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(fr) Organisation Communiste Libertarie (OCL) - Egypte, Emergence d’un mouvement anarchiste - Apparition d’un "Black Bloc" au Caire et ailleurs... (en)
Date
Tue, 29 Jan 2013 15:28:14 +0200
Un mouvement anarchiste égyptien émerge avec une vague de bombes incendiaires et des
combats de rue ---- Un cortège du Black Bloc ce soir au Caire, se préparant pour la
confrontation avec les forces de sécurité près de la place Tahrir pour la célébration du
deuxième anniversaire de la révolution.
http://oclibertaire.free.fr/local/cache-vignettes/L520xH293/cortege_BB-a1198.jpg ---- Les
anarchistes ont été présents en Egypte, avant, pendant et après la révolution, mais
jusqu’à ce jour, ils n’avaient pas encore organisé un regroupement de masse sous la
bannière de l’anarchisme. Les “Ultras” des équipes de football d’Egypte ont pendant des
années été associés à des idées et actions anarchistes, et ils sont largement crédités
d’avoir élevé le niveau de militantisme qui a fait tomber le gouvernement Moubarak en
février 2011.
La nuit dernière, l’anarchisme a quitté les murs graffités, les petites conversations et
les forums en ligne de l’Egypte, et est apparu au grand jour au Caire, en se déclarant
comme une nouvelle force dans la révolution sociale en cours, déclenchée il y a deux ans,
avec plusieurs bombes incendiaires lancées contre les bureaux des Frères musulmans.
Plus tard, le gouvernement a fermé les pages Facebook du « Black Blocairo » et « Egyptian
Black Bloc », mais elles ont été relancées.
« Attendez nos prochaines attaques comme réponse à la fermeture de notre page
officielle... » ont- ils écrits dans un communiqué mis en ligne ce matin (traduit ci-dessous).
Aujourd’hui, le Black Bloc a fait sa première apparition en masse sur la place Tahrir, et,
peu de temps après, ils ont attaqué à la bombe incendiaire le Conseil de la Choura
(Parlement égyptien), ont démoli une partie des murs de barrières antiémeute menant à la
place Tahrir, et, avec d’autres, ont engagés dans le combat contre les forces de sécurité.
Ces déclarations et actions sont en préparation pour le lendemain du deuxième anniversaire
de la révolution, et pour ce que certains appellent « un tout nouveau niveau » de la
protestation en Egypte.
L’anarchisme et le concept du Black Bloc ont pris de l’importance ces derniers mois à
travers l’Egypte. Ils sont issus de divers regroupements/cercles anarchistes qui ont
conflué et fusionné pendant la période révolutionnaire. Une méfiance massive envers tous
les partis politiques parmi la jeunesse, une critique acerbe du rôle de la religion dans
la gouvernance et l’inspiration de la résistance anarchiste dans le monde (surtout
symbolisée par la révolte en Grèce fin-2008) ont aidé à cette catalyse.
Ci-dessous, la déclaration du « Black Blocairo » à propos de la fermeture de leurs sites
Web, leurs attaques à la bombe incendiaire contre les bureaux du gouvernement, et leurs
appels à la révolte :
Hier et après, nous avons terminé notre intervention, nous avons rencontré quelques-uns
des mouvements révolutionnaires et nous avons décidé de nous unir ensemble dans nos
prochaines attaques, en conséquence de quoi nous avons mené nos deux premières attaques,
comme nous vous l’avons dit hier :
1 – En incendiant le bureau du site « Ikhwan Online » (les Frères musulmans)
2 – En incendiant le bureau de Ikhwan dans la rue Al-Manial au Caire.
Et nous avons annoncé notre révolution à partir d’aujourd’hui à la place Al-Tahrir jusqu’à
ce que l’Egypte et son peuple obtiennent leurs droits !
Vie digne, Liberté et Justice sociale !
Black Blocairo, Les Hooligans
Attendez nos prochaines attaques comme réponse à la fermeture de notre page officielle...
Source : ici
Ces actions ont été menées dans la soirée du mercredi 22 janvier
Trouvé dans la presse "officielle"
Des jeunes Egyptiens créent un groupe favorable à la violence pour combattre Frères musulmans
Agence EFE - Le Caire
24/01/2013
Des jeunes Egyptiens ont créé un groupe appelé « Black Bloc » (Bloc noir) pour « combattre
la tyrannie fasciste des Frères musulmans » et vont utiliser la force pour atteindre leur
objectif, selon ce qu’ils ont annoncé dans une vidéo postée sur Youtube ces dernières heures.
