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(fr) Canada, Ucl Collectif de Montréal - Les grandes lignes de la révolution selon un communiste-libertaire français! (en)
Date
Mon, 04 Feb 2013 12:06:09 +0200
La Commune: Qu'est-ce qu'une révolution communiste et libertaire? nefacmtl.blogspot.com
---- Le Blogue d’Information Politique du Collectif Local de Montréal, groupe membre de
l'Union Communiste Libertaire (UCL ---- DIMANCHE, FÉVRIER 03, 2013 ---- Qu'est-ce qu'une
révolution communiste et libertaire? ---- Qu’est ce qu’une révolution communiste et
libertaire ? ---- Les lignes qui suivent paraîtront sans doute naïves à certain(e)s. ----
C’est le risque encouru en traitant simplement, et en peu de mots, de sujets complexes qui
ont fait l’objet d’innombrables publications, depuis deux siècles au moins. ---- Il s’agit
d’apporter les premiers éléments de réponse (de réflexion, de débat) à des questions que
se posent - sans presque jamais oser les formuler - beaucoup de ceux et de celles qui
découvrent les manifestations de rue et les drapeaux libertaires.
Peut-être des militantes et militants plus confirmé(e)s pourront-ils également faire leur
profit de ce dialogue imaginaire, qui n’a d’autre ambition que d’en susciter d’autres, de
vive voix.
(Ce texte a été écrit en 2002 par Claude Guillon, un anarchiste français, et est tiré
directement de son site web.)
Qu’est-ce qu’une « révolution » ?
Nous appelons révolution un changement radical - c’est-à-dire qui s’attaque aux racines -
du système économique, social et politique en place.
Dans une société capitaliste comme celle où nous vivons, une révolution s’attaquera au
salariat, système dans lequel l’activité humaine est pour l’essentiel contrainte et
limitée au travail (production de marchandises), travail exploité pour le profit des
patrons et/ou des actionnaires.
La révolution abolira, avec le travail salarié, l’argent, qui sert de support à
l’abstraction de la valeur (d’une marchandise, d’une heure de travail, d’un être humain...).
La révolution se heurte aussitôt à ce que l’on peut désigner comme les « grandes »
institutions, l’État par exemple, sa police, et éventuellement son armée. Elle bouleverse
aussi les institutions de la vie quotidienne que sont la famille et le couple, où les
rapports d’autorité s’organisent selon l’âge et le sexe (autorité des adultes sur les
mineur[e]s, des hommes sur les femmes). Ce bouleversement est à la fois un objectif
important des révolutionnaires, et l’effet matériel d’une période de rupture avec les
habitudes de la vie courante (grève générale, déplacements difficiles, occupations...).
Si certaines choses sont aujourd’hui plus faciles à changer qu’il y a un siècle (par
exemple : dissocier plaisir érotique et procréation, grâce à la contraception), d’autres
comportements ont peu varié (les femmes effectuent toujours 70% des tâches ménagères). La
réflexion et les luttes sur ces questions sont partie intégrante d’un combat
révolutionnaire qui ne s’arrêtera pas par miracle un grand soir ou un beau matin.
La perspective d’une révolution n’est-elle pas utopique ?
Autrement dit : une révolution est-elle possible ?
Ce qui est impossible pour nous, et ça nous en sommes sûrs, c’est de supporter le monde
tel qu’il est !
Nous avons tout à gagner à un bouleversement radical du monde, et rien à y perdre, parce
que tout ce qui fait pour nous le plaisir de notre brève existence - les rencontres, les
discussions, l’amour, les émotions partagées - tout cela est aujourd’hui contraint,
limité, atrophié.
Il n’existera pas de société parfaite une fois pour toute où vivre heureux sans conflits.
C’est dans l’effort même, dans le mouvement même de transformation révolutionnaire des
rapports sociaux, que la vie se révèle mille fois plus passionnante.
