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(fr) France, Alternative Libertaire #224 - Point de vue : « Cachez ce sein que je ne saurais voir » (en)

Date Mon, 25 Feb 2013 13:40:48 +0200


Nous publiions dans le n° 222 un article critiquant l’organisation Femen et notamment le mode d’action qui consiste à apparaître les seins nus dans l’espace public. Si la critique est légitime, elle ne doit pas pour autant les réduire à « un simple avatar du capitalisme, de la publicité ». ---- Les Femen sont nées en 2008 en Ukraine. Anna Hudsol, la fondatrice, influencée par August Bebel, dit vouloir mobiliser des militantes dans un pays « dominé par des hommes », par la prostitution, par le tourisme sexuel et « où les femmes sont passives ». Elles se décident à agir seins nus pour représenter les femmes ukrainiennes n’ayant pour richesse que leurs corps. Il ne s’agit pas d’une maladresse, mais d’un choix politique destiné à nous interroger sur le corps-objet dans le patriarcat et le capitalisme, autant que sur la morale de certains discours féministes radicaux.

L’objectif est de lutter « pour la liberté, la démocratie, le droit des femmes, et contre l’asservissement sexuel, la violence conjugale ou l’oppression religieuse » en utilisant des méthodes d’action plus ou moins théâtrales et à connotation burlesque, hippie ou punk.

Les Femen luttent contre les discours religieux, expressions de la Loi du Père, à l’origine de nos lois. De saint Paul au Code civil (1804), on retrouve l’idée d’obéissance et l’idée que « la femme et ses entrailles sont la propriété de l’homme ».

Une lutte anti-religieuse
Les religions monothéistes réduisent le désir et la sexualité à la reproduction. Le corps des femmes, synonyme de péché, est soumis au pouvoir masculin, jusqu’à être caché. Il faut donc analyser les happenings des Femen comme une critique radicale de la religion et une affirmation de la différence des corps.

C’est le sens de celui enjoignant les musulmanes à se dévoiler. Installées depuis 2011 à Paris, en 2012, les Femen manifestent aux cris d’« À poil plutôt qu’en burqa », avec pour objectif de lutter contre le sexisme (ce qui ne peut donc être comparé aux campagnes de dévoilement de l’armée française en Algérie). Elles ont aussi dénoncer l’intégrisme chrétien lors de la manifestation de Civitas le 18 novembre, action entraînant un passage à tabac.

Des normes féministes ?
L’écueil dans lequel tombent certains discours féministes en associant systématiquement nudité et « image pornifiée » conduit à tenir des positions puritaines.

C’est regrettable car l’affirmation de la différence sexuelle comme acte féministe militant ne peut être réduite à un « militantisme aux seins nus » expliqué par le fait « que le patriarcat a des pièges profonds et qu’il est complexe d’échapper à son conditionnement ». Il s’agit là d’un argument d’autorité ; c’est se poser en maître qui sait, et oublier que chaque groupe social, y compris militant ou féministe, produit sa propre norme.

En tant que libertaires, nous ne pouvons défendre l’idée d’une norme vestimentaire à respecter pour être respectable en tant que militantes, et par extension en tant que femmes. Le féminisme doit défendre la liberté des pratiques et le rejet des conditionnements quels qu’ils soient. Il est donc navrant de lire « si les journalistes parlent de la lutte des femmes, c’est pour que les hommes puissent se masturber dessus », car les hommes y sont déconsidérés. La pensée libertaire essaie plutôt de traiter l’individu en tant que tel et de l’envisager comme potentiellement résistant et critique face aux aliénations patriarcales et capitalistes.

Les Femen s’efforcent de se réapproprier symboliquement le corps féminin, en le transformant en corps politique et non soumis comme dans le porno. Sans les prendre pour modèle, il est possible d’analyser les actions des Femen et leurs limites sans préjugés.

Collectif AL de Nantes

Précisions : Lors de son congrès de 2006, AL a récusé l’essentialisme et le naturalisme des identités sexuées (à lire sur www.alternativelibertaire.org). En conséquence, nous ne pouvons qu’être en désaccord avec l’idée des Femen selon laquelle la différence sexuelle serait constitutive de l’humanité.
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