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(fr) France, Organisation Communiste Libertarie (OCL) Thatcher est morte, jour de liesse pour la classe ouvrière (en)

Date Fri, 12 Apr 2013 18:37:48 +0300


Pas très politiquement correct de se réjouir de la mort de quelqu’un. Ben justement ça nous fait une autre raison et même en plus de regretter qu’elle n’ait pas été dessoudée 30 ans plus tôt ! Pas très matérialiste de réduire l’écrasement de la classe ouvrière et l’avènement des dérèglementations à une personne. Certes, mais quand même nous ne pouvons que communier avec la joie qui s’exprime aujourd’hui dans la classe ouvrière de Grande-Bretagne. ---- Nous mettons en ligne quelques liens significatifs, et particulier le chant des supporters de Liverpool tel qu’il s’exprimait il y a encore quelques mois. ---- The day that thatcher dies http://www.youtube.com/watch?v=s4BCUWopQQ4&feature=player_embedded# ---- Le site de Ian Bone : des informations sur les fêtes en cours ou à venir afin de célébrer comme il se doit la mort de Thatcher. http://ianbone.wordpress.com/2013/04/08/thatcher-died-this-morning/

When maggie thatcher dies we,re all avin a party “Chant des supporters de Liverpool”.
http://www.youtube.com/watch?v=x-4FJcnX0i8

Rappelons le livre d’Henri Simon "To the bitter end, la grève des mineurs en Grande-Bretagne (mars 1984-mars 1986)" paru aux éditions Acratie (12 euros port compris... Acratie l’Essart, 86310 La Bussière, chèque à l’ordre d’Acratie)

Et puis la brochure Poll Tax ci-dessous éditée en 1990. Les futurs initiateurs du journal "la Mouette Enragée" firent paraître une brochure à propos d’une lutte populaire et de masse qui marqua le début de la décennie en Angleterre, la lutte contre “la Poll Tax”. Ce fut l’occasion pour quelques un-es d’entre nous de nous rendre outre Manche et d’y rencontrer des camarades engagés dans ce combat. Nos échanges se poursuivirent quelques temps. Le texte que nous présentons ici témoigne de ces rencontres qui se déroulèrent à chaud, durant cette période.

La Mouette Enragée - BP 403 - 62206 Boulogne sur mer Cedex ou
lamouette.enragee@wanadoo.fr

http://lamouetteenragee.over-blog.com/

Thatcher est morte, jour de liesse pour la classe ouvrière

Durant la lutte de la Poll-Tax, qui opposa la classe ouvrière de Grande-Bretagne à la politique de Margaret Thatcher, quelques membres du groupe de Boulogne-sur-mer se rendirent à Londres en solidarité mais également pour comprendre comment on se mobilisait et on résistait dans les quartiers jusqu’à parvenir à faire reculer la bourgeoisie.

De ces quelques allers et retours auprès de camarades de l’Anarchist-Communist-Federation et du groupe Class-War, nous avons à l’époque tiré matière à publication. La brochure que nous avions édité en 1990 est toujours consultable sur le site :

Brochure Poll Tax

En 1990, les futurs initiateurs du journal "la Mouette Enragée" firent paraître une brochure à propos d’une lutte populaire et de masse qui marqua le début de la décennie en Angleterre, la lutte contre “la Poll Tax”.
Ce fut l’occasion pour quelques un-es d’entre nous de nous rendre outre Manche et d’y rencontrer des camarades engagés dans ce combat. Nos échanges se poursuivirent quelques temps. Le texte que nous présentons ici témoigne de ces rencontres qui se déroulèrent à chaud, durant cette période.

Préface

Depuis plus d’un an, les îles britanniques. sont secouées par un mouvement de masse et de classes : la lutte contre la POLL TAX. Des millions de personnes refusent de payer un nouvel impôt qui frappe les plus pauvres au profit des plus riches. Occupations de conseils municipaux, manifestations et affrontements dans les rues, refus de collaborer d’employés administratifs, sabotage et destruction de fichiers, solidarité active entre les communautés, les travailleurs, les chômeurs, les quartiers, les régions... sont autant de formes d’actions directes qui remettent en cause la politique féroce des partisans de Margaret Thatcher à l’égard de la classe ouvrière.
Certes,, le Royaume-Uni connaît une longue tradition de grèves, et de mouvements sociaux “durs”.. Ces dernières années, les mineurs, les ouvriers du livre, ceux des ports et des chantiers navals, l’ont amplement prouvé. Cette fois, de par sa nature même, il s’agit d’un mouvement qui dépasse les corporatismes et touche l’ensemble de la classe ouvrière, les travailleurs mais aussi les chômeurs, les immigrés, les femmes à la maison... en un mot le prolétariat.

Face aux informations partielles, sinon volontairement tronquées des médias en France, nous avons voulu essayer d’expliquer de la façon la plus claire possible ce qui se passe dans un grand pays voisin. Au moment où l’on dénonce à juste titre les monstruosités de ces systèmes, de l’Europe de l’Est qui se prétendaient “communistes”, “socialistes”. “ouvriers” mais n’étaient en fait que la forme la plus étatique de 1’exploitation capitaliste, il importe de dire et de redire qu’à l’Ouest aussi, le capitalisme provoque : misère, chômage, exclusion et racisme.
Patrons et politiciens occidentaux se sont réjouis trop vite : en Grande Bretagne, ultra-libéraux au pouvoir et réformistes sociaux-démocrates en font l’expérience.

I. QU’EST-CE QUE LA POLL TAX ?

Jusqu’en 1989 l’impôt local sur l’habitation, connu sous le nom de OLD RATFES SYSTEM (ORS) était calculé comme la taxe d’habitation française sur la valeur du logement. Le gouvernement conservateur de M. Thatcher, poursuivant sa politique économique ultra-libérale, décide alors de supprimer l’ORS et de le remplacer par un nouvel impôt dont le nom officiel est COMMUNITY CHARGE (taxe communautaire). Les Tories (conservateurs) sont bien les seuls à s’accrocher à ce terme qui se veut rassurant .Très vite, la population va identifier la nature du nouvel impôt qui bien loin d’être "communautaire”, est profondément inégalitaire. D’où le nom populaire de POLL TAX qui peut se traduire par "impôt par tête”.

1) Le fonctionnement de la Poll Tax

La Poll Tax est due par toute personne âgée de plus de 18 ans, sans distinction de biens et de revenus. Concrètement, cela veut dire qu’un patron demeurant dans une belle villa va payer la même Poll Tax que l’ouvrier qui travaille pour lui et habite en HLM alors que leurs revenus et leurs conditions de logement sont bien sûr ,fort différents. Le nouvel impôt est donc fondamentalement injuste. La Poll Tax n’est pas identique pour tout le pays. Ce sont les conseils de chaque municipalité qui en fixent le montant après délibération publique (ou secrète).

