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(fr) Organisation Communiste Libertarie - Courant Alternatif CA #227 - L’UNION EUROPÉENNE: UNE NÉCESSITÉ CAPITALISTE

Date Mon, 01 Apr 2013 14:40:47 +0300


Voici peu, les trois représentants de l’Union Européenne, l’UE, se sont vus remettre
le prix Nobel de la Paix à Oslo. (1) Aujourd’hui est célébrée l’amitié franco-alle-
mande etc. Derrière ces réjouissances, c’est bien sans et contre les peuples que l’UE
s’est construite. Comme le dénonçait jadis le PCF lorsqu’il était encore une force
d’espoir et une référence de classe pour les travailleurs : «Le Marché Commun n’est
que la mise en place d’une Europe à l’échelle des trusts au service des gros capi-
talistes». ---- L’ EUROPE DE L’ENTRE-DEUX GUERRES. ---- Au lendemain de la première guerre mondiale, la France et l’Angleterre, empires coloniaux, principaux vainqueurs veulent profiter de leur puissance et de leur victoire pour asseoir et accroitre leur domination politique et surtout industrielle sur l’Allemagne vaincue. Ce sera «la paix dure».

Mais ces deux impéria-
lismes se heurteront à celui d’un autre
vainqueur. En effet, l’allié américain
qui entretenait déjà de solides rela-
tions commerciales, mise sur cette vic-
toire pour défendre ses
investissements en Allemagne et faire
fructifier ses intérêts. Cet empire éco-
nomique et militaire US qui s’affirme
compte bien s’ouvrir les marchés tant
en Europe que dans les colonies de ses
alliés et dans celles du vaincu qui lui
étaient jusqu’alors fermées. Sa vision
s’affiche déjà : retrait des barrières éco-
nomiques, établissement d’une égalité
dans les conditions de commer-
cer...(discours des 14 points du prési-
dent W P Wilson, janvier 1918). Et, pour
les nations désirant la paix, une asso-
ciation pour la maintenir : la SDN, So-
ciété Des Nations qui préfigurera
l’ONU après la deuxième guerre mon-
diale.

En France R. Poincaré est à l’époque
à la tête du gouvernement. Cet ancien
avocat élu de Moselle gravit les
marches vers le sommet du pouvoir :
la Présidence du conseil. Avocat d’af-
faires, parmi ses clients se trouvent na-
turellement les dirigeants des plus
grosses entreprises industrielles et fi-
nancières de l’époque. La CGT d’alors
voit en lui (et son gouvernement)
l’Homme du Comité des Forges. Ce
syndicat défend les intérêts des grands
patrons de la sidérurgie, il est l'ancêtre
de la puissante UIMM : Union des In-
dustries et Métiers de la Métallurgie
qui lui succèdera et du MEDEF.

En 1925, sous la pression de l’ami
américain, les Français, Allemands et
autres européens développent les as-
sociations et cartels internationaux
tant dans la sidérurgie, que dans le
charbon, la chimie. Se met alors en
place une collaboration étroite qui
porte sur le contingentement de la pro-
duction, la répartition des marchés ou
la suppression de concurrents. C’est
une entente cordiale qui voit ses pro-
fits gonfler sur le dos des travailleurs
et des peuples qui subissent l’inflation
des prix, la récession et l’éternelle mi-
sère.