Comme l’écrivait l’anarchiste russe Bakounine : « Je ne suis vraiment libre que lorsque
tous les êtres humains qui m’entourent, hommes et femmes, sont également libres. La
liberté d’autrui, loin d’être une limite ou la négation de ma liberté, en est au contraire
la condition nécessaire et la confirmation. Je ne deviens libre vraiment que par la
liberté d’autres, de sorte que plus nombreux sont les hommes libres [ajoutons : et les
femmes libres, et les enfants libres] qui m’entourent et plus profonde et plus large est
leur liberté, et plus étendue, plus profonde et plus large devient ma liberté. [...] Ma
liberté personnelle ainsi confirmée par la liberté de tout le monde s’étend à l’infini. »
Il faudra bien continuer à manger, à s’éclairer à vider les poubelles, que sais-je ?
Passés les premiers jours de paralysie, inévitable et nécessaire (pour affirmer la force
du mouvement, contrecarrer d’éventuels mouvements de l’armée ou de la police), il faut
remettre en marche certains secteurs d’activités : transports, ravitaillement,
distribution d’eau, de gaz, d’électricité. Tous ces biens seront distribués gratuitement.
Un grand nombre d’autres secteurs seront définitivement abandonnes, soit immédiatement,
soit progressivement.
Immédiatement : les usines produisant des marchandises inutiles (une majorité de la
production actuelle) ou nuisibles. Progressivement : un secteur comme le nucléaire, qui
exige, même après l’arrêt de la production, une surveillance et des activités complexes de
démantèlement.
On remarque que l’abolition du salariat, le partage par roulement des tâches
indispensables au fonctionnement de la société (ramassage des ordures, par ex.), et la
suppression de l’argent (distribution communautaire des biens de première nécessité ; pour
le reste imagination et troc sur le modèle des actuels SEL) règle très simplement la
fausse question du chômage.
Notons encore qu’en matière d’alimentation, seuls les aliments dits « biologiques »,
aujourd’hui réservés à une clientèle aisée, seront distribués collectivement. Ce choix de
bon sens écartera le risque de catastrophe de type « vache folle » ou OGM.
Bien des questions pratiques seront discutées et réglées le moment venu par les gens
concernés, et d’une manière impossible ou difficile à prévoir Il est donc vain de dresser
par avance un catalogue de mesures. Cependant, il faut comprendre qu’une révolution ne
signifie pas la prise en main par une population du monde tel qu’il est. Il faudrait,
sinon, « autogérer » les usines d’armement, l’administration fiscale, et les camps de
rétention pour sans-papiers... On se demande pourquoi on dépenserait tant d’énergie pour
en arriver là ?
Avançons l’hypothèse, à titre d’exemple, et pour illustrer malgré tout notre raisonnement,
qu’en matière de transport, un moyen aussi coûteux, aussi dangereux, et aussi nuisible à
l’environnement (kérosène, bruit) que l’avion serait progressivement abandonné. On peut
penser qu’à rebours de la préoccupation « moderne », la durée des voyages sera
considérablement allongée. Parce qu’on ne se souciera plus de « faire l’Asie en dix jours
», et que l’on préférera découvrir des gens et des paysages, sans patron pour vous dicter
la date du retour.
La révolution n’est-elle pas synonyme de violence ?
Il n’est pas difficile, en observant autour de soi, dans sa famille ou dans la rue, en
regardant la télévision ou en lisant le journal, de voir que le monde tel qu’il est
aujourd’hui, le capitalisme en voie de mondialisation, héritage des sociétés coloniales du
siècle dernier, que le monde actuel est synonyme de la pire violence.
À titre d’exemple : la violence domestique masculine fait aujourd’hui, dans un pays comme
l’Espagne, six fois plus de victimes (90 femmes assassinées par mari ou amant en 2001) que
le terrorisme des séparatistes basques de l’ETA.
Le degré de violence nécessaire pour renverser l’ordre établi ne dépend pas que de la
bonne volonté des révolutionnaires, mais dans une large mesure de la réaction des maîtres
du monde. L’acharnement des industriels, des technocrates, des politiciens, et des
électeurs de Le Pen à réagir à un mouvement révolutionnaire ; la violence dont ils
seraient disposés à user pour le réduire, tout cela conditionne de manière imprévisible le
degré de violence inévitable d’une révolution.
