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(fr) Organisation Communiste Libertarie - Courant Alternatif CA #227 - NOUVELLES RESTRUCTURATIONS DANS LA SIDÉRURGIE

Date Wed, 27 Mar 2013 12:51:41 +0200


EN 2011, la production mondiale d’acier a représenté mensuellement 124 milions de tonnes, dont plus de la moitié en Chine. En Europe, la consommation chute et beaucoup plus violemment que prévu. Un quart à un tiers de la demande a disparu par rapport à 2007. C’est dans ce contexte qu’interviennent les restructurations de la sidérurgie en France et en Europe. -- LES 3 PHASES DE LA SIDERURGIE EN FRANCE -- JUSU’EN 1939, DES ENTREPRISES FAMILIALES ---- En 1704, Jean-Martin Wendel achète les forges de la Rodolphe à Hayange. Sous son impulsion, la sidérurgie lorraine atteint un développement considérable, notamment avec l’extension des chemins de fer au XIXe siècle. ---- Dès le XIXe siècle, la sidérurgie française a donné au Pays les moyens nécessaires à son équipement. Elle n'a cessé de se moderniser, d'accroître sa capacité pour répondre aux besoins d'une économie dont le développement s'est accéléré au cours du XXe siècle jusqu'en 1939.

Des années aboutissent à la construction des aciéries
principalement sur le gisement du mi-
nerai de fer de Lorraine dans le Bassin
de la Moselle, et à Longwy, ainsi qu'à
proximité des Houillères du Nord dans
la région de Valenciennes et Maubeuge
(quelques unités isolées ont existées
dans le Centre, en Bretagne et en Nor-
mandie). Réalisées par des initiatives
personnelles ou familiales, dans une
économie libérale, ces usines, nom-
breuses, différentes par leur capacité
et par la diversité de leurs produits, s'y
sont progressivement développées. La
seconde guerre mondiale marque la
fin d’une époque dans la sidérurgie
française.


JUSQU’EN 1979:
SUPRANATIONALITÉ (CECA)
ET PREMIÈRES
CONCENTRATIONS

1945 marque une nouvelle étape
qui s'inscrit dans le cadre d'un État in-
terventionniste. La reconstruction sera
confrontée à l'intervention de plu-
sieurs facteurs :

- d'abord la technique a évolué, –
les dimensions des équipements et
leur capacité de production s'accrois-
sent. Ils ont parfois du mal à s'insérer
dans des usines devenues un peu étri-
quées. Cela va conduire à des rationa-
lisations et à des fusions de sociétés ;

- puis en 1952, la création du Mar-
ché Commun du Charbon et de l'Acier
- la CECA à caractère supranationale -
va supprimer les frontières et modifier
les règles de la concurrence. La néces-
sité d'être compétitif, de défendre ses
parts de marché conduit à des inves-
tissements parfois excessifs dus no-
tamment à un manque de
coordination entre les sidérurgies eu-
ropéennes, restées nationales. Les au-
torités du Marché commun étant
davantage préoccupées par les règles
de concurrence ;

- enfin, la prise de conscience de
l'épuisement progressif des gisements,
situé vers la fin du siècle, et l'appari-
tion des minerais importés, vont obli-
ger la sidérurgie à se préparer à un
effort d'investissement supplémen-
taire destiné à l'établissement de bases
nouvelles qui prendront le relais des
usines existantes. Ces minerais
d'outre-mer deux fois plus riches en
fer vont justifier, avec des frets mari-
times, très bas, l'implantation d'usines
sidérurgiques sur des sites côtiers. Il en
sera de même pour le charbon à coke
dont les besoins seront réduits de près
des deux tiers.

C'est à Florange, site réparti sur les
communes de Rombas, Hayange, Flo-
range, Sérémange, dans la Vallée de la
Fensch, que les De Wendel décident de
construire la coopérative Sollac
en1948.

En 1948, Usinor résulte de la fusion
des sociétés Denain Anzin et Forges du
Nord et de l'Est, avec pour but notam-
ment d'installer un laminoir de très
grande capacité pour la production en
continu de tôles minces, appelé train à
bandes dans le cadre du plan Marshall.