PENDANT LA GUERRE LES AFFAIRES CONTINUENT

Tandis que les peuples s’entretuent
gavés d’idéologie nationaliste revan-
charde et d’anti communisme, la bour-
geoisie française accepte et collabore à
la politique du Reich, où elle trouve
nombre d’intérêts. Rappelons que si les
prolétaires n’ont pas de patrie, la bour-
geoisie n’a aucun état d’âme, lorsqu’il
s’agit de défendre ou accroitre ses pro-
fits. Ainsi avant, pendant ou après la
guerre, les capitalistes US et allemands
renforceront leurs liens, en tenant
compte parfois, des susceptibilités
françaises ou britanniques(2). Les capi-
talistes français collaborationnistes ne
peuvent qu’appuyer cette nouvelle vi-
sion américaine, d’un libre marché eu-
ropéen. Ils vont même jusqu’à
accompagner l’accession de Hitler au
pouvoir, puis à collaborer avec le ré-
gime nazi installé dans la guerre. Les
barons de la finance et autres capi-
taines d’industrie français choisirent
l’ordre nazi, incluant la défaite de la
France en 1940, plutôt que de voir per-
durer les révoltes ouvrières et le Front
Populaire arrivé au pouvoir en 1936.
L’arrivée d’Hitler régla le problème so-
cial outre Rhin. Son populisme, sa force
et une répression brutale firent dispa-
raître toute contestation. Sous des
conditions différentes, les ouvriers
français encore en rapport de force, oc-
cupèrent les usines, imposèrent un
Front Populaire. A Berlin l’ordre régnait
et la vermine rouge disparue des rues
avait été matée. Cette Europe du Reich
était saluée par la bourgeoisie. C'était
sa revanche contre les «accords de Ma-
tignon» signés par un patronat fran-
çais, «obligé» par la pression des luttes
ouvrières.

L’EUROPE DE LA RECONSTRUCTION.

La défaite de l’Allemagne nazie
permettra au capital américain d’as-
seoir son hégémonie économique en
Europe Occidentale et de déployer sa
puissance militaire face au bloc sovié-
tique de Staline. Dans les conférences
de Yalta puis Potsdam en 1945, Roose-
velt et Staline ont dessiné l’Europe de
l’après guerre. Une Europe sous in-
fluence est modelée. Capitalisme privé
à l’Ouest contre capitalisme d’état à
l’Est. Mais, l’ennemi d’hier vaincu, les
rivalités économiques, et politico-idéo-
logiques l’emportent. Très vite, les al-
liés d’hier s’affrontent. La séparation
de l’Europe se précise. L’Allemagne est
divisée en deux pays rivaux : RFA à
l’Ouest et RDA (3) à l’Est. Dès lors, USA
et occidentaux formeront une alliance
de défense mutuelle : l’OTAN (Organi-
sation de Défense de l’Atlantique
Nord), tandis que de l’autre côté du «ri-
deau de fer» se met en place «le Pacte
de Varsovie». La «guerre froide» s’ins-
talle. A l’Ouest, les USA ont proposé un
programme de développement et
d’aide à la reconstruction : le plan
«Marshall». Seize pays l’accepteront.
L’Allemagne (RFA) les rejoindra en
1949. Se met en place l’OECE : Organi-
sation Européenne Coopération Eco-
nomique qui élargie à d’autres pays
deviendra en 1961 l’OCDE : Organisa-
tion Coopération Développement Eco-
nomique. A l'Est, Staline mettra en
place le COMECON.

Ce plan Marshall, de 13 milliards de
dollars se traduira en prêts, ou en na-
ture par la livraison de biens d’équipe-
ment divers. Dans ce climat tendu de
guerre froide, la propagande et la
traque «anti- rouge», bat son plein. Aux
USA, c’est le Mac Carthysme (du nom
du sénateur Mac Carthy) : croisade anti
communiste. En Europe, c’est la CIA ou
d’autres officines qui mèneront la
même chasse aux sorcières, plus ou
moins ouvertement selon les pays,
l’importance des partis ou syndicats
«rouges». Ainsi sera subventionné le
syndicat FO, scission de la CGT com-
muniste, pour contrer son influence
dans le monde du travail. En Italie, cela
passera par la démocratie chrétienne
et la Mafia. Dans ce contexte, partout à
l’Ouest, le recyclage d’anciens nazis,
avec l’accord du Vatican et la mise à
disposition de ses réseaux, est bien-
venu. Le spectre d’une troisième
guerre mondiale (atomique) se précise
de plus en plus. Le monde libre occi-
dental est en danger. Au péril rouge so-
viétique, s’ajoutent le péril jaune lui
aussi communiste. Mao Tsé Toung
prend le pouvoir à Pékin. Les luttes ar-
mées de libération nationale, pren-
nent de l’importance, notamment au
Viêt-Nam. Les occidentaux, sous cou-
vert de l’ONU sont engagés dans la
guerre de Corée contre le Nord com-
muniste. La guerre ne sera pas sur le
vieux continent. Les confrontations
impérialistes seront exportées aux
quatre coins de la planète, en fonction
des ressources énergétiques ou des
lieux géostratégiques en jeu.