Dans une société techniquement développée où peuvent être mises en œuvre de nombreuses
techniques de sabotage (informatique notamment), qui ne nécessitent pas ou très peu de
violence physique, les meilleures chances sont réunies de paralyser le système en faisant
moins de victimes humaines que les accidents de la route un week-end de Pâques.
Par la suite, la société en révolution - par les priorités qu’elle adopte en matière de
santé (pas de médicaments toxiques ; pas de contingentement des matériels hospitaliers),
de prévention (Sida), de réduction des travaux pénibles et dangereux -, réduit le nombre
des « victimes sociales » qui paient aujourd’hui de leur vie le fonctionnement d’un
système fondé sur le profit.
N’est-il pas plus facile et plus réaliste de changer la société par des réformes ?
Le réformisme se présente comme une solution raisonnable et « réaliste ».
Le problème, c’est que, seul, il ne réforme jamais rien.
La fonction historique et politique du réformisme n’est pas d’aboutir aux mêmes résultats
qu’une révolution, par des moyens plus lents ou plus « doux ». La fonction du réformisme
est de désamorcer les révoltes et de convaincre les victimes du système capitaliste qu’on
peut très bien aménager leur sort à l’intérieur du système, sans en changer les règles, et
sans priver les réformistes de leurs jobs.
Même s’il s’agit d’obtenir des réformes, la stratégie révolutionnaire est la plus
efficace. En effet, un pouvoir ne peut répondre que de deux façons - éventuellement
combinées - à une menace révolutionnaire : par la force armée ou par les concessions
réformistes.
Si un mouvement social limite de lui-même, dans le souci d’être présentable à la télé,
raisonnable et réaliste, ses prétentions et ses buts, il n’échappera pas à la violence (on
lui envoie les CRS) et risque de ne rien obtenir du tout.
Dans une négociation, le pouvoir essaiera toujours d’accorder moins que ce qui est demandé
; si je demande moins que ce que je veux, je suis assuré de ne pas obtenir ce que je veux.
Le plus simple est d’afficher clairement le projet révolutionnaire, ce qui n’empêche pas
de tirer avantage des concessions momentanés de l’État.
Prendre le parti de la révolution ne signifie pas opter pour « tout ou rien », en
remettant toujours l’essentiel à plus tard (au grand soir), c’est au contraire profiter de
toutes les occasions historiques, de toutes les luttes, pour réaffirmer l’exigence
communiste et libertaire : tout se réapproprier dans la liberté, pour tout partager dans
l’égalité.
Tout ce qu’il est convenu de nommer les « avancées démocratiques » ont d’ailleurs été
accordées sous la pression de la rue et des barricades. Il arrive que les gouvernants
modernes y fassent allusion, quand ils espèrent que ce rappel historique dissuadera de
nouveaux barricadiers de se dresser contre eux. On dira par exemple que des gens sont
morts pour que nous ayons le droit de vote, ce qui devrait nous décourager d’utiliser
d’autres moyens d’action. Mais bien sûr, c’est un mensonge. Beaucoup de gens ont
effectivement combattu et certains sont morts en combattant, et dès la Révolution
française, contre ceux qui voulaient la confisquer, en décréter la fin obligatoire, puis
plus tard contre ceux qui voulaient revenir à la monarchie. Mais finalement, c’est bien la
république qui a tue le plus d’ouvriers sur les barricades, notamment en 1848 et en 1871,
durant la Commune de Paris.
Il existe de nouveaux groupes réformistes. Ils utilisent parfois un vocabulaire ou des
méthodes d’action illégales empruntées au mouvement révolutionnaire. Ils réclament le
droit au logement, un revenu garanti pour tous, ou une taxe sur les mouvements de
capitaux... Ils captent l’indignation généreuse et le besoin d’action de beaucoup de gens
qui ne se sentent pas attirés par des groupuscules révolutionnaires souvent fermés et
sectaires. Ils n’ont pas d’autre perspective qu’un illusoire « contrôle citoyen » sur le
capitalisme.