Le gouvernement central "recommande” à chaque municipalité "un taux d’imposition qu’il juge "acceptable" mais chaque Conseil de ville (ou de quartier dans les grandes agglomérations comme Londres) reste libre de fixer le montant final. Les chômeurs et les retraités ne devraient payer "que" 20% du nouvel impôt mais cela sera calculé sur un taux moyen national fictif décidé par le gouvernement. Mais les effets pervers de la Poll Tax ne s’arrêtent pas là. Les femmes de la classe ouvrière vont être particulièrement touchées : celles qui travaillent représentent un fort pourcentage des plus bas salaires et, bien sûr, beaucoup font un travail non rétribué (s’occuper des enfants, de la maison etc ...) Dans tous les cas, elles devront payer le plein tarif.

Les familles d’origine africaine et asiatique, traditionnellement nombreuses à habiter sous le même toit, paieront un lourd tribut et ce, d’autant plus qu’elles habitent les quartiers paupérisés des centres ville, là où le montant de la Poll Tax est souvent le plus élevé.

2) L’ Écosse : une région test

La Poll Tax est entrée en vigueur en Écosse en avril 1989 et en avril 1990, soit un an plus tard en Angleterre et au Pays de Galles. Pourquoi cette discrimination ?
L’Écosse, très durement touchée par la récession de ses industries lourdes, est une région qui possède néanmoins une solide tradition ouvrière. Premières victimes de la politique de restructuration économique du gouvernement conservateur, les travailleurs et plus encore les nombreux chômeurs écossais qui vouent à Madame Thatcher une haine sans faille. Il est donc logique que la “Dame de Fer" ait voulu faire payer 1es écossais les premiers et ce, non pas par simple mesquinerie, mais bien pour tester les réactions d’une population qui lui est très majoritairement défavorable. Le rôle joué par les écossais dans la lutte contre la Poll Tax est comme nous le verrons plus loin, de première importance. Remarquons enfin que si nous parlons dans cette brochure de la lutte en Grande Bretagne et non pas au Royaume Uni, c’est parce que ce dernier, en plus de la Grande Bretagne (Écosse, Angleterre et Pays de Galles) comprend l’Ulster ou l’Irlande du Nord. Or au moment où nous écrivons ce texte, nous ne connaissons pas encore la date de l’introduction de la Poll Tax en Ulster. Étant donné la situation de lutte armée qui règne en Irlande du Nord, le Gouvernement Thatcher sait parfaitement ce à quoi il doit s’attendre dans cette région. Pourtant, il lui sera difficile, sauf à perdre totalement la face, d’exempter l’Ulster de la Poll Tax.

3) Un peu d’histoire... Maggie aurait-elle la mémoire courte ?

Début de l’année 1381, il relève du suicide pour les officiers du roi, d’aller collecter la taxe, la Poll Tax la première. La haine du peuple va croissante, de plus les commissaires royaux se livrent impunément à des procédés révoltants lors du recensement des adultes. Par exemple, l’information vient du Kent, ils se réservent un droit d’”examen" des jeunes filles afin d’établir leur état de virginité. Si tel n’est pas le cas, elles sont soumises à la Poll Tax, puisque déflorées, elles sont considérées comme adultes. Un vent de révolte souffle sur l’Angleterre de Richard II, les recenseurs sont chassés ou bastonnés par les paysans furieux. Les collecteurs de Londres et du Middlesex refusent de faire leur travail dans les campagnes, ils jugent dès lors leur tâche comme suicidaire...
Ce qui inquiète présentement le roi Richard II, c’est l’arrivée chaotique et triomphale des paysans rebelles de Canterbury. Leur colère est grande et croissante, comme leur nombre. Nous sommes le 10 juin 1381, les six jours à suivre seront rudes pour l’Angleterre.
En 1371, Richard II a fait voter une loi de capitation, un impôt par tête, qui coûtera d’ailleurs la sienne à Robert Hales, trésorier du roi le 15 juin 1381, et depuis six mois déjà le peuple gronde, mais la couronne contient encore la colère populaire. Mais la Poll Tax du roi affame les ouvriers, les paysans et autres pauvres d’Angleterre : la crise nationale !
Rappelons que l’impôt est alors d’un shilling par individu adulte de plus de 15 ans, soit donc trois jours de travail, et selon le mode de calcul de l’impôt, une famille de cinq adultes laisse au trésor royal quinze jours de travail.
La rébellion est là maintenant, aux portes de Londres. Les révoltés de l’Essex, les insurgés du Kent et les pauvres ramassées çà et là lors de la marche vers Londres, passent par le London Bridge le 13 juin 1381, avec à leur tête l’ouvrier Wat Tyler, très en colère. La masse furieuse, grossie encore par les pauvres de Londres déjà affairés à saccager le palais de Jean de Gand, oncle du roi, marche dans la capitale encouragée par les prédications très radicales du prêtre John Ball.
Le 15 juin 1381, la révolte atteint des sommets ; Hales, le médecin du roi, Sudbury - conseiller du roi - et quelques étrangers sont décapités, rien ne fera reculer Tyler. Pourtant ce même jour, le leader du peuple Wat Tyler est assassiné par le maire de Londres William Walworth dont la maison avait été ravagée par les insurgés. Richard II continue la répression et finalement, privé de son leader, le peuple s’en retourne dans sa campagne et ses bas-fonds miséreux, furieux, frustré, blessé, mort, vaincu... Plus tard à Coventry, on arrête John Ball, il est pendu.

Source : "L’autre Journal" (n° 1, mai 1990)

II. LES LUTTES ANTI-POLL TAX

La Poll tax est si impopulaire qu’elle entraîne une vague de protestation immense. Là où la Poll Tax a déjà été appliquée, en Écosse, c’est dans tout le pays qu’on se mobilise, et qu’on agit sous des formes différentes.
Les actions menées en Grande Bretagne sont dignes d’exemples et il importe pour nous de savoir de quelle manière l’organisation s’opère. Pour cela, la meilleure des choses à faire est d’examiner quelques cas particuliers très concrets, de différentes résistances à la Poll Tax.

Tout d’abord il faut distinguer deux sortes d’opposition :

La première consiste en un refus légal de la Poll Tax ; ce refus est celui du Parti Travailliste s’opposant au non paiement.
La deuxième opposition est celle de la campagne de non paiement, prônant la désobéissance civile menée par les anarchistes, les. trotskystes et quelques personnes à la base du Parti Travailliste, en désaccord avec la direction.
Nous ne nous intéressons qu’à la deuxième forme car c’est la seule qui puisse être efficace et sans arrière pensée électoraliste ; avec des réserves toutefois, à savoir que le non-paiement soutenu par ’Militant’ (1) revêt en fait une arrière pensée politique visant à grossir les rangs du Parti Travailliste.

Écosse

Dès l’annonce de la loi concernant la Poll Tax, et son application en avril 89 en Écosse, des groupes locaux se sont formés spontanément un peu partout, en plus de ceux formés ,par les anarchistes et ’Militant’. Sachant que la loi prévoit, que les municipalités décident elles-même, du montant de la taxe, c’est pendant les réunions des conseils municipaux, pour fixer ce montant, qu’ont eu lieu les premières manifestations anti-Poll Tax. C’est ce qui a marqué le début du mouvement.