Le plan Marshall se révèle efficace
au redémarrage de l’économie occi-
dentale et profite surtout au Capital
US. Alors qu’après la première guerre, il
n’avait pu que défendre ses investisse-
ments et intérêts existants, cette fois
maître du jeu, non seulement les mar-
chés européens lui sont ouverts mais
aussi les colonies de ses alliés.

L’UNION EUROPÉENNE

Durant la guerre, 94% du patronat
français se déclarait pétainiste. Mais
comme toujours, sentant le vent tour-
ner, financiers et industriels resserrent
les contacts avec le capital américain.
Il est de bon ton, dans les célébrations
officielles de l’UE de glorifier ses pères
fondateurs : J. Monnet, M. Schumann
(France), A. De Gaspéri (Italie), K. Ade-
nauer (Allemagne) sans s’arrêter sur
les personnages. Comme il est de bon
ton, de saluer la création en mai 1950,
de la CECA : Communauté Européenne
du Charbon et de l’Acier, regroupant la
France, l'Allemagne et le Bénélux. Ces
deux piliers de l’économie d’après
guerre consacre la naissance du futur
capitalisme européen.

Ces personnalités tant célébrées,
ces visionnaires, ces humanistes ont
d’autres motivations que le bien être
ou la paix entre les peuples. Leurs par-
cours, leurs appartenances se croisent
et se complètent. Certains sont liés à la
finance internationale ou au patronat
industriel. Tel, J. Monnet, homme de fi-
nance, enrichi aux USA où il fonde la
«Bancamérica» en 1929. Il fricote avec
des mouvements d’extrême droite, il
est très en lien avec le Vatican. R. Schu-
mann, lié au comité des forges, pétai-
niste, sera sauvé à la libération grâce à
ses relations, dont le Vatican. D’autres
sont liés de près ou de loin aux partis
de la Démocratie Chrétienne, ou ap-
partiennent à l’Opus Déi : A. De Gas-
pari. K. Adenauer, autre démocrate
chrétien et ancien nazi repêché, de-
vient maire de Cologne, puis premier
chancelier de la RFA, après guerre. Der-
rière ces fondateurs ou accompagna-
teurs de l’Europe d’aujourd’hui,
l’alliance du capital financier et des
cartels industriels européens avance,
avec le consentement américain et la
bénédiction du Vatican.

Quand, en Mai 1950, R.Schumann
dévoile le projet de la CECA, bon
nombre de gouvernements seront pris
de court. Celui-ci a été concocté dans
le plus grand secret, excepté pour les
américains. C’est une conférence de
presse qui le dévoilera au grand public.
La connaissance des experts, allait im-
poser le pouvoir des technocrates et
prendre le pas sur les politiques à
l'avenir. La CECA, devient un marché
commun avec retrait des droits de
douane, contingentement de la pro-
duction. La libre concurrence se fraiera
ainsi un premier chemin qui en prépa-
rera d’autres. Cet organisme d'experts
et de technocrates est chargé de su-
perviser la production, sa répartition et
d’en fixer les prix. Cela s’accompa-
gnera de milliers de suppressions de
postes dans les bassins miniers, avec
de violentes répressions contre les in-
surgés. Pour faire passer cet accord en
France, sera mis en avant la réalité
d’une paix durable entre les deux en-
nemis héréditaires, France et Alle-
magne. «La sidérurgie allemande,
première en Europe est mise sous tu-
telle. Avec ce carcan, notre ennemi de
toujours ne pourra plus faire cavalier
seul», explique-t-on. Les américains
saluèrent cette coopération qui ne des-
servait pas leurs intérêts et y virent la
base économique de l’OTAN. L’Angle-
terre s’y opposa, sans doute marginali-
sée par la suprématie
franco-allemande. En France le projet
CECA ne fut présenté qu’à un conseil
des ministres. Les gaullistes et les
communistes s’y opposèrent, au nom
de l’indépendance et de la grandeur de
la France. La SFIO (socialistes) et le MRP
(chrétiens démocrates) l’approuveront.
Thorez, leader du PCF, revenu d’URSS,
où il avait disparu pendant la guerre,
venait d’expliquer aux travailleurs que
la grève est «l’arme des trusts» et les
avait invité à «retrousser leurs
manches pour participer à l’effort na-
tional et au redressement de la
France». Ces clivages politiques feront
capoter peu d’années après l’autre pro-
jet en cours : la CED (Communauté Eu-
ropéenne de Défense). Initiative
toujours portée par nos mêmes «atlan-
tistes américanisés».