En 1953 à Longwy, les aciéries vont
avec Senelle-Maubeuge et Escaut et
Meuse, spécialistes des tubes en acier,
former Lorraine Escaut. En Lorraine, les
usines sidérurgiques du Groupe Ma-
rine rejoignent celles de Pont à Mous-
son dans Sidelor pendant que les
sociétés UCPMI à Hagondange et la
métallurgie de Knutange créent la so-
ciété Mosellane de Sidérurgie (SMS).

Ce n'était pas suffisant. En 1966,
Usinor absorbera Lorraine Escaut ce
qui lui permettra de créer avec Vallou-
rec une grande société internationale
de tubes en acier et de trouver par
ailleurs des positions complémen-
taires pour son avenir.

En Lorraine, dès 1968, l'unité régio-
nale découlera de la réunion de Side-
lor, de la SMS et de la Société Wendel,
- restée jusque là en dehors des fu-
sions, par la plus grande capacité de
ses usines; l'ensemble s'appellera
d'abord Wendel-Sidelor et in fine Saci-
lor. Son pivot central sera la Sollac dont
la création a été réalisée par de Wen-
del pour l'implantation d'un train à
bandes, deux ans après celui d'Usinor
(ses installations fonctionnent encore).
Au début de l'année 1970, la Sidérurgie
française, hors aciers spéciaux, repose
sur deux sociétés : Usinor et Sacilor.

FERMETURES DES SITES
TRADITIONNELS,
CONCENTRATION ACCRUE,
MONDIALISATION

La troisième phase industrielle est
la conséquence des limites de l'exploi-
tation économique des gisements qui
seront remplacés par les minerais
d'outre-mer. C'est un véritable boule-
versement qui va conduire à l'établis-
sement par les sociétés sidérurgiques,
de nouvelles usines destinées à assu-
rer «ailleurs», la continuité de la pro-
duction d'acier. Le site de Dunkerque
sera choisi en 1960, ensuite celui de
Marseille 10 ans après ; cela prendra
du temps. Le 20 septembre 1978, le
gouvernement annonce que l'État
prend le contrôle des sociétés sidérur-
giques.

En 1981, Sacilor et Usinor, qui re-
groupe les usines sidérurgiques du nord
de la France, sont nationalisées. Après
avoir fermé les sites de Denain et
Longwy en 1979 et 1984, elles fusion-
nent en 1986 et absorbent la Sollac en
1990.

En 1995, Usinor-Sacilor est privati-
sée et prend peu après le nom d’Usinor.
Arcelor (nom créé à partir des noms
des 3 entreprises fondatrices) est né de
la fusion d'Aceralia (Espagne), Arbed
(Belgique-Luxembourg) et Usinor
(France), annoncée le 19 février 2001,
auquel la Commission européenne
donne son accord le 12 décembre 2001,
à condition que soient vendues des
usines pour le maintien de la concur-
rence. La volonté de trois groupes euro-
péens était de mobiliser leurs synergies
techniques, industrielles, commer-
ciales, autour d'un projet commun,
pour créer un leader mondial qui a pour
ambition de s'affirmer comme une va-
leur de référence dans l'industrie de
l'acier. Le groupe compte alors un effec-
tif de 104 000 salariés et renouvelle l'al-
liance stratégique Usinor-Nippon Steel.
Usinor, principale composante de la fu-
sion, avait lui-même fusionné avec Sa-
cilor en 1986, un ensemble privatisé en
1995 plusieurs décennies de restructu-
rations.

Mittal Steel Company, propriété du
milliardaire indien Lakshmi Mittal, s'est
construit par une série d'acquisitions
au cours des années 1990 et 2000. Le
groupe prend ce nom lors de la fusion
en 2004 d'Ispat International, alors 11e
producteur mondial d'acier, avec LNM,
société néerlandaise qu'il détient à
77 %. Avec son OPA réussie en mai 2005
sur le sidérurgiste américain Interna-
tional Steel Group (ISG), Mittal devient
le premier producteur mondial d'acier
(57 millions de tonnes par an), devant le
franco-hispano-luxembourgeois Arcelor
(42,8 Mt) et Nippon Steel (31,3 Mt).

ArcelorMittal est le premier groupe
sidérurgique mondial, installé à Luxem-
bourg, avec 260 000 employés dans plus
de 60 pays, dont plus de la moitié en Eu-
rope. Né en 2006 de l'OPA de Mittal Steel
Company sur Arcelor, financée par de
grands emprunts internationaux, il est
lancé depuis 2009 dans un grand pro-
gramme de désinvestissement, pour
tenter de diminuer le taux d'intérêt au-
quel il se finance, qui restait à l'au-
tomne 2012 proche de 9 %.