Après un an de Poll Tax, le nombre de personnes qui n’ont pas payé, dépasse maintenant le million, soit 22% de la population. Cela fait 30% de la population qui soit n’ont pas payé, soit ne sont pas enregistrés, soit le sont mais sont en sérieux retards de paiement. Il n’y a pas de carte d’identité en Grande Bretagne, ce qui fait que le fichage n’est pas systématique, c’est pourquoi il faut se faire enregistrer pour payer l’impôt.
Avant février 1990, le conseil régional de Strathclyde a envoyé 353 000 rappels, ce qui représente 20% de ceux qui sont enregistrés, mais qui ont au moins trois mois de retard pour payer. Avant Noël, dans la région du Lothian, 76 000 rappels ont été envoyés. Dans cette région, il y a plus de 200 000 personnes en retard de paiement. Mais maintenant les municipalités, la plupart travaillistes, ont lâché leurs “chiens” les huissiers. La loi limite le nombre d’huissiers dans chaque région. Celle du Lothian en a 45. Il leur faudrait au moins 15 ans pour traiter chaque cas de non-paiement ...
De plus ces huissiers ont un pouvoir limité, ils ne peuvent entrer chez les gens sans leur consentement. Face à cela, les municipalités et leurs huissiers utilisent la menace et l’intimidation. Ainsi une compagnie appelée H.M. LOVE a envoyé des lettres illégales menaçant les non-payant qu’à leur prochaine visite, les huissiers pourraient entrer par effraction chez eux.

Également, lors de tentatives de saisies, des procédures illégales sont employées. En novembre 1989, une dame d’ Édimbourg, qui s’était fait saisir sa chaîne hi-fi pour ne pas s’être enregistrée, a défié les huissiers de la mettre en vente. Ses amis et voisins, soutenus par des activistes anti-Poll Tax, ont décidé de les en empêcher. Le soutien fut large. Des travailleurs du Derrick, qui en avait entendu parler, ont fait une collecte, et lui ont envoyé l’argent. A la dernière minute, la municipalité travailliste a abandonné.
Le 6 février, des huissiers avaient tenté de faire des “saisies”, sans avertissement, à Musselburgh, et dans des villes plus petites de I’Est et du Centre de la région du Lothian. Pendant les jours suivants, des activistes anti Poll Tax en voiture ont chassé les huissiers, et prévenaient par porte-voix les gens de ne pas ouvrir leurs portes. Des tracts avec un numéro de téléphone d’urgence furent distribués. Les pneus de voiture des huissiers furent à plusieurs reprises crevés, et leurs pare-brise recouverts de vaseline, pour qu’ils ne puissent rien voir. Deux d’entre eux furent attrapés dans un pub, insultés verbalement, et photographiés.

Le 17 novembre, les huissiers de la compagnie H.M. LOVE ont reçu à leur tour une visite. En effet, plus de 40 protestataires anti-Poll Tax, des enfants et un chien ont occupé leurs bureaux. Une parodie de saisie fut effectuée, et des drapeaux furent accrochés aux fenêtres. Mr LOVE a appelé la police, en prétendant que les meubles étaient saccagés, et le personnel agressé. Cependant, même la police a reconnu qu’il s’agissait d’une protestation pacifique. Le procureur fiscal a vu l’occupation à la télé et a exigé que le plus grand nombre possible de ces protestataires soient inculpés. Finalement 17 non-payants paraîtront le 20 juin, à 10 heures devant le tribunal d’Edinburgh, à Lawnmarket High St.
C’est évidemment une tentative d’intimidation, et il est important que le soutien soit le plus massif. Un soutien international serait encore plus décisif, aussi envoyez vos lettres de protestation à l’adresse suivante : Procurator Fiscal, Queens ferry, St-Edinburgh EH2

En dépit de toutes ces intimidations et menaces, il n’y a pas encore eu d’ordre de vente, pour non-enregistrement ou, non-paiement en Écosse.

(1) Tendance trotskyste, infiltré au parti travailliste (voir ’stratégie et intervention de l’extrême gauche’)

ANGLETERRE ET PAYS DE GALLES

La résistance en Angleterre et au Pays de Galles, s’organise également. Ainsi des millions d’anglais et de gallois ont refusé de se faire enregistrer. Cela représente plus de 40 % dans certains quartiers de Londres. Des groupes à Sheffield, Nottingham, Londres et ailleurs organisent des comités, et distribuent des numéros de téléphone “d’urgence" sur les lieux de travail.
A Sheffield, des membres du N.A.L.G.O (syndicat de fonctionnaires) ont refusé de délivrer à leurs collègues les dossiers d’allocation-logement ; et les travailleurs de la sécurité sociale, en grève, se sont engagés à boycotter tout travail lié à la Poll Tax.

La résistance la plus répandue. consiste à perturber de quelque manière que ce soit les réunions des conseils municipaux qui fixent le montant de la Poll Tax.
A chaque fois, plusieurs centaines de personnes se mobilisent. Rien que depuis fin février, ceci est arrivé à Stroud, dans le Gloucester (400 personnes puis 1 500 personnes 2 semaines après, quand la réunion avait été reportée), à Manchester, à Swindon (plus de 700 personnes), à Hilingdon (Londres : une centaine de personnes), à Huddersfield (200 personnes chantent et lancent des choses diverses pour perturber la réunion).
Souvent, la police est appelée pour protéger les conseillers municipaux. C’est alors le début systématique d’affrontements. A Shepton Mallet, 300 personnes ayant pris d’assaut le Conseil, bombardent de pierres 2 cars de police, ayant fauchés 5 jeunes.
A Harringay (Londres), le 6 mars, des centaines de protestataires jettent des projectiles sur le bâtiment du Conseil et, sur les forces de l’ordre. Des policiers sont blessés et 13 personnes arrêtées.
Mêmes troubles à Wallasey et Walsall.
A Bristol, 1 000 personnes venues troubler un meeting de gauche tentent de libérer un protestataire que la police avait arrêté. Plus tard, ce sont 2 000 personnes qui s’en prennent au conseil municipal, 5 flics blessés.
A Weston-Super-Mare, 1000 personnes se battent dans les couloirs de la municipalité après en avoir forcé l’entrée, 2 flics hospitalisés.
A Norwich (1000 pers.), Maidenhead (700 pers), Birmingham (150 pers.), Reading, (600 pers.), Gillingham (150 pers.), Exeter (500 pers.), Derwentside (200 pers.), mêmes événements : réunions municipales interrompues, ou perturbées de différentes manières (chants, slogans criés, jets de toute sorte), combats avec la police, vitres de municipalités brisées.
La liste est longue : Notthingam, Southampton, émeutes à Hackney, Swindon encore, Brixton, Sheffield, Colchester ...

Afin que la résistance anti-Poll Tax soit plus efficace en Angleterre et au Pays de Galles, pour profiter de l’expérience écossaise, des jumelages sont opérés entre les groupes anglais ou gallois, avec des groupes écossais.