Or la « démocratie », c’est précisément la mise en scène politique du contrôle citoyen,
garant de la moralité d’un « capitalisme à visage humain » ; « l’économie régulée par le
droit », comme dit José Bové. Même s’ils peuvent embarrasser momentanément un ministre, un
gouvernement ou une administration, ils participent finalement au bon fonctionnement du
système, qui s’applique à les neutraliser, les intégrer, les digérer.
Le projet révolutionnaire, c’est-à-dire le projet d’une rupture révolutionnaire avec le
monde présent et le projet de la construction d’une autre société, n’est pas un rêve, au
sens où il serait impossible à réaliser. Le projet révolutionnaire, c’est la meilleure
façon d’être réaliste, c’est-à-dire de s’en tenir à nos révoltes, à nos désirs, à nos
rêves, pour refuser le cauchemar hélas trop réel d’un monde dont Marx constatait déjà
qu’il est « baigné par les eaux glacés du calcul égoïste ».
Il existe des partis, des ligues d’extrême gauche qui se réclament du communisme et/ou de
la révolution. Qu’est-ce qui les sépare des libertaires ?
Des postaliniens [1] du PC aux trotskistes de la LCR (100% à gauche, avec de vrais
morceaux de gauche dedans !) il ne manque pas de partisans du « communisme » ou d’une «
révolution », à condition qu’ils en soient les chefs et les bénéficiaires !
Les anarchistes, les communistes libertaires sont restés fidèles au principe affiché par
la Première Internationale : l’émancipation des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs
eux-mêmes.
Nous n’avons que faire des avant-gardes, des magouilleurs et des bureaucrates ! C’est aux
exploités eux-mêmes à prendre leurs affaires en mains, partout et dès maintenant - sur les
lieux de l’exploitation salariée, dans les quartiers et dans la rue - sans attendre la
bonne période historique décrétée par le comité central.
Les retours sur l’histoire (celle de la révolution russe, par exemple) sont des moyens
efficaces de vérifier la réalité des bons sentiments affichés aujourd’hui par les uns et
par les autres. Il fallu à peine huit ans aux bolcheviks pour éliminer, par le meurtre et
la mise en camps, toute opposition politique : mencheviks, socialistes révolutionnaires et
anarchistes. La révolte des marins de Cronstadt et l’insurrection Makhnoviste en Ukraine
furent écrasées dans le sang. La Terreur bureaucratique, dont Trotski fut un rouage
essentiel (à la tête de la police politique et de l’armée rouge), se retourna contre ses
propres partisans. Lui-même fut exécuté, sur ordre de Staline, dans son exil mexicain. Or
beaucoup de trotskistes actuels ont autant de mal que les postaliniens à digérer leur
passé et à condamner sans ambiguïtés ni baratin les crimes de lénine, de trotski, et de
staline.
Aujourd’hui, les trotskistes de la LCR tentent de capter à leur profit la sympathie pour
les idées anarchistes qu’ils sentent dans le mouvement social et ses manifestations.
Besancenot n’a plus que l’adjectif « libertaire » à la bouche et explique que son drapeau
rouge s’est teinté de noir [2] (et de vert, pour draguer les écolos). Mais que dit-il ?
Que la LCR veut participer à « un gouvernement qui romprait avec le capitalisme et
ouvrirait la voie au socialisme démocratique » (Révolution, p. 150). C’est mot à mot le
même mensonge que Mitterrand a utilisé à la fin des années 70 pour reconstituer un parti
socialiste capable... de ce que nous avons vu (il est vrai que la taupe trotskiste Jospin
parvint à se faire nommer Premier ministre). Bien sûr, tout serait différent avec la LCR !
