-
drait sur trois pleines pages et ça nous
avancerait à quoi ? Au seul et unique fait
que c'est aux ouvriers eux-même de déci-
der de leurs avenirs. Terminé les réunions
tripartites, terminé la confiance envers le
constructeur automobile, fini les négocia-
tions au sommet. Ce qu'ils veulent, ils le
prendront. Point barre.

[1] PSA et le
gouvernement, cinq
ans d'aides et de
promesses, Le Monde,
12.07.2012

[2] De la dignité à
l'invisibilité. Les OS
immigrés dans les
grèves Citroën et
Talbot (1982-1984),
Vincent Gay


Pablo Izquierdo
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