III. L’ECHEC DE LA POLL TAX

Face à l’ampleur du mouvement anti-Poll Tax, plusieurs tentatives de casser le mouvement ont été menées. Toutes se sont révélées, ou se révèlent être des échecs, et le mouvement ne cesse de grandir et de s’endurcir.
En effet, le nombre de non-payants change constamment mais est toujours à la hausse, car beaucoup de personnes enregistrées sont plus qu’en retard et n’ont donc toujours rien payé. Il s’y ajoute en plus les écossais qui avaient payé la première année et qui ont rejoint la campagne de non-paiement pour la deuxième année.
En Angleterre, le nombre élevé de personnes non enregistrées (la date limite pour l’enregistrement était décembre 1989) fait que les fonctionnaires de la Poll Tax sont dans un chaos bureaucratique tel que plusieurs mois de retard sont prévus avant que ne soient envoyées les premières factures (1). La pratique des descente de huissiers en Écosse s’est montrée complètement inefficace face aux mobilisations à grande échelle des communautés contre eux. A un point que plusieurs municipalités ont abandonné cette tactique.

Leur projet de procéder à la place à des prélèvements automatiques sur les comptes en banque (2) est aussi infructueux. D’abord parce qu’il est matériellement impossible de faire le détail des comptes en banque de milliers de non-payants et que même si ce procédé long et coûteux était mené à part entière, seulement 5 à 6 % des non-payants seraient pénalisés. Ensuite parce que les banques craignent de perdre des clients et de devenir impopulaires en pratiquant ces méthodes répressives. Cette issue est donc évidement abandonnée. Une autre tactique a été, tentée, celle-ci, particulièrement ignoble dans son principe. Étant donné que par manque de fichage, les fonctionnaires de la Poll Tax n’ont pas accès aux non-payants pour la plupart, ils ont essayé de s’en prendre aux personnes qui sont effectivement fichées et en particulier aux chômeurs.
Seulement là aussi c’est un échec total. Lorsqu’ils ont demandé aux travailleurs du bureau des indemnités de chômage (3) de bloquer les dossiers de chômeurs n’ayant pas payé la Poll Tax, ceux-ci ont catégoriquement refusé ce rôle de délateur et ont exprimé leur solidarité avec les chômeurs. D’autres fonctionnaires menacent de se mettre en grève, si un seul de leurs collègues est pénalisé pour non paiement. La solidarité et l’entraide sont les seules armes efficaces contre la répression étatique. Prenons en exemple.

(1) Personne à ce jour n’a encore reçu de factures, en Angleterre et au Pays de Galles.
(2) En ayant recours à des banques de ’Clearing’, sortes de contentieux.
(3) Equivalent, de l’ASSEDIC.

Collaboration entre les partis

Chaque autorité locale, qu’elle soit travailliste, conservatrice, nationaliste, ou de coalition, poursuit vigoureusement les non-payants. Seul le degré d’hypocrisie les différencie. Le 23 janvier 90, des non-payants ont arrêté deux fois une réunion du Conseil Régional du Lothian afin d’essayer de les empêcher de voter le budget prévoyant le taux de Poll Tax pour 1991.
Les protestataires exhibaient des affiches, criaient des nombres afin de troubler les parlementaires, et montaient sur les bureaux. Les Travaillistes et les Conservateurs ont collaboré, et ont fait comme si le vote avait été pris et qu’il était en faveur du budget. Stopper la réunion aurait été plus facile si des membres influents de la tendance ’Militant’ n’avaient pas encouragé à peu près la moitié des protestataires à quitter les lieux avant que le vote ne soit tenté.
Ceci en dépit du fait qu’une réunion massive de la fédération des groupes anti-Poll Tax du Lothian avait décidé quinze jours plus tôt de déranger la réunion du Conseil à un point tel qu’aucun taux de Poll Tax ne puisse être fixé.

“Militant” semble déterminé à saper toute résistance anti Poll Tax, qu’il ne peut contrôler, surtout si de telles résistances s’en prennent au Parti Travailliste, en paroles comme en actes. Leur tactique habituelle est de monter des groupes et ensuite de décourager les gens de participer. C’est ce qui est arrivé à Wavertree (Liverpool), Niddrie-Craigmillar (Edinburgh), Gresham southfield (Teeside) et Notingham-East.
Ils ne font pas grand chose mais se débrouillent toujours pour envoyer des délégués lors des réunions de grandes villes et se faire élire comme responsables. L’expérience montre qu’aucun des partis parlementaires ne soutient réellement la campagne anti-Poll Tax (malgré des contributions réelles de quelques membres, en tant qu’individu), que la participation active et démocratique au mouvement anti Poll Tax des nombreux non-payants, doit être encouragée que toute campagne refusant d’abolir la loi n’aura aucun soutien de la part du public, et sera un échec tant que les individus réagissent de manière isolée, ils risquent d’être écrasés par le système. Mais 1’action de masse et la solidarité peuvent en venir à bout. Les rues, les quartiers prennent conscience de leur force collective, et ce mouvement est loin d’être fini.

IV. LES EMEUTES DE TRAFALGAR SQUARE

La veille de la mise en application de la Poll Tax en Angleterre et au Pays de Galles, a eu lieu à Londres, une manifestation de protestation. Celle-ci a tourné à l’émeute. Les médias, la presse en ont fait un large écho, mais ont enrobé les événements de mensonges. La question de savoir comment s’est déclenchée l’émeute est importante puisque semble-t-il les actes brefs et spectaculaires marquent parfois plus l’opinion publique que la lutte quotidienne passée sous silence, mais tellement plus importante. Nous avons tenté de retracer le plus fidèlement possible la journée du 31 mars, à la suite de témoignages de gens qui y ont participé, ou qui en ont été les témoins.
En voici le déroulement : un défilé de protestation pacifique contre la Poll Tax démarre de Kennington Park et remonte Whitehall rejoindre Trafalgar Square, dans l’après-midi du 31 mars.

15H00

Un sit-in pacifique de 200 personnes a lieu à l’entrée de Downing Street où se trouve le bureau de Margaret Thatcher, deux heures après que la manifestation soit commencée. La plupart des manifestants ont continué de passer a côté de ceux qui faisaient le sit-in jusqu’à ce que la police en équipement anti-émeute charge sans sommation et frappe les protestataires.

15H15

L’accès à Whitehall est bloqué par un cordon de police et le défilé est détourné vers Trafalgar Square par l’Embankment et l’avenue du Northumberland (voir plan). A cette heure le calme règne toujours à Trafalgar Square, empli alors d’une ambiance de fête. D’après le témoignage de camarades présents sur place, des gens dansaient, et il y avait de la musique.

15H45 La police boucle, Whitehall et charge les manifestants pris au piège avec la police montée. Les manifestants, alors coincés, s’échappent par les rues secondaires pour rejoindre le cortège dévié sur l’ Embankment et l’avenue du Northumberland.

16H00

La police tente de forcer les manifestants à entrer dans Trafalgar Square à l’extrémité de l’avenue du Northumberland. Cependant Trafalgar Square est noir de monde. La manifestation avait réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes, si ce n’est plusieurs centaines. La police a émis le nombre de 30 000 personnes. Des témoignages plus honnêtes parlent de plus de 200 000 personnes. Il s’ensuit donc une immense bousculade, où chacun pousse l’autre. La bousculade est si intense que la foule commence à crier "Hillsborough" à la police (en référence aux bousculades du même genre causées dans le stade de Hillsborough par les hooligans, et qui avaient fait plusieurs morts).