Dans l’enregistrement, le groupe dit qu’il luttera contre « les Frères musulmans et sa
branche armée » et demande au ministère de l’Intérieur de ne pas intervenir dans cette
affaire, parce qu’il ripostera si on lui fait face.
Bien que la Confrérie a nié à plusieurs reprises qu’elle disposait une branche armée, les
médias égyptiens ont fait état ces derniers mois de l’existence de ces supposées milices
des Frères musulmans.
Une source au sein des services de sécurité égyptiens a confirmé à l’agence Efe
l’existence de ce nouveau groupe et ont indiqué qu’ils étaient hier soir sur la place
Tahrir, où ils ont scandé des slogans contre les Frères musulmans.
Dans la vidéo du groupe affichée sur l’Internet, apparaissent plusieurs jeunes avec des
capuches et des habits noirs qui défilent sur l’un des ponts sur le Nil au centre du Caire
avec des drapeaux égyptiens et anarchistes.
Les jeunes expliquent qu’ils cherchent « à libérer l’être humain, détruire la corruption
et renverser le tyran. »
Cette nouvelle organisation est inspirée des groupes radicaux de gauche d’autres pays du
monde, qui se sont étendus avec mouvements antimondialisation.
Demain, aura lieu en Egypte le deuxième anniversaire de la révolution qui a renversé le
régime de Hosni Moubarak avec une manifestation de masse appelé par les partis
révolutionnaires et les opposants afin de protester contre le président, l’islamiste
Mohamed Morsi.
EGYPTE | Contre les Frères musulmans
Naissance d’une milice pour combattre la « tyrannie fasciste » des islamistes égyptiens
El Mundo.es
Jeudi 24 janvier
Francisco Carrión | Le Caire
« La Chaos contre l’injustice ! » C’est le drapeau menaçant que brandit le « Black Bloc »
(bloc noir), un groupe de jeunes Egyptiens qui assure être « prêt à l’enfer » et qui a
décidé de recourir à la violence pour « lutter contre la tyrannie fasciste des Frères
musulmans » et sa milice présumée.
Le message de présentation, propagée par les réseaux sociaux et expliqué dans une vidéo
postée sur YouTube, coïncide avec la veille du deuxième anniversaire des émeutes qui ont
forcé la démission de Hosni Moubarak. Les partis et mouvements non islamistes ont appelé à
des manifestations demain vendredi à travers le pays pour protester contre le rouleau
compresseur de la Confrérie, le mouvement auquel appartient le président Mohamed Morsi, et
ses alliés salafistes (rigoristes). Le rendez-vous portera comme intitulé « Non à l’Etat
de la Confrérie, la Révolution Continue »
Et c’est ici qu’entre en action un bloc qui dit être inspiré par des groupes radicaux de
gauche et cherche à résister aux « Frères musulmans et son groupe armé ». Bien que la
Confrérie – un pouvoir de facto du pays arabe – ait insisté sur le fait qu’il ne possède
pas de milice, les médias libéraux défendent qu’elle existe en se basant sur les
affrontements sauvages en décembre dernier entre partisans et adversaires du « raïs » qui
ont entraîné 11 morts et plus de 700 blessés.
Objectif : « libérer l’être humain »
Dans la vidéo, le groupe, dont l’apparition a été confirmée à Efe par les services de
sécurité, demande au ministère de l’Intérieur de ne pas s’immiscer dans leur lutte contre
la Confrérie et souligne que son objectif est de « libérer l’être humain, détruire la
corruption et renverser le tyran. » Dans les images placées au cours des dernières heures
sur leur page Facebook, on peut voir des jeunes avec des capuches et vêtus de noir en
train de défiler dans différentes parties du centre du Caire.
A l’autre extrême, le dirigeant de l’ex-organisation terroriste Al-Gama al Islamiya, Tarek
el Zomor, a averti qu’ils vont recourir à la violence pour protéger le « projet
islamique » des griffes des « communistes, des laïcs et des nassériens ».
