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(fr) Canada, Hamilton, Une perspective anarchiste sur Idle no more! (en)
Date
Tue, 08 Jan 2013 11:56:44 +0200
Pourquoi vous devriez supporter le mouvement Idle no more ---- Extrait du pamphlet de la
branche d’Hamilton de l’organisation communiste libertaire ontarienne, Common Cause
[traduction trouvée sur le blogue du Collectif Emma-Goldman (UCL), l’original en anglais
est ici]. ---- Vous avez sans doute entendu parler du mouvement Idle no more (trad. :
L’apathie, pu jamais) qui s’est répandu à travers le Canada récemment. L’élément qui en a
été le plus médiatisé est que la chef Theresa Spence (de la Nation Attawapiskat) est en
grève de la faim jusqu’à ce qu’Harper la rencontre avec d’autres chefs autochtones. Ce qui
se perd dans la machine médiatique c’est que la rencontre est sensée être une véritable
discussion et non simplement un geste symbolique.
Le mouvement ne vise pas simplement à mettre des chefs individuel-le-s dans une salle pour
avoir une jasette; les revendications d’autonomie pour toutes les nations autochtones et
contre la destruction de l’environnement par les grandes entreprises font la base de ce
pour quoi le mouvement se bat. Ces enjeux affectent les travailleurs blancs et
travailleuses blanches, les immigrants et les immigrants (peu importe la génération).
Supporter le mouvement Idle no more c’est aussi supporter nos propres communautés et nos
prochaines générations.
L’autonomie
Il est important de rappeler que la rencontre entre la chef Spence et Harper est supposée
être une rencontre entre différentes nations indépendantes; tout comme les traités que
nous avons signés étaient entre différentes nations indépendantes. L’année dernière,
l’État canadien a présenté des excuses formelles pour le génocide culturel des premières
nations à travers les pensionnats autochtones, mais à ce jour, les voix autochtones sont
toujours bâillonnées et criminalisées alors que les politiques racistes et la destruction
environnementale se poursuit.
Nous, comme travailleuses blanches, travailleurs blancs, immigrantes et immigrants, devons
réclamer de l’État canadien qu’il honore les traités qu’il a signé. Honorer les traités
signifie agir envers les communautés autochtones comme des égaux. Ces dernières devraient
obtenir la responsabilité pour toutes les décisions sur leurs territoires et devraient
être des partenaires légitimes dans les politiques qui touchent toutes les canadiennes et
tous les canadiens.
L’autonomie autochtone va même accroître l’autonomie des classes ouvrières et populaires
non-autochtones. L’autonomie signifie que les décisions sur l’eau, la terre et les autres
ressources devraient être faites par les gens qui vivent et travaillent dans ces régions;
ces décisions ne devraient pas être faites par des PDGs, des actionnaires, des leaders
corrompus et non-représentatifs, ou des politiciens et politiciennes à des milliers de
milles des gens qui vont être affecté-e-s par celles-ci.
La lutte contre la destruction environnementale
Le pillage des terres autochtones qui a cours au nom de la production de profits de
quelques entreprises a été un autre élément motivateur principal pour le mouvement Idle no
more. L’État canadien a joué un rôle central pour faciliter l’exploitation de ces
territoires par les entreprises. En ignorant et en défiant les traités et en introduisant
une nouvelle loi affaiblissant les lois de protection environnementale, le gouvernement
canadien cherche à enrichir encore davantage les entreprises et le 1% au détriment de
l’environnement.
La destruction environnementale n’a pas seulement cours dans les territoires autochtones,
mais à travers le Canada et dans le monde. Les territoires autochtones sont souvent visés
par les pires formes de destruction et les soins médicaux requis par la détérioration des
conditions des milieux sont souvent refusés à ces communautés. La Vallée Chimique (ou la
Nation Aamjiwnaang) près de Sarnia n’en est qu’un exemple.
Une des principales préoccupations du mouvement Idle no more est les dangereux oléoducs
(et les inévitables déversements toxiques qui viennent avec) qui sont présentement
construits ou reconçus pour transporter les boues toxiques des sables bitumineux
albertains. L’un de ces oléoducs est la Ligne 9 Enbridge, qui parcourt la ville d’Hamilton
de Sarnia à Montréal. Il faut s’opposer à ces oléoducs et ensemble, autochtones et classes
ouvrières et populaires non-autochtones, nous devons en bloquer le développement.
