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(fr) France, Alternative Libertaire #224 - EPR de Flamanville : Le nucléaire fait exploser les prix (en)
Date
Sat, 16 Feb 2013 12:30:33 +0200
Le coût de la centrale de Flamanville ne cesse d’augmenter. Mais le calcul des coûts réels
devrait également prendre en compte de nombreux paramètres supplémentaires toujours passés
sous silence par les autorités. ---- Alors que le gouvernement socialiste, soutenu par
Europe-Ecologie-Les-Verts (EELV), est bien timide en matière de sortie du nucléaire,
l’hypocrisie de cette position ne cesse de se faire plus évidente. Après la dangerosité de
cette source d’énergie, rappelée par les évènements tragiques de Fukushima, c’est son
absurdité économique qui nous est rappelée par les nouvelles estimations du coût de l’EPR
de Flamanville passé de 3,3 milliards d’euros en 2005 à 8,5 milliards d’euros
actuellement. Cette inflation, due entre autres à des défauts techniques et à la mauvaise
conception de certains procédés, notamment de sécurité informatique, en dit long sur le
sérieux avec lequel l’État entament ce genre de projet.
Des coûts éternellement sous-estimés
Cette sous-estimation des coûts est chronique. Mise en œuvre par ses promoteurs, elle
retombe au final sur les contribuables tout en enrichissant les industriels. Et elle
masque les vrais coûts, bien supérieurs aux estimations actuelles : réparation et
démantèlement des centrales, stockage et traitement des déchets, traitement d’un accident
grave. L’expérience de Brennilis, l’une des première centrale démantelée en France, est
révélatrice : le coût du démantèlement, estimé à 19,4 millions d’euros en 1979, a été
ré-estimé en 2005 par la Cour des comptes à 482 millions d’euros ! Aujourd’hui, EDF n’a
qu’à peine plus de 10 milliards d’euros provisionnés pour financer le démantèlement du
parc français, alors que Marc Goua, rapporteur spécial devant l’Assemblée nationale,
rappelait en 2011 que ce coût pourrait atteindre les 750 milliards d’euros. Quant aux 1
000 milliards d’euros que pourrait coûter un accident grave selon l’Institut de
radioprotection et de sûreté nucléaire, n’y pensons surtout pas, sinon Areva devrait
mettre la clef sous la porte.
Avec les 3,3 milliards d’euros, que devait coûter l’EPR à l’origine, le Réseau sortir du
nucléaire (RSN) estime qu’on aurait pu produire le double d’énergie à partir de sources
renouvelables et locales et créer ainsi 10 000 emplois, dans une industrie beaucoup moins
risquée. Imaginons ce qu’on pourrait faire avec les 8,3 milliards d’euros que coûte
désormais ce projet. Et avec tous ces autres milliards que l’industrie nucléaire coûtera
en plus si elle reste un « secteur d’avenir ». Pour s’opposer à leurs mensonges
technicistes, le mouvement antinucléaire doit rester vigoureux et exigeant.
Arrêt immédiat du nucléaire
Une fédération antinucléaire s’est créée en Bretagne pour dépasser le manque d’ambition de
RSN et rassemble entre autres des militantes et des militants de Stop nucléaire 56, de RSN
Cornouailles, de la Fédération anarchiste et d’Alternative libertaire revendiquant l’arrêt
immédiat des centrales. De même, des résistants du Chefresne ou de Saint-Martin-d’Aubigny
bloquent la construction de la ligne THT (Très haute tension) prévue entre Flamanville et
Rennes. Ce combat, moins couvert médiatiquement quecelui de Notre-Dame-des-Landes, se fait
pourtant dans des conditions de (ré)pressions politiques et policières similaires. Il faut
travailler à la convergence des luttes écologiques du moment, rejeter toutes les énergies
polluantes et le monde qui va avec pour proposer un modèle alternatif de société et
obtenir enfin l’arrêt immédiat du nucléaire.
Jocelyn (commission Écologie)
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