L’idée était de regrouper en une
seule armée européenne, 40 divisions,
soit, l’ensemble des forces militaires
du vieux continent, sous un unique
commandement. Ce projet incluait le
réarmement de l’Allemagne. D’abord
ratifié, puis après moult péripéties
entre pro et anti CED, le traité sera dé-
finitivement rejeté en 1954 par le par-
lement. Gaullistes, communistes et
d’autres ralliés voteront contre. Pour
De Gaulle : «Cela consisterait à ras-
sembler les forces armées euro-
péennes pour les mettre
collectivement à la disposition des
Etats Unis»(4). Satisfaction chez les
gaullistes mais aussi chez les commu-
nistes; en effet Moscou apprécie la po-
litique de De Gaulle à ne pas se
soumettre aux diktats américains. «La
Grandeur et l’indépendance» de la
France s’affirmera par le développe-
ment de son armement atomique.

Mais ce sérieux revers n’empêchera
pas les capitalistes de poursuivre. Ainsi
seront signés en Mars 1957 deux trai-
tés à Rome. L’un instituant EURATOME,
avec la même logique de coopération
dans le domaine de l’énergie atomique
et nucléaire et l’autre plus célèbre,
marque l’entrée en vigueur de la CEE :
Communauté Economique Euro-
péenne instituant la liberté de circula-
tion des marchandises, des capitaux et
des personnes : main d’œuvre néces-
saire... La technocratie triomphante
par le biais d'une commission exécu-
tive, prend le pouvoir central de l’Eu-
rope. Pour atténuer le choc, est institué
un conseil des ministres des états
membres.

Puis viendront en 1986, l’acte
unique européen : libre circulation des
capitaux; en 1992 le Traité de Maas-
tricht : création de la banque centrale
européenne et de l’Euro, etc. Ce qui
permettra alors au capital européen et
financier de prendre son envolée et au
libéralisme de prendre toute sa place
dans l’économie de marché.

Et pour les peuples européens ? Il
leur faudra attendre 1978 pour qu’un
alibi démocratique : une assemblée
croupion de député(e)s européen(ne)s
voit le jour. C’est ce modèle démocra-
tique qu’a Nobélisé le comité norvé-
gien.

L’histoire de l’UE n’est nullement
l’imagerie doucereuse de paix et de dé-
mocratie louée par la propagande. Ce
n’est qu’une continuelle voracité des
capitalistes, pour se déployer et se ren-
forcer. Une quête pour des taux de pro-
fits toujours plus grands, chèrement
payés par les travailleurs et les peuples
exploités de par le monde.

(1) Voir C.A N°225 :
L’UE Nobel de la
paix...mais la paix
pour qui ?

(2) En exemple des
USA, la famille
«Busch» qui a fait
fortune grâce à ses
investissements et
échanges avec l’Al-
lemagne nazie.

3) RFA :République
Fédérale Allemande
et RDA : République
Démocratique Alle-
mande.

(4)absentd’Etat1946De Gaulle sera
du pouvoir
: de janvier
à juin 1958.

MZ Caen 15 12 2012
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