Certains et certaines d’entre-nous se soucient très profondément de la crise écologique à
laquelle le monde entier fait face. Le problème est que peu sont les gens qui font autant
bouger les choses : écrire des lettres, signer des pétitions et donner de l’argent à
Greenpeace, ça marche pas. Les communautés autochtones ont toujours été sur la ligne de
front pour résister à la destruction environnementale; autant sur leurs territoires qu’en
dehors. Supporter le mouvement Idle no more, c’est supporter les gens qui combattent cette
crise écologique pour le bien des travailleurs et travailleuses de tous les pays.
Attaquer le racisme et le suprématisme blanc
Supporter le mouvement Idle no more, c’est prendre part à la lutte contre le suprématisme
blanc et le racisme qui est endémique au Canada. Le racisme ou le suprématisme blanc ne
sont pas uniquement de mauvaises idées tenues par des individus particuliers, mais plutôt
un système d’oppression qui a de véritables impacts matériels dans nos vies de tous les
jours. Le manque d’emploi chronique et l’incarcération – le résultat de générations de
politiques génocidaires – des autochtones et des autres personnes de couleur ne sont que
deux exemples de la façon dont les structures du suprématisme blanc sont maintenues au Canada.
Cela signifie que combattre le suprématisme blanc nécessite bien plus qu’aller à une
manifestation ou avoir un ami noir (ou deux). Combattre le suprématisme blanc signifie
attaquer le racisme dans les luttes de notre classe (dans nos syndicats, milieux de
travail et dans nos quartiers) et convaincre nos collègues de travail, voisines et voisins
de supporter les luttes des peuples autochtones.
Évidemment, les immigrantes, immigrants et les personnes de couleur ont de sérieuses
raisons de s’opposer au suprématisme blanc, mais les canadiens blancs et canadiennes
blanches ont bien plus en commun avec leurs voisins et voisines racialisé-e-s et avec les
manifestants et manifestantes autochtones qu’avec les patrons blancs, la police blanche ou
les PDGs millionnaires. Nos intérêts sont communs avec les dépossédé-e-s, les
exploité-e-s, ceux et celles qui souffrent de la destruction environnementale – pas ceux
et celles qui tirent des profits de cette exploitation.
Les blocages et la perturbation économique
Depuis le commencement du mouvement Idle no more, les participantes et participants ont
employé une variété de tactiques. Des manifestations dans les centres urbains, des « flash
mobs » dans les centres d’achat, des danses en rond, de grandes marches, des blocages,… la
nature parfois spontanée et diverse de ces actions a permis au mouvement de demeurer
dynamique alors qu’il continuait de croître en dimension et en importance.
En particulier, le blocage des voies ferrées et des autoroutes peut se faire valoir comme
l’arme la plus forte dans cet arsenal de tactiques. C’est parce que le blocage du flot des
marchandises et des services, au contraire des rassemblements statiques ou des marches, a
un impact économique direct sur les entreprises et les patrons, qui comptent parmi les
profiteurs de la destruction environnementale.
Les travailleurs et travailleuses non-autochtones font également des blocages, sous la
forme des grèves par exemple. Quand les travailleurs et travailleuses du Canadien
Pacifique luttaient pour leurs pensions plus tôt cette année, leur grève arrêtait les
trains aussi. Le gouvernement Harper a répondu en les forçant à retourner au travail par
une loi spéciale pratiquement immédiatement. L’État a été rapide pour agir parce qu’il
réalisait la grande vulnérabilité de ces réseaux de transport et le pouvoir obtenu en les
interrompant.
Que ce soit les grèves, les fermetures d’autoroute ou les blocages de trains, la tactique
du blocage et de la perturbation économique est une importante tactique employée autant
par les autochtones que par les non-autochtones. Affirmer que les perturbations des
travailleurs blancs et travailleuses blanches sont légitimes et que celles des autochtones
ne le sont pas est raciste. Respecter les blocages, c’est comme respecter les lignes de
piquetage, et choisir de ne pas les traverser est un coup contre la destruction
environnementale et le racisme, et un geste de solidarité avec l’autonomie des Premières
Nations.
Branche d’Hamilton de Common Cause
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