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(fr) France, Alternative Libertaire #223 - Enrique et Yurgo (CGT espagnole) : « Syndicats et assemblées dans le même cortège » (en)

Date Thu, 24 Jan 2013 15:48:25 +0200


Le 14 novembre 2012, AL Montpellier organisait une initiative libertaire unitaire de soutien aux luttes contre l’austérité. Deux militants de la CGT espagnole (anarcho-syndicaliste) sont venus s’exprimer sur leur combat… et ont répondu à nos questions. -- Alternative libertaire : Au regard des différents plans d’austérité, quelle est aujourd’hui selon vous la situation sociale en Espagne ? ---- Enrique et Yurgo : Il y a plus de cinq millions de chômeurs et de chômeuses en Espagne, il y a trois millions de gens qui n’ont aucun revenu, et qui sont complètement dépendants de leurs familles. C’est dramatique. ---- Il y a un grave problème social. Les gens sont vraiment dans la merde en fait ! En Catalogne par exemple il y a une personne sur quatre sous le seuil de pauvreté. Même dans les manifestations dites « alternatives » (qui regroupent la CGT et la CNT, entre autres), il y beaucoup de monde. Par exemple, dans celles du 14 novembre, il y avait 100.000 personnes, ce qui ne s’est jamais vu.

On sait que les divers plans d’austérité ont attaqué durement la fonction publique en Espagne, quelles en sont les conséquences sociales et où en est la fonction publique aujourd’hui en Espagne ?

Enrique et Yurgo : Dans l’éducation, il y a de graves problèmes. Avant une classe comptait au maximum 25 élèves, maintenant c’est 30 et ça peut même aller jusqu’à 35. Dans la santé, les problèmes sont encore plus graves, il y a moins de moyens. Il y a plus d’heures de travail, des salles d’opération sont fermées, les listes d’attente sont plus longues, il y a moins de temps pour soigner les patients. Ça peut mener directement mais aussi indirectement à des décès. En ce moment certaines associations se préparent à dénoncer la situation auprès de l’Onu pour dénoncer des violations des droits de l’homme.

On a entendu parler d’hôpitaux en Espagne qui manquaient de moyens pour payer les personnels soignants, mais ceux-ci ont quand même continué à travailler en se relayant à tour de rôle. Vous êtes au courant de cette lutte ?

Enrique et Yurgo : Dans la santé, il y a des luttes. Cela se passe dans différentes régions, il y a constamment des luttes dans les hôpitaux. Le gouvernement est coincé, il a moins de marge de manœuvre que le gouvernement français par exemple. Il y a la troïka derrière eux. En Espagne, il faut vraiment que la lutte soit énorme pour que ça change la donne et mette la pression au gouvernement.

Que dire de la situation du logement en Espagne ?

Enrique et Yurgo : Il y a beaucoup de luttes en rapport au logement. Les squats se développent. Avant c’était plutôt les jeunes ou les centres sociaux, mais ça s’élargit, et il y a un grand mouvement contre les expulsions. Dès qu’il y a une occupation, la CGT soutient en prêtant du matériel, des infrastructures, en étant présente.

Quelle a été l’importance du mouvement des Indigné-e-s (15 M), qu’est ce que ça signifie et où en est il aujourd’hui ?

Enrique et Yurgo : C’est différent entre Madrid et Barcelone. À Madrid, il y avait vraiment des gens de plusieurs groupes politiques qui essayaient de travailler ensemble de manière constructive. Il y avait une certaine ouverture par rapport à l’étiquette politique. Par contre, à Barcelone, c’était très anti-organisation et anti-syndicat. Il n’était pas possible d’afficher une identité politique ou syndicale dans une manif par exemple. Ça n’empêche pas que dans des localités autour de Barcelone, il y a eu une grande implication de la CGT quand même.

Le 15 M est un mouvement qui est né spontanément, et qui mobilise de manière très variable.

En fait ce que le 15 M a donné c’est une grande infrastructure d’assemblées de quartier. Après, le 15 M est très difficile à cerner. Idéologiquement, c’est un mouvement très proche des idées anarchistes, mais il y a des gens issus de tous les courants dedans.

Étant donné qu’il y a beaucoup de chômage en Espagne, est-ce que les chômeurs s’organisent et comment ?

Enrique et Yurgo : Quand on perd son emploi, on ne s’identifie pas forcément en tant que chômeur, ce qui freine les luttes de chômeurs.

La dernière crise remonte maintenant à trois ans et l’on voit que maintenant le début du mouvement des chômeuses et des chômeurs. C’est des petites associations à droite à gauche.

Dans la CGT ça commence à s’organiser. Jusqu’à présent les chômeurs à la CGT militaient sur des thèmes particuliers, distincts du syndicalisme. De cette façon, les chômeuses et les chômeurs trouvaient leur place dans le syndicat, mais sans avoir de section propre. C’est aussi dû au fait qu’à la CGT il n’y a jamais eu beaucoup de chômeurs, donc la question ne s’est pas posée dans ces termes.

Globalement quel est l’état des luttes en Espagne, et est-ce qu’il y a une convergence des luttes entre syndicats, organisations politiques et non organisés ? Il y a eu convergence par exemple aujourd’hui dans la manifestation du 14 novembre, on a vu la CGT, CNT, le 15 M, les assemblées de quartier, dans le même cortège. Pour travailler avec la CNT c’est compliqué parce qu’il y a peu d’endroits où les deux syndicats sont présents.

Il est aussi difficile de travailler avec les syndicats d’accompagnement que sont l’UGT et les CCOO.

Durant les grèves du métro du 31 octobre à Barcelone, secteur dans lequel la CGT est majoritaire, nous avons réussi à pousser les autres syndicats à appeler aussi à la grève et ça a fonctionné. C’est la CGT qui a donné le rythme et dans ce sens là on peut dire qu’il y a eu du travail collectif avec les autres syndicats. Par exemple dans le rail c’est la même chose, la CGT est majoritaire et il est possible de travailler à une convergence des différents syndicats sur des bases de syndicalisme de lutte, les bases de la CGT.

Dans les lieux où la CGT est minoritaire c’est plus difficile de faire du travail commun avec les autres syndicats (UGT et Commissiones Obreras). La question est celle du poids qu’on pèse pour proposer des moyens de lutte nous permettant de faire un travail commun avec les syndicats.

Propos recueillis par Marine, André et Flo (AL Montpellier)
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