16H20

Alors que le rassemblement prend fin, des manifestants en colère se concentrent sur la police aux abords de l’avenue du Northumberland et tentent de libérer des manifestants dont beaucoup souffrent de blessures causées par la bousculade. Cinq minutes plus tard, les manifestants escaladent un échafaudage qui se trouvait au coin de la rue afin de jeter des projectiles sur la police en dessous. Le cordon de police se brise et charge en redescendant l’avenue du Northumberland. Des fourgons de police sont alors lancés dans la foule, encadrés d’une douzaine d’officiers en tenue anti-émeute. La foule en colère les force à battre en retraite.

Les témoignages à ce sujet sont accablants. Beaucoup de personnes ont été effrayées par le plaisir que semblaient prendre les policiers à charger la foule.Une femme qui travaillait dans un bar à vin, sur la place Saint Martin raconte qu’elle a vu par la fenêtre 3 cars de police dans l’ impossibilité de bouger à cause de la densité de la foule. L’un des conducteurs a alors accéléré brutalement et fit des embardées en heurtant les gens.

16H35

La foule, au départ pacifique mais désormais énervée, ayant libéré les manifestants en embuscade dans l’avenue du Northumberland, s’affaire maintenant vers Whitehall gardée par un cordon de police. Car pendant ce temps, la police montée chargeait les manifestants poussés des deux côtés de Whithall.
Les chevaux piétinaient indifféremment tout le monde , enfants comme personnes âgées. Il n’est pas surprenant que les gens aient commencé à s’emparer de bouteilles et à les jeter. Pressions et bousculades se multiplient ; la police ordinaire recule ; la police anti-émeute avance, matraquant indifféremment jusqu’aux abords de Trafalgar Square. Et de quelle manière ! Les policiers utilisent leurs matraques comme des épées sur les manifestants.

16H45

Des fourgons de police foncent dans la foule sur le Strand, un manifestant est fauché et traîné sur cinquante mètres. La foule de plus en plus en colère attaque les fourgons.

16H50

La police montée charge maintenant en plein Trafalgar Square où sont amassées des milliers de personnes. Les chevaux traversent la place en s’élançant de Whitehall jusqu’à St-Martin’lane, en matraquant et piétinant les gens. On a vu des chevaux charger en montant les marches de St-Martin in the field’, où des enfants s’étaient réfugiés pour se tenir à l’écart du danger.
A partir de 17HOO c’est la bagarre dans Trafalgar Square alors que la police matraque les manifestants qui répondent en attaquant les véhicules de police. Un incendie se déclare sur l’ échafaudage.

17H30

Les policiers repoussent les manifestants au nord de Trafalgar Square avec des charges féroces de matraquage et les dispersent dans les rues et les quartiers. Le Square est vidé. La foule humiliée, excitée s’en prend alors spontanément aux riches propriétés. Des banques, des sociétés de crédit immobilier, des agences de tourisme, des grands magasins, des bijouteries sont saccagés, leurs vitrines brisées. Les voitures de riches (et de yuppies) sont retournées ou brûlées.
A part quelques rares exceptions, les lieux qui dispensent un service plus général furent laissés intacts. Il s’agissait d’une attaque des richesses ostentatoires, en réponse aux violences policières. Une manifestation spontanée du ressentiment des pauvres.
Après les émeutes du 31 mars, 341 personnes avaient été arrêtées. Un groupe de soutien aux émeutiers de la Poll Tax (Poll Tax Rioters Support Group) s’est crée.

Il est nécessaire de leur venir en aide. Vous pouvez envoyer votre soutien tant financier que potentiel à l’adresse suivante : chèques à l’ordre de PTRSG) : PTRSG, 84b Whitechapel, High Street, London E1.
(1) Ce groupe rassemble des membres de divers groupes et n’a pour but que la solidarité avec les victimes des émeutes policières. Ils collectent de l’argent pour ceux qui ont des amendes, passeraient en jugement ou seraient emprisonnés.

V. LA CRIMINALISATION PAR LES MEDIAS

En France, en Grande Bretagne comme ailleurs, lorsque le peuple manifeste sa révolte, lorsque l’ injustice atteint des niveaux qui poussent les gens à utiliser la violence, la réaction du gouvernement, aidé largement par les médias, est de tenter de criminaliser le mouvement. Leur tactique consiste essentiellement à réduire la révolte à un débordement de vandalisme et à faire croire que les émeutes ont été déclenchées et organisées par des “provocateurs" selon l’expression consacrée. Comme si le peuple ne pouvait rien décider pour lui même, et avait besoin d’être guidé. Comme si les gens n’étaient pas capables de prendre des initiatives.
La lecture de la majorité des journaux et l’écoute des informations ne laissent paraître une fois de plus que la même chose : "une poignée de casseurs venus pour la bagarre". “The Times” va même plus loin en tentant de montrer que les émeutes du 31 mars avaient été préméditées par les anarchistes. C’est en comparant la manière dont la manifestation des mineurs en février 85 avaient tourné à l’émeute avec celle du samedi 31 mars, qu’ils en sont arrivés à cette conclusion. “The Times” voudrait même faire croire qu’il s’agissait d’un complot organisé, en citant les publications anarchistes et leurs prises de position intransigeantes, à juste titre, contre la Poll Tax.

Il est question aussi d’un manuel (1) qu’aurait édité un groupe anarchiste pratiquement inconnu (2) révélant des tactiques pour faire face aux manœuvres policières lors des émeutes. Nous doutons fort que tous les gens présents à Trafalgar Square aient lu ce manuel. Même si les anarchistes étaient au nombre de 3 000 à 4 000 (3) (selon les chiffres officiels) cela n’est pas suffisant pour déclencher l’émeute de dizaines de milliers de personnes.
Enfin, les anarchistes ne cachent pas leurs positions et ce n’est pas nouveau qu’ils affirment que la violence sera une étape nécessaire à l’émancipation des pauvres. Car il n’est pas question de demander gentiment aux riches d’appliquer la justice sociale et leur expropriation ne se fera pas sans violence. De plus, il n’est pas blâmable que les gens s’organisent, quitte à utiliser des tactiques d’émeute face aux violences policières, seule expression de l’ordre établi.