El Zomor, qui a été libéré de prison en mars 2011, après trois décennies derrière les
barreaux pour avoir participé à l’assassinat du président Anouar el-Sadate, a ajouté :
« Si le Président est obligé d’abandonner le pouvoir par des moyens illégitimes, les
Frères musulmans, qui sont connus pour être pacifiques, devront s’effacer pour que les
islamistes révolutionnaires mènent la lutte contre les anarchistes et les laïcs. »
Le chaos qui vient
Les « Black Blocs » ne sont pas seuls. Les actifs “Ultras” des équipes de football de la
capitale, entrainés pendant des années aux combats de rue et avant-garde du soulèvement
populaire d’il y a deux ans, ont averti hier que « le chaos va venir » après une journée
où, par centaines, ils ont protesté devant le siège de la Bourse du Caire, ont bloqué une
ligne de métro et perturbé la circulation sur un pont du centre-ville.
Les radicaux ont déclaré que c’était hier le premier jour de la colère contre le verdict
qui pourrait être annoncé samedi prochain (26 janvier) pour la tragédie du stade de Port
Saïd, dans laquelle, en février dernier, ont été tués plus de 70 supporters du club Al Ahli.
En outre, ce jeudi, des dizaines de manifestants ont tenté d’abattre un des murs de béton
érigés en novembre dernier pour protéger les sièges du Parlement et du Conseil des
ministres, dans le centre du Caire et à seulement quelques mètres de la symbolique place
Tahrir
Ceux-ci ont jeté des pierres sur les forces de sécurité, qui ont répondu avec des gaz
lacrymogènes. Après ces incidents, les véhicules militaires ont atteint la place avec des
grues et des blocs de béton pour reconstruire le mur en prévision de nouvelles
escarmouches pouvant survenir vendredi.
Le Black Bloc, un nouveau et mystérieux « invité » dans les troubles en Egypte
Agence EFE
Mohamed Siali
(repris dans de nombreux médias de langue espagnole)
Ils sont une organisation violente et opaque de jeunes caractérisés par leurs
passe-montagnes et leurs vêtements foncés.
De nombreux médias égyptiens et arabes les considèrent comme faisant partie d’une
conspiration étrangère et une menace pour l’ordre public dans le pays.
Les membres de ce groupe disent qu’ils agissent pour combattre « la tyrannie fasciste »
des Frères Musulmans.
Le Black Bloc, une organisation violente et opaque de jeunes cagoulés qui a rejoint ces
derniers jours les incidents en Egypte, a suscité la controverse sur ses objectifs et
l’identité de ses membres.
Leurs cagoules et leurs masques, leurs vêtements sombres et leurs refus de parler aux
médias ont poussé certains médias égyptiens et arabes à les considérer comme faisant
partie d’un complot étranger qui menace l’ordre public.
Toutefois, les membres du groupe ont expliqué dans une de leurs déclarations
occasionnelles qu’ils agissent pour lutter contre la « tyrannie fasciste » des Frères
musulmans, qui dominent aujourd’hui la scène politique égyptienne.
Deux jours avant le deuxième anniversaire de la révolution du 25 janvier 2011 et le début
de la nouvelle vague de violence, un de leurs dirigeants a déclaré que leur but est de
renverser le président, Mohamed Morsi, et le gouvernement des Frères musulmans pour éviter
que ce groupe monopolise le pouvoir.
Quelques heures après cet entretien, le groupe a diffusé une vidéo sur YouTube pour
inaugurer la présence publique de l’organisation avec un seul objectif : « Combattre la
tyrannie fasciste des Frères musulmans et sa branche armée »
Bien que certains médias et les groupes d’opposition ont rapporté les derniers mois de
l’existence présumée de miliciens fidèles à la Confrérie, celle-ci a nié à plusieurs
reprises qu’elle disposait d’une branche armée.
Samedi, les Frères musulmans eux-mêmes ont fait référence, dans une déclaration, au Black
Bloc, qu’ils ont désigné comme « les milices des bandes noires » et l’accusant d’attaquer
la police et les institutions publiques lors de l’anniversaire de la révolution.
Dans leur vidéo postée sur Internet, apparaissent plusieurs jeunes habillés de noir avec
des capuches, défilant sur l’un des ponts du Nil au Caire avec des drapeaux égyptiens et
anarchistes.
Dans l’enregistrement, plusieurs jeunes hommes ont expliqué qu’ils cherchent à « libérer
l’être humain, détruire la corruption et renverser le tyran »
Les hypothèses des autorités
La télévision d’Etat égyptienne a diffusé un bref reportage ce samedi dans lequel il est
dit que le Black Bloc est « un groupe étranger à la société égyptienne et que, selon les
observateurs, il est contrôlée par un dirigeant du service secret israélien Mossad », et a
demandé aux citoyens de ne pas coopérer avec eux.