Est-ce si sûr ? Lisons Besancenot : « Nous ne pensons pas supprimer l’argent du jour au
lendemain (p. 180) [...] Notre projet est plus ambitieux : créer massivement des emplois
en réduisant le temps de travail [...] (p. 209). « Cependant, la phase de transition
[vieille blague bolchevique !] vers une société égalitaire, le processus de production
sera encore soumis à la division technique du travail. Il ya aura encore des ouvriers, des
employés, des techniciens et des cadres exerçant chacun des fonctions spécifiques ; les
revenus seront encore définis selon les compétences et non les besoins (p. 252). »
Et qu’arrivera-t-il aux impatients qui n’auront que foutre de produire pour le nouveau
régime sous la direction des mêmes cadres, payés avec le même argent, le tout sous la
direction lumineuses des militants LCR ? On leur enverra les « nouveaux emplois »
miliciens chargés de leur faire rentrer dans le crâne à coup de crosses le réalisme
historique qui décide en réunion de comité central à quel moment les temps sont mûrs !
Comment faire confiance à des gens qui, même après 80 ans de réflexion, justifient
d’avance les répressions futures ? Leurs placards sont remplis de cadavres, nous ne
l’oublions pas. Quant aux idées libertaires et au noir de nos drapeaux qu’ils prétendent
gérer en franchise : BAS LES PATTES !
Tout ce qu’il faudrait changer, inventer !... Ça paraît une tâche surhumaine !
À moins de céder au délire des croyants, selon lequel il existerait un « dieu » créateur
qui manipulerait les humains comme des marionnettes et les surveillerait depuis on ne sait
quel « au-delà », il faut bien considérer que les êtres humains sont les seuls
responsables de leur vie, de ce qu’ils y acceptent ou refusent.
Ça ne veut pas dire que le sans-papier vivant à Paris ou le paysan sans-terre brésilien
sont coupables de l’oppression qu’ils subissent, mais que ce sont des hommes de chair et
de sang qui les exploitent et les persécutent, et non une fatalité surhumaine, contre
laquelle il serait impossible ou vain de se dresser.
Quant aux efforts que nécessite la construction d’un autre futur, ils sont immenses, mais
- à l’échelle de l’espèce humaine entière - pas plus impressionnants que ceux que tu as
fournis, nourrisson humain de quelques kilos, dépendant en tout des adultes qui
t’entouraient, pour devenir un individu pensant, parlant et marchant sur ses pattes de
derrière, capable d’utiliser un ordinateur et de chanter un poème de Rimbaud...
Pense à l’extraordinaire gisement de culture, de savoir-faire, et d’énergie que constitue
l’humanité, aujourd’hui divisée par les fanatismes religieux, les guerres coloniales ou
tribales, l’exploitation et la faim. Ce gisement n’est utilisé qu’à dix pour cent
peut-être, et pour le seul bénéfice du capitalisme mondialisé. Il ne sera pas difficile de
faire « moins pire » !
Je suis désolé, mais j’y crois pas !
Personne ne te demande de « croire » à la révolution, comme on croit au Diable, aux
extraterrestres ou à la réincarnation. Il ne s’agit pas non plus d’une perspective
lointaine et motivante, comme une espèce de super-carotte (bio !) à te suspendre devant le
nez.
La révolution est le projet collectif de la libre association d’individus libres, qui
commencent à changer le monde dès maintenant.
Il n’est que trop facile de trouver dans la lecture d’un journal ou le comportement de ses
collègues des raisons de se replier dans le cynisme vulgaire : « Tous des cons ! ». Pour
les plus atteints, le comble de la rancœur misanthrope vise telle catégorie particulière :
les Noirs, les immigrés, les femmes...
Pour un révolutionnaire, « l’optimisme de la volonté » n’est pas un parti pris moral, il a
un contenu dynamique et pratique : plus on éprouve la jouissance, et plus on aime faire
l’amour ; plus on rencontre d’individus différents, et plus on est affamé de la diversité
du monde ; plus on vérifie dans l’action ses capacités à changer la vie, et plus on se
découvre de nouvelles raisons d’agir.
Vade-mecum II, Paris, (première version, mai 2002).
[1] Au PC ou à Attac, le postalinien (contraction du préfixe post et du qualificatif
stalinien), n’a plus la faucille et pas toujours la carte, mais il assume le rôle
historique du stalinien : nuire à la révolution par tous les moyens.
[2] Révolution, Flammarion, 2003, p. 72
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