Le travail des médias, dans le collimateur de la volonté gouvernementale, a donc été de dissimuler le fait que ces émeutes étaient spontanées et issues d’un sentiment d’ exaspération générale des pauvres. Car les saccages effectués dans les quartiers nord de Trafalgar Square revêtaient un caractère de lutte de classe. Il s’agissait d’actions ciblées, responsables, en expression du ras-le bol général et en réponse à la répression sauvage de la police et non de pillages.
On le voit nettement dans les témoignages et le déroulement des faits, les émeutes ont été déclenchées par l’apparition soudaine des forces de police anti-émeute et de la police montée. Il faut savoir qu’en Grande Bretagne, la police montée est très impopulaire, par des expériences passées de répression de manifestations, et que la simple vue des chevaux provoque la colère et le jet, presque systématique, de projectiles à leur encontre. Le début de la répression, l’idée même qu’elle allait s’accomplir, a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase, pour le peuple, qui depuis des années, subit l’humiliation du gouvernement conservateur qui l’écrase socialement, et qui cette fois-ci n’a pas envie de se laisser faire une fois de plus. Comme l’a avancé un des organisateurs de la marche : "la police a enflammé une situation qui couvait. Les policiers n’ont rien tenté pour disperser la foule pacifiquement. Ils sont simplement venus en chargeant". Même un membre du Parti Conservateur, Paul NICHOLAS, témoigne "Je remontais St-Martin’s lane quand la police a chargé à cheval un groupe de personnes qui ne faisaient rien du tout. Ça ressemblait à une tactique visant à évacuer le secteur, mais cela n’a fait que provoquer les gens. C’était absurde".

Un amalgame douteux

Il était également assez révélateur que les médias focalisent leur attention sur les mutineries à Manchester, qui se sont déclenchées juste après l’émeute de Londres, ceci de manière à établir inconsciemment un rapport de cause à effet entre les révoltes anti-Poll Tax, et la mutinerie des prisonniers de Strangeways.
Sachant très bien que cette dernière prendrait aux yeux de l’opinion publique, un caractère plus facilement crapuleux (d’autant plus qu’encore une fois, on ne montrait que les dégâts matériels perpétrés, et qu’on ne parlait pratiquement pas des revendications des prisonniers. Ces revendications sont à notre avis tout à fait légitimes, et mériteraient un exposé (4), mais ce qui nous intéresse pour le moment, c’est de dénoncer la tentative de criminalisation et de marginalisation du mouvement anti-Poll Tax).

Cela voulait montrer clairement que l’émeute n’avait mené qu’à l’incitation au pillage et au saccage sous toutes ses formes. Cependant, nous savons qu’il n’y a aucun rapport entre les deux événements, si ce n’est qu’il est vrai que les émeutes anti-Poll Tax ont constitué une étincelle. Il n’est pas blâmable, au contraire, que deux mouvements de révolte se déclenchent simultanément. Il serait souhaitable qu’il y en ait beaucoup d’autres car ce sont les révoltes éparses qui, coordonnées, mènent à la révolution. De plus, la situation dans les prisons (anglaises comme françaises), est telle que cela devait éclater un jour et éclatera encore.
Les allégations du “Times” et d’autres journaux ( passons sur les quotidiens “populaires” genre Sun qui atteignent à peine le niveau de “France-Dimanche”) ont provoqué l’effet contraire à celui qu’ils recherchaient. Citons “Freedom” journal libertaire : “La personne qui a introduit le terme “anarchiste” dans les débats publiques qui ont suivi les émeutes de Trafalgar Square est le porte parole de la Police : David Meynell. Au cours d’une conférence de presse, il a dénoncé les anarchistes et des éléments de l’ultra-gauche tout en se refusant à citer des noms d’organisations. Pour lui (ndt. : admirons au passage la finesse de ce détective !), des gens portaient des drapeaux noirs dans la manifestation “ce qui indique généralement la présence d’anarchistes (...)
Dès le lundi 2 avril à 8h30, les médias ont commencé à téléphoner à la rédaction de “Freedom”. Une douzaine de journalistes sont venus visiter notre librairie, certains incognito achetaient des revues... La 4ème chaîne de télévision est venue nous interviewer mais n’a pas diffusé le film, sans doute déçue que nous leur avions dit ce que tout le monde savait déjà : l’émeute n’a pas été organisée par qui que ce soit...".

(1) ’Written in flaines, manuel de 32 pages
(2) ’Autognome’, de Brixton.
(3) Des journalistes s’étant rendus ridicules en osant encore parler d’une poignée de 3.000 à 4.000 provocateurs anarchistes. Cela fait lourd la poignée, mais c’est tout de même flatteur quant à l’ampleur du mouvement anarchiste, même si leur implication dans la lutte anti-Poll Tax est des plus notables.
(4) Brochure "L’isolement carcéral" diffusée par le CAIC (Comité pour l’Abolition de l’Isolement Carcéral) disponible contre 10F + frais de port à l’adresse suivante : 29 rue Stéphenson, Paris 75018.

VI. LA STRATEGIE DES TORIES

a) Les effets économiques et sociaux de la Poll Tax

On peut se demander ce qui entraîne le gouvernement Thatcher à prendre de tels risques pour un impôt qui devrait en fin de compte, ne représenter que 20% des ressources locales (le reste provenant de l’État et des entreprises). Ce serait mal comprendre la stratégie des ultra-libéraux au pouvoir.
Bien sûr, il y a l’objectif classique : prendre l’argent aux pauvres pour le donner aux riches. Mais il existe bien d’autres moyens, plus simples à mettre en œuvre et surtout moins dangereux politiquement pour y parvenir.
En fait, la Poll Tax constitue pour les conservateurs le bouquet final d’une stratégie mise en œuvre depuis des années et qui consiste à détruire le pouvoir politique et financier des collectivités locales. C’est à dire tout ce qui à leurs yeux peut représenter un risque de pouvoir à la base.
Ils se sont successivement acharnés à démolir toutes les structures de services publics, d’aide sociale, de prêts pour le logement, de droit des municipalités de racheter les logements vides et de les louer moins chers que dans le secteur privé. Ils ont aboli le Conseil du Grand Londres parce que sa politique n’était pas la leur. Au nom de la “libre concurrence” et de la privatisation, ils s’en sont pris aux hôpitaux, aux maisons de retraite, aux écoles municipales. Leur vision idéale de la gestion municipale est celle d’une poignée de technocrates et de managers répartissant au mieux de leurs intérêts des services réduits confiés à des entrepreneurs privés.

En résumé, toute la politique gouvernementale consiste à faire payer l’aide et les services aux pauvres par ... ces mêmes pauvres. Pratiquement, les familles ouvrières se trouvent confrontées à un choix impossible : ou bien elles vont voter pour des municipalités qui veulent maintenir l’aide et les services publics et alors elles seront soumises à une énorme Poll Tax qu’elles ne peuvent pas payer ou bien elles voteront pour le Parti qui leur proposera la Poll Tax la plus basse que possible et ne bénéficieront alors quasiment plus d’aucune aide sociale. De plus, il faut savoir que les conservateurs ont retiré aux municipalités le pouvoir de lever l’impôt sur les entreprises locales.
La façon traditionnelle pour les municipalités de “gauche” (travaillistes) de boucler leur budget était de faire payer un peu plus le business et l’industrie avant d’augmenter les charges des plus défavorisés. Désormais, les conservateurs mettent en place un taux d’imposition national très favorable aux entreprises qui forcera les communes les plus pauvres à tailler dans les dépenses sociales. Prenons un exemple concret parmi des milliers d’autres : La municipalité travailliste de Manchester a proposé deux options :
1) Une Poll Tax annuelle de £ 708 par personne (plus ou moins 8 000 Fr)
2) Une Poll Tax de l’ordre de £ 400 assortie d’une réduction des dépenses municipales de 95 millions de Livres.

