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(fr) France, Coordination Des Groups Anarchistes CGA - [Grèce en lutte] - Sabotage dans le chantier d’une mine d’or

Date Wed, 20 Feb 2013 17:20:50 +0200


Dans les premières heures du dimanche 17 février 2013 une attaque incendiaire a été réalisée sur un chantier situé au Mont Kakavos, dans la péninsule de la Chalcidique (à 100 km à l’est de Thessalonique, dans le nord de la Grèce), où se trouvent les installations de la société minière Hellenikos Chrysos (ou Hellas Gold, « Or Grec »), une filiale à 95% de la multinationale canadienne El Dorado Gold. Ces deux sociétés minières, avec le soutien de l’État grec, cherchent à exploiter une mine d’or dans cette région montagneuse de la forêt de Skouriès. --- L’incendie s’est produit lorsqu’une cinquantaine de personnes masquées ont fait irruption le chantier clôturé et mis le feu à des conteneurs servant de bureaux, des véhicules (pick-up, camionnettes, camions...), des générateurs, bulldozers et autres machines de chantier de l’entreprise minière.

La société avait confié la surveillance de la zone à une entreprise de sécurité privée. A peine les gardes ont-ils vu le groupe des personnes s’introduire dans la zone clôturée, qu’ils se sont mis à courir et ont pris la fuite. D’après la police, deux gardes auraient été ligotés pendant que les dix autres s’enfuyaient. Les attaquants seraient repartis du site à pied, en plaçant des troncs d’arbres en travers de la route pour ralentir l’arrivée de la police et des pompiers.

La police a arrêté 33 personnes dans la journée du dimanche qui ont été remises en liberté sauf une, un homme de 54 ans, habitant la région et connu pour son engagement contre les mines d’or. Dimanche a eu lieu un rassemblement dans le centre du village de Ierissos pour protester contre les arrestations.

Il s’agit clairement d’un acte de contre-violence (matérielle) à la violence du capital et de l’État qui n’ont pas le moindre scrupule à piller et à détruire l’environnement de la Chalcidique et de l’ensemble du pays pour faire des profits. Depuis plus d’un an, les habitants de la région s’opposent frontalement aux projets d’ouverture de mines d’or, font face à la répression et luttent énergiquement contre la destruction de leurs terres et forêts pour les mines d’or et autres métaux.

Un projet de mine d’or dévastateur

Il y a quelques jours la compagnie minière Hellas Gold a demandé au Service Forestier de la province 1754 hectares supplémentaires de forêt pour ses activités d’extraction minière. Dans la zone demandée par la société coulent trois ruisseaux qui fournissent l’eau à tous les villages et hameaux voisins. Signalons qu’en plus des 317 kilomètres carrés déjà concédés et indépendamment de la surface supplémentaire réclamée, les conséquences de l’exploitation minière de l’or pour les eaux de la région seront énormes (cyanure, autres résidus lourds, quantité d’eau utilisée), sans compter la pollution atmosphérique, en particulier la diffusion de composants de roche tels que l’arsenic. Dans la partie déjà concédée, plus de 300 hectares de forêt de chênes et de hêtres doivent être détruits.

Eldorado Gold vise l’extraction de 50.000 onces d’or (1,5 tonne) chaque année jusqu’en 2015 dans cette zone. L’extension demandée permettrait de porter la production du site à 170.000 onces (5,28 tonnes) par an à partir de 2018. Avec ses autres concessions dans la péninsule, la production pourrait dépasser les 12 tonnes d’or par an. Avec l’envolée des cours de l’or (hausse de 543 % en douze ans), les appétits n’ont plus de limites.

Il s’agit d’un projet de mine à ciel ouvert (cratère de 700 mètres de diamètre et 220 m de profondeur), avec une usine de transformation et des bassins de résidus auxquels la multinationale vise aussi à ajouter le percement du sol jusqu’à 700 mètres de profondeur où elle espère trouver 0,18 grammes d’or par tonne de terre. En outre, la compagnie pense pouvoir exploiter d’autres minerais : du plomb, du zinc, du cuivre, de l’argent. Elle promet jusqu’à l’embauche de 1500 personnes à partir de 2015 pour les trois sites de la péninsule, sans compter les vigiles, l’argument de l’emploi est le seul à être opposé aux opposants.

Il y a dix ans, sous la pression des mobilisations populaires, la Cour Suprême, la plus haute juridiction du pays, avait déclaré que les enjeux économiques du projet ne valaient pas les dommages écologiques. Quelques mois plus tard, un accident dans les installations de Stratoni (près du littoral), provoqua une fuite de résidus toxiques dans la mer. L’entreprise d’alors fit faillite… mais six moins plus tard, le gouvernement révoquait la faillite, rachetait les droit d’exploitation pour la somme ridicule de 11 millions d’euros… et en 2011 relançait le projet en accordant des licences d’exploitation qui avaient été annulées, pour le même prix ridiculement bas, surtout quand il se dit le plus officiellement que les réserves en or de cette région sont estimées à 20 milliards de dollars (soit 1800 fois plus !). L’heureux bénéficiaire des largesses de l’État, un certain Bobolas, magnat de la presse, ami et soutien du régime est aussi le patron d’une entreprise de travaux publics, Aktor, possédant aujourd’hui 5% du capital de la Hellas Gold. La somme qu’il a dépensé vaut aujourd’hui près de 200 fois sa mise de départ. Les saloperies de l’extraction minière n’empêchent pas de faire des cadeaux aux amis.