Selon la télévision quatari, Al Jazeera, les activistes du Black Bloc, ont menés des
escarmouches avec d’autres manifestants, vendredi, près du Palais Présidentiel Al
Itihadiya au Caire, après avoir essayé d’enlever les barrières érigées autour du bâtiment.
Lors des manifestations ce jour-là sur la place Tahrir, l’un des militants masqués a
refusé de faire des déclarations au motif que dans son groupe il n’était pas permis de
parler aux médias étrangers.
Hermétiques et non structurés en Egypte
Le coordinateur général de la Coalition des Forces Révolutionnaires, Haitam al Shauaf a
déclaré que le nouveau mouvement a été inspiré par l’un des groupes anti-mondialisation
qui sont apparu dans plusieurs pays occidentaux dans les années quatre-vingt du siècle
dernier.
Toutefois, l’activiste signale que la version égyptienne manque d’organisation et de
maturité dans son action, car il s’agit d’une nouvelle expérience pour l’activisme en
Egypte, même si, à son avis, le groupe a pu recruter un grand nombre de jeunes dans les
différentes provinces.
Al Shauaf a ajouté qu’il est très difficile d’avoir des informations sur ses membres et
leurs tendances idéologiques parce qu’ils se couvrent de cagoules et sont réticents à
parler à d’autres militants.
Il a expliqué que sa coalition, l’une des plus influentes du mouvement révolutionnaire,
n’a pas encore décidé comment agir avec cette nouvelle organisation, en ajoutant que pour
l’instant ils sont en train d’évaluer leur action et qu’à la lumière de celle-ci, ils
décideront.
« Les activistes du Black Bloc ne croient plus à la lutte pacifique, mais voient que la
violence est le seul moyen d’imposer le changement. Peu importe s’ils ont raison ou pas,
cette position est la conséquence de la violence utilisée par le pouvoir contre les
protestations pacifiques », a-t-il souligné.
News
Un « Black Bloc » arrête un tramway à Alexandrie et manifeste au Caire
Ahram Online, vendredi 25 janvier 2013
Un groupe d’hommes masqués organise des protestations au Caire et à Alexandrie, et appelle
à « la chute du régime »
Un groupe de jeunes manifestants, qui se sont identifiés comme « Black Bloc », ont marqué
le deuxième anniversaire de la révolution égyptienne en bloquant les voies de tramways à
Alexandrie ce vendredi.
Une dizaine de personnes portant des masques noirs a arrêté la voie du tramway en
utilisant des barrières de circulation, et ont également bloqué la route à la place
Al-Qaid Ibrahim, où des manifestations sont censées avoir lieu.
(…)
_ _ _ _
Le Black Bloc tente de prendre d’assaut bâtiment du Gouvernorat à Mansoura
Ahram Arabic news website, samedi 26 janvier 2013
Lors de nouvelles tentatives de prendre d’assaut le siège du Gouvernorat de la province de
Dakahliya [à Mansoura, 120 km au nord-est du Caire), dans le delta central, les membres du
groupe Black Bloc ont affronté les forces de sécurité avant de détruire l’entrée du site.
Le Black Bloc est un nouveau groupe d’autodéfense vêtu de noir qui ont fait leur première
apparition publique musclée au cours des manifestations nationales du deuxième
anniversaire de la révolution, vendredi 25 Janvier.
Selon Ahram Arabic newswebsite, les manifestations appelant aux revendications de la
révolution ont continué pour la deuxième journée consécutive en face du bâtiment du
gouvernorat.
_ _ _ _
Alexandrie encore
Dans cette dépêche de ce dimanche 27 janvier, RFI
il est signalé :
« A Alexandrie, les Black Block ont pris d’assaut un bâtiment officiel sur lequel ils ont
étendu une banderole déclarant l’indépendance de la seconde ville d’Egypte. »
Video du “Black Bloc Egypt”
http://www.youtube.com/watch?v=L8IyRkEKywY&feature=player_embedded# !
Alexandrie, le 20 janvier 2012
Un rassemblement pacifique devant les portes du tribunal à l’occasion du procès pour les
meurtres de janvier 2011 est brutalement attaqué par la police. Il y a eu 31 détenus, dont
4 membres du Mouvement Socialiste Libertaire.
Ils sont maintenus en détention dans aucune base juridique pour au moins 10 jours
puisqu’ils passeront devant un juge le 30 janvier. Trois membres de cette organisation
libertaire ont déjà été arrêtés en novembre 2012 sur des accusations d’incitation des
travailleurs à la grève et désordre public.
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