Lorsqu’on connaît la situation dramatique, tant au niveau de l’emploi que du logement, qui règne dans la région de Manchester, on comprend tout de suite qu’une très grosse part des “économies” de 95 millions de livres serait faite sur le dos des défavorisés.

b) Les conséquences politiques

Politiquement, le gouvernement a pris au piège les travaillistes. Ainsi, une étude récente montre que sur 402 “suggestions" gouvernementales, 380 municipalités ont décidé de dépasser largement le montant de la Poll Tax proposé. Bien entendu, ces municipalités sont très majoritairement travaillistes. Ainsi se forme dans une bonne partie de 1’opinion l’équation : municipalité travailliste = Poll Tax plus chère.
Cependant, il n’entre pas dans nos intentions de verser des larmes sur les travaillistes. Le "Labour” (Parti Travailliste) même confronté à une situation qui menace son pouvoir local a choisi depuis longtemps son camp, celui du “respect de la loi et de l’ordre”, autrement dit de la légalité bourgeoise.

VII. STRATEGIES ET INTERVENTIONS DE LA GAUCHE TRAVAILLISTE ET DE L’EXTREME GAUCHE
ou comment dévoyer un mouvement de masse

a) Le Parti Travailliste (LABOUR)

Dans 1’affaire de la Poll Tax, comme dans les grèves des mineurs, des ouvriers du livre etc.., on peut faire confiance aux “socialistes” du Labour et aux bureaucraties syndicales du MC qu’ils contrôlent pour défendre au mieux les intérêts de la classe dominante et par conséquent s’opposer aux initiatives à la base des travailleurs. Pour l’opposition parlementaire travailliste, la stratégie anti-Poll Tax peut se résumer à un seul mot d’ordre : "payez d’abord et votez ensuite (pour nous !)".
En effet, le Labour, de par sa place et ses intérêts au sein du système britannique, ne peut se résoudre à soutenir des formes de désobéissance civile qui s’opposent directement à l’État. Osant se présenter comme le “Parti anti-Poll Tax”, toute sa stratégie consiste à demander aux travailleurs de bien vouloir patienter jusqu’aux prochaines élections générales (en 1991, sauf démission anticipée de l’actuel gouvernement).
En attendant cette échéance, le Labour, prisonnier de sa logique étatiste, condamne fermement la campagne de boycott, donc de refus de payer la Poll Tax et n’hésite pas à exclure de ses rangs ceux et celles qui se montrent trop radicaux.

Dès le début de la résistance massive en Écosse, les chefs travaillistes ont annoncé la couleur : "En tant que socialiste, je n’ai pas de temps à perdre avec ceux qui refusent de payer l’impôt". (Eric MdEgan, chef du Département des finances du Conseil Travailliste de la région du Lothian en Ecosse Avril 1989).
Le même, en décembre 89 : "Il existe un tel mouvement de refus de payer dans notre région que nous pourrions perdre de grosses sommes d’argent encore dus nous avons expliqué que les travaillistes étaient “coincés” par la stratégie des conservateurs. Leur semi-échecs aux récentes élections municipales - qui n’ont cependant qu’assez peu d’ importance en Grande Bretagne peut s’expliquer par le fait que les municipalités travaillistes appliquent une Poll Tax généralement supérieure à ce “qu’offrent” les conservateurs.
A qui veut-on faire croire, dans ces conditions, qu’une fois le Parti Travailliste arrivé au pouvoir, la Poll Tax ou le même impôt sous un autre nom disparaîtra ?
Nous nous souvenons, en France, des promesses du PS d’avant 1981 et savons de quoi la Social-Démocratie est capable. Fidèles cogestionnaires du Capital au Royaume-Uni, les travaillistes éprouvent de plus en plus de mal à duper leur électorat traditionnel. Ce qui ne veut pas dire qu’ils n’y réussiront pas une fois de plus.

b) L’extrême gauche

Ce que l’on appelle en Grande Bretagne la “Gauche” (en fait tout ce qui se situe à gauche des Travaillistes) est essentiellement d’obédience trotskyste et léniniste. Grosso modo, l’analyse de ces groupes consiste à dire , "il faut changer les leaders du Parti travailliste pour vaincre" ou alors . "il faut reconstruire un Parti Travailliste anticapitaliste et révolutionnaire".
Cette “gauche” se refuse à admettre que les appareils du Parti et des syndicats cherchent à casser le mouvement (ce qui pourtant est évident) mais considère "qu’ils n’en font pas assez". Objectivement, et dans la droite ligne gauchiste, elle a soutenu toutes les tentatives de sabotage de la campagne anti-Poll Tax.
Ainsi, lorsque les bureaucrates des syndicats écossais (STUC) ont lancé le mot d’ordre ridicule de " 11 minutes de pause pour le thé contre la Poll Tax", ils ont été applaudis par cette “gauche” qui considérait que : “ce n’était pas assez long". Le Socialist Workers Parti (SWP), formation se qualifiant de marxiste révolutionnaire pour 1’autogestion, (en fait l’une des principales tendances trotskystes), a fait campagne à 1’époque pour que les bureaucrates en fassent un peu plus (12 minutes, 13 minutes ??). Et de se féliciter de “l’esprit combatif” du STUC !

Ces gens ont toujours cherché à justifier, à expliquer le refus du Labour de soutenir la lutte exprimant leur surprise de voir Kinnock (chef du Parti Travailliste) refuser de s’opposer à la Poll Tax. Ils ont toujours cherché à sous-estimer, à dénigrer les actions autonomes de la classe ouvrière. Et bien sûr, à ôter l’initiative des mains de la base pour la redonner à ces mêmes forces politiques qui veulent éviter un affrontement réel.
Depuis le début, la ligne du SWP a été celle de l’opportunisme. Dans un premier temps, ils ont tout comme le Parti Travailliste rejeté les structures de quartiers contre la Poll tax, considérant que “seule” l’organisation sur les lieux de travail pouvait être “efficace” (sous-entendu sur les lieux de travail où le SWP est présent !). Cette stratégie vise à exclure de la lutte les chômeurs, les femmes au foyer etc... Pour eux, toute action mobilisant la classe ouvrière au delà de l’usine était une action de division. Persuadés que le refus massif "de payer l’impôt “ était aventureux, et impossible, les militants écossais du SWP annonçaient, dès la fin de l’été 1989, l’échec de la lutte contre la Poll Tax. Puis confrontés à la réalité, la direction du Parti amorce un virage a 180 degrés : “Les “actions de division” deviennent un combat qu’il faut mener car il n’y a pas de barrières entre les luttes sur les lieux de travail et sur les lieux d’habitation”. Quelle sera, le mois prochain, la stratégie du SWP ?