La société El Dororado Gold exploite déjà deux autres mines, Opympiadas (Chalcidique) et Perama (Thrace). Et vise trois autres sites d’exploitation de la région : Piavitsa, Fisoka, Tsikara.

Le 29 juin 2012, une institution administrative régionale de Macédoine-Thrace avait imposé l’arrêt des activités suite aux plaintes de plusieurs associations environnementales qui dénonçaient un projet néfaste pour la forêt et l’écosystème.

Fin juillet, le Conseil d’Etat grec autorisait Eldorado Gold à exploiter la mine d’or, annulant la décision de l’instance régionale et contredisant sa propre décision de 2002.

Un mouvement d’opposition obstiné

En réponse, une manifestation est convoquée le 5 août où des manifestants (villageois et soutiens) se font tirer dessus par des balles en caoutchouc. Depuis l’été, des effectifs de la police anti-émeutes sont stationnés en permanence dans la zone, des barrages et des barbelés ont été dressés pour bloquer les accès des chantiers.



Depuis plus d’un an, un mouvement très combatif d’opposition à l’exploitation minière s’est développé dans toute la région, organisé en comités de lutte locaux coordonnés de cette partie septentrionale de la Grèce, d’autres régions étant concernées comme celle de Komotini (Rodopi, vers la frontière bulgare), Perama (vers la frontière turque) et aussi vers Kilkis (Macédoine) au nord de Thessalonique. Ils se sont opposés au projet lors de l’enquête préalable d’impact environnemental à l’automne 2010. Ils ont très vite averti qu’ils ne respecteraient pas l’avis favorable décidé par le gouvernement, qu’ils ne permettraient pas l’installation de la multinationale et qu’ils s’opposeraient par des blocages de routes et autres moyens au démarrage des travaux.

Mais ce mouvement d’opposition doit faire face à un contre-mouvement favorable à la mine, les « Citoyens (de la municipalité) d’Aristote » dont dépend la petite ville de Ierissos, les ouvriers mineurs mobilisés par leur direction et leur syndicat, des nervis se faisant passer pour des ouvriers qui viennent frapper les manifestants en disant qu’ils ont été agressés… et une presse radio-TV-écrite en quasi-totalité contre le mouvement d’opposition.



Au mois de mars 2012, la lutte s’est intensifiée. Trois manifestations successives de villageois de la région et de soutiens ont été organisées, et réprimées par des nervis de la compagnie et par la police et plusieurs manifestants ont été blessés dont un grièvement.

D’abord le 20 mars à l’occasion d’une tentative de blocage d’une équipe d’archéologues et d’ouvriers suivie de l’occupation de la mairie du village de Ierissos. Une bande de nervis avait attaqué des manifestants et un poste de surveillance installé par les opposants avait été détruit par les flics.
Ensuite le 25 mars lors d’un rassemblement sur la place du village suivie d’une marche motorisée en direction de localités directement visée par le projet (Megali Panagia, Skouriès…) où les manifestants se sont heurtés aux divers dispositifs policiers.


Puis le 30 mars, alors que des milliers de manifestants faisaient le siège de la municipalité de Ierissos (favorable au projet), des barricades ont été dressées autour de la place et les affrontements ont été généralisés dans la localité, jusqu’au petit matin. Les voitures du maire et de ses adjoints ont été détruites pendant que l’équipe municipale, qui refusait d’aborder le thème de la mine d’or, s’est retrouvée assiégée dans la mairie, dont l’électricité avait été coupée. Toute la soirée et une partie de la nuit, la population du village renforcée par l’arrivée d’autres villageois, notamment de Megali Panagia, ont tenu cette petite ville de 3000 habitants. Seule l’arrivée de renforts policiers des forces anti-émeutes de Thessalonique sur le coup de 2 heures du matin a permis de rétablir l’ordre en chargeant les manifestants, en balançant des lacrymos et en occupant tout le centre du village. Un peu plus tard dans la nuit, vers 3h30, la police a exfiltré de l’hôtel de ville le maire et les sbires de son camp politique et ils ont été emmenés hors de la localité dans les fourgons.
Après les manifestations de l’été, les mobilisations se sont poursuivies.

Le 11 septembre 2012, une manifestation sur place a été violemment attaquée par la police pendant qu’une autre manifestation réunissant des milliers de personnes se déroulait à Thessalonique.
Le 21 octobre, nouvelle manifestation de deux mille personnes dans la forêt de Skouriès : 2 blessés et 21 personnes arrêtées : 14 d’entre elles sont inculpée pour « révolte ». A même endroit, protégés par les forces anti-émeutes, environ 250 mineurs étaient regroupés derrière une banderole « La violence n’est pas une solution » et manifestaient en faveur de la mine.
Le 25 octobre, des milliers de manifestants se réunissent à Polygyros (préfecture de la Chalcidique) pour réclamer l’abandon des poursuites contre les manifestants arrêtés 4 jours avant. Le procès est alors reporté au 14 février 2013.
Le 24 novembre, 5000 personnes dans les rues de Thessalonique.
Le 12 janvier dernier, à Athènes, près de 2000 personnes (dont une grande partie venues du nord de la Grève) ont manifesté contre l’exploitation minière, le même jour où près de 10 000 personnes manifestaient à l’appel des diverses réalités organisées de l’aire libertaire/antiautoritaire contre les expulsions de squats (voir La bataille pour les squats à Athènes )
Le 14 février devait avoir lieu le procès de 14 des 21 personnes arrêtées le 21 octobre. Il a été renvoyé au 11 novembre 2013.
Le 18 février 2013
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