FLORANGE DANS LE CADRE
DE LA CRISE ÉCONOMIQUE
ET DE LA FERMETURE DE SITES

Les hauts-fourneaux représentent une
immobilisation financière importante,
en stocks de minerai de fer. Arrêter leur
production, mais sans les vendre, per-
met de se désendetter, tout en conser-
vant une option de forte rentabilité en
cas de reprise économique, en atten-
dant que l'offre mondiale de minerai de
fer s'adapte à l'envol des cours. L'arrêt
d'un haut-fourneau entraînant «des dé-
gradations très importantes», avec un
redémarrage «particulièrement long et
délicat», ArcelorMittal a promis en dé-
cembre 2012 de maintenir son alimen-
tation énergétique, qui est au gaz
naturel. Il possède aussi des hauts-four-
neaux et des aciéries à Dunkerque et
Fos-sur-mer, moins coûteux car don-
nant directement sur la mer. Modeste,
l'écart de coût de transport est loin de
justifier le démontage du haut-four-
neau de Florange. La pollution des pay-
sages générée par la sidérurgie requiert
par ailleurs d'utiliser d'abord les hauts-
fourneaux existants.

Mais la sidérurgie, ce n’est pas que
la phase liquide (hauts-fourneaux),
mais surtout la partie transformation
de l’acier, partie qui apporte la plus
forte valeur ajoutée. Ce sont bien les
hauts-fourneaux qui ferment (tempo-
rairement ou définitivement), mais des
restructurations ont aussi lieu dans la
transformation.

Arcelor-Mittal employait dans son
usine de Florange, en 2012, 2 600 per-
sonnes, dont les services qualité et lo-
gistique du groupe, et 630 sur le
haut-fourneau, qui fait travailler aussi
500 à 700 personnes chez les sous-trai-
tants, sans oublier les 130 salariés de la
filiale Gepor (Gepor s'occupe de la dis-
tribution des matières premières sur les
différents outils de production des
usines à chaud et à froid de Florange).

L’ETAT S’EN MÊLE

Dès l’arrêt en 2011 du haut-fourneau et
la mise en chômage partiel des 630 sa-
lariés, Florange devient un enjeu des
politiciens de tout bord en campagne
électorale. Pour tous, Florange doit
vivre.

En février 2102, le leader local de la
CFDT déclare : «En fin d’année, ça fera
dix-huit mois que les hauts fourneaux
seront arrêtés. Je vois mal Mittal laisser
une usine à l’arrêt pendant dix-huit
mois, le personnel au chômage, les
compétences qui s’en vont et les outils
qui se dégradent. Nous sommes quasi-
ment persuadés -hélas- qu’après les
élections présidentielles le couperet va
tomber et on craint que Mittal fasse,
comme il l’a fait à Lièges, qu’il annonce
une fermeture définitive du site de Flo-
range. Et ça, ça nous inquiète énormé-
ment».

«Ce qui est très «fort» de la part de
ce groupe, c’est que c’est lui-même qui
organise le chômage de Florange et en
même temps, il se tourne vers l’Etat et
leur dit «Messieurs c’est à vous de
payer». Donc l’Etat contribue à aug-
menter les profits du groupe Arcelor-
Mittal en acceptant de payer le
chômage partiel sur un site qui a des
commandes puisque que nous livrons
nos clients».

Lors du débat sur l'avenir de la sidé-
rurgie, le premier ministre déclare sur
France2 le 27 septembre 2012 que le
groupe socialiste a préparé «une propo-
sition de loi pour obliger» une entre-
prise, lorsqu'elle veut céder un site, «à
rechercher un repreneur», reprenant
une promesse de campagne de François
Hollande.

Le ministre du redressement pro-
ductif Arnaud Montebourg propose
alors de reprendre temporairement Flo-
range, sur le modèle de la nationalisa-
tion de General Motors réalisée par les
États-Unis en 2009, le constructeur au-
tomobile étant alors très endetté, puis
placé sous la protection de la justice.
Objectif, revendre Florange à un repre-
neur moins endetté et plus motivé
qu'ArcelorMittal. Il déclare devant l'As-
semblée nationale le 27 novembre qu'il
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