Si le SWP suit tant bien que mal sa ligne de reconstruire le Parti Travailliste, ses rivaux de MILITANT (à comparer à l’AJS-MPPT en France) pratiquent, eux, l’entrisme forcené au sein du .Labour, croyant qu’ en changeant les leaders du Parti tout ira pour le mieux dans le meilleur des mondes et se voulant la tendance de gauche du Parti, ils ont réussi à s’infiltrer localement dans quelques municipalités travaillistes.
Attaqués par l’appareil du Parti qui cherche à se débarrasser d’eux, les gens de Militant vont utiliser l’affaire de la Poll Tax pour se refaire une base militante. Ils vont donc s’investir dans les groupes anti-Poll Tax et réussir à mettre en place une coordination nationale : la “All British Anti Poll Tax Federation” (Fédération Anti Poll Tax de toutes les régions de Grande Bretagne).
Cette fédération a bien sûr un double but : tenter de prendre le contrôle des groupes de base et recruter pour le Parti Travailliste (tendance “Militant”). Toute leur stratégie consiste donc à se servir de la lutte contre la Poll Tax pour regagner du pouvoir au sein du Parti Travailliste. Le succès relatif de leur entreprise provoque d’ailleurs une réaction de la direction du Labour. Inquiet de voir surgir de nouvelles sections du Parti, Kinnock n’a pas hésité à les “suspendre”. Cette mesure qui vise des sections créées de toutes pièces par “Militant” permet à nos trotskystes de se poser en victimes de la "chasse aux sorcières" au sein du Parti.
Nous pourrions continuer longtemps sur les magouilles de Militant, du SWP et d’autres petits partis trotskystes ou communistes de ce genre. Il est bon de savoir qu’en Grande Bretagne comme ailleurs, les léninistes cherchent à dévoyer les luttes à la base pour satisfaire leurs intérêts partidaires.

VIII. VERS UNE POLL TAX A LA FRANCAISE ?

Pour l’année 1990, les socialistes prévoyaient une réforme de la fiscalité locale, cette mesure s’inscrivant dans le cadre d’un remaniement complet de la fiscalité nationale. Selon le mot de nos sociaux démocrates, il faut "moderniser la fiscalité de notre pays". Bérégovoy et Charasse s’acoquinent pour l’occasion, nous concoctant ce qu’ils nomment sans scrupule : "la Poll Tax à la française". Ce projet dont le maître d’œuvre est Edmond Hervé, vise à pallier les inégalités d’un impôt jugé seulement rétrograde en 1990, le but étant de financer les dépenses des collectivités locales communes, départements, régions. Assise sur la valeur locative des logements occupés, la taxe perd tout son sens en 1990, les bases de calcul actuelles étant peu représentatives de la valeur locative des logements. Edmond Hervé proposa donc de substituer à la part départementale de la taxe d’habitation, un impôt sur le revenu.
Ce à quoi le ministre des finances rétorqua qu’une révision des bases de calcul de la valeur locative suffirait amplement. Mais ne nous y trompons pas, une fois de plus les ambitions sociales du gouvernement prennent l’allure d’une vaste supercherie. Dans une société qui distribue des revenus inégaux, la fiscalité ne peut établir d’égalité sans remettre en cause les fondements de l’ordre social.

Car de quoi s’agit-il exactement ?
C’est en vérité cinq millions de contribuables exonérés jusque là qui devraient payer l’impôt à partir de 1991, tandis que quatre millions auront de fortes majorations. Globalement treize millions d’assujettis bénéficieront d’une réduction, certains pourraient voir leur taxe chuter de 10%

Qui sont ces nouveaux assujettis ?
Ce sont les jeunes travaillant mais logeant chez leurs parents, de même que les retraités touchant une pension, logeant chez leurs enfants. Ce sont en fait 2,7 millions de personnes qui sont concernées auxquelles il faut ajouter ceux qui jusqu’ici étaient exonérés, par dégrèvement.
Au total 85% de ces nouveaux assujettis auraient un revenu inférieur à 75 000 Fr par an. Nos deux compères ont donc déposé un dossier à l’Assemblée, résumant les travaux de leurs services. Il y ont adjoint les fameuses “simulations“, “indicateurs” permettant de prévoir quelles seraient les réactions de la. population lors de l’application du projet de loi.
Curieusement alors qu’il s’agissait dans l’esprit des rédacteurs de faire participer chacun à une contribution de “principe” et ce dans un esprit démocratique, les premiers indicateurs démontreraient qu’ici comme outre Manche, personne ne semble vouloir entendre parler d’une telle mesure. Gageons qu’à la vue des événements récents qui se sont déroulés en Grande Bretagne, nos “Thatchers nationaux” prendront leçon.

IX. POUR EN SAVOIR PLUS ...

Pour réaliser ce document, nous avons consulté un certain nombre de publications.

La Presse bourgeoise comme “The Times”’, le “Sunday Express”... et aussi des journaux léninistes/trotskystes : “Socialist Worker”, “Militant”, “Socialist Organise”, “Red Action”, “Workers Power",

Mais tout particulièrement :

“ORGANISE !” (publié par l’Anarchist-Communist-Federation) c/o 84b Whitechapel High Street London El 7QX ainsi que des ressources internets ici

“FREEDOM” (journal libertaire) 84b Whitechapel High Street London El 7QX

“DIRECT ACTION” (journal anarcho-syndicaliste édité par le DAM, section britannique de l’AIT) PO Box 761 Camberwell SDO London SE5 9JH

“BLACK FLAG” (publié par l’Anarchist Black Cross) BM Hurricane London WCI N 3XX

“CLASS WAR” (journal libertaire populiste de la Class War Federation) PO Box 499 Bristol BS 99

Enfin des publications émanant de groupes de base indépendants contre la Poll Tax :
REFUSE AND RESIST
2/3 Ark Lane Glasgow G31 2JS

“COUNTER INFORMATION” Pigeonhole CI c/o 11, Forth Street Edinburgh

Et pour contacter “Twinned against the Poll Tax” l’initiative de jumelage entre les groupes de base écossais, anglais et gallois, on peut écrire à : TWINS (english section) Box 5 Hisiki 15, Goosegate Nottingham

POSTFACE

Le sujet de cette brochure est un événement vivant, en train de se dérouler et par conséquent inachevé. C’est pourquoi nous ne prétendons pas avoir tout dit sur la Poll Tax. Qu’on nous pardonne donc si ce document n’est pas complet. La nécessité de traduire les informations et de rédiger collectivement ce texte, la faiblesse de nos moyens matériels aussi, font que nous ne pouvons pas toujours "suivre’ l’événement comme nous le souhaiterions. Néanmoins, plutôt que d’en faire une “belle analyse” après coup, nous avons voulu informer de la lutte anti Poll Tax “à chaud’.
C’est dans le même état d’esprit que nous aborderons d’autres thèmes dans un proche avenir.
Vos remarques, critiques, demandes de précisions et informations complémentaires seront les bienvenues.
Enfin, nous tenons à remercier tout particulièrement nos camarades britanniques de l’Amarchist-Communist Federation (ACF) pour les informations qu’ils nous ont fait parvenir sur la lutte anti PoIl Tax.

Le Collectif Libertaire du Boulonnais . 1990.
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